Disgracié par la nature, il harangue un jour les spectateurs en leur lançant: «Messieurs, il vous est plus aisé de vous accoutumer à ma figure, qu'à moi d'en changer».
S'il n'abandonna jamais la scène (il jouait encore le rôle de Maître Robert dans sa dernière pièce, Les Amazones modernes, en 1727, écrite en collaboration avec Louis Fuzelier), il consacre une partie à écrire des pièces de théâtre (une quarantaine en tout), tantôt pour la Comédie-Française, tantôt pour la Comédie-Italienne, et une fois même pour un théâtre de la Foire, l'Opéra-Comique (Les Animaux raisonnables, 1717). On considère généralement Le Roi de Cocagne (1718) comme son chef-d'œuvre.
Il enseigna par ailleurs l'art dramatique, en particulier à sa fille, Charlotte; une légende veut qu'il ait pressenti le talent d'Adrienne Lecouvreur et qu'il ait été son professeur.
Lorsqu'il écrivait la pièce Cartouche ou les voleurs (1721), il a poussé le souci du réalisme jusqu'à rendre visite en prison au célèbre brigand pour se documenter sur l'argot[1].
Mary Scott Burnet, Marc-Antoine Legrand, acteur et auteur comique, Paris, Droz, 1938.
Carlo Lauro, 'Foire' et utopia nel teatro di M.-A. Legrand, Schena editore, 1985.
Pièces de Legrand
Œuvres de Le Grand, comédien du roi, Paris, Libraires associés, 1770 (4 vol.)
Œdipe travesti et Agnès de Chaillot (en collaboration avec Pierre-François Biancolelli, dit Dominique) dans Parodies du nouveau Théâtre-Italien, Paris, Briasson, 1738 (vol. 1).