Il est issu d'une famille de la noblesse ardennaise, les La Chevardière de La Grandville, dont les hommes faisaient traditionnellement une carrière dans les armes, et ont été pour certains officiers au sein du régiment de la Reine ou des gardes du corps du roi. Son père, Antoine François César de La Chevardière de La Grandville, était capitaine au régiment de la Reine. Cette famille était propriétaire depuis plusieurs générations d'un château à La Grandville[1]. Mais en 1766, deux ans avant sa naissance, ce château est détruit par un incendie, et il est né de ce fait au château de Botassart[notes 1], dominant le Tombeau du Géant dans la vallée de la Semois, une propriété, cette fois, de la famille de sa mère, Marie Thérèse Ernestine de Lamock de Botassart-Sohier.
Il étudie à l'École militaire et y côtoie notamment en 1785, parmi les autres élèves, Napoléon Bonaparte, d'un an plus jeune que lui[2],[3]. L'empereur, a-t-il dit «se souvint à diverses reprises que j'avais été à l'École militaire avec lui; mais bien servir mon roi a toujours été mon premier désir.»[4]. Il est élève sous-lieutenant à l'école royale du génie de Mézières le , et devient lieutenant le .
Revenu en France dès le Consulat[5], il contracte «un mariage avantageux»[6] le , en épousant à Sainte-Marie-sous-Bourcq Marie-Joséphine de Villiers de Baillas[7],[notes 2]. Il commence alors une carrière politique par un mandat local en devenant conseiller général des Ardennes. Il fait reconstruire le château de La Grandville, en maçonnerie de moellons, extraits des carrières locales, rehaussée de pierres appareillées pour les encadrements des ouvertures[1].
Il se montre fidèle à la majorité royaliste modérée et aux intérêts du ministère. Il obtient d'ailleurs, semble-t-il, quelques faveurs en récompense de cette fidélité[8]. «Depuis qu'il a l'honneur de siéger au centre, et d'avoir été décoré au sacre, il a reçu de l'activité à Givet. Son frère, destitué comme lieutenant de roi à Rocroi, a repris ses fonctions; sa belle-sœur a obtenu un entrepôt de tabacs, et un de ses neveux, qui servait dans les gardes, a été promu au grade de capitaine dans la ligne. Il nous est même revenu qu'un de ses cousins avait obtenu une place dans les forêts»[6].
↑ Botassart était alors rattaché à la commune de Sensenruth (et est aujourd'hui rattaché à la commune de Bouillon (Belgique). Ce territoire faisait alors partie des Pays-Bas autrichiens et fait partie aujourd'hui de la Belgique.
↑ Marie-Joséphine de Villiers de Bailla est la fille unique de Joseph Jérôme Charles de Villiers, vicomte de Sugny, et d'Anne Jeanne Françoise de Mecquenem.
Philippe Seydoux, Gentilhommières et Maisons fortes en Champagne: Marne et Ardennes, t.1, Paris, Éditions de La Morande, , 320p. (ISBN2-902091-30-3), «La Grandville», p.155.
Henri Jougla de Morénas, Grand armorial de France, vol.7, Éditions Frankelve, , 172p..
A. Lapierre, «Campagne de Émigrés dans l'Argonne en 1792», Revue d'Ardenne et d'Argonne, , p.122 (lire en ligne).
Charles Houin, «Un ardennais condisciple de Bonaparte à l'Ecole de Brienne: Castres de Vaux», Revue d'Ardenne et d'Argonne, , p.213 (lire en ligne).
Pierre François Marie Massey de Tyronne, Biographie des députés de la Chambre Septennale de 1824 à 1830, Jean-Gabriel Dentu, , 624p. (lire en ligne), «La Grandville (chevalier de)», p.360-361.