Marijac
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Jacques Ernest Dumas |
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Marijac, de son vrai nom Jacques Ernest Dumas, est un dessinateur, scénariste et éditeur de bande dessinée français, né dans le 12e arrondissement de Paris le et mort le à Lyons-la-Forêt[1].
Marijac a suivi une formation d'ajusteur[2], fonction qu'il exerce pour Renault[3]. Il effectue son service militaire à Haguenau et croque ses camarades de régiment[3]. À partir de 1921, il devient illustrateur pour certains journaux[3] ; en 1926, ses dessins paraissent dans Les Jeunes, L'Auto et L'Est-Éclair[4]. Repéré par le directeur de Cœurs Vaillants[3], en 1931 Marijac crée pour ce journal le cow-boy Jim Boum, puis d'autres séries comme Césarin Pitchounet, Capitaine Pat'folle (1935), Jules Barigoule (1936)[4]. Il collabore avec d'autres périodiques, comme Pierrot à partir de 1934, Guignol à partir de 1935, Le Bon Point en 1937, Francis (1938), Le journal de bébé (1939), Siroco (1942)[4]. Il crée également de nombreux ouvrages pour les éditions Gordinne de 1936 à 1938[4]. Il est l'auteur de titres comme Rouletabosse Reporter , Costo Chien policier , Onésime Pellicule, Joé et Jim [3].
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est mobilisé et anime des journaux de régiment : La vie est belle ! Défendons-la[3] (1939-1940) et Le Cheval mécanique (1940)[4],[2], mais l'invasion allemande interrompt la publication. Capturé, il est fait prisonnier à Surgères[3] mais il s'évade et s'engage dans la Résistance en Auvergne, à Saint-Germain-Lembron[2] : il crée un opuscule satirique, Le Corbeau déchaîné, où figurent Les Trois Mousquetaires du maquis[4], les aventures de trois résistants français (auvergnats) qui affrontent (sans violence excessive) l'occupant allemand. Après l'invasion de la Belgique par l'Allemagne, il aurait recueilli Hergé chez lui dans le Puy-de-Dôme[5],[6].
En , à Clermont-Ferrand[3], il lance un hebdomadaire de bande dessinée qui deviendra très vite populaire : Coq hardi[4] ; il y officie sous le pseudoyme de Dum's en créant Tonnerre sur le Pacifique , série relatant les actions des Américains au Japon[3]. Il poursuit les aventures des Trois mousquetaires du maquis, qui marquent durablement les lecteurs[2]. D'abord diffusé dans la zone libre, en 1946, le journal paraît dans la France entière[3].
Signe de l'époque, il publie aussi dans l'immédiat après-guerre une BD romantico-politique (et nettement mélodramatique) avec pour toile de fond la Guerre civile espagnole intitulée Dolorès de Villafranca qui transpose l'histoire légendaire de Roméo et Juliette dans l'Espagne des années 30 ; Dolorès est fille de grands propriétaires terriens, soutiens de la rébellion franquiste et son soupirant, un garçon pauvre qui rejoint le camp républicain[7].
Il est le scénariste de nombreuses séries, notamment :
- Capitaine Fantôme pour Raymond Cazanave ;
- Colonel X pour Raymond Poïvet, Christian Mathelot et Noël Gloesner ;
- Alerte à la Terre pour Mathelot ;
- Sitting Bull pour Dut ;
- Poncho Libertas pour Le Rallic ;
- Roland Prince des Bois pour Kline ;
- Guerre à la Terre pour Auguste Liquois.
Il continue ensuite parallèlement sa carrière d'éditeur (Mireille, Nano et Nanette, Frimousse, etc.) et de scénariste, pour des récits plus courts. Il collabore à de nombreux périodiques[4]. Coq-Hardi, vaincu par la concurrence, prend fin en 1963[3]. En fin de carrière, Marijac « se consacre à la gestion d'une agence spécialisée dans la bande dessinée des années 50 »[8].
Une partie de son œuvre (Guerre à la Terre, Colonel X...) a été publiée par le magazine de bande dessinée belge Samedi-Jeunesse.
En 1978, Glénat publie une longue autobiographie richement illustré, Les Souvenirs de Marijac[9].
Marijac est lauréat du grand prix de la ville d'Angoulême 1979[10] et fait l'objet d'une grande exposition rétrospective organisée par Francis Groux au festival d'Angoulême 1980[11]. En 1994, L'Almanach Vermot publie ses dernières illustrations[4].