Marilyn Horne
artiste lyrique américaine
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Marilyn Horne est une artiste lyrique (mezzo-soprano) américaine, née le à Bradford (Pennsylvanie).
Bradford (Pennsylvanie, États-Unis)
soprano puis mezzo-soprano
| Nom de naissance | Marilyn Berneice Horne |
|---|---|
| Naissance |
Bradford (Pennsylvanie, États-Unis) |
| Nationalité | américaine |
| Activité principale |
artiste lyrique soprano puis mezzo-soprano |
| Style | |
| Années d'activité | 1954-1998 |
| Conjoint | Henry Lewis |
Biographie
Jeunesse et formation
Marilyn Berneice Horne naît le [1],[n 1] à Bradford en Pennsylvanie. Ses parents, Bentz and Berneice Horne, ont tous deux des engagements politiques en tant qu'assesseurs auprès du comté de McKean et de la ville[2],[3]. Elle a un frère et une sœur aînés, Richard et Gloria, et un jeune frère Jay (née en 1947).
Remarquant les dispositions vocales de sa fille, Bentz Horne, qui est lui-même chanteur amateur, décide de s'installer avec sa famille à Long Beach en Californie pour que Marilyn puisse avoir accès à une formation et des débouchés professionnels[4]. Encore très jeune, elle travaille sa voix avec Edna Luce, une chanteuse lyrique locale dont Marilyn indique qu'elle lui aura donné des bases techniques solides[5].
Elle étudie à la Long Beach Polytechnic High Schooll et intègre parallèlement la Roger Wagner Chorale puis le chœur de l'église épiscopale Saint Luc[6], qui participent régulièrement aux tournages de films à Hollywood et enregistrent pour Capitol Records[7]. Elle s'y lie d'amitié avec la jeune Marni Nixon. Marilyn et Gloria sont géalement choisies pour former le quatuor de solistes du chœur[8].
Ayant obtenu une bourse pour entrer à l'Université de Californie du Sud grâce au soutien d'une mécène californienne, Carolyn Scott[9], elle y étudie le chant avec William Vennard et Gwendolyn Koldofsky et participe à plusieurs master classes de la cantatrice Lotte Lehmann à la Music Academy of the West[10],[11]. Encore soprano, elle exploite aussi ses dons d'imitatrice pour enregistrer des covers, copies bon marché de chansons à succès de l'époque (comme celles de Peggy Lee) vendues dans les grandes surfaces.
Débuts professionnels
En 1954, elle débute sur scène dans une production du Los Angeles Guild Opera, dans La Fiancée vendue de Bedřich Smetana, dirigée par le chef allemand Carl Ebert. La même année, elle double Dorothy Dandridge pour le chant dans le film musical Carmen Jones d'Otto Preminger d'après l'opéra de Bizet[12] puis, deux ans plus tard, participe en tant que choriste[n 2] à l'enregistrement du film musical Le Roi et moi de Walter Lang d'après la comédie musicale homonyme, ce qui lui permet de retrouver Marni Nixon qui double quant à elle Deborah Kerr.
Pour financer un voyage en Europe destiné à auditionner dans des théâtres, elle organise un concert à bénéfice qui lui rapporte 1000 dollars[5]. En 1958, elle part pour l'Allemagne où l'appelle un contrat de trois ans avec l'Opéra civique de Gelsenkirchen. Elle y chante les grands rôles de soprano lyrique : Minnie dans La fanciulla del West, Mimì dans La Bohème, Giulietta dans Les Contes d'Hoffmann, Amelia dans Simon Boccanegra ou encore Tatiana dans Eugène Onéguine. Elle y fait la connaissance du chef d'orchestre et contrebassiste Henry Lewis (1932-1996), qu'elle épouse en 1960. Elle travaille avec Igor Stravinsky dont elle enregistre plusieurs œuvres comme Œdipus rex.
Inflexions vocales
De retour aux États-Unis, ne se sentant plus aussi à l'aise dans l'aigu, elle décide de travailler son registre grave abordant les rôles de mezzo-soprano, tout en conservant une tessiture atteignant le contre-ut (do5). C'est seulement à partir de 1968 qu'elle abandonne définitivement le répertoire de soprano.
La cantatrice australienne Joan Sutherland la remarque au cours d'une reprise de l'opéra, alors méconnu, Beatrice di Tenda de Vincenzo Bellini. C'est le début d'une longue collaboration et la consécration de Horne en tant que mezzo-soprano colorature. Henry Lewis joue un rôle important dans cette évolution, en particulier pour écrire des variations personnelles.
Horne débute au Royal Opera House (Covent Garden) de Londres en 1964 avec le rôle de Marie dans Wozzeck puis à la Scala en 1969 dans Œdipus rex[12]. Quelques semaines plus tard, elle y chante dans Le Siège de Corinthe de Gioachino Rossini, sous la direction de Thomas Schippers. La même année, elle interprète le rôle de Marguerite dans La Damnation de Faust d'Hector Berlioz sous la direction de Georges Prêtre.
Apogée

La pleine maturité arrive à partir de 1970 : elle débute au Metropolitan Opera en dans Norma (Adalgisa), aux côtés de Joan Sutherland. Elle aborde ensuite Carmen et Fidès dans Le Prophète de Giacomo Meyerbeer et ce qui deviendra son rôle-fétiche, Tancredi de Rossini, qu'elle chantera jusqu'en 1989. Elle chante également Orphée et Eurydice au Met, en 1972, une production qui sera jugée sévèrement[réf. nécessaire].
En 1975, le Met reprend à son intention Rinaldo de Haendel, une œuvre peu représentée à l'époque : son interprétation ne fait que confirmer son statut de virtuose (trente ans après, la critique lui attribue toujours la relance de l'opéra baroque[réf. nécessaire]). En 1978, elle chante Orlando furioso d'Antonio Vivaldi pour sa première reprise à l'époque moderne. La production, signée Pier Luigi Pizzi, fera le tour du monde jusqu'en 1989.
Elle débute à La Fenice de Venise en 1981[13] dans Tancredi. Les prises de rôles s’enchaînent : Dalila, Eboli, Isabella, Carmen, Orphée au Met, Amnéris à Berlin (ainsi qu'au Met et au Festival de Salzbourg, sous la direction d'Herbert von Karajan), Orlando (de Haendel cette fois-ci) à Venise en 1985, La Cenerentola à Chicago, etc.
On évoque une Brünnhilde dans Le Crépuscule des dieux de Richard Wagner mais le projet ne se réalisera pas[14].
Dans les années 1980, Marilyn Horne participe pleinement à la Rossini Renaissance et chante à plusieurs reprises au festival Rossini de Pesaro, en particulier dans Ermione, Bianca e Falliero et le Stabat Mater.
Parallèlement à la scène, Marilyn Horne développe une intense activité de récitaliste, avec notamment comme accompagnateurs Gwendolyn Williams Kodofsky puis Martin Katz.
À partir de 1997, elle dirige le département vocal de la Music Academy of the West de Santa Barbara.
Fin de carrière
Marilyn Horne fait ses adieux à la scène en 1998.
En , on lui diagnostique un cancer du pancréas, dont le pronostic est souvent mortel. Elle est traitée par rayons et chimiothérapie au Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York. En , elle déclare être tirée d'affaire[15].
Elle reçoit en 2023 un International Opera Award pour l'ensemble de sa carrière[16].
Vie privée
Marilyn Horne épouse en 1960 le chef d'orchestre Henry Lewis avec lequel elle a une fille, Angela, née en 1965. Après son divorce en 1979, elle a une liaison avec la basse grecque Nicola Zaccaria[5].
Typologie vocale
Douée d'une voix particulièrement timbrée et reconnaissable, Marilyn Horne a construit son timbre par un travail constant, ré-inventant un registre perdu : celui du contralto rossinien. Ce parcours est d'autant plus original qu'elle a démarré sa carrière en assumant des rôles de soprano. Vers la fin de sa carrière (officiellement arrêtée en 1998), des lézardes commençaient à devenir évidentes à la surface d'un maçonnage aussi sophistiqué : les différents registres, parfaitement unis jusqu'alors, perdirent leur homogénéité, transformant progressivement les qualités uniques de cette artiste en caricature. Le poitrinage outrancier, les aigus souvent bas (ceci même au sommet de sa carrière) et l'aspect guttural du médium des dernières performances ne pourraient, en aucun cas, effacer le souvenir d'une gloire bien méritée.
Répertoire
Discographie
Marilyn Horne a enregistré en exclusivité avec Decca Records (London Records), à quelques exceptions près. C'est la raison pour laquelle en 2008, Decca a sorti un coffret Marilyn Horne: The Complete Decca Recitals (11 CD)[17].
Parmi ses enregistrements distingués, on peut citer :
- Opéras
- Vincenzo Bellini, Norma (Adalgisa) avec Joan Sutherland, dir. Richard Bonynge - 1965 Decca
- Vincenzo Bellini, Norma (Adalgisa) avec Joan Sutherland, Carlo Bergonzi, dir. Richard Bonynge - 1970, Foyer 2 CD live
- Hector Berlioz, La Damnation de Faust (Marguerite), Orchestre de la RAI, dir. Georges Prêtre - 1969, Akadia
- Georges Bizet, Carmen (rôle-titre), orchestre et choeurs du Metropolitan Opera, dir. Leonard Bernstein - 1973, Deutsche Grammophon 2530 534, enregistrement réalisé sous l'autorisation particulier de Decca
- Gioachino Rossini, Semiramide, avec Joan Sutherland, dir. R. Bonynge - 1965, Decca
- Albert Roussel, Padmâvatî (rôle-titre), avec Nicolai Gedda, Ratan-Sen, José van Dam, Alaouddin, orchestre national du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson - 1983, EMI ; ressortie en CD Erato 2019
- Georg Friedrich Haendel, Arias from Giulio Cesare, avec Joan Sutherland, dir. R. Bonynge - 1964, Decca
- Musique religieuse
- Mozart, Requiem, dir. István Kertész - 1966, Decca
- Récitals
- The Age of Bel Canto, avec Joan Sutherland, dir. R. Bonynge - 1964, Decca
- Bel Canto Arias, dir. Henry Lewis - 1965, Decca
- Presenting Marilyn Horne, dir. Henry Lewis - 1965, London Records
- The Sisters Garcia (Pauline Viardot et Maria Malibran), dir. Henry Lewis - 1966, Decca
Distinctions
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres lors de la promotion du [18].
Récompenses
- Grammy Awards 1965 : Grammy de l'artiste classique le plus prometteur pour « The Age Of Bel Canto: Operatic Scenes (Boyngne, cond.) »[19]
- Grammy Awards 1982 : Grammy de la meilleure interprétation soliste vocale classique pour « Live From Lincoln Center - Sutherland/Horne/Pavarotti »[19]
- Grammy Awards 1984 : Grammy de la meilleure interprétation soliste vocale classique pour « Leontyne Price & Marilyn Horne In Concert At The Met »[19]
- Grammy Awards 1994 : Grammy du meilleur enregistrement d’opéra pour « Handel: Semele »[19]
Publications
- (en) Marilyn Horne et Jane Scovell, Marilyn Horne: My Life, Atheneum Books, 1983 (ISBN 068911401X)
- (en) Marilyn Horne et Jane Scovell, Marilyn Horne: The Song Continues, Baskerville Publishers, 2004 (ISBN 1880909715)

