Maria Cândea
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Maria (Antoniade) Cândea, née le à Galați et décédée le à Bucarest) est une professeure roumaine de français, docteure en lettres, fondatrice et première directrice[1] de l’École normale de filles “Reine Marie” de Ploiești.

Maria (Antoniade) Cândea est née le à Galați.
Elle s’est mariée le avec Constantin Cândea (né le , Mărgineni (Bacău), Județ de Bacău et décédé le , Bucarest), chimiste roumain, Professeur Docteur docent, ingénieur habilité en chimie et recteur de l'Université Politehnica (Timișoara) – auparavant École Polytechnique de Timișoara, député et membre de l’Académie des sciences de Roumanie.
De leur mariage sont nés deux enfants: Mioara-Rodica Cândea, architecte, mariée Georgescu (née le à Ploiești et décédée le à Montréal) et Ioan-Radu Cândea, ingénieur en bâtiment (né le à Ploiești et décédé le à Bucarest).
Maria (Antoniade) Cândea s’est éteinte le à Bucarest, à l’âge de 84 ans. Elle est inhumée au Cimetière Bellu, figure 4, à Bucarest.
Études et début de carrière
Maria Antoniade (future Cândea) a obtenu son baccalauréat au lycée “Vasile Alecsandri” de Galați, section moderne, où elle a eu pour professeur de philosophie Florian Ștefănescu-Goangă (en).
Entre 1910 et 1914, elle a suivi les cours de la Faculté des lettres et de philosophie de l'Université de Bucarest, avec une spécialisation en philologie romane, et a obtenu sa licence en 1914. Au cours de l'année universitaire 1912-1913, elle était étudiante en troisième année[2], et à partir du , elle a bénéficié d'une bourse de la Fondation universitaire “Carol Ier”, tout comme sa sœur, Aspasia Antoniade, étudiante la même année et dans la même faculté[3].
Pendant ses études à la Faculté des lettres de l'Université de Bucarest, Maria Antoniade a suivi les cours de personnalités marquantes de la culture et de la science roumaines, parmi lesquelles Ovid Densusianu, professeur au département de philologie romane, Ioan Bianu (en), Nicolae Iorga, Simion Mehedinți (en), Dimitrie Onciul (en), Vasile Pârvan, Constantin Rădulescu-Motru (en), Eugen Lovinescu, Iuliu Valaori (ro), Dumitru Evolceanu (en), Pompiliu Eliade et Constantin Giurescu (en).
Elle a entretenu une correspondance avec le philologue Ovid Densușianu, l'un de ses professeurs, dont les lettres ont été publiées dans le volume « Scrisori către Ovid Densușianu » (Lettres à Ovid Densușianu), tome I (Maison d'édition Minerva, Bucarest, 1979)[4].
À partir du , elle est nommée dans l’administration centrale du Ministère des Domaines en qualité de dactylographe au Bureau d’Architecture[5]. Le , elle est transférée au sein du même ministère à la Direction de l’Agriculture, au Bureau du Secrétariat[6]. Elle a exercé cette activité parallèlement à ses études universitaires.
Sa formation universitaire s’est ainsi déroulée dans un milieu académique de haut niveau, à une époque d’affirmation de l’école roumaine moderne de philologie, d’histoire, de philosophie et de sciences humaines.
Entre 1914 et 1916, elle a poursuivi sa formation académique en France, obtenant le doctorat ès lettres à l'Université de la Sorbonne de Paris[7].
En 1916, elle a réussi les examens de capacité pour les disciplines roumain, français, latin et philosophie, acquérant le droit d’enseigner dans l’enseignement secondaire[8].
Activité au sein de la Croix-Rouge (1916-1918)
Pendant la Première Guerre mondiale, Maria Antoniade a fait du bénévolat pour la Croix-Rouge roumaine (en), œuvrant à l'hôpital “Policlinica Regina Elisabeta” de Bucarest, situé dans le bâtiment qui abrite aujourd'hui l'hôpital orthopédique “Foișor”[9].
Elle s'est impliquée dans les soins aux soldats blessés, contribuant aux activités d'assistance médicale et de soutien moral accordées aux militaires hospitalisés[10].
Ses sœurs, Aspasia Antoniade et Elena M. Antoniade, ont également participé à cette activité, leurs noms étant mentionnés dans la presse de l'époque parmi les dames et demoiselles qui ont soigné les blessés[11].
Le dévouement et l'attention manifestés envers les militaires hospitalisés ont été reconnus publiquement: dans une note parue dans la presse, les soldats qui avaient été soignés dans une salle de l'hôpital ont adressé leurs remerciements nominatifs à Mlle Maria Antoniade et aux autres bénévoles, exprimant leur gratitude pour les soins reçus, « qu'ils n'oublieront jamais de leur vie »[12].
Son engagement dans ces activités reflète non seulement l’esprit civique de la famille Antoniade, mais aussi sa formation dans un milieu intellectuel où le devoir envers la communauté était considéré comme une partie intégrante de l’éducation. L’expérience acquise pendant la guerre – organisation, discipline, travail en équipe et prise de responsabilité dans des situations critiques – a contribué à façonner son profil ultérieur de pédagogue et d’organisatrice d’institutions scolaires.
Activité didactique et de direction
Le , elle a fondé et dirigé en tant que directrice l’École préparatoire de jeunes filles pour institutrices à Gherghița[13],[14]. Cet établissement devient en 1919 l’École normale de filles “Reine Marie”, puis fut transféré en 1920 à Ploiești, toujours sous la direction de Maria (Antoniade) Cândea, dans les locaux où il fonctionne encore aujourd’hui sous le nom de Collège national pédagogique “Reine Marie” de Ploiești (ro).
Maria (Antoniade) Cândea fut directrice de l’École normale de filles Reine Marie de Ploiești depuis sa fondation en 1918 jusqu’à l’automne 1931, étant reconfirmée à ce poste à deux reprises : à partir de par le Décret royal n° 607 du , publié au Journal officiel n° 64 du [15], et à partir du par le Décret royal n° 819 du , publié au Journal officiel n° 75 du [16].
Étant donné que son époux, le docteur ingénieur Constantin Cândea, était professeur universitaire à l’ École polytechnique de Timișoara, Maria Cândea fut transférée, à compter du , de l’École normale de filles de Ploiești (chaire de langue française) à l’École normale de garçons de Timișoara — aujourd’hui le lycée théorique Jean Louis Calderon — à la chaire de langue roumaine et de latin n° 2, par décision du ministre de l’Instruction, des Cultes et des Arts n° 124.695 du , publiée au Journal officiel n° 227 du [17].
Conformément à la décision du ministre de l’Éducation nationale n° 116.907 du , publiée au Journal officiel n° 152 du , Maria Cândea, alors professeure à l’École normale de garçons de Timișoara, fut nommée à compter du à la chaire de langue roumaine n° 3 du lycée de jeunes filles “Carmen Sylva” de Timișoara[18].
Son activité didactique s’est déroulée à Ploiești puis, par la suite, à Timișoara, où exerçait également son époux, leur installation à Bucarest n’ayant eu lieu qu’après la retraite.
Activité à Ploiești (1919-1931)
Maria Cândea a déployé une vaste activité didactique, administrative et culturelle à Ploiești, en qualité de directrice de l’École normale de filles “Regina Maria”.
Le fut inaugurée solennellement l’École normale de filles Reine Marie de Ploiești. La cérémonie se déroula en présence des autorités locales et du public, et après l’office religieux, la directrice de l’institution, Mlle Maria Antoniade, prononça un discours officiel. À cette occasion, une collecte fut également organisée, les fonds devant être utilisés pour les améliorations matérielles nécessaires à l’école[19].
Comme chaque année, en , elle participa, en tant que directrice, à la fête de fin d’année de l’École normale de filles Reine Marie de Ploiești, manifestation publique consacrée à la présentation des activités éducatives et artistiques des élèves[20].
Dans le cadre des manifestations dédiées au dixième anniversaire de l’Union de la Bessarabie, organisées à Ploiești le , Maria Cândea y prit part aux côtés du professeur Constantin Cândea[21].
Sous sa direction, le , l’École normale de filles de Ploiești organisa dans la commune de Teișani (județ de Prahova) une importante manifestation culturelle et pédagogique, comprenant un cercle culturel des instituteurs, des communications pédagogiques et une fête populaire avec la participation des élèves, des autorités locales et d’un nombreux public venu des villages voisins[22].
À l’occasion du Congrès international de thalassothérapie tenu à Ploiești le , les élèves de l’École normale de filles présentèrent un programme artistique dans la salle des Caisses nationales, composé de moments musicaux et de danses nationales, manifestation organisée sous la coordination de l’institution qu’elle dirigeait[23].
En , Maria Cândea fit partie du comité d’organisation des fêtes publiques organisées sur le boulevard Independenței à Ploiești, destinées à recueillir des fonds pour la construction d’un aérodrome près de la ville[24].
À l’occasion du dixième anniversaire de l’Union avec la Transylvanie, une veillée scolaire eut lieu le à l’École normale de filles de Ploiești[25] ; le fut célébré l’Arbre de Noël, lors duquel Maria Cândea prononça une allocution et des cadeaux furent offerts aux élèves issues de familles modestes[26].
En , elle fut élue membre du comité de la Société “Cultul Patriei” (Le culte de la patrie), en sa qualité de directrice de l’École normale de filles de Ploiești[27].
Dans le contexte de l’inauguration de la bibliothèque villageoise de 1 300 volumes dans la commune de Măneciu (județ de Prahova), le , Maria Cândea participa à la manifestation culturelle organisée par l’Inspection scolaire de la Région VIII Bucarest, aux côtés de représentants des autorités scolaires et locales, prononçant à cette occasion un discours[28].
Le moment jubilaire marquant les dix ans de la fondation de l’École normale de filles Reine Marie de Ploiești fut célébré le par une fête solennelle, ouverte par un ample discours de Maria Cândea, dans lequel elle présenta l’historique de l’institution, fondée en 1919 dans le manoir de Sa Majesté le roi Ferdinand Ier, situé sur le Domaine de la Couronne roumaine (en) dans la commune de Gherghița (județ de Prahova), ainsi que les difficultés rencontrées et les progrès accomplis durant la première décennie d’existence[29].
À l’automne 1930, Maria Cândea participa à l’accueil officiel de l’abbé Method Zavoral (ro) à Ploiești, événement à caractère culturel et protocolaire[30]. La même année, elle fut présente aux festivités organisées à l’occasion de la prestation de serment des éclaireuses de Ploiești, manifestation éducative et civique dédiée à la jeunesse[31].
À l’été 1931, Maria Cândea prit part à la célébration du professeur Dumitru Munteanu-Râmnic, organisée sous la forme d’un banquet public à Ploiești, auquel participèrent de nombreuses personnalités locales[32].
Son activité publique dans le județ de Prahova s’acheva en , lorsqu’elle participa à la cérémonie de pose de la première pierre du nouveau bâtiment scolaire du village de Cheia (ro) (județ de Prahova), événement à caractère officiel et éducatif[33].
Le , Maria Cândea cessa son activité à l’École normale de filles Reine Marie et fut transférée à Timișoara, où exerçait son époux. La direction de l’institution fut reprise par la professeure de mathématiques Florica Dascălu, d’abord chargée d’assurer l’intérim à partir du [34], puis officiellement déléguée directrice à compter du [35].