Marie de Régnier
poète, romancière et journaliste française
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Marie de Régnier, qui signe ses œuvres Gérard d'Houville, ou parfois Gérardine, Marie de Heredia de son nom de naissance, est une romancière, poétesse et dramaturge française, née le à Paris 7e et morte le à Suresnes.
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| Nom de naissance |
Marie Louise Antoinette de Heredia |
| Pseudonymes |
Gérard d’Houville, Gérardine |
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| Mère |
Louise de Heredia-Despaigne (d) |
| Fratrie | |
| Conjoint |
Henri de Régnier (à partir de ) |
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Biographie
Née en , Marie - de son nom complet Marie Louise Antoinette de Heredia[1] - est la deuxième des trois filles de José-Maria de Heredia.
Tout enfant, Marie de Heredia fréquente poètes et artistes : Leconte de Lisle, Anna de Noailles, Paul Valéry ou Pierre Louÿs qui sont accueillis chez son père. Elle écrit ses premiers vers à la bibliothèque de l'Arsenal, dont son père est le directeur.
En 1894, elle contribue à créer une canacadémie, l'Académie canaque, parodie de l'Académie française[2]. À partir de 1894, elle publie des poèmes dans la Revue des deux Mondes. Son premier roman, L'Inconstante, paraît en 1903[3].
Son pseudonyme « Gérard d'Houville » vient du nom de naissance de sa grand-mère paternelle. Sous ce nom de plume, elle reçoit en 1918 le 1er prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre (première femme à obtenir ce prix)[4].
Elle est présidente de l'Académie Mallarmé[N 1].
Plusieurs peintres ont fait d'elle son portrait, parmi lesquels Jacques-Émile Blanche, Jean-Louis Forain. Pierre Louÿs, qui a été son amant, a pris plusieurs photographies nues d'elle dans des positions lascives[5].
Vie sentimentale et familiale
En , elle épouse le poète Henri de Régnier[6].
Elle devient la maîtresse de son beau-frère Pierre Louÿs, père probable de son fils, Pierre de Régnier, futur journaliste, puis de Jean de Tinan. Elle le rapporte, de façon romancée, dans son roman L'Inconstante, publié en 1903[5].
Elle a d'autres amants, Edmond Jaloux et son ami Jean-Louis Vaudoyer. Henri de Régnier était au courant des liaisons de son épouse, mais n'a pas apprécié l'affichage de celle avec le dramaturge Henri Bernstein[7], une liaison qui prend fin après que ce dernier ait battu à plusieurs reprises Marie de Heredia[5]. Succède à cette liaison celle avec Gabriele D'Annunzio[5], exilé à Paris de 1910 à 1914. Puis, est entamée une relation avec André Chaumeix, le seul de ses amants à ne pas être poète[5].
Bisexuelle, elle a été amante de Mathilde de Morny, surnommée Missy, elle-même amante de Colette[5]. On lui prête aussi une relation saphique avec Georgie Raoul-Duval[8].
Mort et sépulture
Elle meurt en , à Suresnes, âgée de quatre-vingt-sept ans[1]. Sa sépulture est au cimetière du Père-Lachaise.
Publications
Romans

- L'Inconstante, 1903 ; rééd. Bartillat, Paris, préf. Marie de Laubier, 176 p., 2024 (ISBN 9782841007776)
- Esclave, 1905
- Le Temps d'aimer, 1908
- Le Séducteur, 1914
- Jeune Fille, 1916
- Tant pis pour toi, 1921[9].
- Le Roman des quatre, 1923, écrit en collaboration avec Paul Bourget, Henri Duvernois et Pierre Benoit.
- Le Chou, 1924
- La Vie amoureuse de l'Impératrice Joséphine, 1924 ; réédition en 1933 sous le titre L'Impératrice Joséphine
- L'Enfant, 1925
- Clowns, 1925
- Esclave amoureuse, 1927
- La Vie amoureuse de la Belle Hélène, 1928
- Le Charmant Rendez-vous, 1929
- Les Rêves de Rikiki, 1930, dessins de Pierre de Régnier
- Enfantines et Amoureuses, 1946
Recueil de nouvelles
- « Le papillon rouge » (ill. Edmond Dulac), L'Illustration, , p. 13-16 (lire en ligne).
- Chez le magicien, 1926
Ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse
- Proprette et Cochonnet, 1926
- Victor Hugo raconté par l'image, 1930
Poésie
- Vingt poèmes, 1925
- Le Diadème de Flore, 1928
- Les Poésies de Gérard d'Houville, 1930
Théâtre
- Aujourd'hui et demain, 1916
- Il faut toujours compter sur l'imprévu, 1916
- La nuit porte conseil, 1917
- Le Chien chinois, 1920
- Le Sylphe, 1922
- L'heure exacte ou nul n'échappe à son destin, 1927
- Il ne faut pas dire : Fontaine.., 1927
- Je crois que je vous aime… : sept proverbes, 1927
- Lettres à Henri Mondor : autour de Stéphane Mallarmé, 2011 (publication posthume)
Autres publications
- Billet à M. Alfred de Musset après la représentation de Fantasio, 1925
- Falbalas et Fanfreluches : almanach des modes présentes, passées & futures pour 1925, 1925
- Paris et les voyages, 1925
- Opinions candides, 1926
- Adieu à d'Annunzio, 1935
- Au château de Bourdonné : le souvenir de José Maria de Hérédia, 1935
- Spectacles - le jardin de Mme de Noailles, 1935
- Introduction à Peau d'âme de Catherine Pozzi, 1935
Prix et distinctions
- 1918 : Grand prix de littérature de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre[10]
- 1955 : Prix Gustave Le Métais-Larivière de l'Académie française[10]
- 1958 : Grand prix de poésie de l'Académie française, pour l'ensemble de son œuvre poétique[10]
Hommages
- Impasse Marie-de-Régnier, dans le 16e arrondissement de Paris.
- Le drame historique français Curiosa, réalisé par Lou Jeunet, retrace la vie de Marie de Hérédia. Il est sorti en 2019.