Mercerie
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La mercerie est l'ensemble des articles qui servent pour l’habillement et la parure : fil, aiguille à coudre ou à tricoter, boutons, rubans, etc. Par extension, la mercerie désigne le commerce de ces marchandises et la boutique qui les vend, étendant progressivement sa gamme aux armes, couteaux, métaux, bijoux, parures, pièces d'ameublement, cuirs, étoffes, etc.
Au Québec, la mercerie désignait autrefois le magasin de confection pour homme.
Étymologiquement, le mercier est un marchand. Ce nom est retrouvé dès le XIIe siècle (acte de concession dans les halles de Champeaux en 1137) et provient du latin merx et de l'ancien français merz qui signifie marchandise[1].
À la fin du Moyen Âge, les merciers sont un des six corps de marchands : ils font le négoce des marchandises produites par les autres métiers ou importées. Les marchands merciers (Livre des métiers d'Étienne Boileau. Titre LXXV) faisaient commerce de produits de luxe : étoffes, objets de toilette, ceintures, franges de robe, bourses, aumônières. Ils n'avaient pas le droit de fabriquer eux-mêmes, mais ils pouvaient enrichir les produits qu'ils vendaient de perles, de pierres précieuses, d'or ou d'argent.
On dit d'eux : « Merciers, marchands de tout, faiseurs de rien ». Négociant en gros, le mercier est soit ambulant, pouvant s'approvisionner jusque dans des grandes foires à l'étranger et charger ses mulets de ballots, ou sédentaire, s'approvisionner chez les merciers ambulants ou commandant leurs marchandises aux fabricants de la ville. Au XIIIe siècle, ils obtiennent le droit de fabriquer eux-mêmes certaines marchandises : orfrois, broderies.
La mercerie comprenait divers commerces dont celui des métaux et les articles de couture dits de « menue mercerie ». Un mercier était un marchand appartenant à la corporation des merciers (avec ses maîtres et ses apprentis) qui avait à sa tête jusqu'en 1597 un roi des merciers[2]. Cette corporation avait obtenu ses statuts en 1545, acceptait les femmes dans leur métier et était divisée en plusieurs catégories au XVIIe siècle : marchands joailliers, marchands quincailliers, papetiers, bimbelotiers, etc. La corporation des merciers s'unit avec celle des drapiers en 1703.
Au XIXe siècle, avant l'invention de la haute couture et l’avènement des grands couturiers, le mercier vend des tissus et étoffes à ses clients ; ces mêmes tissus sont façonnés par la couturière sur les indications du client.

