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Maria Goretti

sainte catholique From Wikipedia, the free encyclopedia

Sainte Maria Goretti, née le à Corinaldo et morte le à Nettuno, est une jeune fille italienne qui fut assassinée par un voisin qui voulait la violer. Son martyre de la pureté fut reconnu par l'Église catholique, qui la vénère comme sainte depuis 1950.

Date de naissance
Lieu de naissanceCorinaldo, Italie
Date de décès (à 11 ans)
Lieu de décèsNettuno, Italie
Faits en bref Sainte, martyre de la pureté, Date de naissance ...
Maria Goretti
Sainte catholique
Image illustrative de l’article Maria Goretti
Portrait peint par Giuseppe Brovelli-Soffredini en 1929.
Sainte, martyre de la pureté
Date de naissance
Lieu de naissance Corinaldo, Italie
Date de décès (à 11 ans)
Lieu de décès Nettuno, Italie
Nationalité Italienne
Ordre religieux Congrégation de la Passion de Jésus-Christ
Vénéré à Basilique Notre-Dame des Grâces - Sainte Maria Goretti de Nettuno
Béatification  à Rome
par le pape Pie XII
Canonisation  à Rome
par le pape Pie XII
Vénéré par l'Église catholique
Fête 6 juillet
Attributs Lys (symbole de la virginité) et palme du martyre
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Biographie

Les informations sur la vie de Maria Goretti ont été influencées par les récits successifs sur sa vie, et certaines sources ne concordent pas sur tous les aspects de sa biographie[1].

Enfance

À droite, la maison où habitait Maria Goretti.

Maria Goretti, dite Marietta, est née le à Corinaldo, dans la région des Marches italiennes, dont la capitale est le port d'Ancône sur la mer Adriatique ; elle est la fille de journaliers (braccianti)[2] et sa famille est pauvre.

En 1899, le lopin de terre que sa famille cultive ne suffisant plus à les nourrir, les Goretti sont contraints de déménager à Le Ferriere di Conca (it), dans le diocèse d'Albano, au sud de Rome.

La famille vit dans un minuscule logement qu'elle partage avec Giovanelli Serenelli, un veuf qui a un fils de dix-sept ans, Alessandro Serenelli (1882-1970).

Peu de temps après, Maria, âgée de neuf ans, perd son père, Luigi Goretti (1859-1900), emporté par la malaria. Étant l'aînée, c'est elle qui s'occupe de ses frères et sœurs, de la cuisine, du ménage pendant que sa mère Assunta Goretti, née Assunta Carlini (1866-1954) et son frère Angelo (neuf ans) travaillent aux champs toute la journée.

Elle vend régulièrement des œufs de pigeon à Nettuno[1].

Le propriétaire, abusant de l'illettrisme des villageois, leur a fait signer à tous un contrat d'embauche qui les désavantage. La mère de Marietta, veuve avec trois enfants à charge, n'a pu faire autrement que d'accepter.

Marietta est préparée à sa première communion par les pères passionnistes de Nettuno. La pauvreté de la famille est connue par leur entourage et les gens du village se cotisent pour offrir à Marietta sa robe de première communion.

Assassinat

Statue de Maria Goretti en l'église Saint Martin-Saint Hadelin à Visé en Belgique.

À l'âge de onze ans, Maria Goretti est victime d'Alessandro Serenelli, vingt ans, . Certaines sources le décrivent comme un jeune homme du même village, d'autres au contraire indiquent que Serenelli vit sous le même toit que Maria Goretti. D'autres indiquent que c'est un voisin[1]. Profitant du fait qu'elle est souvent seule, Serenelli la harcèle de manière agressive, cherchant à avoir des relations sexuelles avec elle.

La fillette n'ose en parler à sa mère, tout en prenant garde à ne jamais rester seule avec le jeune homme.

Photographie de Maria Goretti (au centre), prise autour de 1900.

Le , Alessandro Serenelli et Maria Goretti sont seuls. Le jeune homme veut lui imposer un rapport sexuel sous la menace d'une arme (tantôt décrite comme une dague, un couteau, une machette ou un stylet). Maria Goretti refuse et Serenelli la poignarde à quatorze reprises. Il arrache également ses vêtements, et pourrait l'avoir agressée sexuellement, mais d'après la plupart des sources, il ne pénètre pas la fillette et sa virginité est ainsi considérée comme intacte[1].

Alertés par le chahut, les voisins interviennent. Marietta est transportée à l'hôpital Orsenigo de Nettuno où elle meurt le lendemain, 6 juillet 1902, jour de la fête du précieux sang de Jésus[1]. Elle est enterrée deux jours plus tard. Plusieurs milliers d'habitants des campagnes environnantes, venues en ville pour la fête religieuse, assistent à ses funérailles et les commerces ferment pour la journée[1].

Les journaux qui évoquent le drame la nomment « l’émule d’Agnès de Rome », insistant sur son innocence d’enfant et sur sa virginité[2].

Suites

Suites judiciaires

Le sanctuaire de Nettuno renfermant la châsse des reliques de Maria Goretti.

Alessandro Serenelli est condamné à une peine de trente ans de prison[1]. Après huit années d'incarcération, une nuit de 1910, il affirma avoir rêvé que Maria lui offrait des lys, qui se transformaient en lumières scintillantes. Ce rêve lui aurait fait réaliser le mal qu'il avait fait et il se repentit. Il fut libéré en 1929, après vingt-sept années de détention. Il était âgé de 47 ans.

Canonisation

Maria Goretti a été comparée à Agnès de Rome, une autre martyre.

Après sa mort, Goretti est érigée en modèle à suivre par l’Église catholique, et sa vie est enseignée dans les écoles en Italie[1]. Elle est souvent comparée à deux autres femmes martyres, Agnès de Rome et Agathe de Catane, toutes deux torturées et tuées car ayant refusé de se soumettre à un rapport sexuel avec leur bourreau[1].

Maria Goretti est canonisée par l’Église catholique le 24 juin 1950, seulement 48 ans après sa mort, ce qui est un délai très court ; seuls Maximilien Kolbe et Françoise-Xavière Cabrini ont été canonisés en aussi peu de temps[1]. Le pape Pie XII décrit la violence sexuelle subie par Maria Goretti comme « un plaisir attirant » le comparant à un acte de séduction auquel elle aurait su résister[1].

Repentance de Serenelli

Dans la nuit de Noël 1934, Serenelli alla jusqu'à Corinaldo, où était retournée la mère de Marietta, Assunta Goretti, qui à cette époque était au service du curé. Il la supplia de lui pardonner. Elle accepta en disant : « Dieu vous a pardonné, ma Marietta vous a pardonné, moi aussi je vous pardonne. »[réf. nécessaire]

Tous deux assistèrent à la messe ensemble le lendemain, recevant la communion, l'un à côté de l'autre, sous le regard étonné des paroissiens. C'est ensemble également qu'ils assistèrent le aux cérémonies de la béatification, puis de la canonisation de Marietta le par le Pape Pie XII qui la déclara sainte martyre de l'Église catholique romaine. Ce fut la première fois qu'une mère assistait à la canonisation de sa fille[réf. nécessaire].

Alessandro Serenelli, devenu membre du Tiers-Ordre franciscain, travaillait depuis 1936 en tant que jardinier du couvent des pères capucins d'Ascoli Piceno. Il mourut au couvent de Macerata, le , à l'âge de 87 ans, après avoir rédigé un testament.

Son « martyre de la pureté »

Pour la doctrine catholique, Maria Goretti est une vierge martyre dans le sens où elle est une « martyre de la pureté ». Cela signifie la force de son témoignage de fidélité à Dieu et à son 6e commandement malgré la menace de mort[3], fidélité qui est allée jusqu'au martyre. Jean-Paul II la cite pour souligner la vertu de chasteté, don de Dieu « préservant l'amour authentique »[3],[4]. Le pape Pie XII, lors de son discours de béatification, salue d'elle sa force de martyr : « Non, ce n'est pas une âme petite et faible ; c'est une héroïne qui, sous la poigne de fer de son meurtrier, ne pense pas à sa souffrance, mais à la laideur du péché, qu'elle rejette résolument »[5].

Son martyre amène à la conversion de son bourreau, Alessandro Serenelli[6],[7].

Mémoire

Châsse de sainte Maria Goretti.
La chapelle Sainte-Maria-Goretti à Fressies.
Sainte Maria Goretti, vitrail de l'église San Benedetto à Ferrare[8].

Sainte Maria Goretti est fêtée le .

Sa dépouille repose dans la crypte du sanctuaire Notre-Dame-des-Grâces de Nettuno, au sud de Rome. Dans la châsse, se trouve une statue en cire, œuvre du sculpteur Volterrano Volterrani, contenant les principales parties de son squelette recomposé : le crâne, la colonne vertébrale, les membres supérieurs et inférieurs, à l’exception de l’ulna ou petit os du bras droit, qui fut donné à la mère de la sainte, pour l’emporter à Corinaldo, son village natal, où il est exposé dans un reliquaire au sanctuaire Sainte-Maria-Goretti. Les phalanges et les côtes ont servi pour la préparation des reliques à exposer à la vénération des fidèles[9].

Une chapelle Sainte-Maria-Goretti est construite en 1954 à Fressies, dans le Nord, en France[10].

Pour le 100e anniversaire de sa mort, en 2002, le pape Jean-Paul II a adressé un message spécial à l'évêque d'Albano en soulignant l'actualité de cette martyre de la pureté[11].

Films

  • La Fille des marais (Cielo sulla palude) (1949) d'Augusto Genina, avec Ines Orsini, dans le rôle de Maria Goretti. Prix de la Présidence du Conseil des ministres pour le meilleur film italien. Prix international de la mise en scène. Prix international de l'Office catholique international du cinéma, à la Xe exposition internationale d'art cinématographique de Venise, 1949. Histoire racontée d'après les archives du Tribunal de Rome et les documents qui ont servi à établir l'acte de béatification de Maria Goretti. Adaptation cinématographique du roman traduit par André Maugé.
  • Maria Goretti (it) (2003) de Giulio Base, avec Martina Pinto (it) dans le rôle de Maria Goretti, Massimo Bonetti, Luisa Ranieri, Flavio Insinna, Claudia Koll. Ce film italien a été traduit en espagnol et en anglais.

Héritage légal

Dans l'État de Pennsylvanie, la loi qui dispose qu'une victime de viol doit prouver s'être défendue physiquement pour que son agresseur soit poursuivi, s'appelle officieusement « loi Sainte Maria Goretti »[12].

Notes et références

Voir aussi

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