Marcel Amon-Tanoh

homme politique ivoirien From Wikipedia, the free encyclopedia

Marcel Amon-Tanoh Écouter, né le à Abidjan, est un homme d’État ivoirien. Il est ministre des Affaires étrangères de la république de Côte d’Ivoire de 2016 à 2020[1].

Faits en bref Fonctions, Ministre ivoirien des Affaires étrangères ...
Marcel Amon-Tanoh
Illustration.
Marcel Amon-Tanoh en septembre 2018.
Fonctions
Ministre ivoirien des Affaires étrangères
[N 1]
(3 ans, 3 mois et 24 jours)
Président Alassane Ouattara
Premier ministre Daniel Kablan Duncan
Amadou Gon Coulibaly
Gouvernement Duncan V
Coulibaly I, II et III
Prédécesseur Albert Toikeusse Mabri
Successeur Ally Coulibaly
Biographie
Nom de naissance Marcel Amon-Tanoh
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Abidjan (Côte d'Ivoire)
Nationalité Ivoirienne
Parti politique RDR
Conjoint Kadidjatou Amon-Tanoh
Diplômé de Université Paris-VIII
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Biographie

Jeunesse et formation

Son père, Lambert Amon-Tanoh, originaire d'Aboisso, en plein royaume du Sanwi[2], est un cadre historique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et a été ministre de l’Education nationale de 1963 à 1970 sous Félix Houphouët-Boigny[3]. Sa mère, originaire de Jacqueville, est la sœur de Philippe Yacé, le premier président de l’Assemblée nationale de 1959 à 1980.

Comme la plupart des enfants des cadres dirigeants, il est élevé à Cocody et fait ses études au lycée classique d’Abidjan[3]. Il est un élève moyen mais travailleur[3].

Il est un « pur produit de ces grandes familles ivoiriennes qui pèsent sur la conduite des affaires politiques et économiques du pays » depuis l'indépendance, tout comme Jean-Louis Billon, Thierry Tanoh, Alain-Richard Donwahi ou encore Tidjane Thiam[4],

Il se marie avec la fille du chef de l'Etat, Hélène Houphouët-Boigny, en 1982, rencontrée quelques années plus tôt[3].

Après avoir obtenu son baccalauréat série A4 en 1971[5], il effectue une année de sciences économiques à l'université d'Abidjan, où Laurent Gbagbo[3] a été son professeur, puis commence sa carrière professionnelle en tant que chargé d’études à l´Institut de recherche, de sondages économiques et commerciaux (IRSEC) à Paris de 1972 à 1976[6] avant de rentrer dans son pays où il fait un bref passage dans la sphère publique en tant que secrétaire général de la mairie de Cocody avant de se lancer dans le secteur privé[6].

En 1979, il obtient une maîtrise de sociologie économique de l’université Paris-VIII, avec un mémoire sur les « Problèmes socio-économiques posés par le transfert des populations et l'aménagement de la vallée du Bandama dans le centre de la Côte d'Ivoire, zone de savane ». L'année suivante, il décroche un diplôme d’études approfondies (DEA) de l'université nationale de Côte d'Ivoire en sciences sociales, option économique, avec un mémoire de thèse intitulé : « Politique économique et chômage : l'exemple d'Abidjan ».

Marcel Amon-Tanoh est marié et a 7 enfants dont une fille, Magali, qui a fondé une agence de relations publiques[4]. Il s’est remarié avec une descendante par sa mère de la grande famille Fadiga, originaire d'Odienné[4],[3], et de la famille Touré par son père, Kadidjatou (« Kady ») Touré, de 35 ans sa cadette, avec qui il a eu un enfant.

Il est un fervent catholique[4].

Homme d'affaires

Il est successivement directeur général de la Société ivoirienne de confection et diffusion à Paris (1983–1986), puis président de African Commodity Trading Company Limited U.K. (ACTC), spécialisée dans le négoce du café, du cacao et du riz, à Londres (1986-1992)[6] ; président-directeur général de la Société d´import-export de produits agricoles et de marchandises (SIEPAM), exerçant dans le même secteur (1986-1996)[6], administrateur de la Société agro-industrielle de Soubré (1989-1994) et directeur général d'Études, recherches de financements (ERF), société commerciale (1996-1999)[6],[7].

Carrière politique

Militant du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), Marcel Amon-Tanoh est directeur adjoint et trésorier de la campagne de la liste d'Arsène Usher Assouan pour les élections municipales de 1980 à Cocody. Il est élu conseiller municipal et siège jusqu'en 1990.

En 1990, il est responsable de la cellule du PDCI chargé de la coordination et de la surveillance des élections présidentielle, législatives et municipales et en , membre du comité d'organisation du congrès extraordinaire du PDCI. De 1991 à 1995, il est secrétaire général de la section PDCI du Plateau 1 d'Abidjan.

Dès 1994, il se rapproche de l'opposant Alassane Ouattara, récemment nommé directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI)[3].

En , il est candidat indépendant à l'élection législative dans la commune du Plateau. En , il est élu conseiller municipal du Plateau[7].

En 1999, il rejoint l’équipe le Rassemblement des républicains (RDR) et devient le directeur de cabinet de son président, Alassane Ouattara[6]. Homme du Sud dans un parti dominé par les Nordistes, il ne parviendra jamais véritablement à s'intégrer, d'autant qu'il considère que sa proximité avec le futur président le dispense de rendre des comptes[3].

À partir d', il occupe sous Laurent Gbagbo différents postes ministériels au titre de l'opposition en commençant par celui des Transports, puis ministre du Tourisme de à , puis de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat de à .

A l'élection d'Alassane Ouattara à la magistrature suprême, il devient directeur de cabinet du président de la République en et, tout en gardant cette fonction, est élevé au rang de ministre en [6]. En revanche, contrairement à la plupart des autres figures du RDR, il échoué à se faire élire député en 2011[3].

Il assume les fonctions de ministre des Affaires étrangères par intérim, cumulativement avec ses fonctions de directeur de cabinet à partir du , avant d'être confirmé à ce portefeuille en [6]. Toutefois, sa candidature aux législatives dans son fief familial d’Aboisso est retirée par le parti présidentiel[3].

La décision du chef de l’État de désigner, le , Amadou Gon Coulibaly comme candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pour l'élection présidentielle le décide à rompre avec le président Ouattara, lui qui faisait de moins en moins mystère de son ambition présidentielle et qui a commencé depuis plusieurs mois à prendre ses distances[4]. Il remet sa démission du gouvernement le [8].

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2020 mais celle-ci est rejetée par le Conseil constitutionnel le [9],[10].

Ayant rejoint l'opposition, il rejette en revanche la création du Conseil national de transition (CNT) après le scrutin[11].

Le , Amon-Tanoh fait une volte-face inattendue en venant demander publiquement pardon à Alassane Ouattara de l’avoir offensé[12].

Le , il est nommé président du Conseil de l'Entente par le président Ouattara[13].

En , Amon-Tanoh est nommé conseiller spécial du président Ouattara au RHDP. Cette nomination est interprétée comme le retour d'Amon-Tanoh dans le cercle proche du président. Il devrait préparer la candidature probable d'Alassane Ouattara à un quatrième mandat lors de l'élection présidentielle de 2025[14].

Distinctions

Il est commandeur de l'Ordre national ivoirien, de celui du Mérite sportif, de la Légion d'honneur et de l’ordre de la Pléiade de la Francophonie[6].

Notes et références

Liens externes

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