Marie Jeanette de Lange
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Marie Jeanette Bouman-de Lange, née le à Jakarta et morte le à Wapenveld, est une militante néerlandaise du mouvement de réforme vestimentaire. Elle préside la Vereeniging voor Verbetering van Vrouwenkleeding (Association pour l'amélioration du vêtement féminin) tout en étant rédactrice en chef de son journal.
Jeunesse
Marie Jeanette de Lange est née le à Jakarta[1]. Elle est la plus jeune des cinq enfants de Geldolph Adriaan de Lange et de Jacoba Johanna Wiggers van Kerchem. Son père est ingénieur au Service géographique des Indes orientales et cofondateur de la Compagnie royale néerlandaise des pétroles, future Shell[1].
Marie Jeanette de Lange épouse Jan Cornelis Bouman, haut fonctionnaire au Département des finances, le à Jakarta[1]
Vers 1887, Marie Jeanette de Lange et Jan Cornelis Bouman quittent Jakarta pour retourner aux Pays-Bas, où ils vivent d'abord à Almelo, puis à Amsterdam[1]. Ils y vivent près des ateliers de plusieurs artistes, tels que George Hendrik Breitner, Willem Witsen et Isaac Israels, avec qui elle est restée en contact et qui peint plus tard un portrait d'elle. Marie Jeanette de Lange s'intéresse également aux arts plastiques et prend des cours de peinture auprès de Maurits van der Valk et de Philippe Zilcken[1]. Elle dessine, peint et crée des meubles, mais aucune de ses œuvres ne subsiste.
Vers 1897, le couple s'installe dans un quartier résidentiel de La Haye.
En 1900, Marie Jeanette de Lange souffre de ce qui est probablement une dépression. Elle est soignée par le docteur Eykman, un naturopathe, qui lui applique un traitement à base d'électricité et d'eau[1].
Engagement social
Exposition nationale du travail des femmes
Marie Jeanette de Lange s'implique dans le mouvement féministe. Elle participe à l'organisation de l'Exposition nationale du travail des femmes du au et à plusieurs conférences associées. C'est sans doute à cette occasion qu'elle rencontre le peintre Jan Toorop qui crée plusieurs visuels pour cette exposition, dont la couverture du catalogue[1].
La Vereeninging voor Verbetering van Vrouwenkleeding
Elle soutient particulièrement le mouvement de réforme, notamment en matière de vêtements féminins. Ce mouvement prône des vêtements plus hygiéniques et sains pour les femmes, l'abolition du corset et l'utilisation de tissus plus aérés et respirants. Outre ses qualités sanitaires, ce style vestimentaire offre aux femmes une plus grande liberté de mouvement, ce qui peut aussi leur donner une plus grande indépendance. Le , la Vereeniging voor Verbetering van Vrouwenkleeding (VvVvV - Association pour l'amélioration du vêtement féminin) est fondée aux Pays-Bas, et Marie Jeanette De Lange en devient la présidente. Les réunions de l'association se tiennent souvent chez elle, à La Haye. Nombre de ses amis sont des partisans du mouvement de réforme, comme Philippe Zilcken (qui siège également au conseil d'administration de l'association) et Jan Toorop[1].
Le but de la VvVvV est de créer des vêtements sains et confortables tout en étant flatteurs et chics. L'association organise pour cela des concours, des expositions, des conférences des défilés et des formations. Les tissus lourds, le corset, les coupes ajustées empêchent de se mouvoir librement et affaiblissent les muscles, les traînes ramassent la poussière[1].

En 1901, l'association lance un magazine mensuel, le Maandblad der Vereeniging voor Verbetering van Vrouwenkleeding (nl) dont Marie Jeanette de Lange est rédactrice en chef. Chaque mois, le magazine propose deux modèles avec des patrons et les indications pour les réaliser[1].
Elle donne également des conférences pour diffuser les idées de la réforme vestimentaire auprès d'une plus large audience et inciter à la création de sections locales de l'association[1].
Marie Jeanette de Lange rencontre le docteur Johann Georg Mezger (nl) alors qu'il soigne son mari à l'aide de ses méthodes nouvelles incluant le massage au marteau en caoutchouc. Elle adhère totalement à ces méthodes et, à partir de ce moment, combine ses conférences sur la réforme vestimentaire à la promotion des méthodes du docteur Mezger, allant jusqu'à vendre le fameux marteau. Les méthodes du médecin sont cependant considérées par beaucoup comme du charlatanisme et le soutien que Marie Jeanette lui porte est largement désapprouvé. Elle est priée de se limiter aux vêtements de réforme dans ses interventions[1].
Marie Jeanette de Lange est également critiquée pour sa collaboration avec la créatrice française Madame de Vroye, qui crée des robes réformées avec une petite traîne et peut-être un corset. Marie Jeanette de Lange considère cette approche stylistique comme le meilleur moyen de rendre les robes réformées attrayantes et en publie des illustrations dans le magazine de l'association. De nombreuses autres femmes du mouvement réformiste trouvent ces concessions à l'ancien style incompatibles avec les idées réformistes. Cette divergence oppose les sections de La Haye et d'Amsterdam. À Amsterdam, les robes sans traîne, qui descendent jusqu'aux chevilles, sont déjà recherchées, tandis que certaines femmes de La Haye attachent encore une grande importance à leur traîne. En 1902, les membres de La Haye quittent le conseil d'administration et Marie Jeanette de Lange démissionne de la présidence[1],[2],[3].
Fin de vie
Elle fonde son propre magazine, Schoonheid door Gezondheid (La beauté par la santé), qui est publié durant un an[1].
Vers 1908, Marie Jeanette de Lange adhère à l'Église de la Science Chrétienne, une branche du christianisme qui repose essentiellement sur la guérison par la prière[1],[4]. Son mari, Jan Bouman, meurt en 1909 et, en 1911, elle épouse Hendrik de Lange, son cousin. Celui-ci se convertit également à la Science Chrétienne. Ils s'installent au domaine de De Polberg, près de Wapenveld, en Gueldre, où ils continuent à mener une vie sociale animée[1].
Marie Jeanette de Lange meurt le à De Polberg près de Wapenveld, à l'âge de 57 ans[1].
Le portrait de Marie Jeanette de Lange peint par Jan Toorop est visible au Rijksmuseum. Elle est vêtue, selon les principes de la réforme vestimentaire, d'une robe rose avec un boléro qu'elle a possiblement faite elle-même[1].
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 (en) Jenny Reynaerts, « From a hygienic and aesthetic point of view': Jan Toorop, Portrait of Marie Jeannette de Lange, 190 », The Rijksmuseum Bulletin, vol. 57, no 2, , p. 114-135 (lire en ligne)
- ↑ (nl) « Hobbezakjes op de Dam », sur Ons Amsterdam (consulté le )
- ↑ (en) Madelief Hohé, « Reform Dress in the Collection of the Gemeentemuseum Den Haag », Dresstudy, vol. 63, (lire en ligne)
- ↑ « Qu’est-ce que la science chrétienne ? », sur Got Questions