Mario Duplantier

From Wikipedia, the free encyclopedia

Surnom "Lizard", "Evil Mario"
Nom de naissance Mario François DuplantierVoir et modifier les données sur Wikidata
Naissance (44 ans)
BayonneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités Musicien, peintreVoir et modifier les données sur Wikidata
Mario Duplantier
Description de cette image, également commentée ci-après
Mario Duplantier sur scène en 2012
Informations générales
Surnom "Lizard", "Evil Mario"
Nom de naissance Mario François DuplantierVoir et modifier les données sur Wikidata
Naissance (44 ans)
BayonneVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités Musicien, peintreVoir et modifier les données sur Wikidata
Genre musical Death metal, metal progressif, groove metal
Instruments BatterieVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de GojiraVoir et modifier les données sur Wikidata
Années actives Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Labels Roadrunner RecordsVoir et modifier les données sur Wikidata
Site officiel marioduplantier.comVoir et modifier les données sur Wikidata

Mario Duplantier, né le à Bayonne, est un batteur franco-américain, cofondateur du groupe de metal français Gojira. Il s'impose comme un batteur puissant et d'une grande précision technique, reconnu pour l'utilisation de motifs polyrythmiques distinctifs. Il est également artiste peintre depuis 2009.

Issu d'une famille de créatifs, Duplantier développe un intérêt pour la musique et la batterie à l'âge de 11 ans. En 1996, il fonde avec son frère Joseph, chanteur et guitariste, le groupe de metal Godzilla. Après une période d'apprentissage autodidacte, il s'inscrit à l'école de batterie d'Agostini et cofonde Empalot en 1998. En 2001, Godzilla change de nom pour devenir Gojira et sort son premier album, Terra Incognita. Empalot est mis en pause en 2004, au moment où Gojira prend de l'ampleur avec la sortie de From Mars to Sirius.

Au fil de sa carrière, Duplantier forge une expérience variée à travers de nombreux styles musicaux, du metal extrême au jazz, en passant par le rock et le funk. À l'issue d'un apprentissage rigoureux et de nombreux enregistrements, il s'impose sur la scène internationale et est reconnu comme l'un des batteurs de metal les plus créatifs, tant sur le plan rythmique que technique. Journalistes, magazines spécialisés et sondages auprès des lecteurs le classent régulièrement parmi les meilleurs batteurs de metal au monde.

Enfance

Mario Duplantier est né le à Bayonne et grandit à Ondres. Il possède la double nationalité franco-américaine par sa mère[1],[2].

Il fait partie d'une famille où les arts et la créativité ont une place importante[3]. Sa mère, Patricia, américaine est née à Madison (Wisconsin), d'une famille originaire des Açores[A 1]. À 23 ans, lors d'un voyage en Europe alors qu'elle est hôtesse de l'air, elle tombe amoureuse de Dominique Duplantier, avec lequel elle partage la même fibre artistique, et décide de ne plus retourner aux États-Unis[4],[5]. Installée en France, elle devient professeur de yoga et sculptrice sur bois[A 1]. Son père Dominique est artiste-peintre, avec une formation aux Beaux-Arts de Paris. Il réalise de nombreuses représentations architecturales, des plans et des paysages des villes du Sud-Ouest puis partout en France. Il publie également plusieurs ouvrages de ses dessins[A 2],[6].

En 1977, alors que le couple a donné naissance à leur premier enfant Joseph, ils décident de déménager dans la région natale de Dominique pour garantir un cadre plus proche de la nature au sein de la forêt des Landes[A 1]. La maison familiale est réputée comme isolée, difficile d'accès, jouxtant l'atelier du père de famille. Les Duplantier sont à l'écart des activités du village et parfois surnommés « la famille Addams »[3],[7],[A 3]. La maison, en ruine mais rénovée par le père, est décrite comme ayant toujours de la musique selon sa mère, avec du blues, pop, fado, mais pas de hard rock[8],[4]. En plus de son frère aîné Joseph, Mario Duplantier a une sœur, Gabrielle, photographe[6].

Dans sa jeunesse, Duplantier est dépeint comme un enfant « expansif, drôle, attachant, insouciant et ouvert », ajoutant qu'il est populaire à l'école[4]. Il passe beaucoup de temps dans l'atelier de son père, où une pièce est dédiée à la peinture, l'une à la musique et l'autre à la photographie[3]. Encore enfant, il subit plusieurs infections de l'oreille après avoir nagé dans des eaux polluées. Les opérations chirurgicales qu'il subit nourrissent la conscience écologique de son frère Joe et de lui-même, qui sera une empreinte forte du groupe Gojira plus tard[1],[A 4].

Ses parents ont toujours encouragé leurs enfants à poursuivre des carrières d'artistes, à la condition d'avoir le baccalauréat. Alors qu'il est déjà lancé dans la musique, le batteur passe son baccalauréat section littéraire, avec un désintérêt pour les études[9],[A 5].

Carrière professionnelle

Débuts dans la musique

Duplantier grandit dans une maison où sa mère écoute beaucoup de musique anglo-saxonne, notamment The Beatles, Tina Turner et Michael Jackson[A 6]. La première chanson qui marque le futur musicien est Another One Bites the Dust du groupe Queen, à l'âge de 11 ans. Il commence alors à s'intéresser à la musique, alors qu'il ne jurait que par le sport avant[9],[10],[A 7]. Il découvre Metallica par le biais de cassettes audio de son frère Joseph[8]. Il déclare en interview en 2017 que « c'était l'événement le plus marquant de ma vie. Grâce à ces cassettes et à cette musique, nous avons commencé à rêver. Mon frère et moi savions que nous devions faire de la musique »[10].

Deux musiciens sur scène lors d'un concert, avec Joseph Duplantier guitariste au premier plan et son frère Mario Duplantier derrière la batterie au second plan.
Mario Duplantier et son frère Joseph sur scène en 2007.

Son frère Joseph commence alors à jouer de la guitare avec un ami d'école, et joue dans son propre groupe de punk hardcore P4[A 8]. Pour imiter son grand frère, Mario Duplantier commence la batterie à l'âge de 12 ans : en écoutant une cassette de Metallica, il prend « des baguettes chinoises et [se met] à taper sur des seaux »[9]. Il partage en interview en 2014 qu'à cette époque, voir des vidéos de Lars Ulrich jouant de la batterie l'ont beaucoup influencé[11]. Sa mère se dirige alors au magasin de musique du village pour acheter sa première batterie[10]. À 12 ans, il crée son propre groupe de musique, Putride, avec un ami d'école, où ils jouent des reprises de Nirvana, Metallica et Sepultura, développant un attrait pour le death metal[10],[A 8]. Pour son frère Joseph, « la première fois qu'il a touché des baguettes, il a été vraiment très bon. Il était meilleur que le batteur que j'avais [dans mon groupe] à l'époque[5] ».

Godzilla (1996-2001)

En 1996, alors que les deux frères Mario et Joseph Duplantier sont chacun dans leur groupe de musique, ils se plaignent de leurs camarades musiciens respectifs : « nous jouions tous les deux dans des groupes, mais nous étions frustrés car nous étions très ambitieux et nous ne trouvions pas cette satisfaction avec nos groupes respectifs »[10],[7]. Après l'école, Mario Duplantier fait des jam sessions fréquemment avec son frère Joseph dans l'atelier de leur père[5],[A 4]. Mario embarque alors son frère aîné Joseph dans le death metal et le duo fonde Godzilla à l'âge de 14 ans pour Mario et 19 ans pour Joseph[10].

Le duo publie une annonce dans le magasin de musique local, pour rechercher un bassiste et un guitariste, pour un groupe d'influence « Death époque Symbolic ». Les frères Duplantier souhaitent faire du death metal plutôt technique et mélodique[12]. Ils rencontrent Christian Andreu, guitariste, et Alexandre Cornillon, bassiste[12],[A 9].

Après quatre mois ensemble, le groupe commence à jouer des concerts. En , alors que Mario a 15 ans, le groupe enregistre sa première démo, Victim[A 10]. Ils la vendent sur cassette à leurs amis et après leurs shows[5],[13]. En 1997, le groupe change de bassiste pour Jean-Michel Labadie et publie une deuxième démo, Possessed[12]. Jusqu'à cette démo, Mario Duplantier n'a jamais pris de cours de batterie. Accompagné de sa mère, il se dirige vers l'école de musique Agostini, où il va apprendre à jouer du jazz, du rock et du jazz afro-cubain. Les cours lui permettent de jouer avec plus de finesse et de dynamisme[10]. Il suivra ces cours pendant sept années, avant que le rythme des tournées de Gojira ne lui en laisse plus le temps[10].

En 1999, le groupe se développe, réalise des concerts dans la région et participe à des tremplins de musiques locaux[7],[14]. La même année, la formation est invitée à tourner avec le groupe norvégien Immortal[15]. À 17 ans, Mario Duplantier est déjà reconnu pour sa force de frappe et sa précision. Son frère Joseph note qu'ils se « reconnaissent dans le death-metal par l'énergie qu'il dégage. Mais cette musique est aussi associée à une imagerie et tout un tas de choses qui ne nous concernent pas. [...] Nous ne sommes pas du tout enfermés dans une chapelle musicale[16]. »

Empalot (1998-2004)

En 1998, les frères Duplantier jouent également dans un side-project appelé Empalot, groupe orienté metal festif composé de neuf musiciens, à l'opposé du style de Gojira[A 11]. Le groupe publie une démo, Brout, puis un album, Tous aux cèpes, en 2002[14],[17]. En , le groupe filme un concert à Ramonville-Saint-Agne qui est publié en DVD intitulé Empalot en concert[A 12].

Cette expérience apporte une dimension groovy au jeu du batteur, avec des ouvertures de charlestons et l'introduction de ghost notes, dont Duplantier n'avait pas l'habitude auparavant. Empalot a amené une culture du funk qui sera réutilisée dans Gojira plus tard[18].

Depuis 2004, malgré l'enthousiasme que ressentent les membres du groupe, l'ampleur que prend Gojira contraint les Duplantier à mettre le projet Empalot en pause[19]. En 2019, Mario Duplantier déclare dans une interview que le groupe est toujours en pause, sans savoir quand il reprendra[17].

Gojira (depuis 2001)

Prise de vue depuis l'arrière de la fosse d'un concert, où l'on voit l'ensemble de la scène avec le groupe Gojira.
Gojira sur scène en à Niort, au cours du Terra Incognita Tour, avec Mario Duplantier à la batterie.

En 2001, le groupe Godzilla se renomme Gojira pour éviter les problèmes de droits à la suite de la sortie du film Godzilla en 1998[20],[A 13]. En , le groupe publie son premier album, Terra Incognita. Il est comparé aux sonorités de Death, Morbid Angel et des débuts de Sepultura : Terra Incognita est composé de riffs de death metal, mais également de signatures rythmiques complexes[21],[22],[23]. À l'âge de 19 ans, le batteur est sous pression, avec seulement trois jours au studio d'enregistrement pour l'album. Il ajuste sa pédale de grosse caisse à chaque chanson et ne joue pas naturellement selon lui[10].

En , le groupe sort son deuxième album, The Link, avec un style plus mélodique et plus personnel, mais moins produit que le premier album : le groupe a des difficultés à s'approprier son nouveau matériel dans son studio indépendant, avec un enregistrement fait à la hâte[A 14]. Le style propre au groupe commence cependant à s'affirmer dans cet album, avec une double grosse caisse plus marquée de Mario Duplantier et des rythmes plus subtils[A 15],[21],[24]. Le groupe reste toutefois confidentiel à l'échelle nationale, avec des labels de musique frileux, souhaitant plutôt que le groupe chante en français[15]. Sur le plan financier, les membres du groupe, dont Mario, sont dans une situation précaire, les ventes d'albums et la recette des concerts ne couvrant pas l'ensemble des prêts dus aux banques[A 16].

En 2005, après ces deux albums, Mario Duplantier sait qu'il « doit passer à un niveau supérieur ». Il s’entraîne d'abord deux heures par jour en dehors des week-ends à faire des paradiddles sur sa double pédale. Après quelques mois, il souhaite pouvoir jouer de façon précise à tout rythme, que ce soit à 170 ou 220 bpm. Il commence alors un deuxième exercice quotidien composé de trente minutes de paradiddles puis d'une heure de double pédale, à différents rythmes[10]. Pour exploiter le plein potentiel de sa batterie et d'une bonne résonance, Mario Duplantier effectue les enregistrements pour le prochain album non pas à leur studio indépendant mais à la salle de concert Le Florida d'Agen[A 17].

En , Gojira publie From Mars to Sirius, qui est un tournant pour la notoriété du groupe[21],[22]. L'album est très positivement reçu par la critique, pour la modernité et le thème de l'écologie qu'aborde désormais le groupe. Le travail technique sur la batterie de Mario est remarqué[A 18]. Les frères Duplantier vivent alors des tournées, les ventes d'albums restant confidentielles : les deux premiers se sont écoulés à 7 000 exemplaires contre près de 13 000 unités pour le 3e album en six mois[25],[26].

Dès lors, le groupe prend une tournure internationale : en 2006, Gojira fait ses premiers concerts aux États-Unis, comme première partie de Children of Bodom[27]. Ils jouent également avant Machine Head, Lamb of God et Metallica à l'été 2008. Gojira est plébiscité par la presse et Mario Duplantier reconnaît alors faire de plus en plus d'interviews. Mario Duplantier souligne que le chant en anglais par son frère Joseph s'est imposé dans le groupe sans calcul, bien qu'une influence de leur mère américaine peut exister. Il revendique une technique de musique extrême, « une musique qui parle aux tripes », allié à une sensibilité poétique propre, pour aborder le thème de l'humain et de l'environnement[2]. Le groupe est réputé pour son sérieux, dans un marathon de tournées qui s'étire jusqu'en 2008. À l'opposé des stéréotypes du milieu des musiques extrêmes, les membres du groupe ne font que très peu d'abus : Mario ne fume pas, ne prend pas de drogues et ne boit que très peu d'alcool[A 19],[A 20].

En 2008, le groupe planche sur un nouvel album. Mario fait preuve d'encore plus d'exigence qu'auparavant sur la captation de son instrument. Après quatre mois de composition à Ondres, Mario et son frère partent à Los Angeles en pour effectuer uniquement les enregistrements de batteries aux Undercity Studios, qui sert de base de travail pour le reste de la composition[A 21],[28]. Après la sortie de leur 4e album, The Way of All Flesh, le groupe est présenté comme le leader de la scène metal française[29].

En 2009, pour combler la monotonie des transports entre les concerts, Mario Duplantier s'adonne à la peinture, inspiré par les œuvres artistiques de son père[A 22]. Il peint alors sur le matériel à sa disposition, notamment des peaux de batteries usées. Il expose ses œuvres en 2010 au Rock School Barbey, salle dans laquelle il a plusieurs fois joué avec Gojira[A 23],[30]. Son frère Joseph décrit le batteur comme calme et posé mais hyperactif : « déjà, pour être batteur, il ne faut pas être net. Mario, c’est un mec ultra doué, hyperactif qui est tout le temps en train de produire. Il a une production créative incessante. Il n’arrête pas, il fait de la photo, de la peinture, du dessin, de la batterie, il compose des morceaux sur synthé, il surfe…[31] »

En 2012, Gojira sort son 5e album, L'Enfant sauvage. Il reconnaît avoir un jeu plus simple sur cet album, avec plus de maturité : Duplantier privilégie le groove avec quelques touches techniques plutôt que des enchaînements démonstratifs complexes comme il a pu le faire sur les albums précédents[32],[33],[34]. De nouvelles sonorités sont introduites dans les enregistrements, avec des motifs rythmiques sur une porte en métal par exemple[31]. L'expérience du jeu dans des grandes salles et avec des groupes plus importants fait que Mario Duplantier joue avec une énergie plus brute, avec plus d'amplitude dans ses gestes[32] :

Plan centré sur Mario Duplantier lors d'un concert, derrière sa batterie dont les grosses caisses sont stylisées avec le visuel de l'album L'Enfant Sauvage.
Mario Duplantier sur scène lors d'un concert au Wacken Open Air en 2013.

« J’ai été impressionné par l’amplitude des gestes. C’est un truc que j’aime, j’ai toujours été plutôt visuel. [...] Il y a un truc qui m’a vraiment marqué dans le côté visuel, j’aime ça. Ça s’apparente à de la danse, c’est hyper puissant. J’ai toujours voulu m’approcher de cette gamme de jeu et c’est vrai qu’avoir ouvert pour des grands, c’est aussi une sorte de… Comment dire ? C’est une nécessité intérieure de faire un show à la hauteur, un truc de surpassement de soi-même, qui m’a poussé à un jeu avec plus d’amplitude. Ça vient d’une rage, une rage de « on va y arriver, on va imposer notre musique, on va faire un gros show », et ça passe par un rapport au corps un peu chaotique, avec une amplitude. »[32]

 Mario Duplantier

Pour l'enregistrement de cet album, il ne s'attache pas à la perfection, mais souhaite garder un ressenti « live », avec des prises en une seule fois, retravaillées légèrement ensuite[18]. Au cours de la tournée internationale qui suit, Mario prend plus de place dans le groupe, assurant la communication avec les médias ainsi que la relation avec leur nouveau label Roadrunner Records[A 22]. Il développe également sa notoriété sur les réseaux sociaux, où il incarne le personnage d'Evil Mario lors de courtes vidéos en ligne[A 23],[35].

En 2014, Mario Duplantier déménage à New York, rejoignant son frère vivant là-bas depuis quelques années, et ils construisent ensemble un nouveau studio d'enregistrement, le Silver Cord Studio[A 24],[36]. Ils y démarrent l'enregistrement de leur 6e album de Gojira en , Magma, avant d'être interrompu par la maladie puis le décès de leur mère en [4],[37]. Le ton général de l'album, moins extrême, résulte d'un désir de Mario Duplantier de « changer la dynamique » : tout en cherchant à ajouter « plus de couleurs » aux compositions, il souhaite aller à l'essentiel en retirant tout le côté complexe que Gojira a pu utiliser par le passé[A 25],[15],[38]. Après vingt ans d'existence, Mario Duplantier se dit « un peu frustré » du manque de reconnaissance de Gojira en France par rapport à l'international, où ils ont pu déjà effectuer 17 tournées aux États-Unis notamment[15]. Rétrospectivement, le batteur qualifie cet album de plus posé, marqué par l'épuisement du long cycle de promotion en tournées de l'album précédent L'Enfant Sauvage[39].

Gros plan sur le visage de Mario Duplantier au travers de ses cymbales sur scène.
Mario Duplantier au Rock am Ring en 2023.

À la fin de l'année 2019, Mario Duplantier revient vivre sur la côte basque[A 26]. En 2021, Gojira publie son album Fortitude, dont la pochette est inspirée de peintures proposées par le batteur[A 27]. Mario Duplantier admet alors qu'il est désormais plus compliqué de composer les nouveaux morceaux, avec un processus plus long. Leurs désirs musicaux ont changé et les influences du groupe se sont diversifiées. Sur ce nouvel album, le groupe accentue encore plus le groove, avec des thèmes forts pour créer du partage avec le public[39]. Cet album est le résultat d'une plus grande cohésion de groupe, avec un travail plutôt axé sur les riffs que sur la performance de la guitare ou de la batterie seule[A 27]. L'album contient tout de même quelques réalisations « ludiques » de la part du batteur, avec des polyrythmies travaillées sur Into The Storm et Grind[39].

La même année, bien qu'il publie quelques extraits solo sur ses réseaux sociaux, Mario déclare : « Gojira est mon seul projet musical et je n'ai pas de désir particulier qu'il en soit autrement ». Il travaille toujours beaucoup sur son instrument, souvent en solitaire, passant entre une et quatre heures par jour sur la batterie[39]. Cet album renforce la notoriété du batteur, présenté comme véritable coleader de Gojira, s'exprimant sur la technique musicale et la philosophie du groupe, là où son frère Joe a un discours plus politique, et les deux autres membres, Christian Andreu et Jean-Michel Labadie, sont plus en retrait[A 28].

Le , Mario Duplantier avec Gojira et la chanteuse lyrique Marina Viotti, effectue une version du chant révolutionnaire Ah ! ça ira lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2024, avec une interprétation en live sur la façade de la Conciergerie de Paris[40]. Le groupe de musique est approché par l'organisation des Jeux neuf mois plus tôt en , mais Mario est réservé au premier abord sur la proposition, s'étant déjà prononcé sur les conséquences écologiques des Jeux Olympiques. Le groupe confirme toutefois sa participation, « parce qu’on savait que ça allait nous ouvrir des portes », en promettant de reverser une partie des recettes de leurs futures tournées à des causes environnementales[A 29],[41],[42].

Vie personnelle

Mario Duplantier, tout comme son frère Joseph, possède la double nationalité franco-américaine, en vertu du droit du sang par sa mère américaine[1],[2]. Il est marié à la vidéaste Anne Deguehegny, responsable de l'imagerie de Gojira[43].

En 2014, Mario Duplantier s'installe à New York pendant plusieurs années[8],[36]. Fin 2019, il retourne vivre sur la côte basque avec sa femme et ses enfants[A 26],[44]. Il déclare en désormais vivre à Biarritz, où il pratique le surf depuis plus de vingt ans[45],[1],[46]. Il pratique également le bodyboard[46].

Le batteur estime avoir une conscience écologique, avec les membres de Gojira étant « déterminé[s] en termes artistiques », sans se revendiquer écologiste. L'artiste reconnait avoir une empreinte carbone importante liée à l'activité musicale[44].

Influences

Pour construire son style, Mario Duplantier puise son inspiration initiale dans le metal des années 1990. Parmi les batteurs l'ayant influencé, il cite fréquemment Lars Ulrich de Metallica, Sean Reinert de Death, Igor Cavalera de Sepultura, Vinnie Paul de Pantera et Pete Sandoval de Morbid Angel. Il cite également le grunge. Par la suite, le nu metal influence l'artiste, avec les batteurs David Silveria de Korn et Abe Cunningham de Deftones[10],[47].

En 2025, il mentionne ses récentes découvertes comme Knocked Loose et Neckbreakker, appréciant leur metalcore moderne, mais ajoute qu'il n'est pas fan des sons « processed » (traités)[47].

Mario Duplantier déclare écouter beaucoup de jazz, d'électro et de musique indienne, très présents au sein de sa famille[47].

Style musical

Mario Duplantier est connu pour avoir un jeu percussif, massif et travaillé. Graham Hartmann du magazine Loudwire dit en 2019 : « Mario est l'un des batteurs les plus créatifs, tant sur le plan rythmique que technique, du metal »[48]. Il est régulièrement cité comme un des meilleurs batteurs du monde par les autres groupes du milieu et la presse[A 30].

Selon lui, sa technique de batterie est la plus poussée sur l'album The Way of All Flesh en 2008, motivé à l'époque pour faire des choses spectaculaires, passant plusieurs mois à façonner des groupes de notes qui se décalent, avec de la polyrythmie. L'album contient notamment la chanson The Art of Dying, qu'il considère lui-même comme le morceau le plus complexe qu'il ait composé et qui représente un défi sur scène en concert[47].

Mario Duplantier en plein jeu derrière sa barrière sur scène, avec des projecteurs derrière lui.
Mario Duplantier au Wacken Open Air en 2025.

Mario Duplantier passe entre une et quatre heures quotidiennement sur la batterie[39],[A 30]. Avant chaque concert, il s'échauffe au moins une heure pour se préparer physiquement et mentalement, notamment pour préparer son jeu de jambes à la grosse caisse et son rythme cardiaque nécessaire. Il s'adonne à des exercices de gainages, de cardio afin de renforcer ses muscles et optimiser sa respiration une fois sur scène[A 20],[49]. Il n'utilise pas de toms aigus et accorde ses peaux très bas lorsqu'il joue avec Gojira[18].

Matériel

Le musicien utilise depuis plusieurs années une batterie Tama, associée à des cymbales Zildjian et du matériel Remo[18],[50],[51].

Mario Duplantier utilise la même configuration de grosse caisse depuis 2003. Il utilise deux grosses caisses, n'aimant pas la double pédale sur une seule, avec une faible tension sur la peau de la caisse[10].

Peintures

Mario Duplantier est également artiste peintre. L'idée de peindre lui vient d'une tournée de Gojira aux États-Unis en 2009, où n'ayant plus de t-shirt à vendre, il utilise des vieilles peaux de batterie pour peindre dessus au lieu de les jeter[52]. Il aime réaliser des représentations surréalistes d'hommes et d'animaux. Il utilise principalement comme outils pour ses tableaux de la glycéro, de l'encre de chine, des déchets et des vieux tableaux[53].

Il a grandi dans un environnement favorable à l'épanouissement artistique puisqu'en effet sa mère faisait de la sculpture et son père est peintre[54],[55]. Il avoue aussi être très influencé par les réalisations de son père[55].

Distinctions

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI