Marcel Carbonel
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Marcel Victor Carbonel |
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Marcel Carbonel, né à Lyon le , mort à Marseille le [1] à l'âge de 91 ans, est un santonnier marseillais, doyen de sa profession.
Pour illustrer l’œuvre de Marcel Carbonel, il est opportun de rappeler la phrase de Frédéric Mistral qui se résume ainsi : « L'argile est aux mains du santonnier ce qu'est l'homme dans les mains de Dieu ».
Marcel Carbonel voit le jour le . Son père Victor, électricien de métier, et sa mère Philippine, sans emploi, fabriquaient tous deux des accessoires à temps perdu, à la maison sans doute par passion. Mas, crèche, étables, vides de tout santon afin de les vendre lors de la Foire aux Santons de Marseille, événement annuel depuis 1803. C’est peut-être la naissance de la future vocation de Marcel Carbonel[2].
Avant de commencer son activité, Marcel Carbonel exerça plusieurs petits métiers parmi lesquels portefaix, chauffeur de taxi, wattman, coursier. En 1928, il quitte l'école des beaux-arts, faute de moyens à la suite de la mort de son père Victor. Il apprend alors le métier de lithographe.
Début de l'activité
En 1935, il s’installe dans un local rue Fort-Notre-Dame dans le 7e arrondissement à Marseille, ville dont il est originaire et dans laquelle il vit depuis l'âge d'un an. Il est accompagné de sa femme Clotilde, d’un mouleur et de deux décoratrices qu'il emploie.
Technique de fabrication
Pour fabriquer le moule original d'une nouvelle création appelé « moule-mère » (le moule initial, en anglais traduit par « master »), il utilise du plâtre de Paris de couleur jaunâtre; ses particularités sont la finesse de l'empreinte, sa densité et sa solidité.
Pour les moules de reproduction[3], il utilise un plâtre moins dur qui permet de démouler plus facilement le sujet. La forme des moules de reproduction est importante ; elle est arrondie en haut du moule afin de faciliter l'estampage en série. Ensuite, il laisse sécher le santon et le cuit dans un four électrique à une température qui atteint progressivement 980 °C.
Il décore ses santons avec des gouaches de sa propre fabrication. Grâce à sa formation de lithographe, il met au point ses propres gouaches en broyant manuellement des pigments avec de la gomme arabique dure, dite « Kitir », qu'il décante lui-même.
Il utilise 20 pigments de base, ocre rouge, ocre jaune, terre de sienne, terre de sienne brûlée, rouge hélios, rouge d'alizarine, rose syrien, Bordeaux, vert de chrome, vert valentine, violet d'alizarine, jaune hansa, jaune de chrome, bleu de cobalt, bleu de manganèse, bleu outremer, bleu de Prusse, noir d'ivoire (Noir animal), blanc de titane, blanc de lithopone, qu'il mélange pour créer sa propre palette de 124 couleurs répertoriées et dosées. Ce procédé, d'après son expérience, permet en effet d'obtenir des couleurs plus vives et éclatantes que les gouaches en tube du commerce auxquelles ont généralement recours les autres santonniers.
Pour la décoration du santon, il utilise des pinceaux en poils de martre Kolinsky.
Développement de l'activité

En 1950 il déménage pour s'installer sur une galerie au no 2 rue du Commandant-de-Surian toujours dans le 7e arrondissement ; son effectif est alors de dix employés. Par la suite, il s'étend dans la galerie, embauche et forme des apprentis. Son petit-fils, Philippe Renoux-Carbonel, le rejoint en 1973 à l'âge de quinze ans pour commencer son apprentissage.
Les Ateliers déménagent au début des années 1990 dans le site qu'ils occupent toujours aujourd'hui situé au 47 rue Neuve Sainte Catherine, tout près de l'Abbaye de Saint Victor, dans le 7e arrondissement de Marseille.
Création des Ateliers Marcel Carbonel

En 1977, à l'âge de 66 ans, il prend sa retraite. S'il ne s'investit plus dans la gestion de son entreprise, cela ne l'empêche en rien de continuer de créer des crèches et des santons au sein de son atelier qu'il conserve rue du commandant de Surian. Il confie à sa fille, Danielle, et à son gendre, Alfred Renoux, la création de la société Ateliers Marcel Carbonel, prolongation de l'activité développée depuis 1935. Un logo est spécialement créé par Michel Morosoff pour cet événement.
En 2007, les Ateliers Marcel Carbonel sont labellisés au titre d'Entreprise du Patrimoine Vivant[4], marque de reconnaissance de l’Etat, mise en place pour distinguer des entreprises françaises, et des savoir-faire industriels et artisanaux d’excellence.
Les Ateliers Marcel Carbonel disposent à ce jour de la plus importante collection de santons de Provence [5].
