Marie-Madeleine Duchapt est vraisemblablement l'épouse de Martin Arnaud Loysant, mercier. Quoique mariée, elle est appelée Mademoiselle Duchapt, puis son prestige augmentant, on l'appelle Madame Duchapt quand elle acquiert sa notoriété, avant d'être plus simplement connue sous le surnom « La Duchapt » à son apogée.
Elle commence sa carrière de modiste dans la boutique « Chande de modes », commence à fournir des femmes de la noblesse. Lorsque Françoise Leclerc connait des problèmes de santé, elle est appelée pour l'aider, puis progressivement la supplante. À cette époque, les robes sont conçues sur le même modèle et la mode s'exprime par des changements de garnitures, les chapeaux et les accessoires, ce qui explique l'importance des marchands de mode comme la Duchapt. La guilde des marchandes de modes ne fut créée qu'en 1776, mais la profession existait déjà.
La Duchapt compte de nombreuses clientes dans l'aristocratie parisienne et les dames d'honneur de la cour de Versailles, par exemple l'écrivain Charles-Philippe d'Albert de Luynes rapporte qu'en 1739, Louise Julie de Mailly, maîtresse du roi, doit se marier en Espagne. La Duchapt l'accompagne afin d'étudier la manière de la vêtir pour cette occasion[2].
À partir de 1756, elle perd progressivement sa notoriété au profit de Mademoiselle Alexandre, qui deviendra la principale marchande de mode en 1772[2].