Michael Jackson

auteur-compositeur-interprète et danseur américain From Wikipedia, the free encyclopedia

Michael Jackson ([ˈmaɪkəl ˈdʒæksən])[Note 1], né le à Gary (Indiana) et mort le à Los Angeles (Californie), est un auteur-compositeur-interprète, danseur-chorégraphe et acteur américain. Célébrité planétaire, artiste le plus récompensé de l'histoire de la musique, il est une figure principale de l'histoire de l'industrie du spectacle et l'une des icônes culturelles internationales majeures du xxe siècle.

Surnom The King of Pop
Nom de naissance Michael Joseph Jackson[1]
Décès (à 50 ans)
Los Angeles (Californie, États-Unis)
Faits en bref Surnom, Nom de naissance ...
Michael Jackson
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Michael Jackson en 1984.
Informations générales
Surnom The King of Pop
Nom de naissance Michael Joseph Jackson[1]
Naissance
Gary (Indiana, États-Unis)
Décès (à 50 ans)
Los Angeles (Californie, États-Unis)
Activité principale Chanteur, danseur, compositeur, producteur, acteur, chorégraphe
Genre musical Disco, funk, hip-hop, new jack swing, pop, RnB, rock, hard rock, soul, urban
Instruments Voix, piano, percussions, guitare, batterie, beatbox
Membre de The Jackson Five
Années actives 19632009
Labels Steeltown (1968), Motown (1969 - 1975), Epic Records (1975 - 2006), The Michael Jackson Company (2007 - 2009)
Influences Sammy Davis, Jr., Diana Ross, James Brown, Fred Astaire, Charlie Chaplin, Sam Cooke, Sly Stone, Jackie Wilson, Jeffrey Daniel, Marcel Marceau, The Beatles
Site officiel (en) « Site officiel »
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Signature de Michael Jackson.
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Huitième d'une famille de dix enfants (dont un meurt à la naissance : le jumeau de Marlon), il chante avec ses frères dès l'âge de six ans et commence une carrière professionnelle à onze ans au sein des Jackson Five, groupe formé avec ses frères aînés. Tout en restant membre du groupe (jusqu'en 1984), il entame en 1971 une carrière solo. Cinq de ses albums solo parus de son vivant figurent parmi les albums les plus vendus au monde : Off the Wall (1979), Thriller (1982), Bad (1987), Dangerous (1991) et HIStory (1995).

Dans les années 1980, il devient une figure majeure de la musique pop. Ses clips musicaux, ambitieux et novateurs, sont réalisés comme des courts-métrages, notamment pour les titres Billie Jean, Beat It, Thriller, Bad ou Smooth Criminal. Il popularise de nombreux pas de danse, dont le moonwalk, qui devient sa signature. Ayant fusionné les genres de musique soul, funk, pop et rock, son style vocal et musical continue d'influencer de nombreux artistes hip-hop, pop et RnB contemporain.

Surnommé « The King of Pop » (en français : « le roi de la pop »), Michael Jackson a battu plusieurs records dans l'industrie du disque. Avec plus de 500 millions de disques vendus dans le monde[Note 2], il se classe parmi les trois plus gros vendeurs de disques de tous les temps[Note 3]. Avec des ventes estimées à 70 millions d'exemplaires, Thriller demeure l'album le plus vendu de l'histoire de la musique et a été certifié 34 fois disque platine aux États-Unis.

Il participe en outre à plusieurs œuvres caritatives, notamment avec le projet USA for Africa et Heal The World Foundation. Il contribue tout au long de sa carrière à la lutte contre la famine, la cruauté envers les animaux et la maltraitance infantile. Toutefois, son image publique est ternie par certains aspects de sa vie privée, notamment par ses multiples recours à la chirurgie esthétique, son mode de vie jugé excentrique, et plus encore par deux plaintes pour agressions sexuelles sur mineur, en 1993 et 2003, aboutissant toutefois à son acquittement de son vivant (des accusations de violences sexuelles ont été portées en 2019, puis en 2026). Ses deux mariages et ses trois enfants font également l'objet de polémiques.

Alors qu'il prépare la série de concerts This Is It qui devaient se tenir à Londres, Michael Jackson meurt à l'âge de 50 ans d'une overdose de médicaments. Sa mort a déclenché des réactions et un hommage planétaire dans le monde entier, créant une augmentation sans précédent du trafic Internet et une hausse de ses ventes d'albums. La cérémonie commémorative télévisée de Jackson, qui s'est tenue au Staples Center de Los Angeles, a été regardée par plus de 2,5 milliards de personnes. Son médecin personnel, Conrad Murray, est par la suite reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à quatre ans de prison.

Biographie

Famille, enfance et les Jackson Five (1958-1981)

Famille et enfance (1958-1968)

Michael Joseph Jackson[1], né le , est le huitième des dix enfants[Note 4] de Joseph Walter Jackson et Katherine Esther Jackson (née Scruse). La famille vit dans une petite maison pourvue de deux chambres seulement, dans la ville ouvrière de Gary, située dans l'Indiana, au sud-est de Chicago. Son père, ancien boxeur et grutier de l'entreprise U.S. Steel, joue de la guitare dans un groupe rhythm and blues appelé « The Falcons » (en français : les Faucons) pour compléter les revenus de la famille[2]. Sa mère, qui élève ses enfants et travaille à temps partiel chez Sears, une chaîne américaine de grands magasins pour rapporter un complément de revenus au foyer, jouait de la clarinette et du piano dans le but de devenir une artiste de country[3],[4]. Contre la volonté de son mari, elle élève ses enfants dans la religion des témoins de Jéhovah. Michael Jackson finira par quitter ce mouvement en 1987[5],[6].

Joseph Jackson (1928-2018) est un père autoritaire et intransigeant. Dans un entretien accordé à Martin Bashir et diffusé en 2003, Michael Jackson raconte que son père maltraitait physiquement et mentalement[7] la fratrie, et se moquait souvent de son apparence physique en le surnommant « gros nez »[8]. L'enfant souffrait de multiples difficultés émotionnelles – cauchemars, troubles du sommeil, complexes, comportement hyperdocile et des tendances à rester enfantin –, des symptômes dus à des maltraitances[9][source insuffisante] qui l'auraient traumatisé et ont potentiellement pu engendrer ses problèmes de santé. A l'âge adulte, énormément de spéculations circulent sur sa santé phsyique et mentale. D'après Joseph Vogel, il est la star la plus examinée et la plus pathologisée de manière voyeuriste[10]. Des médecins lui diagnostiquent par exemple, sans l'avoir rencontré, une dysmorphophobie[11],[12]. Dans un entretien accordé à Oprah Winfrey en 1993, il déclare que sa jeunesse avait été solitaire[13] : « Je ne pouvais pas faire des choses que les autres enfants pouvaient faire, avoir des amis et des soirées et des copains. Il n'y avait rien de tout cela chez moi. Je n'avais pas d'amis quand j'étais petit. Mes frères étaient mes amis. »[14],[15]. En 2012[16],[17], dans l'émission Piers Morgan Tonight diffusée sur CNN, Katherine Jackson déclare que, même si les coups sur Michael sont considérés comme des sévices aujourd'hui, c'était une façon courante de discipliner les enfants à l'époque[18],[19].

La musique est très présente dans la vie de la famille. Dans un premier temps, Joseph joue de la guitare et fait chanter ses enfants[20]. L'utilisation de sa guitare leur est normalement interdite, mais Tito, un de ses frères, en joue parfois en cachette lorsque son père est absent. Quand il s'aperçoit qu'une corde est cassée, ce dernier menace ses enfants de les battre s'ils ne leur montrent pas qu'ils savent bien en jouer. C'est ainsi qu'il réalise que Tito et ses frères ont du talent. Il offre alors sa propre guitare à Tito et une basse à Jermaine. Rejoints dès 1964 par Marlon et Michael, ils forment un groupe baptisé « The Jackson Five » sur la suggestion d'un de leurs voisins[20]. Michael Jackson en devient le chanteur principal grâce à sa voix étonnamment maîtrisée pour son jeune âge et à son habileté à reproduire les pas de danse de James Brown[21].

The Jackson Five (1968-1972)

Les Jackson Five en 1970.

Les Jackson Five, qui se produisent d'abord à Gary, remportent tous les concours auxquels ils participent et acquièrent une renommée locale. Joseph obtient pour eux des auditions, le week-end, à Chicago, New York et Philadelphie. Les cinq garçons continuent à aller à l'école la semaine[22]. En 1968, la famille part s'installer à Detroit, où Berry Gordy, président de Motownmaison de disques soul composé principalement d'artistes noirs – convoque les Jackson Five pour une audition, et décide rapidement de les engager[3]. En , le groupe est officiellement présenté à la presse par Diana Ross[23], qui fait figure de marraine ; Berry Gordy répand la rumeur que c'est Diana Ross elle-même qui les a découverts, afin de maximiser la popularité du nouveau groupe en l'associant à une vedette déjà bien établie[23]. Les Jackson Five deviennent rapidement l'un des fleurons de l'écurie Motown. Peu après la signature du contrat, Berry Gordy et toute la famille Jackson quittent Detroit pour Los Angeles[24],[Note 5].

Le premier succès national des Jackson Five est une chanson composée par les auteurs-compositeurs de la maison de disques Motown (The Corporation), I Want You Back, qui figure sur leur premier album, Diana Ross Presents The Jackson 5, et devient numéro un au classement Billboard des singles pop en [25]. Michael Jackson a alors onze ans et demi, mais son âge est diminué de deux ans afin d'accentuer son image de jeune prodige. Trois autres singles, extraits des deux albums suivants, deviennent également numéro un en 1970[26],[27] : ABC (également en lice pour un Grammy Award), The Love You Save, et I'll Be There, qui reste numéro un pendant cinq semaines en octobre et novembre[28]. C'est la première fois que les quatre premiers singles d'un groupe deviennent tous numéro un aux États-Unis[28]. La célébrité des Jackson Five ne cesse de croître et le jeune Michael Jackson devient très populaire auprès du public. En , la chanson Dancing Machine atteint la deuxième place des classements[29].

Signatures chez Epic Records et scission de Jermaine (1973-1976)

Les Jacksons en 1974, Michael est au centre.

Cette séparation ne va pas sans douleur. La direction de Motown, estimant qu'ils ont rompu leur contrat en signant avec Epic Records avant la fin de leur précédent engagement, leur intente un procès, au terme duquel la compagnie conserve ses droits sur le nom Jackson Five, et se voit également reconnu le droit d'utiliser les chansons des Jackson Five dans de futures compilations[30]. Le groupe est donc contraint de changer de nom et prend celui de « The Jacksons ». L'épisode conduit au départ d'un des membres du groupe : Jermaine, qui a épousé la fille de Berry Gordy, entame une carrière solo chez Motown. Il est remplacé par le benjamin de la fratrie, Randy (plus jeune frère de Michael), qui était déjà présent occasionnellement dans le groupe en tant que percussionniste[27]. De son côté, Michael Jackson met fin au contrat qui le liait à Motown en tant qu'artiste solo, et signe lui aussi chez Epic Records[31]. Mais ce n'est que quatre ans plus tard qu'il enregistrera un nouvel album solo.

Début de carrière solo (années 1970)

Premières années (1972-1978)

Michael Jackson en 1974.

Parallèlement à sa carrière avec les Jackson Five, Michael Jackson sort quatre albums solo. Got to Be There paraît en avec la maison de disques Motown, alors que Michael a à peine 13 ans. La même année, il acquiert, avec Ben, une plus grande maturité vocale, qui s'exprime notamment sur les nombreuses ballades que comprend cet album. Toujours en 1972, la chanson Ben devient son premier succès en solo[32] et figure sur la bande originale du film homonyme, ce qui lui vaut un Golden Globe et une nomination aux Oscars[32]. Music and Me et Forever, Michael, respectivement sortis en 1973 et 1975, ne rencontrent pas le même succès que les deux précédents albums[29].

Frères et sœurs Jackson en 1977. Michael est le plus haut sur la photo.

Il faut attendre 1978 et l'album Destiny pour prendre la mesure du talent des frères Jackson, et plus particulièrement de Michael. Cet album, entièrement produit et écrit par eux, à l'exception du titre Blame It On The Boogie (écrit entre autres par un certain Mick Jackson, sans lien de parenté) génère deux tubes : Blame It on the Boogie et Shake Your Body (Down to the Ground). L'album suivant, Triumph, sorti en 1980, contient notamment les tubes Lovely One et Can You Feel It ; ce dernier titre a fait l'objet d'un vidéo-clip spectaculaire pour l'époque, abondant en effets spéciaux[33], imaginé par Michael lui-même. Michael éclipse désormais le groupe en interprétant ses propres compositions. Un album en spectacle, issu du Triumph Tour, paraît en 1981 sous le titre The Jacksons Live!, comportant aussi bien des chansons publiées chez Epic que leurs premiers succès chez Motown sous le nom des Jackson Five.

En 1978, Michael aurait eu une fracture du nez, causée par une chute sur scène, ce qui l'aurait obligé à subir une première rhinoplastie, laquelle n'aurait pas été totalement réussie et aurait été corrigée par une seconde. Ce sont les deux seules rhinoplasties qu'il reconnaît avoir subies[34]. Beaucoup de rumeurs circuleront plus tard sur les modifications qu'il aurait apportées à son visage, qui ignorent son état de santé, les deux maladies inflammatoires de la peau dont il souffre — le lupus et le vitiligo — et les traitements médicaux à base de corticostéroïdes qui leur sont associés[35].

Off the Wall (1979-1982) : premier grand succès en solo

En 1979, Michael Jackson sort son premier album chez Epic : Off the Wall, coproduit avec Quincy Jones, qu'il a rencontré sur le tournage de la comédie musicale The Wiz, environ deux ans plus tôt. Certaines chansons ont été composées par Rod Temperton, Stevie Wonder et Paul McCartney[36]. L'album est un succès : en 2003, il est estimé qu'il s'est vendu à plus de vingt millions d'exemplaires dans le monde[37]. Plusieurs singles qui en sont extraits se hissent en tête des palmarès : Rock with You devient numéro 1 au Billboard Hot 100 et y reste quatre semaines[38] ; Don't Stop 'Til You Get Enough est numéro 1 pendant une semaine ; la ballade She's Out of My Life intègre le Top 10 du Billboard Hot 100, tout comme la chanson Off the Wall. L'album mêle habilement funk, soul et disco. Malgré cet impressionnant succès, l'artiste est seulement nommé dans la catégorie meilleur chanteur R&B pour Don't Stop 'til You Get Enough aux Grammy Awards de 1980. Accompagné de ses frères, il fait alors la promotion de son album pendant le Triumph Tour, en chantant les tubes du disque. Déçu de ne pas avoir été nommé dans la catégorie « album de l'année », il jure que son prochain album ne sera pas ignoré[39].

Années Thriller et Bad

Records et révolution engendrés par Thriller (1982-1984)

Michael Jackson lors de sa réception à la Maison-Blanche en 1984.

Le , Michael Jackson sort Thriller, son deuxième album, en collaboration avec Quincy Jones. Il connait un succès immédiat : un million d'exemplaires vendus en un mois, dix millions la première année[40]. L'album reste présent dans les hit-parades pendant deux ans et se maintient pendant un total de 37 semaines numéro 1 du classement Billboard ; c'est l'album le mieux vendu aux États-Unis en 1983[41] et 1984[42], et à cette époque, c'est le deuxième disque le plus vendu après le Greatest Hits (1971-1975) des Eagles[43],[44] (soit le premier hors compilations). Entre 1982 et 1996, Thriller a été certifié à 25 millions d'exemplaires aux États-Unis et 20 millions à l'étranger[45].

En , il est reconnu par le Livre Guinness des records comme l'album le plus vendu de tous les temps (25 millions d'exemplaires à l'époque)[46] ; les estimations actuelles sont de 66 millions d'exemplaires[47],[48]. L'album est certifié 33 fois disque platine par la RIAA aux États-Unis[49]. Avec Thriller, Michael Jackson remporte huit récompenses aux American Music Awards et huit aux Grammy Awards[50]. Le , il obtient son étoile sur l'Hollywood Walk of Fame[51].

Son étoile sur l'Hollywood Walk of Fame, à Los Angeles.

L'album contient neuf titres, dont sept sortiront successivement en singles et se classeront tous dans le Top 10 du Billboard Hot 100 : The Girl Is Mine (), Billie Jean (), Beat It (), Wanna Be Startin' Somethin' (), Human Nature (), P.Y.T. (Pretty Young Thing) () et Thriller (). Trois clips vidéo sont réalisés, pour Billie Jean, Thriller et Beat It : ce sont de véritables courts-métrages, réalisés avec un budget sans précédent, faisant usage d'effets spéciaux d'avant-garde. En particulier, le clip de la chanson Thriller, sorti le , a coûté un million de dollars, et est une des premières vidéos d'un artiste noir américain à être diffusée à grande échelle sur la chaîne MTV[52],[Note 6]. La cassette vidéo du making of est devenue à l'époque la plus vendue au monde[53]. L'avocat de Jackson, John Branca, indique alors que son client a le plus haut taux de royalties de toute l'industrie du disque : approximativement deux dollars par disque vendu[54]. Le succès est tel que l'album se vend non seulement comme un produit culturel, mais comme un bien de consommation courant.[précision nécessaire] En , une poupée à l'effigie de Jackson, habillée tout de rouge comme dans le vidéoclip Thriller, se vend douze dollars dans le commerce.

C'est autour de cette époque que la santé et l'apparence de Jackson commencent visiblement à s'altérer. Le Dr Arnold Klein diagnostique deux maladies auto-immunes à Michael Jackson: un lupus discoïde et un vitiligo[35]. La première, une maladie inflammatoire chronique de la peau se manifeste notamment par un erythème en « ailes de papillon », visible sur les clichés de Jackson dès 1982. Elle touche particulièrement le visage et le cuir chevelu et peut entraîner une autodestruction des tissus, des lésions hyperpigmentées, des cicatrices et une alopécie. Les zones exposées au soleil sont particulièrement sensibles. Le vitiligo entraîne quant à lui l'apparition de tâches blanches sur la peau, typiquement par poussées. D'après son biographe, Jackson prend alors un grand nombre de médicaments, notamment à base de corticostéroïdes, dont certains sont directement injectés dans son cuir chevelu et s'accompagnent d'injections d'analgésiques[55].

La veste à paillettes et le gant blanc portés par Michael Jackson à Motown 25: Yesterday, Today, Forever.

Le , pour le vingt-cinquième anniversaire de la Motown, Michael apparaît sur NBC en compagnie de ses frères dans l'émission spéciale Motown 25: Yesterday, Today, Forever (réalisée le ). Le groupe y interprète ses plus grands titres. Michael interprète seul Billie Jean, la seule chanson interprétée ce soir-là à ne pas appartenir au répertoire Motown. Il effectue à cette occasion, et pour la première fois, son Moonwalk, qui est salué par une ovation spontanée des spectateurs. Ce pas de danse devient par la suite un de ses pas de danse emblématiques[56]. Cette prestation lui vaut un télégramme de Fred Astaire : « Je suis un vieil homme, j'attendais la relève. Merci. » Il y interprète aussi avec ses frères Never Can Say Goodbye et I'll Be There.

Le , au cours du tournage d'un film publicitaire pour Pepsi-Cola, une étincelle provoquée par des équipements pyrotechniques met le feu aux cheveux de l'artiste. Miko Brando (fils de Marlon Brando) lui vient immédiatement en aide, suivi par d'autres témoins de l'accident, et Michael est amené d'urgence au Cedars Sinai Hospital. Diagnostic : brûlures au deuxième et troisième degré du cuir chevelu. Les équipements en cause se trouvaient à soixante centimètres seulement de sa tête, ce qui contrevient gravement aux règles de sécurité. Les images de son entrée aux urgences sur un brancard, le crâne recouvert d'un large bandage et sa main gantée saluant la foule, font le tour du monde. Il doit subir plusieurs interventions chirurgicales et des greffes de cuir chevelu. Les médicaments contre la douleur auxquels il est contraint de recourir créent rapidement chez lui une certaine dépendance[57]. Au grand étonnement de certains, il choisit de ne pas poursuivre les dirigeants de Pepsi-Cola et d'exiger d'eux plutôt un don[58]. Les assurances lui versent un million et demi de dollars, somme qu'il remet lui-même immédiatement au Brotman Medical Center, le centre pour grands brûlés où il a été soigné, et qui sera plus tard rebaptisé « Michael Jackson Burn Center ».

Désunion des Jacksons, Northern Songs et Captain Eo (1984-1986)

Les Jacksons sur scène pendant le Victory Tour au Arrowhead Stadium en 1984.

En 1984, l'album Victory scelle la désunion des Jacksons, chaque membre composant de son côté. Michael Jackson enregistre State of Shock, un duo avec Mick Jagger (la chanson devait originellement être interprétée avec Freddie Mercury). Le Victory Tour marque la dernière apparition sur scène du groupe – jusqu'aux concerts du Madison Square Garden des 7 et , en l'honneur des trente ans de carrière de Michael Jackson[59]. En 1989, les Jacksons enregistrent leur dernier album, 2300 Jackson Street. Michael participe au clip de la chanson titre.

En 1985, l'entreprise d'édition musicale ATV Music détenant les droits de plusieurs milliers de titres, dont le catalogue Northern Songs (c'est-à-dire la majorité des chansons signées John Lennon et Paul McCartney enregistrées par les Beatles), est mise en vente[60]. Michael Jackson se montre rapidement intéressé, mais doit faire face à une rude compétition : « Je m'en fiche. Je veux ces chansons, apporte-moi ces chansons, Branca », aurait-il dit à son avocat. John Branca[61] contacte l'avocat de Paul McCartney, qui lui explique que son client trouve le prix de la société trop cher. Jackson démarre les négociations en vue d'acheter le catalogue, McCartney change d'avis et tente de persuader Yoko Ono, veuve de John Lennon, de se joindre à lui, mais elle décline l'offre. Jackson remporte néanmoins ce « bras de fer » qui a duré dix mois et acquiert le catalogue pour 47,5 millions de dollars. En un quart de siècle, la valeur de la société s'est accrue et est estimée aujourd'hui à 1 milliard de dollars[60],[62].

L'image jeune et androgyne de Michael Jackson, qui crée un malaise chez des personnalités telles que Louis Farrakhan ou Jerry Falwell[10], ne colle plus avec le pouvoir dont il dispose en réalité suite au succès de Thriller et à l'acquisition du catalogue d'édition musical ATV. D'après Joseph Vogel, c'est à cette période que la presse britannique commence à le surnommer « Wacko Jacko » (« Jacko le dingo » ou « Jacko le barjo »). Comme il l'explique dans un article paru en 2012[63], ce surnom a pour origine le nom d'un singe, Jacco Macacco, qui participait dans les années 1820 à des combats organisés à Londres par des parieurs. Le nom « Jacko » ou en français « jacquot » sera popularisé par des jouets et des histoires enfantines. Jackson dénonce d'ailleurs l'emploi de ce surnom lors d'un entretien avec Barbara Walters en 1997, en disant qu'il n'est pas un animal et qu'il veut être appelé « Jackson »[64]. La ségrégation raciale aux Etats-Unis n'a été abolie que depuis 1964, soit seulement une vingtaine d'années plus tôt. Né Noir et pauvre, Jackson vient de faire exploser un plafond de verre. C'est dans ce contexte que James Baldwin écrira sur Jackson[65],[10]:

« Le tumulte autour de Michael Jackson est fascinant, car il ne le concerne pas du tout. J'espère qu'il a la lucidité de le savoir et la chance de se soustraire à l'emprise d'un succès dévorant. On ne lui pardonnera pas de sitôt d'avoir renversé tant de situations, car il a assurément saisi sa chance, et celui qui a fait sauter la banque à Monte-Carlo n'est rien comparé à Michael. Tout ce bruit concerne l'Amérique, gardienne malhonnête de la vie et des richesses des Noirs ; les Noirs, en particulier les hommes, en Amérique ; la culpabilité américaine brûlante et enfouie ; le sexe et les rôles sexuels, la panique sexuelle ; l'argent, le succès et le désespoir. »

Michael Jackson en 1986. Son apparence diffère significativement de la période Thriller/Victory. Il est suivi par le Dr. Klein pour son lupus.

En 1986, Michael Jackson joue dans un court-métrage en 3D, Captain Eo, produit par George Lucas (avec un budget de 17 millions de dollars, un record pour un court-métrage)[66] et réalisé par Francis Ford Coppola, qui est diffusé dans les parcs d'attractions Disney pendant douze ans. Véritable prouesse scénique et technologique, le film impressionne par ses effets spéciaux en 3D avec lumières, lasers et fumée. Les chansons We Are Here To Change The World et Another Part of Me sont également entendues dans le film.

C'est à cette période, post-Thriller et pré-Bad, et alors qu'il approche tout doucement des 30 ans, que l'apparence de Jackson s'altère de nouveau de manière visible. Il est suivi par le Dr Klein pour deux maladies auto-immunes, dont les traitements à base de stéroïdes peuvent donner lieu à une rondeur et un gonflement du visage désigné en anglais par le terme « moon face » (en français: visage lunaire)[35],[67].

Bad (1986-1991) : nouveau succès record

Michael Jackson lors du Bad Tour en 1988.

Le , Michael Jackson publie l'album Bad, et part pour la première fois en tournée mondiale sans ses frères. La tournée mondiale Bad se déroule ainsi du au , et débute au Japon où elle compte 14 salles combles et attire 570 000 personnes, ce qui triple quasiment le précédent record pour une tournée unique. La tournée Bad est la tournée la plus fréquentée et la plus rémunératrice de tous les temps en ayant rapporté plus de 125 millions de dollars[68],[69]. Les 504 000 personnes ayant assisté à sept spectacles à guichets fermés au stade de Wembley établissent un nouveau record du Guinness World Records d'un public assistant à un concert[70].

L'année suivante, sort au cinéma Moonwalker, un film musical regroupant plusieurs de ses clips et dans lequel jouent notamment Joe Pesci et Sean Lennon, ainsi qu'une biographie intitulée Moonwalk.

Moonwalker est un succès au box-office[71] aux États-Unis. Il sort en DTV et devient la cassette vidéo la plus vendue ; la RIAA le certifie Platinum[72],[73]. Bad devient son deuxième album le plus vendu, avec plus de 32 millions de copies à travers le monde[74], dont dix millions aux États-Unis et quatre millions en Angleterre[75]. Bad est une réussite pour Jackson bien qu'il n'atteigne pas les chiffres de ventes de Thriller, il contient néanmoins cinq chansons classées numéro 1, soit trois de plus que Thriller.

Le clip du morceau Bad, réalisé par Martin Scorsese, est tourné dans une station désaffectée du métro new-yorkais, qui, détruite une semaine après le début du tournage[réf. nécessaire], sera reconstituée dans les moindres détails.

Par ailleurs, les clips de The Way You Make Me Feel, Man in the Mirror (qui montre les grands moments d'amour et de paix du XXe siècle et dénonce la pauvreté dans le monde), Dirty Diana (où Jackson reproduit un mini-concert rock avec le guitariste Steve Stevens en invité vedette), Another Part Of Me (prestation en spectacle lors du Bad Tour 1988), Smooth Criminal (qui reprend les moments forts du film Moonwalker), Liberian Girl puis Leave Me Alone sont une nouvelle série de succès. La chanson I Just Can't Stop Loving You est enregistrée en espagnol et en français sous les titres de Todo Mi Amor Eres Tu et Je ne veux pas la fin de nous (sic). Michael Jackson entre à nouveau dans l'histoire de la musique en devenant le premier artiste dont cinq singles d'un même album sont classés no 1 au Billboard américain. Neuf singles en sont extraits.

Veste de Michael Jackson de style militaire plaquée or et une ceinture gravée Bad.

Selon le producteur Quincy Jones[Note 7], la chanson Bad devait être un duo avec le chanteur Prince, mais ce dernier déclina finalement la proposition[76], n'étant pas convaincu par les paroles « Your butt is mine ». À la différence de Thriller et de Off The Wall, Michael Jackson est l'auteur principal de l'album, dont il a composé neuf titres sur onze. Sa voix y est plus rocailleuse et, musicalement, Bad a un son beaucoup plus brut que son prédécesseur, une rythmique plus percutante et plus complexe (sur Smooth Criminal notamment), et comporte moins de moments calmes, même si trois titres peuvent être considérés comme des ballades (I Just Can't Stop Loving You, Man in the Mirror et Liberian Girl).

En , Michael Jackson achète 2 700 acres de terrain (11 km2) près de Santa Ynez, en Californie, pour construire une résidence, le ranch de Neverland, au coût de 17 millions de dollars[réf. souhaitée]. Il installe une grande roue, un carrousel, une salle de cinéma et un zoo. Un personnel de sécurité d'une quarantaine de personnes y est employé pour patrouiller sur les lieux.

Michael Jackson rencontrant le président des États-Unis, George H. W. Bush, à la Maison-Blanche, en 1990.

Alors que la célébrité de Jackson est à son comble, les publicistes commencent à le surnommer « roi de la pop »[77],[78]. Elizabeth Taylor le présente sous ce nom (« The true King of pop, rock and soul ») lorsqu'elle lui décerne le Soul Train Music Awards : Prix Heritage, en 1989[79]. Le président George H. W. Bush évoque « l'artiste de la décennie » depuis la Maison-Blanche[80].

Années 1990 : continuité

Dangerous (1991-1994)

Le , Michael Jackson signe avec Sony un contrat d'un montant de 65 millions de dollars et d'une durée de quinze ans, dans lequel il s'engage à produire six albums pour Epic, et à apparaître dans des films et des courts-métrages.

Les revenus escomptés sont évalués entre 890 millions et un milliard de dollars[81],[82]. L'album qui inaugure ce nouveau contrat, Dangerous, sort le et devient no 1 des classements en trois jours[83]. Il s'écoule à plus de 30 millions d'exemplaires[74], dont huit millions aux États-Unis.

L'album Dangerous comprend quatorze chansons dont neuf paraissent successivement : Black or White (), Remember the Time (), In the Closet (), Who Is It (), Jam (), Heal the World (), Give In to Me (), Will You Be There (), qui devient plus tard le générique de fin du film Sauvez Willy, et Gone Too Soon (), une chanson en hommage à Ryan White, un jeune garçon victime du SIDA.

Dans les vidéos accompagnant les singles figurent plusieurs célébrités, parmi lesquelles Michael Jordan et Kris Kross dans Jam ; Naomi Campbell dans In the Closet – dont la voix féminine est celle de la princesse Stéphanie de Monaco ; Eddie Murphy, Magic Johnson et Iman dans Remember the Time ; Macaulay Culkin dans Black Or White ; et Slash dans Give In to Me.

Michael Jackson a visité l'Afrique au début de l'année 1992; lors de sa première escale au Gabon, il a été accueilli par plus de 100,000 personnes[84] et a été nommé officier de l'ordre national du Mérite par le président Omar Bongo le [85].

En , une mini-série intitulée The Jacksons: An American Dream Les Jacksons : un rêve américain »), d'une durée totale de quatre heures, est diffusée en deux épisodes sur la chaîne ABC. La série aborde principalement la carrière des Jacksons Five et explore en profondeur leur vie au quotidien, notamment les préoccupations de Michael et les méthodes d'éducation de son père.

Pendant sa tournée mondiale Dangerous Tour, du au , Jackson annonce la création de son organisation caritative, Heal the World, à laquelle s'adjoint en 2001 Heal the Kids (les deux seront dissoutes au cours de cette même année).

Le 19 janvier 1993, il donne une performance dans le cadre du gala d'investiture de Bill Cliton, le 42e Président des Etats-Unis. Il s'agit de sa première apparition majeure depuis 1988 et sa participation à la cérémonie des Grammy Awards[86]. En pleine épidémie du SIDA, Jackson dédie sa chanson Gone too soon à son ami Ryan White, hémophile, qui a contracté la maladie lors d'une transfusion sanguine et qui est décédé en 1990.

Le , il chante lors de la mi-temps du 27e Super Bowl, interprétant plusieurs de ses titres : Jam, Billie Jean, Black or White et Heal the World. Il est le premier artiste mondialement connu à se produire pendant la mi-temps d'un Super Bowl et inaugure ainsi ce qui deviendra une véritable institution.

À la 35e cérémonie des Grammy Awards, le , Michael Jackson reçoit un Grammy Legend Award, des mains de sa sœur Janet[87].

Le , durant sa tournée, Michael Jackson est accusé d'agressions sexuelles sur mineur dans le cadre de l'affaire Chandler. Après une cure de désintoxication rendue nécessaire par sa dépendance aux analgésiques et aux tranquillisants, Michael Jackson se dit prêt à affronter un procès, mais son entourage, les compagnies d'assurances et les gestionnaires de sa fortune l'en dissuadent. L'affaire a un fort retentissement sur l'état de santé du chanteur, qui est contraint d'annuler plusieurs concerts de la fin de sa tournée.

HIStory : Past, Present and Future – Book I (1994-1997)

Statue de Michael Jackson à Best, aux Pays-Bas, utilisée pour la promotion de l'album HIStory.

Un double album, HIStory: Past, Present and Future – Book I, sort le , s'écoulant à plus de 25 millions d'exemplaires (et générant 55 millions de ventes de singles)[88], même si ce n'est pas à proprement parler un véritable double album de musique originale. En effet, le premier disque contient quinze des plus grands succès, remastérisés, de Michael Jackson, et constitue ainsi sa première compilation. Une seizième chanson à destination des fans, les remerciant de leur soutien, est présente sur les premières parutions des éditions françaises, néerlandaises et allemandes[89],[90].

Le second disque – véritable nouvel album – comprend quinze nouvelles chansons (dont une reprise des Beatles, Come Together, enregistrée des années auparavant pour le film Moonwalker). L'album compte plusieurs singles en tête des classements américains.[évasif]. En , sort le premier extrait de l'album, Scream, un duo avec sa sœur Janet. Le clip est, avec un budget de plus de sept millions de dollars, le plus cher jamais réalisé[91].

Michael Jackson au Festival de Cannes 1997.

Quatre singles paraissent : You Are Not Alone () (Lisa Marie Presley, la première épouse de Jackson, apparaît dans le clip) ; Earth Song (), qui est un hymne pop-gospel contre la destruction de l'environnement ; They Don't Care About Us () ; et Stranger in Moscow (). Contrairement à You Are Not Alone, qui devint le premier et l'unique single à se placer directement à la première position au Billboard, et Scream/Childhood, qui débuta à la cinquième place, les trois autres singles de l'album ont eu un succès limité aux États-Unis, à l'inverse de l'Europe. Au Royaume-Uni, Earth Song est resté six semaines en tête des palmarès, et est le single de l'artiste le plus vendu dans ce pays (devant Billie Jean). En , This Time Around, quatrième piste du second disque de HIStory, sort en tant que single promotionnel. En , pendant la deuxième partie de la tournée HIStory, une version remixée de la chanson-titre sort partout sauf aux États-Unis. Le titre est accompagné de Ghosts, un titre extrait de l'album de remixes Blood On The Dance Floor sorti cette même année. Enfin, un autre titre de l'album, Smile, hommage à Charlie Chaplin, aurait dû sortir en single en , mais a été annulé peu avant sa distribution par Sony.[réf. nécessaire]

Lors de sa sortie, les paroles controversées de la chanson They Don't Care About Us déclenchent une polémique[92]. L'auteur doit se défendre des accusations d'antisémitisme. Les passages « Jew me, sue me / Kick me, kike me » ne seront néanmoins pas modifiés[Note 8]. Dans cette chanson, le chanteur exprime son désir de ne pas être enfermé dans des stéréotypes liés à la couleur de peau ou aux origines : « Ne me traitez ni de blanc ou de noir » (« Don't you black or white me », faisant ainsi directement allusion à la chanson Black or White, qui abordait la même thématique sur un ton plus consensuel). Spike Lee réalise deux versions de ce clip : l'une où Jackson danse dans les favelas de Salvador de Bahia au Brésil, l'autre – limitée par les chaînes musicales américaines, qui refusent de la diffuser avant 21 heures – où Jackson chante dans une cellule de prison tapissée d'écrans qui diffusent des images fortes d'actualité (de guerre, de famine, de bavures policières et notamment de Rodney King).

Blood on the Dance Floor, HIStory in the mix (1997-2001)

En 1997, Sony impose à Michael Jackson de sortir Blood on the Dance Floor, un album comprenant des remixes de plusieurs chansons de HIStory, ainsi que cinq nouveaux titres. Cet album est destiné à compléter la tournée européenne HIStory World Tour. La chanson titre, Blood on the Dance Floor, sort en single, accompagnée d'un clip réalisé partiellement par Jackson[réf. nécessaire]. L'album qui passe presque inaperçu aux États-Unis est très populaire en Europe[réf. nécessaire]. Avec plus de six millions d'exemplaires écoulés[93], c'est l'album de remixes le plus vendu de tous les temps.

Michael Jackson produit également Ghosts, un court-métrage fantastique de 40 minutes qui s'inspire de l'œuvre de Stephen King. Réalisé par Stan Winston et écrit par Michael Jackson, le film est diffusé hors compétition au Festival de Cannes de 1997 puis dans quelques salles de cinéma. Outre la chanson éponyme Ghosts, le film révèle les chansons 2 Bad et Is It Scary (deux titres inédits de l'album Blood on the Dance Floor). Ghosts est le second single extrait de l'album de remixes, accompagné d'un clip diffusant des images du court-métrage. Celui-ci est occasionnellement retransmis sur les chaînes télévisées musicales, surtout pendant la période d'Halloween[réf. nécessaire]. Au début du printemps 1998, John McClain, cofondateur de la maison de disques A&M qui a contribué au succès de Janet Jackson, devient le nouveau manager de Michael Jackson[réf. nécessaire].

Années 2000 : dernières années

Invincible (2001-2003)

Promotion d'Invincible.

Le , soit six ans après HIStory, Michael Jackson sort Invincible[94]. L'enregistrement de l'album débute en , et se termine avec le morceau You Are My Life, seulement huit semaines avant la sortie de l'album[95]. Avec un budget estimé à 30 millions de dollars, Invincible est l'album le plus cher de l'industrie musicale[96]. Pour accompagner sa promotion qui s'élève a 25 millions de dollars selon Sony[97],[98], CBS diffuse Michael Jackson : 30th Anniversary Special, un événement spécial organisé afin de célébrer les trente ans de carrière solo de Michael Jackson[99].

L'album est no 1 au classement Billboard nord-américain et dans treize autres pays[100]. Il est certifié double disque de platine aux États-Unis le [101]. À la suite de désaccords entre Sony et Jackson[précision nécessaire][réf. nécessaire], la maison de disques écourte la promotion de l'album, qui ne dure que trois mois. Seuls trois singles sont extraits de l'album : You Rock My World, Cry et Butterflies. Bien que les ventes restent impressionnantes dans l'absolu, Invincible est considéré comme un échec, ses gains étant très décevants en comparaison avec les albums précédents[102]. Certains rejettent la responsabilité de cet échec sur Michael Jackson en l'accusant de ne pas avoir assuré sa tournée promotionnelle[103]. De son côté, le chanteur accuse Sony Music de ne pas avoir suffisamment fait la promotion de l'album, d'avoir annulé la sortie de plusieurs singles[104] et la production de vidéoclips accompagnant les chansons, ou encore d'avoir fait paraître le une ré-édition spéciale de son album Dangerous, tout juste deux semaines avant la sortie d'Invincible, en plus d'avoir fait paraître trop peu de temps après la compilation Number Ones, une stratégie commerciale qui aurait éclipsé Invincible[103] et qui aurait pris des allures de sabotage orchestré par le PDG Tommy Mottola (à la suite de cette série d'incidents, Mottola sera congédié). La date de la sortie du disque se rapprochant de celle des attentats du 11 septembre 2001 ainsi que la qualité de l'album, généralement jugée comme inférieure à ses prédécesseurs[105], pourraient expliquer la baisse des ventes aux États-Unis.

Les célébrités Marlon Brando, Michael Madsen, Chris Tucker et Billy Drago participent au vidéoclip de You Rock My World. La chanson est un succès en Europe : no 1 en France, no 2 en Norvège, Finlande, au Danemark et en Belgique, no 3 en Italie et no 5 en Suède et en Suisse[106], et s'est classée à la dixième position aux États-Unis (Billboard Hot 100)[107]. Le titre Butterflies est entré dans le Top 20 américain et a progressé à la deuxième place du classement R'n'B sans être commercialisé sous forme de single[108].

Le , Michael Jackson entre au Songwriters Hall of Fame[109].

Les chansons de l'album n'ont pas été jouées sur scène, à l'exception des deux concerts Michael Jackson – 30th Anniversary Celebration, où Jackson interprète la chanson You Rock My World. En 2009, le titre Speechless devait être joué durant la série de concerts This Is It, et un extrait remastérisé de Threatened est inclus à la fin de la prestation de Thriller (tous deux visibles dans le film issu du projet).

En , l'album s'est vendu à 13 millions d'exemplaires dans le monde[110] dont 2,5 millions d'exemplaires aux États-Unis[111].

En , quelques mois après la disparition de l'artiste, l'album fait son retour et est nommé meilleur album des années 2000 par 570 000 votants, essentiellement des lecteurs du magazine Billboard[112],[Note 9].

Compilations et nouvelles récompenses (2003-2007)

Michael Jackson en 2006 lors des World Music Awards à Londres où il reçut le prix disque de diamant.

En 2003, Sony sort une compilation CD et DVD de toutes les chansons de Michael Jackson ayant été no 1, intitulée Number Ones. La compilation comprend également un nouveau morceau, One More Chance, composée par R. Kelly[113]. Le disque se vend à 6 millions d'exemplaires dans le monde durant sa promotion[114],[115]. Le , Michael Jackson sort un coffret de quatre CD et un DVD, intitulé The Ultimate Collection, regroupant l'ensemble de sa carrière et contenant des démos, des versions inédites et des nouvelles chansons. Cheater est inclus dans le coffret sous forme de CD dans quelques pays, avec le clip Beat It ainsi qu'un clip composé d'extraits du DVD Dangerous Tour. Ce coffret est le dernier produit du chanteur vendu en accord avec la maison de disques Sony BMG Music Entertainment, Jackson mettant fin à leur contrat signé en 1990.

Le , Michael Jackson quitte les États-Unis pour s'installer au Bahreïn, où il est reçu en tant qu'invité par le cheikh Abdullah Bin Hamad Bin Isa Al-Khalifa, fils du roi[116]. Le , une nouvelle compilation, The Essential Michael Jackson est parue, ainsi qu'un DVD contenant une vidéo du concert de Bucarest lors du Dangerous World Tour. Les deux produits se vendent très bien (notamment en France, où le CD compilation est no 1 avec plus de 350 000 exemplaires vendus, et le DVD no 1 des ventes de DVD musicaux[réf. nécessaire]).

Le , Michael Jackson quitte la maison de disques Epic Records (et donc sa maison de disques Sony BMG), avec laquelle il a produit tous ses albums solo depuis Off The Wall en 1979, et signe un contrat avec l'Anglais Guy Holmes, PDG de la maison de disques indépendante 2 Seas Records. Le contrat, rompu en , exigeait la production d'un nouvel album dont la sortie était prévue pour fin 2007[117]. En , Michael Jackson se rend à Londres et visite les bureaux du Livre Guinness des records. Il reçoit à cette occasion un prix pour avoir battu huit records dont celui du « Premier artiste à avoir gagné plus de cent millions de dollars en un an », « Premier artiste à avoir vendu plus de cent millions de disques en dehors des États-Unis » ou encore « Meilleur artiste de tous les temps »[118],[119]. Michael Jackson est également présent aux World Music Awards pour y recevoir le Diamond Award, récompense réservée aux artistes ayant vendu plus de 100 millions d'albums[120]. C'est le premier évènement auquel il participe en Europe depuis son procès très médiatisé et son aquittement en juin 2005. Ce sera la dernière fois qu'il monte sur scène devant un public. D'après sa styliste capillaire[121] et d'autres proches tels que Dieter Wiesner[122], Michael Jackson ne souhaitait plus monter sur scène. Il avait déclaré à ce dernier qu'il ne voulait pas faire le Moonwalk à 50 ans.

De Thriller 25, au grand retour prévu sur scène (2007-2009)

À l'occasion des 25 ans de la sortie de l'album Thriller, Michael Jackson sort Thriller 25, le . L'album comprend les titres de l'album original de 1982, remixés (pour cinq d'entre eux) ou ré-enregistrés, avec la participation en featuring d'artistes comme Akon, Fergie, will.i.am des Black Eyed Peas et Kanye West[123], et est agrémenté de deux titres inédits, For all time et Gots the hots (uniquement sur la version japonaise du disque). Deux singles extraits de Thriller 25, The Girl is Mine 2008 (avec Will.I.Am) et Wanna Be Startin' Somethin' 2008 (avec Akon) sortent simultanément. L'album comprend également un DVD des vidéoclips de Billie Jean, Beat It, Thriller et la prestation de Michael Jackson lors de l'émission spéciale des 25 ans de Motown. Thriller 25 se classe en première place des ventes dans de nombreux pays européens[124] et en deuxième place aux États-Unis[125]. L'album se vend en tout à plus de cinq millions d'exemplaires[126].

Pour célébrer le cinquantième anniversaire de Michael Jackson, King of Pop, une nouvelle compilation de dix-huit chansons dont la liste a été choisie par des fans, sort le [127]. Le disque n'est pas sorti aux États-Unis, mais a été classé parmi les dix meilleures ventes dans de nombreux pays[128].

En , le magazine Rolling Stone classe Michael Jackson au 25e rang des plus grands chanteurs de tous les temps[129].

En , Michael Jackson retourne vivre aux États-Unis, dans le quartier de Bel Air[130]. Le , lors d'une conférence de presse à l'O2 Arena de Londres, il annonce qu'il donnera ses derniers concerts, les This is it shows[131]. This is It, cité comme l'événement musical de l'année[132], est un terme qui signifie en français : « C'est tout » ou « C'est fini ». Selon Randy Phillips, organisateur des concerts AEG Live, Michael Jackson devait effectuer une tournée de trois ans et travailler sur un nouvel album dans le cadre de son retour[133]. On apprendra en 2013, lors du procès intenté par la famille Jackson contre AEG Live pour négligence, que les relations entre Michael Jackson et les producteurs du spéctacle étaient tendues. Ceux-ci l'avaient désigné par le terme « the freak » (« le monstre ») dans des communications internes à l'entreprise avant la signature de son contrat. Randy Phillips admet avoir giflé le chanteur peu de temps avant qu'il se rende à la conférence où il annonce sa dernière série de concerts. Il le décrit alors comme « « un désastre émotionnel paralysé et empli de haine de lui-même »[134],[135].

A l'origine, Michael Jackson devait jouer dix concerts à Londres en juillet. Toutes les places étant vendues en mars, de nouvelles dates avaient été ajoutées par les producteurs du spectacle. L'artiste devait donc donner cinquante concerts dans la capitale anglaise, de juillet à et de janvier à . Les premières dates avaient toutefois été reportées, les producteurs invoquant un manque de temps « pour créer une expérience de musique en public exceptionnelle ». Le premier concert de la tournée était prévu le , mais la mort de l'artiste met brutalement un coup d'arrêt à ce projet.

Après la mort du chanteur, Kenny Ortega réalise un film documentaire intitulé Michael Jackson's This Is It, montrant entre autres les répétitions de Michael Jackson en préparation de la tournée qui devait se tenir à Londres. Les séquences ont été filmées au Staples Center de Los Angeles. Le , le juge de la Cour supérieure de Los Angeles approuve un accord entre AEG Live, le promoteur de la tournée Michael Jackson's This Is It, et Sony Pictures, concernant la succession des droits d'auteur sur les séquences filmées durant sa préparation. Sony Pictures peut donc éditer des centaines d'heures d'images en échange de 60 millions de dollars pour les droits à l'image[136]. Une publication sur le site Web officiel de l'artiste informe que le film comprend une rétrospective de la carrière de Michael Jackson, des entretiens avec les proches de la star ainsi que des séquences en 3D[137]. Le film sort au cinéma le .

Mort

Circonstances

Propofol, cause du décès de Michael Jackson.

Le , Michael Jackson se trouve dans sa maison d'Holmby Hills, un quartier de Los Angeles, lorsqu'il souffre d'un arrêt respiratoire peu avant midi. Les secours paramédicaux du Los Angeles Fire Department arrivent rapidement sur place[138], et constatent que son médecin personnel, le docteur Conrad Murray, est déjà en train de procéder à une réanimation cardiopulmonaire. Transporté au Ronald Reagan UCLA Medical Center, Michael Jackson est officiellement déclaré mort à 14 h 26, heure locale[139], malgré plus d'une heure de tentatives de réanimation[140]. Sa mort est annoncée officiellement à la presse américaine quelques minutes plus tard par son frère aîné Jermaine Jackson ; à 14 h 44, le site Web TMZ est le premier média à relayer l'information, confirmée à 14 h 51 sur le site du Los Angeles Times ; s'ensuit un pic de trafic Internet d'une intensité exceptionnelle, provoquant l'arrêt momentané de plusieurs sites majeurs pour cause de surcharge[141]. Une première autopsie médico-légale est pratiquée, puis quelques jours plus tard une seconde est réalisée à la demande de la famille, dans un cadre privé, le père de l'artiste ayant des doutes sur les causes de sa mort.

Appel aux urgences de Conrad Murray, médecin de Michael Jackson.
Foule rassemblée devant le Ronald Reagan UCLA Medical Center, le .

Au fur et à mesure de l'enquête, les accusations se portent sur son médecin personnel, Conrad Murray, criblé de dettes[142], qui lui aurait injecté du Propofol[143], un anesthésique, et du Lorazépam, un sédatif, en doses excessives et sans la surveillance requise. Les médecins légistes parlent alors d'« homicide accidentel » lié aux médicaments. Selon l'institut médico-légal, ces deux médicaments seraient à l'origine de la mort du chanteur, mais l'autopsie aurait révélé la présence d'autres médicaments : Midazolam, Diazépam, Lidocaïne et éphédrine[144], soit une combinaison de calmants et de stimulants. Le rapport de l'autopsie pratiquée au bureau du médecin légiste de Los Angeles par les docteurs Sathyavagiswaran et Rogers, que s'est procuré l'Associated Press, fait apparaître que Michael Jackson était en bonne santé. Il souffrait d'arthrite au bas de la colonne vertébrale et dans les mains et d'une inflammation des poumons, ce qui est assez courant chez un quinquagénaire. Son cœur, ses reins et ses autres organes étaient en bon état, et son poids, certes dans la moyenne basse, n'avait rien d'anormal[145]. Certes, toute sa vie et surtout dans ses derniers moments, son rapport à la nourriture semble avoir été complexe et son comportement alimentaire peu détendu[146], mais, à l'inverse de rumeurs reprises par diverses sources, sa masse corporelle ne relevait pas de l'anorexie mentale[147].

Le , la police de Los Angeles communique à la presse de nouvelles informations prouvant la culpabilité du docteur Murray dans la mort du chanteur[148]. Pour sa défense, celui-ci a émis l'hypothèse d'un suicide de l'artiste, qui, soumis à une trop forte pression et ne se sentant pas en mesure d'assurer la série de concerts annoncée, aurait préféré mettre fin à ses jours ; cela lui sera vivement reproché à la lecture du verdict. Le , Murray sera reconnu coupable d'homicide involontaire par la cour supérieure de Los Angeles et condamné à quatre ans de prison ; il a été libéré le , en raison de la surpopulation carcérale.

Funérailles

Tombeau de Michael Jackson.

Le , la direction du Staples Center, à Los Angeles, annonce la tenue d'une cérémonie d'hommage, dont les dix-sept mille billets d'accès seront attribués aux demandeurs par tirage au sort. Le lendemain, un million six cent mille personnes auraient participé au tirage au sort effectué par l'huissier Gerard Tillobat [149]. L'organisation de la cérémonie est confiée à Kenneth Ehrlich (en), le producteur des Grammy Awards. AEG, propriétaire du Staples Center ainsi que des droits sur la tournée avortée de Michael Jackson, a autorisé sa retransmission gratuite en mondovision.

Durant la cérémonie, la ville de Los Angeles est sous haute sécurité, les quartiers autour du Staples Center sont bouclés et plus de 1 400 policiers sont placés en renfort pour l'occasion. Le budget pour assurer la sécurité de la ville est estimé à plus de quatre millions de dollars[150].

Le , un service funèbre privé se tient à huis clos au Forest Lawn Memorial Park d'Hollywood Hills, un cimetière privé américain du nord de Los Angeles, situé près de Burbank. Il est suivi, le même jour, des funérailles publiques au Staples Center. Retransmises en direct et en mondovision, elles auraient été suivies par un milliard de téléspectateurs[151]. De nombreux artistes, figures politiques et les proches de Michael Jackson se succèdent durant deux heures et demie sur la scène, lui rendant de vibrants hommages à proximité de son cercueil exposé. À l'issue de la cérémonie, Paris Jackson, fille de l'artiste, apparaît pour la première fois à visage découvert, rendant à son tour un émouvant hommage à son père.

Michael Jackson est inhumé le [152] sur la Holly Terrace du Grand Mausolée (en), au sein d'un autre Forest Lawn Memorial Park, celui de Glendale, lui-aussi au nord de Los Angeles, dans une partie fermée au public de ce cimetière.

Hommage planétaire

L'étoile de Michael Jackson sur le Hollywood Walk of Fame, le .
Maison de la famille Jackson au 2300, rue Jackson, à Gary (photographiée en juillet 2009 avec des hommages floraux).

À l'annonce de sa mort, de très nombreuses personnes se sont rassemblées spontanément de par le monde pour lui rendre hommage. Les membres de la Chambre des représentants des États-Unis ont observé une minute de silence en son honneur[153]. La vague d'émotion qui a suivi sa mort a également provoqué un phénomène médiatique sans précédent, notamment au travers de l'audience mesurée par Akamai, qui a fait état d'une hausse de la consultation des sites d'information de plus de 50 %, et d'une hausse globale du trafic Internet mondial de 11 %[154]. « Sur Facebook, le nombre de statuts à la minute s'est envolé. […] La fiabilité des sites d'information est tombée de 100 % à 86 %, alors que le temps pour afficher les pages d'accueil doublait […]. Google, submergé de requêtes « michael jackson », a d'abord cru à une attaque de spammeurs. Vendredi 26 juin, le sujet était toujours qualifié de « volcanique », le plus haut niveau d'intérêt dans l'échelle de Google[154]. » Sur le site de musique musicMe, l'écoute des chansons de Michael Jackson a augmenté de 949 % du jour au lendemain[155]. Durant les semaines suivantes, les ventes de disques de la star atteignent un pic inattendu, conduisant à une rupture de stock dans les magasins[156].

Parallèlement, ses principaux albums et singles reviennent dans les classements et atteignent une nouvelle fois le premier rang. Certains titres du chanteur dépassent même les scores établis lors de leur sortie officielle, par exemple Will You Be There au classement suisse Swiss Singles Chart. Sept semaines après sa mort, plus d'un million et demi d'albums de Michael Jackson ont été vendus en France et plus de dix-huit millions dans le monde entier[157],[158],[159].

Un de ses gants blancs couvert de brillants est vendu aux enchères, et acquis par le Hard-Rock Hotel de Las Vegas pour un montant de 49 000 $. Un autre de ses gants, qu'il avait acheté trente dollars et qu'il portait en 1983 lors de la cérémonie des vingt-cinq ans de la Motown, au cours de laquelle il a interprété Billie Jean en exécutant pour la première fois son moonwalk, a été vendu aux enchères pour la somme de 325 000 $ à un homme d'affaires chinois.

Hommage à Michael Jackson.
Graphique représentant la hausse spectaculaire du trafic des internautes sur le moteur de recherche Google pour la requête « Michael Jackson » le , date de la mort de Jackson. La première flèche correspond au moment où sa mort a été prononcée (à 14 h 26), et la seconde au moment où la nouvelle a été rendue publique par TMZ.com (à 14 h 44). Heures dans le fuseau Pacific Daylight Time (UTC-7).

De nombreux artistes de divers horizons et autres personnalités médiatiques lui ont rendu hommage, dont : Paul McCartney, Liza Minnelli, 50 Cent, Johnny Hallyday, Madonna, Britney Spears, Stevie Wonder, Miley Cyrus, Mylène Farmer, Beyoncé, Rihanna, Chris Brown ou encore Prince[160],[161],[162],[163],[164],[165],[166],[167],[168],[169],[170],[171].

Le mercredi 22 avril 2026, sort en France le film Michael qui relate sa jeunesse. Paris Jackson a préféré se désolidariser du biopic sur son père[172].

Style artistique et influences

Musique

Michael Jackson en 1984.

Michael Jackson n'a reçu aucune formation musicale et ne savait ni lire ni écrire une notation musicale[173]. Bien qu'il soit considéré comme le « roi de la pop », Michael Jackson s'est illustré dans plusieurs styles musicaux. D'un registre disco-funk dans Off the Wall, il est passé à un style mélangeant funk, hard rock (Beat It), ballade, soul (Thriller[174]), synthpop, new jack swing, jusqu'au r'n'b contemporain dans ses derniers albums. Dans Bad, la musique est plus lourde et agressive, et s'éloigne du son groove metal et des voix aiguës qui figuraient à la fois sur Off the Wall et Thriller. Dans Living With Michael Jackson, il explique qu'il écrit des chansons en composant des paroles car d'après lui la musique s'écrit d'elle-même[175].

L'album Lookin' Through the Windows marque le premier début d'un changement vocal du chanteur : sa voix, jusque-là cantonnée dans le soprano, commence à muer en une voix de ténor[176].

Plusieurs thèmes sont abordés dans les paroles de Michael Jackson. Par exemple, dans Billie Jean, il parle d'une femme qui prétend qu'il est le père de son enfant alors que lui dément : « The kid is not my son » (« L'enfant n'est pas mon fils »), et dans Wanna Be Startin' Somethin' il plaide contre les rumeurs médiatiques. La chanson Beat It décrit la violence des gangs, en hommage à West Side Story[177]. Il s'intéresse également à la paranoïa, au surnaturel et à la mort, mais déclare ne pas être un adepte de l'horreur[178]. Le sujet humanitaire aussi bien que des chansons d'amour deviennent plus tard des thèmes récurrents de l'artiste[179]. Il participe aux singles Do the Bartman, de l'album The Simpsons Sing the Blues (1990), et Happy Birthday, Lisa, de l'album Songs in the Key of Springfield (1997). En 1995, il évoque dans la chanson Childhood son enfance difficile, en particulier sa relation avec son père et la pression d'être mondialement célèbre dès son plus jeune âge. L'une des dernières chansons de Michael Jackson est Best of Joy, écrite et enregistrée en 2009, l'année de sa mort, et introduite lors du concert de This Is It[180],[181].

Les compositions de Michael Jackson mêlent mélodie, rythme et percussions corporelles. Le chanteur danse même lorsqu'il est en studio[182]. À ses débuts, le jeune Michael Jackson doit sa technique vocale en grande partie à Diana Ross. En , à l'arrivée de la famille Jackson en Californie, Michael Jackson habite provisoirement chez Diana Ross. Durant cette période, il lui arrive souvent de l'observer en train de répéter. Il confessera plus tard : « C'est elle que j'étudiais, sa façon de bouger, sa façon de chanter, sa façon d'être, tout simplement. Et après, je lui disais, « Je veux être exactement comme toi, Diana. » »[183]. Mais Michael doit surtout à Diana Ross ses vocalises idiosyncrasiques, plus particulièrement ses ooohs : à ses débuts, Michael Jackson ponctue presque toujours ses intonations de ooohs – non pas un long oooh, mais plutôt une exclamation soudaine. Diana Ross usait de cet effet dans beaucoup de ses chansons avec les Supremes, et le jeune Michael était ravi de se l'approprier[184]. Par la suite, il diversifie ce procédé vocal, en ajoutant des variations devenues emblématiques de son style : le heee-heee, ou encore de brèves expirations syncopées évoquant un hoquet.

Danse

Michael Jackson a également innové par ses talents de danseur, devenant l'icône de la « danse à illusion ». Le moonwalk, exécuté pour la première fois en public sur la NBC le sur le titre Billie Jean, devient au fil du temps sa signature en matière de chorégraphie[185]. Outre le moonwalk qu'il a popularisé[Note 10], Michael Jackson pratique également sur scène des pas de danse sophistiqués tels que le sidewalk, l'airwalk, le turnwalk et plus particulièrement le lean (ou anti-gravity lean), un mouvement consistant à se pencher en avant à 45° puis à relever sans chuter, par un effet de prestidigitation, grâce à des chaussures spéciales[186]. Il accomplit le lean pour la première fois avec ses danseurs dans le clip de Smooth Criminal[187],[188]. Il a également popularisé la robot dance, en particulier sur le titre Dancing Machine, alors qu'il était encore membre des Jackson 5[185]. Dans Living With Michael Jackson, à la demande de Martin Bashir, il démontre qu'à travers la danse, il devient l'incarnation physique de la musique : « quand je danse, je ne pense pas : penser c'est la plus grande erreur que puisse faire un danseur ; il faut ressentir les choses ; vous devenez la basse, vous devenez l'orchestre, vous devenez la clarinette, la flûte et la percussion »[175].

Scène

Michael Jackson en 1988 lors du Bad World Tour à Vienne, en Autriche.

Pionnier en matière de chorégraphie, Michael Jackson travaille beaucoup ses prestations scéniques, particulièrement au travers de ses tournées, qui sont jugées spectaculaires. Sur scène, il a recours à des effets pyrotechniques et réalise des chorégraphies particulièrement élaborées.

En 1987, le Bad World Tour de Michael Jackson est la plus grande tournée effectuée par un artiste solo[189]. Il dépasse son propre record avec le HIStory World Tour, en 1997[190]. Cette tournée mobilise 160 personnes à temps plein ainsi que trois scènes différentes pour chaque concert. Chacune des scènes est transportée par sept camions, totalisant 200 tonnes, auxquels s'ajoutent vingt-deux camions pour le matériel technique, ce qui représente quarante-trois camions au total[réf. souhaitée] ; un convoi à l'image du gigantisme de la tournée.

Les spectacles de Michael Jackson se démarquent en outre par son entrée sur scène, qui se veut mémorable et surprenante. Lors du Bad World Tour, il apparaît dans un nuage de fumée, procédé relativement courant à l'époque, mais les effets de ses tournées suivantes sont plus travaillés. Durant la tournée Dangerous World Tour, il est éjecté au travers de la scène par une trappe, restant par la suite plusieurs minutes sans bouger, le regard caché par une paire de lunettes Ray Ban. Durant la tournée HIStory World Tour, il apparaît au travers d'une fusée futuriste.

Michael Jackson collabore avec des guitaristes virtuoses dans un registre hard rock : Eddie Van Halen sur Beat It ou Slash sur Give In to Me. À l'instar de Prince, son principal « rival » musical, qui s'entourait sur scène de musiciennes talentueuses, Michael Jackson met en lumière des femmes guitaristes au style flamboyant, fait peu commun dans l'univers alors plutôt machiste de la musique pop-rock ; ainsi, Jennifer Batten participe aux tournées Bad World Tour, Dangerous World Tour et HIStory World Tour ; quant à Orianthi Panagaris, elle devait se joindre à la série de concerts This Is It[191].

Michael Jackson participe très tôt à des tournées avec ses frères au sein des Jackson 5. Leur première tournée s'est tenue en 1970, alors qu'il avait seulement 11 ans, et la dernière, le Victory Tour, en 1984.

En 1987, Michael Jackson commence Bad World Tour, sa première tournée mondiale en tant qu'artiste solo. En 1992, il lance le Dangerous World Tour (dont certains concerts prévus sont annulés à la suite d'une plainte pour agressions sexuelles).

Sa dernière tournée, HIStory World Tour, se déroule du au  ; Michael Jackson donne 82 concerts dans 58 villes de 35 pays, devant plus de 4,5 millions de spectateurs[192]. Les derniers concerts de Michael Jackson ont lieu en 2001 et 2002. Les 7 et se tiennent au Madison Square Garden de New York deux concerts sous le nom Michael Jackson: 30th Anniversary Special, pour célébrer ses trente ans de carrière solo, réunissant une pléiade de stars (dont Britney Spears, Usher, Whitney Houston, N'Sync, Liza Minnelli, Gloria Estefan, James Ingram…). Les Jackson Five se reforment exceptionnellement dix-sept ans après leur séparation, le temps d'un medley. Malgré le prix très élevé des billets, ceux-ci se sont vendus très rapidement[réf. nécessaire]. À la suite des attentats du 11 septembre 2001 à New York, Michael Jackson organise le un concert caritatif intitulé United We Stand: What More Can I Give, ayant pour but de récolter des fonds pour venir en aide aux familles des victimes. What More Can I Give, une chanson écrite deux ans plus tôt pour les concerts caritatifs Michael Jackson and Friends, est interprétée à cette occasion. Michael Jackson donne son tout dernier concert le à l'Apollo Theater de New-York[193], jouant seulement trois titres.

En 2009, l'artiste avait prévu son retour sur scène en annonçant This Is It (traduisible par « C'est tout », « C'est fini », car l'artiste entendait mettre fin à sa carrière), une série de dix concerts à Londres, par la suite allongée de cinquante dates. Il a même été envisagé que Michael Jackson assure une tournée mondiale s'étalant sur trois ans, et sorte un nouvel album. Mais l'artiste meurt tragiquement quelques jours avant le début de la tournée, déjà repoussée une première fois à la suite de difficultés techniques et matérielles[194].

Vidéoclips

Michael Jackson grimé en zombie dans le clip vidéo de Thriller.

Michael Jackson est l'un des premiers artistes pop ayant assuré la promotion d'une chanson en l'accompagnant d'un clip vidéo au format de mini-film[195]. En effet, pour la première fois avec Thriller, réalisé par John Landis, un scénario construit apparaît dans un vidéo-clip coûtant plus de 500 000 $. Sa durée inhabituelle lors de sa sortie en 1983 (14 minutes pour le film principal, précédé d'un making-of de 45 minutes – également un procédé innovant) et sa chorégraphie ont largement contribué à son succès, tout comme le clip a largement contribué à populariser la nouvelle chaîne musicale MTV. Michael Jackson est d'ailleurs le premier chanteur afro-américain diffusé sur cette chaîne[195]. Mais Thriller n'est pas la première vidéo dans laquelle il s'implique. En effet, le clip de Can You Feel It des Jacksons est inspiré de Rencontres du troisième type et imaginé par l'artiste lui-même.

Parmi ses clips les plus célèbres figurent : Billie Jean, Beat It, Thriller, Bad (réalisé par Martin Scorsese), The Way You Make Me Feel, Smooth Criminal, Black or White (dans lequel il innove en introduisant le procédé de morphing à un niveau jamais vu auparavant[196]), Ghosts, Remember the Time, Jam

Scream est considéré comme le clip le plus cher jamais réalisé, avec un budget de 7 millions de dollars américains[réf. nécessaire]. Quatre de ses clips sont classés parmi les quinze clips les plus coûteux de l'histoire de l'industrie musicale (à plus d'un million de dollars)[197].

Le , Smooth Criminal devient le cinquième clip musical du chanteur à atteindre la barre du milliard de vues sur Youtube après Billie Jean, They Don't Care About Us, Beat It et Thriller, dépassant Ed Sheeran et égalant Taylor Swift. Il est le seul artiste du xxe siècle à avoir de telles statistiques sur la plate-forme de vidéo ; à titre de comparaison, Queen n'a qu'un clip à un milliard de vues tandis qu'Elvis Presley, Madonna, Prince et les Beatles n'ont tout simplement aucun clip ayant atteint le milliard de vues[198].

Influences

Pour créer son style, Michael Jackson s'est inspiré des stars des années 1940-1950, notamment des pionniers de la soul, du funk et du rythm'n'blues (tous Afro-Américains comme lui), mais aussi, surtout pour ce qui concerne la danse, d'artistes aussi divers que Fred Astaire ou le mime Marceau. L'artiste qui l'a le plus influencé, notamment pour les pas de danse[199], est James Brown, dont Michael Jackson était un fan inconditionnel et qu'il a qualifié de « génie ». Il appréciait ses talents de chanteur et de danseur[200]. Fred Astaire, quant à lui, a influencé Michael en ce qui concerne la chorégraphie et la vidéo[201]. Le moonwalk, comme évoqué précédemment, tire son origine de ce dernier comme du mime Marceau. Parmi les artistes noirs qui l'ont inspirés figurent Diana Ross (voir plus haut dans la partie Musique), Sammy Davis, Jr., pour qui Michael Jackson avait écrit une chanson spécialement pour célébrer son soixantième anniversaire, et Jackie Wilson, à qui Michael Jackson rend hommage lors des Grammy Awards de 1984 en disant que « c'est en s'inspirant de Jackie qu'il est devenu un grand chanteur à son tour ».

Il est possible de citer aussi les Beatles, comme influence (bien qu'il ait déclaré en 1987 que les Beatles « sont bons, mais pas meilleurs chanteurs ou danseurs que les noirs »[202]). Il ajoute Girlfriend (que Paul McCartney avait créé en pensant à lui) sur l'album Off the Wall et poursuit la collaboration pour trois duos : The Girl is Mine, Say Say Say et The Man. Paul McCartney lui explique en 1983 l'intérêt d'investir dans l'édition musicale et Michael Jackson profite de la mise en vente du catalogue ATV (qui comprenait Northern Songs, les droits des chansons de John Lennon et McCartney) en 1985 pour l'acquérir. En 1988, Michael Jackson reprend le morceau Come Together.

Vie personnelle

La vie privée de l'artiste fait l'objet de nombreuses discussions autour de son enfance et de la relation qu'il entretenait avec son père. Devenus adultes, Michael Jackson, ses frères et sœurs déclarent avoir été malmenés physiquement et psychologiquement par leur père, Joseph Jackson. En 2003, ce dernier admet avoir parfois battu ses enfants. Ces traumatismes pourraient être à la source des problèmes de santé survenus au cours de la vie de Michael Jackson[203],[204],[205]. On ne peut pas exclure l'incidence, à l'âge adulte, d'un mode de vie extrêmement stressant et du traitement qui est fait à Jackson dans les médias, particulièrement à partir de 1984, où il est régulièrement pathologisé et ridiculisé[63],[10]. A partir des années 1990, il combat une addiction aux analgésiques qui le poursuivra toute sa vie[206],[55],[121]. Il fait l'objet d'accusations de pédophilie à deux reprises et clame à chaque fois son innocence[207],[208]. Il sera jugé et acquitté lors d'un procès qui restera la pire expérience de sa vie et qui, selon ses proches, aura certainement précipité sa fin[122],[209].

Vie amoureuse et paternité

Au début de sa carrière, Michael Jackson aurait demandé la main de l'actrice Brooke Shields, qui aurait décliné ses avances[210]. Sa première relation notable fut, selon lui, avec l'actrice Tatum O'Neal ; mais il ne s'estimait « pas prêt à assumer la relation que [la jeune femme] souhaitait », et ils se seraient séparés en 1979[211]. Il aurait eu également une relation avec la danseuse Tatiana Thumbtzen, au cours du Bad World Tour, avant qu'elle ne soit renvoyée par les producteurs pour avoir embrassé Michael sur scène[réf. nécessaire]

Premier mariage

Le , Michael Jackson se marie avec Lisa Marie Presley.

Le , Michael Jackson se marie avec Lisa Marie Presley, la fille d'Elvis Presley, au cours d'une cérémonie privée en République dominicaine[212]. Ils s'étaient rencontrés pour la première fois en 1975, alors qu'elle était enfant, lors d'une représentation à Las Vegas[213], puis se sont rencontrés de nouveau au début de l'année 1993 lors d'un dîner organisé par l'artiste Brett Livingston-Stone à son domicile, et sont ensuite restés en contact. Lisa Marie Presley est encore une femme mariée et elle est la jeune mère de deux enfants, Riley Keough et Ben Keough. D'après le biographe de Jackson, ils se fréquentent par intermittence au cours de l'année 1993[55]. On peut les apercevoir ensemble à une collecte de fonds organisée par Jimmy Carter à Atlanta le 12 mars 1993. Lisa Marie Presley monte sur scène juste après Jackson mais sa présence n'est pas remarquée par les médias[214]. Lisa Marie Presley est un soutien affectif important[215] et se préoccupe de la santé de Michael Jackson pendant la période où des accusations de pédophilie sont portées contre lui[215]. Elle expliquera : « Je pense qu'il n'a rien fait de mal et qu'il a été accusé à tort, et oui, j'ai commencé à tomber amoureuse de lui. Je tenais à le sauver. Je sentais que je pouvais le faire. »[216]. Elle pourrait avoir persuadé son compagnon de régler à l'amiable le scandale lié aux allégations dans l'affaire Chandler, comme les assurances de Michael Jackson le réclamaient également[215]. Vers l'automne 1993, Michael Jackson lui propose de se marier, par téléphone, disant : « Si je te demandais de te marier avec moi, serais-tu d'accord ? »[215].

Ils se marient discrètement à la République Dominicaine et annoncent officiellement leur mariage le [212]. En 2025, dans son autobiographie co-écrite par sa fille et publiée à titre posthume, Presley raconte : « Je suis tombée amoureuse de lui parce qu'il était normal, tout simplement normal. Sa normalité était une facette que personne ne voyait »[217]. Riley Keough confie que Jackson vivait alors principalement chez eux, à Hidden Hills, et que Presley et Jackson conduisent les enfants à l'école le matin, « comme n'importe quelle autre famille ». Ils utilisent aussi toutes sortes de déguisements pour pouvoir se rendre dans des lieux publics sans être poursuivis par les fans et les paparazzi[218]. Ils ont en commun qu'ils viennent tous les deux de familles pauvres — le père d'Elvis est un ouvrier, comme celui de Michael Jackson — qui connaissent un succès planétaire. Jackson veut rapidement des enfants, et ne cache pas à Presley que si elle ne veut pas les porter, il trouvera quelqu'un d'autre qui le fera à sa place. Au sujet de l'affaire Chandler, elle affirme qu'elle n'a jamais rien vu qui ressemble à une agression sexuelle sur mineur de la part de Jackson et « qu'elle l'aurait tué elle-même si elle avait vu quoi que ce soit ». Evan Chandler, le père de l'enfant impliqué dans cette affaire, l'attaquera en justice en 1996, pour avoir défendu Jackson sur le plateau de Diane Sawyer en 1995. Il demande alors 60 millions de dollars de dommages et intérêts[219],[220].

À l'époque de leur union, de nombreux médias émettent l'hypothèse que ce mariage n'est qu'une manœuvre organisée par Jackson afin de détourner l'attention de ses problèmes judiciaires et de redorer son image auprès du public, ou encore qu'il s'agit d'une manigance de Presley afin d'extorquer de l'argent à son époux pour l'église de scientologie, ce que tous deux réfutent[221],[222]. Le , Jackson s'effondre sur la scène du Beacon Theatre, lors de la préparation du concert One Night Only. On parle dans la presse de l'effet conjugué de la fatigue et d'un virus hivernal. D'après son biographe, Jackson apprend alors que son amie Debbie Rowe, qui a accepté de porter ses enfants, est enceinte. Elle fera une fausse couche en mars 1996[55]. Jackson est transporté d'urgence à l'hôpital ; les médecins le trouvent dans un état de déshydratation aiguë et de grande faiblesse. Le lendemain du malaise, Presley rend visite à son mari à l'hôpital, où aurait éclaté une dispute conjugale. Le , elle dépose une demande de divorce, pour cause de « différences irréconciliables »[223]. Le divorce est prononcé le .

En 1995, le couple était apparu dénudé dans le clip You Are Not Alone, s'embrassant et se câlinant, l'un des rares moments où leur affection a pu être observée par le public durant leur union. Ils s'expriment à ce sujet dans un prime time présenté par Diane Sawyer, où ils affirment être un couple parfaitement normal et sexuellement actif. Au mois d', Presley accorde une entrevue à Oprah Winfrey, où elle confirme sa romance avec le chanteur, et réitère que Jackson a subi de fausses accusations par le passé. Elle confie qu'elle soupçonne une addiction aux médicaments lorsqu'il est hospitalisé en décembre 1995 et qu'il est alors déjà entouré par des individus et des médecins qui, d'après elle, le vampirisent. Elle déclare également qu'ils se sont remis en couple à plusieurs reprises pendant les 4 années qui ont suivi leur divorce[224] ; cette information est confirmée par le principal biographe de la star, J. Randy Taraborrelli et les nombreux clichés rendus publics où on les aperçoit en Afrique du Sud, en 1997 ou encore à Los Angeles, en 1998, à l'occasion des 30 ans de Presley[55].

Deuxième mariage

Michael Jackson rencontre Debbie Rowe quand il est diagnostiqué du vitiligo et du lupus au début des années 1980 ; elle est l'infirmière de son dermatologue Arnold Klein. Le , ils se marient lors d'une cérémonie civile dans la suite présidentielle du chanteur à l'hôtel Sheraton On The Park à Sydney, en Australie (ville d'origine de la mère de Debbie Rowe), seulement deux heures avant le début de la tournée mondiale HIStory World Tour qui débute par deux concerts dans cette ville les 14 et [225]. Rowe est alors enceinte de près de 6 mois[55].

Ils ont un premier fils, Michael Joseph Jackson, Jr., né le , et une fille, Paris Jackson, née le , tous les deux nés à Los Angeles. Ils divorcent à l'amiable le [226]. Debbie Rowe déclarera laisser en « cadeau » (après un accord de plusieurs millions de dollars) les deux enfants à la garde exclusive de Michael Jackson, abandonnant ses droits parentaux.

Lors d'un entretien filmé en février 2003 dans le cadre de la réponse au documentaire Living with Michael Jackson, Debbie Rowe le décrit « comme un père, une personne, un être humain aimant, attentionné et compréhensif ». Lorsqu'elle est invitée à témoigner contre Jackson à son procès, en avril 2005, elle surprend le procureur, Tom Sneddon, et le contredit en maintienant ses propos positifs au sujet de son ex-mari[227].

En , elle saisit un tribunal familial pour récupérer ses droits parentaux, son ex-mari lui ayant refusé des droits de visite. Depuis, Debbie Rowe aurait définitivement abandonné ses droits parentaux moyennant une somme d'argent restée confidentielle[réf. nécessaire].

Paternité

Michael Jackson et son fils Blanket au Parc Disneyland en 2006.

Debbie Rowe et Michael Jackson ont eu durant leurs trois années de mariage deux enfants : Michael Joseph Jackson, Jr., dit « Prince », et Paris Jackson. Plus tard, Michael Jackson fait appel à une mère porteuse dont l'identité est inconnue, afin de concevoir son troisième enfant par fécondation in vitro[228]. C'est ainsi que Prince Michael Jackson II, dit « Blanket » puis « Bigi », voit le jour le 21 février 2002. Dans le documentaire Living with Michael Jackson, diffusé en 2003, Jackson affirme qu'il est le père biologique de ses trois enfants. La paternité de ses enfants donne lieu à de nombreuses spéculations et notamment qu'ils auraient été conçus par insémination artificielle grâce aux gamètes de donneurs issus de l'entourage de Jackson[229].

Au mois de , le chanteur se rend à Berlin pour y recevoir une récompense. Il réside à l'hôtel Adlon devant lequel de nombreux admirateurs se rassemblent. Afin de leur présenter son fils depuis le balcon de sa chambre, Michael Jackson le suspend quelques secondes au-dessus du vide, ce qui déclenche de très vives polémiques dans la presse[230]. Quelques jours plus tard, après la diffusion des images de l'incident, il déclare que c'était une « terrible erreur » et présente ses excuses dans un communiqué écrit[231]. Aux Etats-Unis, l'avocate Gloria Allred, impliquée brièvement dans l'affaire Chandler, demandes aux services de protection de l'enfance de Californie de procéder à une enquête pour déterminer si les enfants de Jackson sont en danger. Dans le reportage Living with Michael Jackson en , il commente l'incident en déclarant avoir tenu fermement l'enfant, assurant qu'il ne l'aurait pas mis volontairement en danger et que les médias avaient eu tort de le juger irresponsable.

Lors de leurs apparitions publiques, les visages de Prince, Paris Jackson et « Blanket » sont dissimulés par des masques ou des voiles afin de préserver leur identité. Debbie Rowe déclara que c'était son idée, en raison des nombreuses menaces de mort anonymes que la famille recevait et de possibles tentatives d'enlèvement[232].

Le , un peu plus d'un mois après la mort du chanteur, la justice américaine accorde la garde définitive des enfants à Katherine Jackson, la mère de Michael Jackson. Ainsi la justice respecte le souhait du défunt, qui aurait voulu que ses enfants soient élevés par leur grand-mère[233]. En cas d'impossibilité de prise en charge par sa mère, il désigne Diana Ross comme tutrice légale, ne mentionnant pas Debbie Rowe[234].

État de santé et apparence physique

Michael Jackson souffre dans sa jeunesse de son apparence physique. Il en témoigne dans Living with Michael Jackson. Raillé par son père, il est complexé par son nez et développe une acné sévère durant son adolescence.

À partir des années 1980, ses changements physiques interrogent la presse people. En 1981, entre ses albums Off the Wall (1979) et Thriller (1982), il apparaît avec des cheveux bouclés et décrêpés, abandonnant ainsi sa coupe afro. Son nez semble modifié et continue de changer par la suite[235]. Il aurait subi sa première rhinoplastie en 1979, à 21 ans[235]. Ce changement physique pourrait s'expliquer par son souhait de ne pas ressembler à son père[236].

A au moins deux reprises, dans son autobiographie de 1988 et dans le documentaire Living with Michael Jackson, Jackson déclare publiquement n'avoir subi que deux rhinoplasties[34]. Son biographe, Taraborrelli, mentionne davantage d'opérations durant les années 1980, y compris des retouches cicatricielles[55]. Steven Hoefflin, chirurgien esthétique et médecin personnel du chanteur depuis la fin des années 1970, et qui le suit jusqu'à 1998 le met en garde des dangers d'une intervention supplémentaire. Le , lors d'un procès l'opposant au producteur allemand Marcel Avram, le chanteur apparaît avec le nez recouvert d'un pansement, ce qui amène Steven Hoefflin à publier un communiqué de presse dans lequel il indique ne plus avoir pratiqué d'intervention sur Michael Jackson depuis 1998[237].

Durant la décennie 1980, Michael Jackson reçoit un diagnostic de vitiligo, une maladie auto-immune entraînant une dépigmentation de la peau[238]. Ignorant les problèmes de santé dont souffrait Jackson, de nombreuses spéculations mettent en doute son vitiligo et ont tendance à insister sur l'idée qu'il accentuait volontairement sa pâleur pour des raisons liées à la perception de l'ethnicité[239]. Le rapport d'autopsie de 2009 confirme qu'il souffrait bien d'un vitiligo[240] et indique une « dépigmentation focale de la peau », c'est-à-dire une dépigmentation partielle de sa peau sur son corps avec cinq zones touchées. Des sources mentionnent qu'il utilisait une crème à base d'hydroquinone. Arnold Klein, son dermatologue de 1984 à sa mort, confie lui avoir recommandé de se débarrasser des régions foncées restantes sur son corps[238]. En 1993, dans une entrevue avec Oprah Winfrey, Michael Jackson nie se blanchir la peau et explique utiliser du maquillage pour créer une couleur de peau homogène au fil de l'évolution de la maladie[241],[242],[243]. Tentant de démentir les nombreuses rumeurs à son propos, le chanteur affirme également être fier d'être Afro-Américain[244],[245].

En 1984, le Dr Klein diagnostique une autre maladie auto-immune à Michael Jackson, le lupus discoïde, souvent concommitant du vitiligo[35]. Cette maladie inflammatoire chronique de la peau touche particulièrement le visage et le cuir chevelu. Elle peut provoquer l'autodestruction des tissus, des cicatrices, des lésions hyperpigmentées et une alopécie des zones touchées. Les zones exposées au soleil étant particulièrement sensibles, cette maladie explique également certains changements d'apparence de Jackson, y compris de son nez, et certains de ses choix vestimentaires, dont l'usage fréquent d'un masque chirurgical ou même de pansements pour se protéger. Elle force Jackson à prendre des traitement à base de corticostéroïdes, qui font varier la forme de son visage, notamment au milieu des années 1980 et au début des années 2000, fragilisent la peau et retardent la cicatrisation. En 2009, le Dr Klein affirme que les procédures cosmétiques, et notamment les injections d'acide hyaluronique, effectuées sur Jackson au fil des années visaient à restaurer l'intégrité de son nez et à reconstruire son visage[16],[246]. L'autopsie n'a ni confirmé ni réfuté qu'il était atteint d'un lupus[247].

Jackson apparaît en public avec des vêtements à manches longues, des lunettes noires, portant un fédora, un masque, un parapluie et son gant à paillettes à la main gauche[248]. Ces accessoires lui permettent simultanément de camoufler les effets des maladies dont il souffre et d'adopter un style unique. Au fur et à mesure de sa carrière, il adopte également un style androgyne[249], qui sera beaucoup critiqué[10]. Il emploie des prothèses capillaires, puis plus tard des perruques dites « en dentelle », pour recouvrir les cicatrices des ses brûlures de 1984 et son alopécie. Son rapport d'autopsie révèle que l'artiste avait des tatouages permanents autour des yeux, des lèvres et les sourcils. Le devant de son crâne était tatoué pour camoufler un début de calvitie, qu'il cachait également sous une perruque. Son corps comportait aussi des cicatrices, probablement en raison de ses opérations de chirurgie esthétique (derrière les oreilles, sur le côté de chaque narine et à la base du cou)[145].

Très probablement dans le but de préserver une large tessiture vocale, Jackson s'exprime régulièrement d'une voix aiguë. Cela alimente chez certains l'idée qu'il présente une personnalité enfantine[250],[251],[252]. Sa passion pour l'univers des contes de fées et son envie de vivre dans un monde enfantin, tel que le suggère l'aménagement du ranch de Neverland, lui avaient d'ailleurs valu le surnom de Bambi.

Dès le début des années 1980, Michael Jackson se voit prescrire des médicaments contre la douleur, y compris des analgésiques opioïdes tels que du Demerol, dans le cadre des traitments douloureux et des chirurgies qu'il subit du fait de ses deux maladies auto-immunes et des brûlures au cuir chevelu qu'il a subies lors du tournage d'une publicité pour Pepsi[55]. Ce type de médicaments, qui étaient alors couramment prescrits, est à l'origine de la crise des opioïdes qui ronge les Etats-Unis et le reste du monde depuis les années 1990. Autour de l'affaire Chandler, Jackson confiera avoir développé une addiction à ces médicaments[206]. Malgré une cure de désintoxication en 1993 et la pose d'un implant au début des années 2000[253], celle-ci le poursuivra jusqu'à la fin de sa vie. Pendant presque toute sa vie d'adulte, Jackson est entouré de professionnels de la santé qui sont en mesure de lui prescrire, procurer et administrer ces substances. Il a été établi qu'au cours des dernières semaines et des derniers mois de sa vie, Jackson a rendu de très nombreuses visites au Dr Klein, dont les procédures cosmétiques étaient accompagnées de quantités de plus en plus importantes d'analgésiques[254].

D'après son biographe, après son procès de 2005, Michael Jackson souffre de symptômes qui suggèrent un trouble de stress post-traumatique. Il décrit cette expérience comme la pire chose qui lui soit jamais arrivée. Pendant plusieurs semaines, il aura des cauchemars qui le replongent dans l'atmospère de la salle d'audience, des accusations qui sont portées contre lui par Gavin Arvizo ou des magazines pornographiques longuement montrés au jury en présence de sa mère. Il débute alors une thérapie. Ses enfants sont la seule chose qui compte pour lui après cette expérience. Taraboralli déclare : « Il n'avait plus cette flamme intérieure nécessaire pour accomplir ce que "Michael Jackson" avait déjà réalisé de sa vie et de sa carrière. (...) Peut-être que le moment était simplement venu pour nous de le laisser tranquille » [55].

Dans un entretien de 2021[255], sa styliste capillaire, Carole LaMere, confirme les propos de son biographe. Elle fait partie de l'équipe qui accompagne Jackson au Moyen-Orient après son procès et elle se rendra avec lui aux World Music Awards en 2006, à Londres. Elle raconte qu'il n'avait plus envie de monter sur scène. Il se sent extrêmement mal à l'aise à l'idée d'apparaître sur scène avec des adolescents et est terrorisé à l'idée d'un accueil potentiellement négatif de la part du public. Raymon Bain, son attachée de presse, qui est également présente lors de l'évènement, explique en 2016[256] que de nombreux artistes ont décliné l'opportunité de lui remettre le Chopard Diamond Award qu'il reçoit ce soir-là. Beyoncé est l'une des seules artistes qui accepte à ce moment-là d'associer son image à la sienne. Ce sera la dernière cérémonie à laquelle il participe en personne.

Dans les dernières semaines avant la première de This is it, Jackson est décrit par ses proches comme paranoïaque et se croyant en danger[257]. Il souffrirait également de dépression[258]. Il est persuadé qu'on veut l'éliminer pour récupérer ses actifs financiers[259]. Il craint également qu'on lui tire dessus alors qu'il est sur scène et souhaite porter un gilet pare-balles durant ses performances[260].

Situation financière

Dans les années 1980 et 1990, les revenus annuels de Michael Jackson sont estimés à 50 millions de dollars et en 2003, la somme totale perçue au cours de sa carrière est évaluée à 2 milliards de dollars[261]. Une grande partie de cette fortune repose cependant sur les parts qu'il possède dans le catalogue de Sony/ATV Music Publishing, comportant plus de quatre mille chansons.

En , il acquiert pour 47,5 millions de dollars ce catalogue qui inclut des chansons des Beatles, d'Elvis Presley ainsi que ses propres chansons[262]. En 1995, Michael Jackson vend la moitié de ses parts à Sony pour 90 millions de dollars. En 2006, ce catalogue, qui génère 80 millions de dollars par an, est estimé à un milliard de dollars[263]. En 2016, plusieurs années après la mort de Michael Jackson, la société de gestion du patrimoine du chanteur décédé vendra la deuxième moitié des parts du catalogue Sony / ATV Music Publishing à Sony (qui en deviendra alors propriétaire à 100 %) pour 750 millions de dollars[264].

À la suite du procès de 2005 concernant une accusation d'agression sexuelle sur mineur, Michael Jackson aurait reçu un soutien financier du cheikh Abdullah bin Hamad bin Isa Al Khalifa (en), deuxième fils du roi de Bahreïn, prenant notamment à son compte les frais de justice de 2,2 millions de dollars (1,8 million d'euros). Le prince aurait ensuite avancé 7 millions de dollars en échange de l'engagement du chanteur à publier des disques, à écrire une autobiographie et à jouer dans une comédie musicale. L'entreprise de Jackson contestant cette entente, le cheikh réclame devant la Haute Cour de Justice de Londres le remboursement de la somme. Le , un accord à l'amiable est conclu entre les deux parties[116].

En 2007, la fortune de Michael est estimée à 236,6 millions de dollars, soit 168,25 millions d'euros, selon une déclaration de l'Associated Press[réf. nécessaire]. Des journalistes estiment ses dettes à plus de 300 millions de dollars. À cette époque, la valeur du ranch de Neverland est estimée à 33 millions de dollars. Michael détient également 20 millions de dollars d'antiquités, de voitures, de pièces de collections et autres biens[265]. Neverland devait être vendu aux enchères le , pour couvrir une dette de 24,5 millions de dollars, mais le fonds d'investissement américain Colony Capital lève finalement l'hypothèque. Le ranch est finalement vendu pour 35 millions de dollars au début de et reprend son nom d'origine Sycamore Valley Ranch[266].

Malgré une fortune considérable, Michael Jackson emprunte plus de 200 millions de dollars afin de maintenir son train de vie personnel, que les journalistes estiment à 30 millions de dollars par an[267]. Il emprunte principalement cet argent à Sony, utilisant comme gage les 50 % de Sony/ATV Music Publishing qu'il possède.

En 2009, son testament provoque la surprise et révèle une situation financière plutôt avantageuse : son patrimoine personnel étant estimé à 500 millions de dollars à l'époque de sa rédaction, vaut désormais un milliard de dollars, notamment grâce aux droits détenus sur le catalogue musical Sony/ATV Music Publishing[268].

À la suite de son décès, les deux gérants de l'empire financier de Michael Jackson, John McClain et John Branca, signent en deux mois pour plus de 80 millions de dollars d'accords commerciaux et cent millions de dollars de revenus supplémentaires à la fin de l'année 2009. Un contrat de 15 millions de dollars est conclu avec Universal Music Group pour la commercialisation de produits dérivés, et l'exploitation du ranch de Neverland serait à l'étude[269]. En , les héritiers de Jackson parviennent à un accord avec Sony Music : un contrat de 250 millions de dollars est signé, ce qui représente un record absolu pour un artiste disparu. Cette somme permet à ses héritiers de régler les dettes et de relancer l'empire érigé par la superstar[270],[271]. Le , une entente est conclue entre la succession de Michael Jackson et le Cirque du Soleil, afin de préparer une tournée de spectacles, le Michael Jackson: The Immortal World Tour en hommage au chanteur disparu, ainsi qu'un spectacle permanent à Las Vegas en 2012. La production estimée à 80 millions de dollars sera la plus élaborée et dispendieuse de toute l'histoire du Cirque. MGM Mirage prévoit aussi la création d'une boîte de nuit à Las Vegas aux couleurs du Roi de la pop[272].

En , Billboard estime que Michael Jackson a généré au moins un milliard de dollars de chiffre d'affaires dans l'année suivant son décès[273]. Fin 2010, selon un classement établi par le magazine Forbes, Michael Jackson serait la personnalité décédée la plus rentable, ayant généré pas moins de 275 millions de dollars de revenus depuis sa mort[274]. Il dépasse ainsi Elvis Presley, situé à la seconde place avec 60 millions de dollars générés par an, suivi par l'auteur J. R. R. Tolkien qui continue de générer environ 50 millions de dollars par an[274].

En 2016, Sony achète à la succession Jackson les 50% du catalogue Sony/ATV détenus par Jackson à sa mort, pour la somme de 750 millions de dollars. Sony achète également la part de 25,1% détenue par la succcession Jackson dans la société EMI Music Publishing pour 287,5 millions de dollars. Sony devient alors seul propriétaire du plus grand catalogue d'édition musicale du monde[275].

En avril 2026, on estime que la succession Jackson a généré près de 3 milliards de dollars depuis le décès de l'artiste en 2009[276].

Le 26 mai 2026, l'un des deux gérants de la succession Jackson et ami de longue date de la famille, John McClain, meurt à 71 ans[277].

Controverses

Accusations d'agressions sexuelles sur mineurs

Michael Jackson a fait l'objet de deux accusations d'agressions sexuelles sur mineur, en 1993 puis en 2003. Dans les deux cas, les plaintes ont été déposées quelques mois après la diffusion de grands entretiens télévisés auxquels il avait participé, respectivement The Oprah Winfrey Show () et Living with Michael Jackson (). Les habitudes de l'artiste, notamment l'accueil d'enfants dans son Ranch de Neverland, ont été régulièrement commentées dans les médias et ont nourri un important débat public. Certains commentateurs ont évoqué le syndrome de Peter Pan et la recherche d'une enfance jamais connue pour expliquer certains aspects de son comportement. Les accusations ont donné lieu à des enquêtes qui ont toutes abouti à une absence de preuves suffisantes pour condamner Jackson. Un procès pénal a lieu en 2005, qui prend en compte toutes les accusations antérieures[278],[279]. Celui-ci aboutira à l'acquittement de Michael Jackson. Aucune procédure en appel ne sera engagée à l'issue de ce jugement[280].

En août 1993, Michael Jackson fait l'objet d'une plainte pour agressions sexuelles sur mineurs sur Jordan Chandler, alors âgé de 13 ans. Les preuves recueillies au cours des 13 mois d'enquête, y compris les informations obtenues auprès de Jordan Chandler et les photographies des organes génitaux de Jackson, sont jugées à deux reprises insuffisantes pour poursuivre Jackson. Le public gardera en mémoire l'accord à l'amiable conclu entre Jackson et la famille pour mettre fin au procès civil anticipé obtenu par les avocats des Chandler, sans comprendre que cela n'a pas d'effet direct sur la procédure pénale, menée par le procureur et non par la famille Chandler[281]. En février 1994, l'avocat de la famille Chandler déclare que Jackson n'a pas acheté leur silence, ce qu'il confirme de nouveau en 2010[282],[283]. Il affirme qu'à la signature de l'accord, — dans lequel Jackson n'admet aucun méfait — l'enfant était « très content »[207]. La procédure pénale se poursuit après l'accord à l'amiable au civil[207]. Elle implique plus de 400 témoins et coûte près de 2 millions de dollars d'argent public[284]. Dès mai 1994, un grand jury de Santa Barbara considère que les preuves ne sont pas suffisantes pour inculper Jackson[285]. La famille Chandler cesse de coopérer en juillet 1994 et Jordan refusera de venir témoigner au procès de 2005, où il sera représenté par sa mère[279]. En septembre 1994, un second grand jury, à Los Angeles, conclut également que les preuves ne permettent pas d'inculper Jackson[281]. Tom Sneddon, le procureur du Comté de Santa Barbara où réside Jackson, suspend la procédure en septembre 1994 en attendant le témoignage potentiel de nouvelles victimes présumées[284]. Dans les dossiers sur Jackson qu'il publie en 2010, le FBI confirme que l'enquête n'a abouti à aucune piste sérieuse[286].

En 2003, quelques mois après la diffusion du documentaire Living with Michael Jackson, dans lequel il admet avoir partagé sa chambre et occasionnellement son lit avec des enfants, Jackson fait l'objet d'une plainte de la part de Gavin Arvizo âgé alors de 13 ans. Selon les membres de la famille Arvizo, les abus sexuels se seraient produits entre le 20 février et le 10 mars 2003 — soit plusieurs jours à plusieurs semaines après la diffusion du documentaire qui a déclenché l'affaire, le 3 février 2003 — et alors qu'ils ont été enlevés et sequestrés par Jackson et son équipe[287],[288],[283]. Une enquête est lancée par le procureur du Comté de Santa Barbara, Tom Sneddon, déjà présent en 1993 et qui n'avait pu obtenir un procès pénal dans l'affaire Chandler[282]. Jackson est poursuivi en justice et plaide non coupable. Après un jugement d'environ 4 mois entre janvier et juin 2005, incluant les éléments recueillis en 1993 et le témoignage de la mère de Jordan Chandler, Jackson est unanimement déclaré non coupable par manque de preuves et de crédibilité des témoins de l'accusation[280].

En 2019, un documentaire controversé Leaving Neverland partage les témoignages de Wade Robson et James Safechuck, deux victimes présumées, qui ont témoigné en faveur de Jackson en 1993 et 2005 et juré sous peine de parjure qu'il était innocent[289]. D'après Robson et Safechuck, les abus auraient commencé durant l'enfance, autour de 7 ou 8 ans, puis auraient cessés lorsqu'ils auraient atteint la puberté. Jackson se serait désintéressé d'eux, et les auraient alors remplacés par d'autres jeunes garçons, dont Macauley Culkin, qui ont nié à plusieurs reprises, y compris après la diffusion de ce film, avoir subi des abus. Dans le documentaire, Robson et Safechuck décrivent ce qu'ils auraient subi à grand renfort de détails. Certains des actes sexuels évoqués, qui donnent lieu à des blessures et des saignements chez Robson, sont qualifiés de « violents » par Tom Mesereau, l'avocat de Jackson qui a fait témoigner Robson pour la défense en 2005 et qui met en doute ses allégations[289]. Après avoir classé leurs plaintes sans suite à plusieurs reprises depuis 2013, en 2023 et suite à un changement de lois, la justice américaine autorise enfin les deux hommes à attaquer les sociétés du chanteur défunt : MJJ Productions et MJJ Ventures[290]. Elle prend cependant le soin de préciser que cette décision n'est pas une décision sur le fond de l'affaire et n'indique donc rien quant à la véracité de ces allégations. Ils demandent 400 millions de dollars de dommages et intérêts à la succession Jackson. Un jugement est prévu pour novembre 2026[291],[292].

En juillet 2025, la Michael Jackson Company porte confidentiellement plainte contre Frank Cascio dans le cadre d'un tribunal arbitral. Elle l'accuse de tenter de lui extorquer 213 millions de dollars. Les avocats affirment que lui et sa famille — qui ont défendu Jackson pendant plus de 25 ans, y compris à travers la publication de livres et la participation à des émissions de grande écoute — « ont exigé des sommes d'argent considérables, faute de quoi ils ont menacé d'inventer de fausses accusations contre Michael, accusations qui contredisaient leurs déclarations élogieuses précédentes»[293]. Ce n'est pas la première fois que des membres de la famille Cascio sont accusés de fraude. Eddy Cascio et son beau-frère, James Porte, sont à l'origine des titres inclus à l'album posthume Michael (2010) chantés par un imitateur vocal et retirés des plateformes par Sony et la succession Jackson en 2022 suite à une plainte déposée par des fans en 2014[294]. En 2020, pendant la tempête médiatique causée par Leaving Neverland, la fratrie Cascio avait négocié confidentiellement un paiement d'environ 17 millions de dollars échelonné sur 5 ans avec la succession Jackson, qui aurait voulu mettre fin à ce qu'elle considérait être de fausses accusations. Lorsque les paiements arrivent à leur terme, en 2025, les Cascio tentent de renégocier l'accord et d'obtenir 200 millions de dollars supplémentaires. En février 2026, autour de la sortie du biopic de Michael Jackson, Michael, Eddy, Dominic Jr., Marie-Nicole et Aldo Cascio portent plainte publiquement contre la succession Jackson pour trafic d'enfants. Dans leur plainte auprès d'un tribunal fédéral, ils affirment avoir eu « un flash back » en regardant Living Neverland en 2019 et que c'est à ce moment-là qu'ils se sont souvenus des abus qu'ils avaient subis. Ils accusent Jackson de les avoir agressés sexuellement durant l'enfance et jusqu'à l'âge adulte. La succession Jackson dénonce alors une tentative d'extorsion de la part de la fratrie[295]. En mars 2026, la succession Jackson obtient le droit de régler le litige avec Frank Cascio de manière confidentielle, dans un tribunal arbitral. En mai 2026, dans un entretien avec 60 Minutes Australia[296], Aldo Cascio décrit entre autres un acte d'ondinisme, au cours duquel Jackson aurait bu son urine pour lui prouver son amour. Il n'y a pas de loi, aux Etats-Unis, protégeant l'image ou la réputation des personnes défuntes[297].

Affaire Chandler

Le , Michael Jackson est accusé d'agression sexuelle sur mineur par un adolescent de treize ans nommé Jordan Chandler[298]. Jackson et la famille Chandler se sont rencontrés en et une forte amitié s'est développée entre la star et le garçon. En , après plusieurs échanges téléphoniques, l'artiste invite l'adolescent et sa famille à passer un week-end au ranch de Neverland. Dans les mois qui suivent, Jordan, sa demi-sœur et sa mère accompagnent Michael Jackson dans de nombreux déplacements très médiatisés tels que les World Music Awards à Monaco, le 12 . Ils passent un temps considérable ensemble, principalement chez la mère de Jordan, mais aussi chez son père, où il arrive à Jackson de passer la nuit dans la même chambre, voire le même lit, que lui. La presse à scandale décrit alors les Chandler comme « la nouvelle famille adoptive de Michael »[55]. A la même époque, Jackson fréquente par intermittence Lisa Marie Presley, sa future épouse, qui est encore mariée[55]. Après leur union, Jackson confiera au magazine Ebony qu'ils assistent discrètement, et loin du regard de la presse, à une collecte de fonds organisée par Jimmy Carter le 12 mars 1993 à Atlanta, ce qui est corroboré par les images de l'évènement [299],[300].

La complicité avec Jordan aurait rendu Evan Chandler, son père biologique, jaloux. La famille reçoit de nombreux cadeaux. Celui-ci n'aurait pas hésité à exiger que Jackson l'aide à agrandir sa maison. Après avoir appris que Sony et Jackson avaient conclu une entente de plusieurs millions de dollars pour d'éventuelles productions cinématographiques, Evan Chandler, le dentiste des stars qui veut lui-même être scenariste, aurait demandé au chanteur de financer des scénarios de films qu'il avait écrits, ce qu'il aurait refusé[301]. Plus tard, Evan Chandler affirme que son fils Jordan, sous l'effet d'un puissant sédatif qu'il lui aurait administré dans son cabinet[302], lui aurait admis que Michael Jackson avait touché son pénis[303].

En juillet 1993, Evan Chandler exige alors que Michael Jackson lui verse 20 millions de dollars, sinon il portera l'affaire devant la presse et les tribunaux. Jackson et son équipe tentent d'abord de trouver un accord avec lui en lui faisant plusieurs contre-offres à la baisse : la première d'1 million de dollars, et la seconde de 350 000 dollars[55]. Evan Chandler veut, lui, 15 millions de dollars. Jackson refuse et ses avocats dénoncent une tentative d'extorsion de fonds[304].

Le 8 juillet 1993, lors d'une conversation téléphonique entre Evan Chandler et David Schwartz, le beau-père de Jordan, ce dernier l'enregistre à son insu. Au cours d'une longue conversation, Evan Chandler affirme[305]:

« Une fois que j'aurai passé ce coup de fil, ce type va tout détruire sur son passage, par tous les moyens les plus sournois, les plus odieux et les plus cruels qui soient. Et je lui ai donné carte blanche. Si je vais jusqu'au bout, je gagne gros. Impossible que je perde. J'obtiendrai tout ce que je veux, et ils seront complètement… ils seront anéantis à jamais. La carrière de Michael sera finie. Cet homme sera humilié au-delà de toute imagination. Il n'en croira pas ses yeux. Ce qui va lui arriver dépassera ses pires cauchemars. Il ne vendra plus un seul disque ».

Schwartz lui demande alors si ceci va aider Jordan. On entend Evan Chandler répondre :

« Ça m'est égal. Ce qui compte pour moi, c'est que oui, June lui fait du mal, et Michael lui fait du mal. Je peux le prouver. … J'ai dépensé des milliers, des dizaines de milliers de dollars pour obtenir ces informations, et je… vous savez, je n'ai pas cet argent, je l'ai dépensé, et je suis prêt à en dépenser davantage, même au prix de pertes financières…».

Début août, Chandler et son fils rencontrent Jackson et Anthony Pellicano. Chandler produit une lettre écrite par un psychiatre, le Dr Abrams, qui n'a rencontré ni Jordan, ni son père, ni Jackson, et qui indique, sur la base des informations données par l'avocat de Chandler, « des doutes raisonnables d'abus sexuel ». Les négociations entre Evan et Jackson échouent de nouveau[306].

En août 1993, l'affaire prend de l'ampleur lorsque durant une séance de trois heures, Jordan affirme au Dr Abrams que lui et Michael Jackson s'étaient embrassés, masturbés et avaient eu des rapports bucco-génitaux à plusieurs reprises entre février et juin 1993[307],[304]. Celui-ci est légalement tenu de signaler le cas aux autorités. Jordan Chandler, qui ne se souvient pas des dates et heures exactes auxquelles ces faits se seraient produits, répète les mêmes informations à la police. Lorsqu'elle est interrogée, la mère de Jordan affirmera tout d'abord à la police qu'elle ne pense pas que Jackson ait abusé de son fils[303].

L'affaire éclate dans la presse et est largement couverte par les médias nationaux et internationaux[303]. Les tabloïds multiplient les appels à témoins et n'hésitent pas à contacter des proches de Jackson et à leur proposer des sommes considérables pour tout témoignage en lien avec sa pédophilie supposée. Dans deux entretiens parus en 2015[308] et 2016[309], Ron Newt, une figure du banditisme local qui sort en 1993 de prison, raconte que le National Enquirer lui a offert 200 000 dollars pour qu'il lui donne l'exclusivité de « sa relation avec Michael Jackson et sa connaissance de celui-ci, ainsi que de sa sexualité, sa connaissance des contacts sexuels et des tentatives de contacts sexuels de Michael Jackson avec Robert Newt [un de ses fils] et d'autres personnes ». Newt, qui est proche de Joseph Jackson et dont les enfants ont passé deux semaines à Hayvenhurst en 1985, refusera à la dernière minute de signer le contrat. Lorsqu'on lui demande ce qui se serait passé si Jackson avait vraiment touché ses fils, en 2016, il répond : « Je suis un gangster, mec. Qu'est-ce que tu crois qui se serait passé s'il avait touché à mes fils ? » Ces faits sont attestés par l'enregistrement effectué par le journaliste du National Enquirer, Jim Mitteager, lors de sa rencontre avec Newt en 1993 et par le contrat établi entre l'éditeur en chef, David Perel, et Newt, que ce dernier a conservé.

Le père, Evan Chandler, porte plainte au civil le [304]. Une enquête judiciaire est alors ouverte. Des fouilles sont organisées aux différents domiciles de Jackson, y compris au ranch de Neverland, tandis que les amis et les membres de la famille Jackson démentent que Michael soit pédophile, y compris Macauley Culkin et Wade Robson.

La réputation de Michael Jackson se dégrade davantage lorsque sa sœur aînée, La Toya, alors en froid avec sa famille, déclare : « Je dois vous dire que c'est vraiment très dur pour moi. Michael est mon frère, je l'aime beaucoup, mais je ne peux pas et ne veux pas être une collaboratrice silencieuse de ses crimes contre de jeunes enfants innocents. Si je garde le silence, ça signifie que je nourris la culpabilité et l'humiliation que ces enfants ressentent et je pense que c'est injuste. […] Ces enfants vont être marqués pour le restant de leurs jours et je ne veux pas voir d'autres jeunes enfants innocents affectés de la sorte »[310]. Après de longues tractations financières avec les médias, aucune preuve venant appuyer ses affirmations ne sera produite. La Toya est ensuite revenue à plusieurs reprises sur ses propos en expliquant que son ex-mari, Jack Gordon, l'obligeait à accuser son frère, lui disant quoi dire aux médias ; elle a aussi affirmé qu'elle considérait Michael Jackson comme une personne merveilleuse et un père fabuleux[311],[312].

Au cours des premières auditions, Jordan Chandler donne une description détaillée des parties génitales (circoncision du pénis, taches brunes sur les fesses et marques sur les testicules) de Michael Jackson. Jackson n'a pas d'autre choix que d'accepter de se soumettre à un examen corporel à nu, au cours duquel son anatomie est photographiée afin de vérifier si la description donnée par Chandler était valide et ses accusations potentiellement fondées[313],[304]. Le chanteur fait alors une déclaration publique où il clame son innocence et critique les médias pour ce qu'il perçoit comme un parti-pris contre lui[314],[315]. En mars 1994, lorsque les preuves réunies contre Jackson sont examinées par un grand jury, sa mère, Katherine Jackson, est convoquée et on lui demande si son fils a récemment altéré l'apparence de ses organes génitaux[316]. Lors de l'autopsie de Jackson, on apprendra que contrairement à la majorité des américains et comme de nombreux membres de la communauté afro-américaine de sa génération et de son origine sociale, défavorisée, celui-ci n'est pas circoncis[317]. Interrogés en 1995 lors d'un entretien télévisé avec Diane Sawyer, Michael Jackson et Lisa Marie Presley avaient déclarés que les descriptions de l'adolescent ne correspondaient pas aux photos[318],[319].

Du fait du surcroît de stress généré par ces accusations, Michael Jackson aurait augmenté la prise des anti-douleurs et des tranquilisants qu'il consommait déjà en lien avec la reconstruction de son cuir chevlu, suite de aux graves brûlures de 1984 : du Valium, du Xanax et de l'Ativan, auxquels il devient dépendant à l'automne 1993[320]. Sa santé s'est détériorée à un tel point qu'il doit annuler plusieurs concerts et la fin de sa tournée Dangerous World Tour pour faire une cure de désintoxication pendant quelques semaines[321]. Il cesse également de s'alimenter normalement et commence à perdre du poids.

Face à cette santé déclinante, ses amis et les avocats qui s'occupent de sa défense comme de ses finances lui conseillent de gérer cette affaire en dehors des tribunaux, estimant qu'un long procès serait dommageable pour son image et ses revenus. Jackson fait également face à une situation qui lui est défavorable[283]. Deux procédures sont ouvertes en parallèle: l'une au civil et l'autre au pénal. Etant donné l'âge de la victime présumée, soit moins de 14 ans, les avocats de la famille Chandler parviennent à obtenir une procédure civile accélérée. Le procès civil, au cours duquel on détermine les dommages et intérêts versés à une victime de préjudice, doit donc précéder le procès pénal. Ceci transgresse les droits de Jackson, qui se voit contraint de dévoiler sa stratégie de défense à la partie adverse en amont du seul des deux procès pouvant aboutir à une incarcération en cas de condamnation: le procès pénal. Son équipe et lui contestent cette situation mais n'obtienne pas gain de cause[322]. Ceci est par ailleurs confirmé en 2010 lors d'un séminaire visant à examiner les deux dossiers Jackson (1993, 2005), en présence des avocats de Jackson dans les deux affaires, dont Tom Mesereau, de l'avocat de la famille Chandler puis de la famille Arvizo, Larry R. Feldman, de l'assistant du procureur de Santa Barbara, Ron Zonen, et du juge Melville, qui a jugé l'affaire en 2005[283].

Le , la famille Chandler et leurs avocats signent avec Jackson et son équipe un accord à l'amiable dont le montant est estimé à 23 millions de dollars[323]: 15 331 250 dollars au profit de Jordan et 1,5 millions à chacun de ses parents[324],[325]. Les avocats auraient reçu près de 5 millions de dollars. Cette transaction met uniquement fin à la plainte au civil[326]. Jackson fait préciser dans l'accord qu'il « décline expressément toute responsabilité et nie tout acte répréhensible »[324]. Les avocats de Jackson déclarent :

« c'était la seule solution pour éviter une action civile – qui aurait contraint M. Jackson à témoigner devant un tribunal – et réduire les risques d'une procédure pénale potentiellement plus dommageable, dans laquelle il aurait également été contraint de témoigner. S'il était reconnu coupable au pénal, M. Jackson pourrait être emprisonné[207]

Larry R. Feldman, l'avocat des Chandler, déclare qu'à la signature de l'accord, l'enfant était « très content »[207].

La procédure pénale se poursuit. Elle est menée par Gil Garcetti, le procureur de district de Los Angeles — où la plainte a été déposée et où Jackson dispose d'un appartement — et Tom Sneddon, le procureur de district de Santa Barbara — où réside Michael Jackson. Dès mai 1994, un grand jury réuni à Santa Barbara examine les preuves et conclut qu'elle ne sont pas suffisantes pour inculper Jackson[285]. La famille Chandler coopère jusqu'à juillet 1994, puis elle se retire. Le , après avoir interrogé plus de 400 témoins et dépensé près de 2 millions de dollars d'argent public, un autre grand jury, réuni à Los Angeles, constate également l'absence de preuves et le manque de témoignages pouvant corroborer les accusations[281]. Le procureur du Comté de Santa Barbara, Tom Sneddon, refuse de clore la procédure. Il déclare que celle-ci est suspendue pendant 5 ans en attendant de nouveaux témoins[281]. Une nouvelle procécure sera ouverte en 2003, suite à la plainte de Gavin Arvizo et sa famille.

Durant l'enquête, un seul autre enfant, Jason Francia, aurait été « chatouillé à proximité de l'entre-jambe » à trois reprises par Jackson. Sa mère, Blanca Francia, est une ancienne employée de Neverland qui a démissionné en 1991. Elle affirme qu'elle aurait aperçu Jackson nu avec un enfant, mais elle confie son témoignage au tabloïd Hard Copy — pour 20 000 dollars — avant d'être déposée par le procureur, ce qui nuit à sa crédibilité[327]. D'autres employés de Neverland affirmeront avoir vu quelque chose. Aucun d'entre-eux n'ira dénoncer Jackson à la police. Les témoignages sont publiés par la presse à scandale avant d'être entendus par les autorités, ce qui interroge sur leur véracité. Jason Francia est longuement interviewé par la police en 1994. Lors du premier entretien, il affirme que Jackson ne l'a jamais touché de manière inappropriée, puis sa version change. En 2005, Tom Mesereau, l'avocat de Jackson, suggère que les policiers qui l'ont interrogé l'ont influencé[328]. Le témoignage de Jason, qui figure dans le dossier de 1993, n'est pas jugé suffisant pour poursuivre Jackson. Peu de temps après l'affaire, les avocats de la famille Francia contactent ceux de Jackson, leur affirmant qu'ils sont prêts à déposer une plainte au civil pour demander des dommages et intérêts. La plainte ne sera pas déposée et en 1996 un accord à l'amiable sera trouvé entre Blanca Francia et Jackson. L'accord avec Jason est signé en 1998, à ses 18 ans. La famille reçoit 2 millions de dollars. Les deux accords précisent : « Les parties reconnaissent que Jackson a choisi de régler les réclamations uniquement en raison de l'impact potentiel que tout litige pourrait avoir à l'avenir sur sa réputation, ses gains et ses revenus potentiels, et non en raison d'une quelconque conduite fautive présumée de sa part »[329].

Après l'affaire, David Schwartz, Evan Chandler et Jordan Chandler portent séparément plainte au civil, respectivement en 1994, en 1996 et en 1998 (à la majorité de Jordan) pour demander davantage de dommages et intérêts à Jackson[330],[219],[331]. Dans sa plainte de 1996, Evan Chandler reproche à Jackson d'avoir transgressé l'accord de confidentialité inclus dans leur résolution à l'amiable. Il attaque également en justice Lisa Marie Presley, pour avoir évoqué l'affaire durant l'entretien de 1995 avec Diane Sawyer. Il reproche à Jackson d'avoir évoqué l'affaire dans son album HIStory SON histoire) », et nomme environ 300 co-conspirateurs dans sa plainte, y compris Disney et Sony, le label musical de Jackson. Il affirme vouloir produire son propre album, EVANStory L'histoire d'EVAN ») en réponse à celui de Jackson. Il perd son procès en 2000. La plainte déposée par Jordan en 1998 est similaire à la sienne et déposée par les mêmes avocats.

Jordan Chandler, qui a demandé son émancipation à 14 ans, coupe tout contact avec ses parents[332]. En 2005, durant le procès, on apprend qu'il n'est plus en contact avec sa mère depuis 11 ans. En 2006, il porte plainte contre son père, avec lequel il vit à ce moment-là, qui l'a agressé avec du gaz lacrymogène et un haltère, et a tenté de l'étrangler. Il obtient une ordonnance restrictive contre lui[333].

Après l'affaire, le journaliste indépendant, Victor Guttiérez, qui prétend par ailleurs être le biographe de Jackson[334], publie un récit pédopornographique dont il affirme qu'il se base sur le journal intime (imaginaire) de Jordan Chandler. La publication de ce livre sera interdite aux Etats-Unis suite à une plainte déposée par Jackson. Guttiérez assiste durant les années 1980 à des réunions de l'association pro-pédophile NAMBLA, qui lutte pour la dépénalisation de la pédophilie. D'après Guttiérez, les membres de cette association pensent à l'époque que Jackson est l'un des leurs[335]. A travers cette publication, qui veut donner un caractère romantique aux agressions sexuelles sur mineurs[336], Guttiérez associe la cause de cette association à l'un des artistes les plus connus et les plus populaires de la planète. En janvier 1995, ce journaliste affirme qu'il dispose d'un enregistrement incriminant Jackson. Celui-ci porte plainte pour diffamation contre Guttiérez et obtient sa condamnation à 2,7 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson porte également plainte contre la journaliste Diane Dimond, qui travaille alors pour Hard Copy, pour avoir affirmé lors d'un épisode de cette émission de télévision à scandale, qu'un tel enregistrement existait, puis l'avoir répété à la radio. Il demande 50 millions de dollars de dommages et intérêts. Jackson déclare qu'il portera systématiquement plainte contre les médias qui « répandent des mensonges et des rumeurs odieusement malveillantes à [son] sujet dans le but de gagner de l'argent, de faire progresser leur carrière, de vendre des journaux ou d'attirer des téléspectateurs »[334],[337].

Peu de temps après la mort du chanteur en , une rumeur émanant du site Internet américain Trashselector[338], avance que Jordan Chandler serait revenu sur ses déclarations portées en 1993 et aurait admis avoir menti[339]. Toutefois, l'information n'ayant jamais été authentifiée, rien ne permet d'affirmer qu'il s'agissait des aveux du vrai Jordan Chandler[340].

Le , Evan Chandler, le père de Jordan, se donne la mort en se tirant une balle dans la tête à son domicile, dans le New Jersey. Le motif de ce suicide est inconnu[341].

Affaire Arvizo

Fan néerlandais clamant l'innocence de Michael Jackson (2004).

Michael Jackson apparaît dans le documentaire Living with Michael Jackson, filmé sur une période qui s'étend entre et et diffusé le sur la chaîne de télévision britannique ITV Granada. Au cours de l'entretien avec le journaliste Martin Bashir[342], il parle de son enfance, de sa jeunesse et de sa vie privée. Dans le film, il est vu en train de dépenser plusieurs millions de dollars dans un magasin à Las Vegas[343]. Alors que le jeune Gavin Arvizo, un rescapé du cancer dont il a fait la connaissance quelques années auparavant[344], lui tient la main et pose la tête sur son épaule, il confie qu'il ne trouve rien de choquant au fait qu'un adulte dorme occasionnellement dans la même chambre et voire dans le même lit qu'un enfant[345]. Interrogé sur ce sujet par Martin Bashir, Jackson dit notamment : « Pourquoi est-ce qu'on ne peut pas partager son lit ? C'est la chose la plus aimante qu'on puisse faire ». Il ajoute : « Tu dis : "tu peux prendre mon lit si tu veux. Dors dedans, je dormirai par terre. Il est à toi". Je donne toujours mon lit à mes invités ». Lorsque Bashir insiste, dans une autre séquence, Jackson répond : « Pourquoi est-ce que les gens devraient s'inquiéter ? Qui est le criminel ? Qui est Jack l'Eventreur dans cette chambre ? Ecoute, j'essaie d'aider cet enfant à guérir, je dors dans un sac de couchage sur le sol et je donne mon lit à l'enfant ». Ses déclarations suscitent la polémique[346]. Tom Sneddon, le procureur de district du Comté de Santa Barbara réagit tout d'abord en déclarant à la presse que « simplement dormir avec des enfants sans conduite clairement offensante n'est pas considéré comme un acte criminel » et que le témoignage d'une victime présumée est nécessaire pour envisager de poursuivre Jackson[347]. Jackson, qui dénonce des « insinuations sensationnalistes », porte plainte contre Martin Bashir auprès des autorités de régulation de l'audiovisuel britanniques[348].

Quelques mois plus tard, l'enfant, Gavin Arvizo, 13 ans, accuse tout d'abord Jackson d'avoir abusé de lui entre le 7 février et le 10 mars 2003. Puis les dates sont modifiées : Jackson aurait abusé de lui entre le 20 février et le 10 mars, soit seulement après la diffusion du documentaire dans lequel on le voit avec Jackson et qui a déclenché l'affaire[288],[349]. Jackson se serait masturbé devant lui et l'aurait encouragé à se masturber[350]. Son frère cadet, Star Arvizo, déclare qu'il aurait été témoin de certains de ces abus et précise que le chanteur leur aurait servi du vin[351], un fait d'autant plus grave que Gavin est en rémission et n'a qu'un seul rein. Ils affirment également que Jackson leur a montré des magazines pornographiques et que lui et son assistant, Frank Cascio (« Frank Tyson »), leur auraient montré des sites Internet pornographiques[352],[353]. Janet Arvizo, la mère de Gavin, affirmera avoir été séquestrée avec ses enfants à Neverland pour l'empêcher de parler[354]. La famille tente de retenir les services du même avocat au civil que la famille Chandler, Larry R. Feldman[355]. Tom Sneddon, en charge de l'affaire et qui veut éviter de voir son témoin disparaître après un accord à l'amiable au civil comme en 1993 dans l'affaire Chandler, s'assure que le procès civil ne puisse pas précéder le procès pénal. La famille Arvizo doit donc gagner au pénal pour pouvoir prétendre à des dommages et intérêts[283].

Gavin et Jackson se sont rencontrés vers 2000, alors que l'enfant de 10 ans est soigné pour un cancer et est sous chimiothérapie. Avant son diagnostic, en juin 2000, Gavin et son petit frère, Star, avaient pris des cours de comédie offerts pour des enfants défavorisés par la Laugh Factory, à Hollywood. Ils avaient ainsi pu rencontrer Chris Tucker et Jay Leno[356]. Gavin exprime son souhait de rencontrer Michael Jackson, ce qui se réalise grâce à l'intervention de Jamie Masada et la styliste capilaire de Jackson, Carol LaMere[121],[357]. D'après Gavin, Jackson l'appelle à plusieurs reprises durant son traitement, environ une vingtaine de fois entre juin et août 2000, l'encourageant à rester positif. Puis Gavin et sa famille — sa mère, son père, sa grande soeur et son petit frère — sont invités à passer un week-end au ranch de Neverland en août 2000[357]. A la fin d'une journée pleine d'amusements, Gavin et Star insistent auprès de Jackson pour dormir dans sa chambre — qui comporte en réalité deux étages distincts — et spécifiquement dans son lit, lui disant que leur mère est d'accord. Jackson, mal à l'aise, finit par accepter à condition que ses enfants, Prince et Paris, dorment dans le lit et que Frank Cascio (l'un des protagonistes des allégations de 2026), connu alors sous le nom de Frank Tyson et qui est l'assistant personnel de Jackson, dorme comme lui, sur le sol de la chambre, dans un sac de couchage. Cette version, qui figure dans le livre publié en 2011 par Cascio au sujet de son amitié avec Jackson, est d'ailleurs corroborée par l'échange de Gavin et Jackson visible dans le documentaire Living with Michael Jackson : « si tu m'aimes, tu dors dans le lit et je dors sur le sol ». Après cette expérience, Jackson prend ses distances avec la famille Arvizo, il change de numéro de téléphone et devient moins accessible. Durant le procès, Gavin confie que lors d'autres visites à Neverland — 6 ou 7 fois au cours des deux années suivantes — Jackson est soit absent, soit inaccessible, et que cela l'attriste énormément : il attendait plus de l'artiste. A partir de septembre 2000, la famille Arvizo écrit régulièrement à Jackson. Leurs lettres seront présentées lors du procès et montrent qu'ils essaient de rétablir le contact avec lui. En octobre 2000, Jackson offre un véhicule à la famille. Ils les autorisent également à utiliser Neverland pour une collecte de don du sang, au cours de laquelle les employés du ranch participent. Gavin, dont les parents se séparent en mai 2001[357], commence à appeler Jackson « papa » lorsqu'il communique avec lui.

Lors du procès, on découvre que Janet Arvizo, la mère de Gavin, a déjà menti dans le but d'obtenir un gain financier dans au moins deux autres contextes. Fin 2000, elle contacte un journal local (The Mid Valley News), auquel elle demande de publier un article au sujet de Gavin, afin de collecter des fonds pour financer son traitement médical. L'éditrice, Connie Keenan témoignera au procès de 2005[358]. Après avoir ainsi obtenu 1000 dollars au profit de Gavin, Janet demande à l'éditrice de publier l'article une seconde fois, car la somme lui paraît trop faible. Elle ajoute qu'une séance de chimiothérapie lui coûte 25 000 dollars, ce qui surprend Keenan et l'amène à se méfier. Keenan apprendra qu'elle s'est faite duper : l'assurance santé de la famille Arvizo (Kaiser Permanente) prend en charge ses traitements à 100%. Près d'un an plus tard, le 24 septembre 2001, Janet obtient des dommages et intérêts, à hauteur de 152 000 dollars[358], dans le cadre d'un accord à l'amiable conclu avec la chaîne de magasins JCPenney : 32 000 dollars pour elle, 5000 dollars pour son mari, 25 595 dollars pour Gavin et 8576 dollars pour Star. Le reste, près de 80 000 dollars, ira à leurs avocats[356]. En 1998, une altercation se produit entre les parents de Gavin et des agents de sécurité d'un magasin JCPenney. Gavin a volé des vêtements et s'est fait attraper. Les parents sont arrêtés par la police, placés en garde à vue, puis sont rapidement remis en liberté. Les gérants du magasin portent plainte puis abandonnent leurs poursuites. Neuf mois plus tard, en juillet 1999, Janet porte plainte contre JCPenney pour « voies de fait, séquestration et infliction intentionnelle de détresse émotionnelle ». Elle demande des dommage et intérêts. Les photographies prisent ce jour-là au commissariat ne montrent aucunes blessures et Janet n'a pas souhaité porter plainte contre les agents de sécurité. Une semaine après son arrestation, Janet s'était cependant présentée au commissariat avec des photos d'elle présentant de nombreuses contusions. Lors du procès de 2005, elle avouera qu'elle a menti sur l'origine de ses blessures, qui lui auraient été infligées par son mari. Peu de temps après qu'on diagnostique à son fils un cancer, Janet modifie sa plainte. Le 29 juin 2000, elle affirme qu'elle a également subi une agression sexuelle lors de son arrestation par les agents de sécurité du magasin. Les détails de l'agression supposée figurent dans la déclaration sous serment faite en 2004 par son ex-mari, David, lors de l'enquête menée par Scott Ross, pour la défense[359]. Dans les modifications apportées à sa plainte, elle aurait également mentionné la maladie de son enfant et le fait que les blessures subies durant l'altercation l'auraient depuis empêchées de travailler. Les enfants reçoivent également des dommages et intérêts, relativement élevés dans le cas de Gavin, alors âgé de 8 ans, car les agents de sécurité lui auraient cassé le bras et fait un oeil au beurre noir[356].

En 2002, dans le cadre de la réalisation de son documentaire, Martin Bashir explique à Jackson qu'il aimerait le montrer interagissant avec des enfants malades qu'il a aidés au cours de sa vie. Jackson pense à son ami Dave Dave, gravement brûlé par son père durant l'enfance et âgé alors de 20 ans, et à Gavin, 12 ans. Le choix de Bashir se porte sur Gavin et c'est dans le contexte du tournage du documentaire que Jackson et les enfants Arvizo se rencontrent de nouveau brièvement en septembre 2002[357].

Après la diffusion du documentaire, et la tempête médiatique que celui-ci déclenche, la famille Arvizo tente d'échapper aux solicitations des journalistes et parvient, grâce à Chris Tucker, à rejoindre Jackson à Miami. Le 7 février, ils sont de retour en Californie et, durant cinq semaines, séjournent par intermittence à Neverland. Il est établi que durant ce séjour à Neverland, Janet quitte régulièrement le ranch pour aller chez l'esthéticienne, dormir quelques jours chez son petit-ami avec ses enfants, se rendre chez son avocat ou encore rencontrer les services sociaux.

Environ neuf jours après leur arrivée au ranch, l'équipe de Jackson, qui tente de gérer la polémique causée par le documentaire, filme un entretien avec la famille au cours duquel Janet, sa fille et ses deux fils défendent Jackson, parlent très positivement de lui et nient tout comportement inapproprié de sa part. Janet confirmera durant le procès que ces propos étaient sincères. Il était prévu que cet entretien soit inclu au documentaire alternatif à Living with Michael Jackson diffusé par la Fox, le 23 février 2003 : L'interview de Michael Jackson : les images que vous n'auriez jamais dû voir. Ce second documentaire est produit par l'équipe de Jackson sur la base de ce qui a été filmé par son propre caméraman durant la présence de Bashir. Les forces de l'ordre découvriront la vidéo de l'entretien avec la famille Arvizo lors de la perquisition qui aura lieu chez le caméraman de Jackson, Hamid Moslehi.

Lorsqu'elle rencontre les services sociaux, le 20 février 2003, Janet Arvizo affirme que Jackson est comme un père pour ses enfants, qu'il a aidé son fils à guérir du cancer et qu'il n'a jamais touché Gavin de manière inappropriée. Elle précise que Jackson et ses enfants n'ont jamais dormi dans le même lit[360]. Durant le procès, Janet affirmera que l'équipe de Jackson avait fait pression sur elle et l'avait menacée de s'en prendre à ses parents. Ce jour-là, l'assistante sociale interroge également Gavin et lui demande s'il a été agressé sexuellement. L'enfant lui répond : « Tout le monde dit que Michael Jackson a abusé de moi sexuellement. Il ne m'a jamais touché ». Irene Peters affirme durant le procès que toutes les réponses de la famille lui ont paru spontannées et naturelles[361]. L'enquête des services sociaux est close.

Le procureur de district du Comté de Santa Barbara, Thomas Sneddon (en), était déjà impliqué dans l'affaire Chandler, dix ans auparavant, et avait dû classer l'affaire après 13 mois d'enquête et l'absence de preuves ou témoignages suffisants pour poursuivre Jackson (cf. supra)[362]. Convaincu que Jackson est coupable, il rouvre une enquête entre juin et novembre 2003[363],[332].

Le — le jour de la sortie de la compilation Number Ones — 70 policiers perquisitionnent par surprise Neverland. Un mandat d'arrêt est lancé contre l'artiste, qui se trouve alors à Las Vegas pour tourner un nouveau clip[364],[365]. Ayant accepté de se rendre aux forces de l'ordre, Jackson déclare être victime d'une tentative d'extorsion de fonds de la part d'une famille de maîtres-chanteurs. Les images de Jackson menotté sont diffusées dans la presse et sa photo d'identification est rendue publique. Il est interrogé puis libéré sous caution.

Le comportement de Tom Sneddon interroge à plusieurs reprises durant cette affaire. Jackson et ses avocats l'accusent de mener une vendetta contre lui. Dans son album HIStory, paru en 1995, la chanson de Jackson D.S. attaquait Tom Sneddon suite à l'affaire Chandler. Le 29 avril 2004, la chaîne ABC News déclare avoir eu accès à des documents indiquant que Sneddon a mené lui-même une partie de l'enquête sur Jackson, alors que les enquêtes sont généralement menées par la police et des procureurs de rang moins élevé que le sien. Il a pris des photographies du bureau d'un détective privé qui a travaillé pour Jackson en l'absence d'autres enquêteurs ou de représentants des forces de l'ordre et a rencontré Janet Arvizo seul en novembre 2003 puis à d'autres reprises[366]. En décembre 2003, il s'excuse devant la presse pour avoir utilisé le surnom « Wacko Jacko », considéré comme raciste[63], pour désigner Jackson lors d'une interview[367].

Comme le remarque une partie de la presse, les dates sont cruciales dans cette affaire[287]. Dans la plainte formellement enregistrée contre Jackson par Tom Sneddon, le 18 décembre 2003, la période au cours de laquelle Gavin aurait été agressé sexuellement s'étend du 7 février 2003 au 10 mars 2003[287]. Les agressions auraient donc débuté après la diffusion du documentaire et avant l'entretien filmé avec la famille Arvizo à Neverland. Elles se seraient même poursuivies après la rencontre de la famille Arvizo avec les services sociaux. Mark Geragos, qui est alors l'avocat en charge de la défense de Jackson, affirmera publiquement que celui-ci a un alibi pour chacune des dates listées dans la plainte[368]. Ces dates seront ensuite changées par l'accusation: du 20 février au 10 mars 2003[369]. Les agressions sexuelles auraient donc débuté 17 jours après la diffusion du documentaire — alors que Jackson et son équipe se trouvent dans l'oeil du cyclone médiatique — et juste après l'entretien de la famille Arvizo avec les services sociaux.

Le 1er mai 2004, Tom Sneddon annonce qu'un chef d'accusation de complot est ajouté à l'acte d'accusation. L'affaire ne repose alors plus uniquement sur le témoignage des enfants Arvizo, et certains des témoins en faveur de Jackson, tel que Frank Cascio, sont maintenant accusés d'être des co-conspirateurs et font face à une mise en examen potentielle[370].

Une nouvelle descente de police a lieu à Neverland en décembre 2004[371]. Lors des différentes perquisitions, de nombreux magazines, des DVDs et des vidéos pornographiques seront saisis aux domiciles de Jackson. Ces documents, qui sont tous légaux et disponibles en magasin, représentent principalement des femmes nues et aucun enfant. Certains seront longuement présentés durant le procès, en présence des parents de Jackson[372]. Quelques livres de photographie saisis en 1993, qui représentent des enfants, seront également présentés au jury durant le procès[373]: The Boy: A Photographic Essay et Boys Will Be Boys. Ce dernier présente une inscription qui indique qu'il a été offert à Jackson par une fan[374].

Le 11 décembre 2004, le journal Santa Barbara News-Press rapporte que des empreintes digitales du chanteur et du garçon qui l'accuse d'abus sexuel ont été trouvées sur des magazines pornographiques dans le ranch de Neverland[375]. Selon le livre Michael Jackson Conspiracy rédigé par Aphrodite Jones, l'accusation tenta d'utiliser lesdites empreintes digitales comme élément de preuve contre Jackson. La défense a quant à elle remis en question la fiabilité de cette preuve en déclarant que les magazines où figurent les empreintes n'avaient pas été analysés au moment de leur saisie et qu'ils avaient été manipulés par l'accusateur lors d'une audience devant le grand jury[376]. Durant le procès, un officier confirme qu'aucune empreinte ou traces ADN appartenant aux Arvizo n'ont été trouvées sur les magazines saisis chez Jackson. On ne trouve pas non plus de trace ADN des enfants Arvizo dans le lit du chanteur[377].

Comme en 1993, et avant même le début du procès, des informations confidentielles fuitent dans les médias, notamment la déposition de Gavin Arvizo pleine de « détails sinistres » concernant les agressions qu'il aurait subies de la part de Jackson. Tom Mesereau, l'avocat de la défense, déclare le 14 janvier 2005 : « Ce procès se gagnera devant les tribunaux et non grâce à des « fuites » dans les médias. (...) Le jour où son procès se déroulera, Michael Jackson sera acquitté et réhabilité. »[378]

Michael Jackson, alors âgé de 45 ans et anorexique, photographié par le bureau du shérif du comté de Santa Barbara à la suite de son arrestation en novembre 2003.

Le procès People vs Jackson s'ouvre le 31 janvier 2005 à Santa Maria deux ans après les premières investigations, et dure cinq mois, jusqu'à la fin . La santé de Michael Jackson décline : anorexique, il doit même être hospitalisé à deux reprises durant le procès puis juste après l'annonce du verdict[379],[380].

Michael Jackson se voit signifier, le , dix chefs d'inculpation passibles de vingt années de prison[354] l'inculpant notamment de tentative d'enlèvement d'enfant, tentative de séquestration, tentative d'extorsion, abus sexuel sur mineur, tentative de commettre un abus sexuel sur mineur et administration d'un agent toxique dans le but de commettre un crime[381]. Quatre infractions mineures seront ajoutées lors du procès. D'après Tom Mesereau, son avocat, les accusations auxquelles fait face Michael Jackson sont plus infamantes que s'il avait été accusé d'homicide[209]. Tom Sneddon, qui veut tenter de démontrer que Michael Jackson est un prédateur aguerri parvient à faire prendre en compte des éléments réunis en 1993 dans l'affaire Chandler.

Lors du procès, l'accusation veut faire témoigner la première victime présumée, Jordan Chandler. Dans les dossiers du FBI publiés après le décès de Jackson, on apprend que Jordan Chandler refuse de témoigner et indique qu'il n'hésitera pas à se battre en justice si on tente de l'obliger à le faire[286]. Tom Sneddon, qui affirme publiquement que les photographies des parties génitales de Jackson correspondent à la description donnée en 1993 par Jordan Chandler, ne demandera à ce qu'elles soient ajoutées au dossier que le 25 mai 2005, soit peu de temps avant la fin du procès, le 13 juin[382]. Sans surprise, sa demande sera rejetée. L'autopsie de Jackson, en 2009, confirme que la description ne correspond pas car celui-ci n'est pas circoncis[317]. La mère de Jordan, la seule de la famille Chandler qui viendra témoigner pour l'accusation, déclare que bien qu'elle soit convaincue qu'il y ait eu abus sexuel, elle n'a pas été témoin d'attouchements à l'égard de son fils. Elle confie également qu'elle n'est plus en contact avec son fils depuis 11 ans[383]. A la suite de l'affaire, et alors qu'il n'a que 14 ans, celui-ci demande son émancipation[384]. Comme dans l'affaire Chandler, le dossier Arvizo repose uniquement sur les témoignages de victimes présumées et manque de preuves matérielles appuyant leurs affirmations.

En mai 2005, la défense de Jackson dépose une demande de non-lieu. Elle argumente que les preuves avancées par l'accusation sont insuffisantes et que certains témoins ont fait des déclarations contradictoires. Robert Sanger, l'un des avocats de Jackson, affirme : « Si l'on regarde en profondeur, il n'y a pas de preuve crédible ». Sa demande est rejetée par le procureur Sneddon, qui considère que « même si le crime n'[a] pas été commis, il suffi[t] de faire part à quelqu'un d'une intention de le commettre pour constituer un crime de complot »[385].

L'avocat de Michael Jackson, Thomas Mesereau, rassemble de son côté plusieurs témoins de l'enquête pénale de 1993, y compris Wade Robson (l'un des protagonistes de Leaving Neverland), qui sera le premier témoin invité à la barre pour défendre Jackson. Jay Leno et Chris Tucker, qui ont fait l'objet dans une moindre mesure des tentatives de manipulations de la famille Arvizo, viennent également témoigner en faveur de Jackson. En parlant des témoins de l'accusation, Tom Mesereau affirme dans un entretien de 2019 avec 60 Minutes Australia : « à mon avis, ils figuraient parmi les pires témoins que j'aie jamais vus dans une salle d'audience (...) Tant de témoins de l'accusation ont été tout simplement discrédités lors des contre-interrogatoires pendant ce procès, ce que les médias n'ont jamais rapporté[289]».

Le , le jury populaire du tribunal californien composé de huit femmes et quatre hommes rend son verdict et acquitte le chanteur de tous les chefs d'inculpation[386]. Dans une conférence de presse, le jury a souligné le manque de preuves, le caractère contradictoire des témoignages présentés par l'accusation et la nature manipulatrice de la mère de Gavin Arvizo[387], dont une enquête a démontré qu'elle était une habituée des plaintes calomnieuses et qu'elle avait ouvert plusieurs comptes en banque pour récolter de l'argent et escroquer les services sociaux[349].

Le procureur Thomas Sneddon, persuadé de la culpabilité de Michael Jackson[362] et accusé de mener une vendetta contre l'artiste par les avocats de ce dernier, déclare : « Évidemment, nous sommes déçus par ce verdict […], mais nous maintenons notre confiance au système judiciaire »[280]. Les fans du chanteur accueillent la nouvelle de l'acquittement par des cris de joie. Aucune procédure en appel ne sera engagée à l'issue de ce jugement[388].

En 2009, après le décès de Miichael Jackson, Martin Bashir, le réalisateur du documentaire qui a déclenché l'affaire, déclare lors d'une interview télévisée: « Lorsque j'ai réalisé ce documentaire, une petite partie a suscité la controverse concernant sa relation avec des jeunes gens. Mais la réalité, c'est qu'il n'a jamais été condamné pour aucun crime. Je n'ai jamais vu de comportement répréhensible de sa part et bien que son mode de vie ait pu être peu orthodoxe, je ne crois pas qu'il était criminel »[389].

En juin 2026, quelques semaines après la sortie du biopic Michael, Netlix relance la polémique en sortant un nouveau documentaire remettant potentiellement en cause le verdict de non-culpabilité des jurés[390].

Nouvelles accusations en 2019 — Robson et Safechuck

Le , un documentaire intitulé Leaving Neverland, réalisé par Dan Reed, est présenté en avant-première au Festival du film de Sundance 2019[391]. Deux hommes, Wade Robson et James Safechuck, affirment avoir été abusés sexuellement par l'artiste lorsqu'ils avaient respectivement sept et dix ans[392],[393]. Les nombreuses agressions, dont certaines auraient donné lieu à des blessures et des saignements chez Robson, se prolongent jusqu'au début de l'adolescence. Puis Jackson se serait désintéressé d'eux et les aurait remplacés par d'autres jeunes garçons, dont Macauley Culkin, qui nie formellement avoir été abusé. Robson et Safechuck, qui sont tous deux des enfants de la scène, produisent des photos où ils apparaissent avec Jackson, avec ou sans leurs proches, des messages qu'il leur aurait adressés et des objets qu'il leur aurait offerts et qu'ils ont conservés. Aucun de ces éléments ne peut cependant être considéré comme une preuve formelle appuyant leurs allégations, qui reposent principalement sur leurs témoignages. Pour expliquer qu'ils n'ont pas parlé plus tôt des abus qu'ils auraient subis, et notamment du vivant de Jackson, ils affirment que celui-ci les auraient manipulés, leur présentant les actes qu'ils décrivent dans le documentaire comme de l'amour, et qu'ils n'avaient pas réalisé qu'il s'agissait d'abus sexuels avant d'avoir eux-mêmes des enfants[394]. Safechuck, qui présente sa relation avec Jackson comme une relation amoureuse, dit se souvenir de ce qu'il a vécu après avoir entendu le témoignage de Robson à la télévision. Robson affirme également qu'il avait choisi de protéger Jackson en 2005, afin d'éviter que ses enfants ne perdent leur père.

À la suite de la diffusion de ce documentaire, une nouvelle tempête médiatique éclate[395]. Les producteurs de la série d'animation Les Simpson décident de retirer des plateformes de streaming et des prochaines rééditions DVD le premier épisode de la saison 3 dans lequel Michael Jackson prêtait sa voix à un personnage[396]. En , le chanteur Drake, alors en tournée européenne, prend la décision de ne plus interpréter sur scène la chanson Don't Matter to Me, une démo inédite de Michael Jackson[397]. De nombreuses chaînes de radio retirent la musique de Jackson de leur programmation[398].

La succession de Michael Jackson porte plainte pour violation d'une clause de non-dénigrement figurant dans un contrat signé entre Jackson et HBO en 1992, dans le cadre de la diffusion exclusive de son concert à Bucarest, et réclame 100 millions de dollars à la chaîne payante[399],[400],[401],[402]. Le 14 décembre 2020, elle obtient gain de cause. Un accord à l'amiable est trouvé entre les avocats de Jackson et HBO, dont la somme n'a pas été rendue publique. Le film est retiré des plateformes de la chaîne[403].

Le réalisateur, qui revendique le parti pris d'un récit unilatéral à charge  d'autres témoins ayant connu le chanteur alors qu'ils étaient enfants et adolescents, notamment Macaulay Culkin, Corey Feldman, nient tout caractère pédophile de celui-ci[Note 11]  est un militant pour l'abolition du délai de prescription dans les affaires d'agressions sexuelles sur mineurs et estime primordial de prendre en considération la parole des victimes présumées[405],[406]. Par ailleurs, Brandi Jackson, qui est la fille de Jackie Jackson et la nièce de Michael Jackson, affirme avoir entretenu une liaison, d'abord amicale puis intime, avec Wade Robson, durant plus de sept ans, à partir de 1991 – donc durant la période concernée par les allégations d'agressions sexuelles – et qui aurait été favorisée par Michael Jackson lui-même ; elle remet donc en cause le récit de Wade Robson, qu'elle qualifie d'opportuniste, et par conséquent l'ensemble du documentaire, où elle n'est jamais mentionnée[407]. Plusieurs documentaires sortis la même année soutiennent l'innocence de Jackson et présentent des faits discréditant la version de Wade Robson et James Safechuck, notamment : Square One: Michael Jackson (2019), Michael Jackson: Chase the Truth (2019) ou encore Neverland Firsthand: Investigating the Michael Jackson Documentary (2019).

Trois associations de fans français portent plainte et assignent Robson et Safechuck devant le tribunal d'instance d'Orléans pour « atteinte à la mémoire d'un mort »[395]. Aucune loi, aux Etats-Unis, ne protège les personnes décédées de la diffamation. Dans leur production de médias tentant de défendre et réhabiliter Jackson, certains fans affirment qu'une partie des allégations diffusées dans le documentaire sont tirées du récit pédopornographique de Victor Guttiérez[337], paru en 1995, suite à l'Affaire Chandler, et dont la publication a été interdite aux Etats-Unis après une plainte de Jackson[408]. L'auteur de ce récit, un journaliste indépendant qui assiste dans les années 1980 à des réunions d'une association américaine qui lutte pour la dépénalisation de la pédophilie, tente de donner un caractère romantique aux abus sexuels sur mineurs[336]. A travers cette publication, l'auteur associe la cause de cette association pro-pédophile à Jackson, l'un des musiciens les plus connus et les plus populaires de la planète.

Du vivant de Jackson, Safechuck témoigne une fois en faveur de Jackson, sous serment, en 1993. Selon Tom Mesereau et Scott Ross, détective privé pour la défense, il n'a pas été sollicité en 2005 car son témoignage, trop ancien, n'est pas admis au dossier par le juge Melville. Wade Robson témoigne quant à lui deux fois en sa faveur, une première fois en 1993, puis une seconde fois, sous serment, en 2005. Au procès de 2005, Robson est le premier témoin invité à la barre par Tom Mesereau pour la défense. D'après Mesereau, le premier et le dernier témoin ont une importance cruciale dans ce type de procès[209]. En amont du procès, Robson a été interrogé pendant près de 4 heures par Scott Ross puis par Mesereau lui-même et sa collaboratrice Susan Yu pour s'assurer de la fiabilité de son témoignage. Ross et Mesereau affirment tous deux qu'il aurait été extrêmement risqué de la part de la défense, et de Michael Jackson lui-même, d'appeler comme premier témoin quelqu'un dont ils savent qu'il ment et qui risque à tout moment de craquer sous les interrogations de procureurs chevronnés tels que Tom Sneddon et son adjoint, Ron Zonen[409].

Dans un entretien de 2019 avec 60 Minutes Australia, Mesereau se dit choqué que Robson ait changé de version depuis le procès, en 2005 : « Il n'était pas obligé d'être là (...) Mon impression c'est qu'il était intelligent, éloquent et aimable (...) Il a défendu Michael Jackson avec une grande fermeté. Il m'a dit très clairement qu'il n'avait pas été agressé sexuellement et que les affirmations des plaignants étaient ridicules ». Etant donné la nature des actes sexuels décrit dans le documentaire, qu'il qualifie de « violents », Mesereau s'interroge sur le fait que Robson ne s'en soit pas souvenu lorsqu'il a témoigné en 2005[289]. Lorsque le journaliste lui demande si toutes les victimes présumées ont menti, Mesereau répond : « Examinons-les à travers un microscope : Safechuck a juré sous peine de parjure qu'il n'a pas été agressé, Robson a juré sous peine de parjure qu'il n'a pas été agressé, Arviso n'a pas été cru par le jury, et deux autres personnes — Chandler et Francia — ont été payées pour mettre fin au litige, pour mettre fin au procès, pour que Jackson puisse continuer sa carrière. (...) Donc, quand on examine tout ça avec un microscope, qu'est-ce qu'on obtient ? Pas grand-chose. (...) Il était la plus grande cible de la planète, il était la personne la plus connue de la planète, il était extêmement riche, il était perçu comme extrêmement vulnérable (...) Il est même l'objet d'attaque après sa mort, par des gens qui veulent de l'argent. » Dans un entretien de 2021 diffusé sur VladTV, Scott Ross émet également de sérieux doutes quant à la version des faits présentée par Robson en 2019 et à sa capacité à mentir à autant d'avocats et d'enquêteurs lors de l'affaire de 2005. Il affirme que les avocats de la succession de Jackson ont demandé à Robson et Safechuck de passer un test de polygraphe (« détecteur de mensonges »), ce qu'ils ont refusé de faire[409].

Les deux plaignants, Wade Robson et James Safechuck, n'avaient pas pu engager de poursuites contre le chanteur après leurs dépôts de plainte en 2013 et 2014, la date des faits allégués induisant une prescription des affaires. Dans sa plainte de 2013, Robson affirme que « sans les lésions psychologiques, les maladies et les dommages causés par les abus sexuels subis pendant l'enfance (...) [il] aurait continué à être l'un des talents les plus brillants de l'industrie du divertissement »[394].

Un changement de loi concernant la prescription permet de relancer les affaires en 2020. Cependant, la justice américaine décide en 2021 que les plaignants ne peuvent pas attaquer les anciennes sociétés du chanteur, estimant que ces sociétés ne sont pas responsables des actes de celu-ci. Puis, en appel, en 2023, la justice estime qu'une société peut faciliter une agression et ne peut être exemptée de protection des enfants : les deux hommes plaignants sont alors autorisés à intenter une action judiciaire contre les deux sociétés du chanteur : MJJ Productions et MJJ Ventures[410],[411]. Le procès est prévu pour novembre 2026. Robson et Safechuck réclament 400 millions de dollars de dommages et inérêts à la succession de Michael Jackson[291],[292],[412].

Nouvelles accusations en 2026 — Fratrie Cascio

Le 9 juillet 2025, la Michael Jackson Company porte plainte contre Frank Cascio dans le cadre d'un tribunal arbitral pour avoir tenté de lui extorquer 213 millions de dollars. Les avocats de Jackson affirment que Frank et sa famille « ont exigé des sommes d'argent considérables, faute de quoi ils ont menacé d'inventer de fausses accusations contre Michael, accusations qui contredisaient leurs déclarations élogieuses précédentes »[293]. Le 27 février 2026, Eddy, Dominic Jr., Marie-Nicole et Aldo Cascio, les autres membres de la fratrie Cascio, déposent une plainte au civil contre la succession de Jackson pour trafic d'enfants. Ils affirment qu'ils ont tous été abusés sexuellement par Jackson pendant leur enfance et que leurs relations sexuelles avec la star se sont prolongées jusqu'à l'âge adulte. Ils accusent l'artiste d'être un pédophile en série, qui les aurait drogués, ennivrés et violés, pour certains dès l'âge de 7 ans. En février 2026, Aldo, le plus jeune de la fratrie, décrit dans la presse des actes de fellation. Le 4 mars 2026, la succession Jackson obtient gain de cause, un juge l'autorise à régler le litige avec Frank Cascio dans le cadre d'une procédure confidentielles. En mai 2026, dans l'emission 60 minutes Australia, Aldo Cascio parle d'ondinisme et affirme que lorsqu'il a autour de 12 ans, Jackson boit son urine pour lui prouver son amour[413],[414],[296].

Jackson fait la connaissance de Dominic Cascio Sr., le père, en 1984, alors qu'il séjourne régulièrement dans l'hôtel new-yorkais dont celui-ci assure la gestion, le Helmsley Palace. La famille n'a alors que 2 enfants: Frank et Eddy. Dominic et sa femme, Connie, qui résident dans le New Jersey, accueillent chaleureusement Jackson et l'intègrent à leur famille, qui s'agrandit progressivement. Jusque dans les années 2000, Jackson leur rend régulièrement visite, leur offre de nombreux cadeaux et passe les fêtes avec eux. Il est particulièrement proche d'Eddy et Frank qui, enfants, lui rendent parfois visite en tournée, effectuent avec lui des séjours à Disneyland Paris, accompagnés de leur père[55], et séjournent occasionnellement à Neverland et dans ses autres résidences[415].

A l'âge adulte, les frères Cascio assistent Jackson et collaborent avec lui. Frank décrit sa relation privilégiée avec l'artiste en 2011, dans un ouvrage qu'il intitule « Mon ami Michael : Une amitié ordinaire avec un homme extraordinaire — Un portrait candide et aimant du roi de la pop »[414]. En 2005, lors du procès de Jackson, Frank (sous le nom de « Frank Tyson ») est d'ailleurs cité comme co-conspirateur, et accusé par la mère de Gavin Arvizo d'avoir participé à une tentative d'enlèvement organisée par l'entourage de Jackson[416],[370]. La famille défend Jackson pendant plus de 25 ans, y compris dans une interview avec Oprah Winfrey en 2010, dans laquelle ils se décrivent comme sa « seconde famille ». Trois des enfants Cascio, alors adultes, sont présents. Lorque Winfrey leur demande si Jackson a eu des comportements inappropriés à leur égard, tous les trois répondent à l'unisson: « jamais ».

En 2014, Eddy Cascio est mis en cause dans l'affaire des « Cascio files », trois morceaux de musique vendus par sa famille à la succession Jackson qui apparaissent en 2010 sur l'album posthume, Michael, et qui ont été réalisés par un imitateur vocal. Les trois morceaux sont retirés des plateformes en 2022 suite à la plainte collective déposée en 2014 par des fans contre Eddy Cascio, James Porte (le mari de Marie-Nicole Cascio), Sony, la succession Jackson et la compagnie de production des frères Cascio[417]. D'après le journaliste australien Damien Shields, il s'agit de « la plus grand fraude de l'histoire de la musique » et la succession Jackson a été victime de cette fraude de la part d'Eddy Cascio et de son beau-frère, James Porte[418].

En 2020, en plein milieu de la tempête déchainée par la diffusion de Leaving Neverland, la fratrie Cascio signe un accord confidentiel avec la succession de Jackson, qui leur accorde à chacun 690 000 dollars par an pendant cinq ans, soit plus de 17 millions de dollars au total. D'après la succession de Jackson, il s'agit de mettre fin discrètement à ce qu'ils considèrent être de fausses accusations. D'après l'un des avocats de la succession, lorsque les paiements prennent fin en 2025, la fratrie Cascio tente de renégocier l'accord et d'obtenir 200 millions de dollars supplémentaires. La succession Jackson dénonce une tentative d'extorsion[419],[295].

La fratrie déclare publiquement en 2026 qu'ils ont menti, qu'ils ne savaient pas, lorsqu'ils ont défendu Jackson, que leurs frères et soeurs étaient également victimes d'abus sexuels de sa part, y compris Frank, et que certains d'entre eux n'ont pas réalisé qu'il s'agissait d'abus sexuels avant 2019 et la diffusion du documentaire Leaving Neverland[295]. La presse à scandale publie en 2026 des photos de famille de Jackson, prises chez eux par les Cascio, qu'elle décrit comme « troublantes » et qui visent à appuyer leurs allégations. On peut par ailleurs y apercevoir Jackson sans maquillage et mieux comprendre les dommages causés à sa peau et son nez par ses maladies auto-immunes[416].

L'accord signé en 2020 oblige Frank Cascio à régler le litige confidentiellement et loin du regard des média[420]. Il s'agit pour la succession d'éviter que la partie adverse utilise les médias et les dommages causés à la réputation de Michael Jackson pour faire pression sur elle. En 2026, Frank Cascio est jugé pour extorsion dans un tribunal arbitral[421],[293]. Son nom n'apparait pas dans la plainte déposée par ses frères et soeurs en février 2026 auprès d'un tribunal fédéral et donc rendue publique. D'après les avocats de Jackson, la plainte au civil qui a été déposée en 2026 par Eddy, Dominic Jr., Marie-Nicole et Aldo est « une tactique transparente de choix de juridiction dans leur stratagème visant à obtenir des centaines de millions de dollars de la succession et des sociétés de Michael ».

Plagiats musicaux

Le , la cour d'appel de Bruxelles statue que la chanson You Are Not Alone, écrite par R. Kelly pour Michael Jackson, est un plagiat d'un morceau des frères jumeaux Danny et Eddy van Passel publié en 1993 sous le titre If We Can Start All Over. Selon cette décision, les droits d'auteur indûment versés à R. Kelly doivent être restitués aux Van Passel. Depuis ce jugement – uniquement reconnu en Belgique – la chanson n'est plus diffusée sur les chaînes de radio et télévision belges[422].

Le titre Wanna Be Startin' Somethin' utilise un sample du morceau Soul Makossa du compositeur camerounais Manu Dibango, sorti en 1972, dont Jackson a repris, sans autorisation, le refrain et le désormais célèbre Mama-se, mama-sa, mama-coo-sa (qui est à l'origine inspiré d'un chant traditionnel africain)[423]. Un accord financier à l'amiable est trouvé. En 2007, la chanteuse Rihanna reprend le même Mama-se, mama-sa, mama-coo-sa dans sa chanson Don't Stop The Music. Estimant que l'accord n'est pas respecté, Manu Dibango attaque Jackson et Rihanna en justice, mais le juge le déboute sur la forme, en attendant une décision sur le fond[424].

Engagements et relations médiatiques

Plusieurs dizaines d'artistes dont Michael Jackson, ici en 1985, posant pour la promotion de la fondation USA for Africa.

Action caritative

Michael Jackson a composé plusieurs chansons à vocation caritative dont :

En 1980, Michael Jackson donne au Nassau Coliseum de New York un concert intitulé UNICEF Benefit Concert, au bénéfice de l'UNICEF[425]. Il récolte et donne 5 millions de dollars pour des œuvres caritatives grâce à la tournée Victory Tour[426].

Le , durant le tournage d'un film publicitaire pour Pepsi-Cola, une étincelle provoquée par les équipements pyrotechniques met le feu aux cheveux de Michael Jackson. Il est amené d'urgence au Cedars-Sinai Medical Center pour des brûlures du cuir chevelu[427]. Plus tard, il fait don à cet hôpital de l'argent perçu de l'assurance (soit un million et demi de dollars), et c'est ainsi que l'unité de soins pour les brûlés sera renommé le Michael Jackson Burn Center[428].

En , il est reçu à la Maison-Blanche par le président Ronald Reagan, qui le décore pour son implication dans une campagne de lutte contre l'alcool au volant[429].

En 1985, il coécrit avec Lionel Richie la chanson We Are the World pour une œuvre de charité en faveur de la lutte contre la famine en Éthiopie[430]. L'enregistrement convie quelques-uns des musiciens les plus célèbres du monde musical américain de l'époque, dont Harry Belafonte, Cyndi Lauper, Diana Ross, Ray Charles, Stevie Wonder, Bruce Springsteen et Tina Turner, ainsi que quatre frères de Michael Jackson et sa sœur La Toya. Le single se vend à plusieurs millions d'exemplaires aux États-Unis[431], devenant le single à but caritatif le plus vendu de tous les temps (record battu en 1997 par Elton John avec Candle In The Wind, chanson écrite à l'origine en hommage à Marilyn Monroe et rééditée dans une nouvelle version dédiée à Lady Diana).

Le , lors du Bad World Tour, Jackson donne au Madison Square Garden de New York un concert privé, dont les bénéfices sont versés à l'organisation caritative afro-américaine United Negro College Fund[432].

En 1990, il est nommé « artiste de la décennie » par le président George H. W. Bush[433]. En 1992, ce dernier le nomme Point of Light Ambassador[433],[434] pour avoir accueilli dans son ranch de Neverland des enfants défavorisés, orphelins ou malades, auxquels il offrait des instants d'évasion, les aidant à se rétablir. Il est le seul artiste à avoir reçu ce prix[434]. En 1992, il annonce la création de sa propre organisation caritative, intitulée Heal The World Foundation, qui a pour mission de lutter contre la pauvreté, la famine et le travail des enfants. Il déclare vouloir améliorer les conditions de vie des enfants partout dans le monde[435]. Tous les bénéfices du Dangerous World Tour sont versés à des organisations caritatives, dont la Heal The World Foundation[436].

En 1992, à la suite d'un concert dans le Royaume du Sanwi en Côte d'Ivoire, Jackson obtient le titre de Prince du Sanwi[437].

En , Jackson rejoint le ténor Luciano Pavarotti pour un concert à Modène, en Italie. Les bénéfices du concert sont versés à l'association à but non lucratif War Child, l'Opération Force alliée et aux enfants du Guatemala[438]. La même année, sont organisés deux concerts à but caritatif intitulés Michael Jackson & Friends, l'un au Stade Olympique de Séoul en Corée du Sud et l'autre au Stade Olympique de Munich en Allemagne. Ces concerts réunissent sur scène Michael Jackson et quelques-unes des plus grandes stars mondiales du moment (Andrea Bocelli, Mariah Carey, Scorpions, Noa, Ringo Starr, etc.). Les bénéfices de ces deux concerts sont versés à la fondation Nelson Mandela Children's Fund, la Croix-Rouge et l'UNESCO[439]. Une chanson écrite pour l'occasion, What More Can I Give, ne sera finalement pas interprétée sur scène ni commercialisée avant les attentats du 11 septembre 2001 (voir ci-dessous).

En 2000, le Livre Guinness des records mentionne que Michael Jackson est l'artiste qui a soutenu le plus d'actions caritatives (39 œuvres caritatives soutenues)[440]. Lors d'un discours à l'Université d'Oxford le , Michael Jackson lance Heal The Kids, dans le cadre de sa fondation Heal The World, afin de contribuer au bien-être des enfants dans le monde.

Le , un concert caritatif intitulé United We Stand: What More Can I Give est organisé au RFK Stadium de Washington D.C., afin de récolter des fonds pour les familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001. La chanson éponyme (écrite deux ans plus tôt, mais restée inédite) est interprétée à cette occasion, mais le single What More Can I Give, réunissant Jackson et de très nombreux artistes – parmi lesquels Céline Dion, Beyoncé, Usher, Luther Vandross, Mariah Carey – n'est pas commercialisé à la suite du refus de Sony (au motif que le producteur de la chanson, Marc Schaffel, serait également un producteur de films pornographiques[réf. nécessaire]) ; le titre est cependant disponible en téléchargement payant sur Internet, et l'argent récolté profite aux victimes des attentats du . Un clip a également été produit, et la chanson a par ailleurs été traduite en espagnol sous le titre Todo Para Ti, avec entre autres la participation de Shakira, Ricky Martin, Gloria Estefan.

Après la mort du chanteur, ses biens ont été placés sur un fonds privé. Ses trois enfants, ainsi que sa mère Katherine qui en a la garde, perçoivent 80 % de sa fortune, le reste se destinant à des organisations caritatives.

Relation avec les médias et rumeurs

Peu à l'aise concernant les questions sur sa vie privée devant les caméras, Michael Jackson a rarement accordé d'entretiens télévisés[441]. Sa première interview remonte à 1979[442]. Il a fallu attendre l'Oprah Winfrey Show en 1993, pour que le « King of Pop » fasse une apparition télévisée lors d'une entrevue retransmise en direct[443]. Parmi ces rares apparitions, on peut notamment citer :

  • en 1979, interview pour Soul Beat[442] ;
  • en , interview par Sylvia Chase pour l'émission 20/20 de la chaîne ABC[444] ;
  • le , lors du Oprah Winfrey Show, émission suivie en direct dans le monde entier (l'entretien se déroule au domicile du chanteur en Californie) ;
  • en , lors de l'émission Prime Time Live sur ABC, présentée par Diane Sawyer, en compagnie de son épouse de l'époque, Lisa-Marie Presley.
  • en 1995 à l'occasion des MTV vidéo Music Awards, Michael accepte une interview, dans laquelle interviennent les Boyz II Men, Shaquille O'Neal, R. Kelly, Janet Jackson
  • le , il accorde un entretien à Barbara Walters à Paris, y évoquant la mort de la Princesse Diana, les paparazzi et ses « excentricités » ;
  • le 26 octobre 2001, il échange avec Anthony DeCurtis et répond aux questions de ses fans lors d'un entretien présenté par Get Music et Rolling Stone, autour de la sortie de son nouvel album, Invincible.
  • le sur Granada Television, entretien durant presque 2h lors de l'émission spéciale Living With Michael Jackson, présentée par Martin Bashir, au cours duquel l'artiste parle de son enfance, de sa jeunesse et de sa vie privée. Ce documentaire est à l'origine de l'Affaire Arvizo et aboutira au procès de 2005. Jackson porte plainte contre Bashir auprès des autorités de régulation de l'audiovisuel britanniques pour « insinuations sensasionnalistes » ;
  • le 23 février 2003 sur la Fox, une réponse à l'émission Living With Michael Jackson montrant les images brutes filmées par l'équipe de Michael Jackson à Neverland en présence de Martin Bashir. Il s'agit pour Jackson et son équipe de révèler les biais adoptés par ce journaliste lors du montage de Living with Michael Jackson.
  • en , interview avec Ed Bradley dans l'émission 60 minutes, sur la chaîne CBS News, en ce qui concerne les nouvelles accusations auxquels il est confronté. L'entrevue a été diffusée le . Michael a également affirmé que la police l'avait maltraité et s'était plaint d'une épaule déboîtée. Il a réaffirmé son innocence et déclaré qu'il était déterminé à ne pas régler le litige comme il l'avait fait en 1993[445],[446] ;
  • en , entretien avec Geraldo Rivera quelques jours après le début de son procès, sur autorisation spéciale du juge Melville, qui l'autorise à s'exprimer après que des informations confidentielles de l'accusation fuitent dans la presse ;
  • le , interview avec le Révérend Jesse Jackson, lors de son émission Keep Hope Alive sur WGRB ;
  • en , interview pour l'émission télévisée américaine Access Hollywood (Michael Jackson réside dans une maison à l'extérieur de Dublin et enregistre, dans le studio de la maison, de nouvelles chansons avec Will.i.am).

La longue période de silence médiatique  13 ans  entre les interviews de Sylvia Chase et d'Oprah Winfrey[443] conduit la presse à scandale à colporter de nombreuses rumeurs sur la vie de l'artiste[441]. Celles-ci prennent pour cible le mode de vie considéré comme excentrique du chanteur ainsi que son changement d'apparence physique, puis sa relation avec les enfants. Elles s'intensifient à partir de 1984 et du succès inégalé de l'album Thriller. Jackson se voit obligé de démentir qu'il est homosexuel, qu'il prend des hormones pour modifier le timbre de sa voix ou qu'il a modifié la forme de ses pommettes[447]. Il est surnommé pour la première fois « Wacko Jacko » (« Jacko le barjo » ou « Jacko le dingo ») par la presse à scandale britannique en 1985, après l'acquisition du catalogue ATV, l'un des plus grands et plus prestigieux catalogues d'édition musicale au monde, qui comporte notamment des chansons des Beattles et d'Elvis Presley[10],[63]. Le début des spéculations débute en 1986 avec la publication d'une image où Michael est allongé dans un caisson à oxygène : certains prétendent que le chanteur dort dans ce caisson afin de se préserver du vieillissement[448].

En 1987, une autre rumeur court, selon laquelle Michael Jackson, qui a déclaré s'identifier à Joseph Merrick dit « Elephant Man », aurait tenté d'acheter les os du défunt. Cette rumeur a été réfutée[449],[450]. Dans son entretien avec Oprah Winfrey, Jackson explique qu'il s'intéresse à l'histoire de Merrick, qu'elle lui rappelle sa propre histoire, et qu'elle l'a fait pleurer. En plaisantant, il explique cependant qu'il ne saurait pas où ranger ses os. Joseph Merrick souffrait du syndrôme de Protée, une maladie qui cause d'importantes déformations. Durant sa vie, Merrick était présenté comme un phénomène de foire.

Les nombreuses rumeurs circulant à son sujet au fil du temps altèrent son image et affectent profondément sa santé. Michael Jackson dénonce à plusieurs reprises les tabloïds notamment dans la chanson et le clip de Leave Me Alone, ainsi que dans les chansons Wanna Be Startin' Somethin', Why You Wanna Trip On Me, Tabloïd Junkie ou encore Breaking News. Le titre Privacy révèle la souffrance ressentie par l'artiste.

Jackson reproche à plusieurs reprises aux médias leur traitement sensationnaliste des accusations de pédophilie dont il est victime et pour lesquelles il est jugé non coupable et acquitté en 2005. La presse à scandale n'hésite pas à acheter et diffuser de faux témoignages à son sujet, qui alimentent les soupçons le concernant. A l'issue de l'Affaire Chandler, il déclare qu'il portera plainte contre tous ceux qui « répandent des mensonges et des rumeurs odieusement malveillantes à [son] sujet dans le but de gagner de l'argent, de faire progresser leur carrière, de vendre des journaux ou d'attirer des téléspectateurs »[334],[337]. En 1995, il porte notamment plainte contre le journaliste Victor Guttiérez et obtient 2,7 millions de dollars, qui ne lui seront jamais payés puisque celui-ci s'exile au Chili. Il demande également 50 millions de dollars de dommages et intérêts dans une plainte contre la journaliste Diane Dimond. En janvier 2005, suite à la fuite d'informations confidentielles dans la presse, et notamment de la déposition pleine de « détails sinistres » de l'un de ses accusateurs, Gavin Arvizo, son avocat, Tom Mesereau déclare que « [son] procès se gagnera devant les tribunaux et non grâce à des « fuites » dans les médias. (...) Le jour où son procès se déroulera, Michael Jackson sera acquitté et réhabilité. »[378]

Selon un article du tabloïd britannique The Sun de , Michael Jackson, ancien témoin de Jéhovah[451], se serait converti à l'Islam, inspiré et encouragé par son frère Jermaine, lequel s'était déjà converti depuis plusieurs années. Michael aurait, selon le même journal, changé son prénom par Mikaeel[452]. Cette rumeur est relayée en 2010 par l'écrivain turc Adnan Oktar[453].

Bubbles, le chimpanzé qui a partagé la vie du King of Pop

En 1983, Michael Jackson adopte Bubbles (né cette même année), un jeune chimpanzé qu'il achète à un centre de recherche au Texas. Rapidement, Bubbles devient une célébrité à part entière, apparaissant dans des clips vidéo et accompagnant Jackson lors de tournées mondiales. En 1987, pendant la tournée mondiale Bad, Bubbles et Jackson prennent même le thé avec le maire d'Osaka, au Japon[454].

Initialement, Bubbles vit dans la maison familiale des Jackson à Encino, Los Angeles. En 1988, il est déménagé au ranch de Neverland de Jackson. Là-bas, il dort dans un berceau dans la chambre de Jackson, utilise ses toilettes et mange ses bonbons dans la salle de cinéma de Neverland[455]. Jackson affirme même que Bubbles l'aide dans les tâches ménagères, notamment pour épousseter et nettoyer les fenêtres.

Durant la fin des années 1980, Jackson emmène souvent Bubbles en sortie, lui parle fréquemment, et lui apprendrait même à faire le moonwalk. Bubbles a son propre agent et on dit qu'il a même son propre garde du corps. Il assiste à l'enregistrement de l'album Bad de Jackson en 1987 – Jackson insiste pour que Bubbles et son serpent de compagnie soient présents comme spectateurs. Bubbles fait également une apparition dans le clip vidéo de Liberian Girl.

Une anecdote intéressante concerne la tentative d'enregistrement d'un duo entre Jackson et Freddie Mercury, le chanteur de Queen. Selon l'auteur David Wigg, Mercury est frustré par l'insistance de Jackson à avoir Bubbles dans le studio[456]. Jackson demande apparemment l'avis de Bubbles entre les prises, ce qui pousse Mercury à quitter le projet[457].

En 2003, dans le documentaire Living with Michael Jackson, Jackson révèle que Bubbles, qui a maintenant atteint l'âge adulte, devient agressif. Il est déplacé dans un sanctuaire animal par crainte qu'il n'attaque le fils nouveau-né de Jackson, Prince Michael II. Jackson achète ensuite deux autres bébés chimpanzés, Max et Action Jackson, que le public confond souvent avec Bubbles[458].

Depuis 2005, Bubbles vit au Center for Great Apes à Wauchula, en Floride. Selon les soigneurs du centre, Bubbles, dont les traits faciaux ont changé depuis son temps avec Jackson, est maintenant « énorme et laid », pesant 84 kg, mais a un « caractère doux ». Le coût annuel de ses soins s'élève à environ 30 000 dollars, qui sont pris en charge par la succession Jackson[459],[460].

Discographie et récompenses

Albums solo chez Motown

Albums solo chez Epic Records et CBS

Albums posthumes chez Epic Records et Sony

  • 2010 : Michael (trois titres — Breaking News, Monster et Keep Your Head Up réalisés par un imitateur vocal, sont retirés des plateformes en 2022 suite à une plainte collective déposée par des fans en 2014[461])
  • 2012 : Bad 25 (réédition de l'album Bad pour son 25e anniversaire) il existe une version 2 CD avec la réédition des chansons d'origines avec un son remasterisé et un CD avec des démos inédites. Il existe également un coffret deluxe comprenant ces deux même CD ainsi que le DVD du Michael Jackson: Live at Wembley July 16, 1988 avec le CD du concert. Au même moment un documentaire réalisé par Spike Lee relatant la réalisation de l'album et le succès sans précédent de la période Bad sortira en DVD.
  • 2014 : Xscape
  • 2016 : Off the Wall 35 (réédition de l'album pour son 35e anniversaire dans un coffret deluxe accompagné du DVD du documentaire Michael Jackson, naissance d'une légende réalisé par Spike Lee, relatant la maturation de l'artiste jusqu'à la réalisation et consécration avec l'album Off the Wall.
  • 2022 : Thriller 40 (réédition de l'album Thriller pour son 40e anniversaire) au même moment qu’un documentaire réalisé par Nelson George et diffusé sur Paramount+. Ce documentaire permet de remonter dans le temps et vivre la création de l'album qui a battu tous les records ainsi que la sortie des courts-métrages associés qui ont redéfini à jamais le format du clip vidéo et de l'industrie musicale.

Récompenses

Avec plus de 240 récompenses, Michael Jackson est l'homme le plus récompensé de l'histoire, particulièrement dans le domaine musical[462]. Selon le Livre Guinness des records et le Rock and Roll Hall of Fame, il est « l'homme de spectacle le plus populaire de tous les temps »[463],[464],[465],[466].

Michael Jackson est la seule personne à posséder deux étoiles à son nom dans la catégorie musique sur le Hollywood Walk of Fame de Los Angeles : une en tant que membre des Jackson Five et une en tant qu'artiste solo[467].

Filmographie

En tant qu'acteur

Davantage d’informations Année, Film ...
Année Film Rôle
1978 The Wiz L'épouvantail
1986 Captain Eo Le capitaine Eo
1988 Moonwalker Lui-même
1996 Ghosts Maestro / Maire / Squelette / Grand Démon / Démon du maire
2002 Men in Black 2 L'agent M
2004 Miss Cast Away L'agent MJ
2009 Michael Jackson's This Is It Lui-même
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En tant que producteur

Annexes

Bibliographie

Travaux universitaires

  • Isabelle Stegner-Petitjean, sous la direction de Catherine Rudent et Olivier Julien, Les dynamiques raciales dans la production artistique de Michael Jackson (1979-2001). Aspects commerciaux, stylistiques et visuels, thèse de doctorat en musicologie et arts, Sorbonne Université, 2017.
  • Isabelle Stegner-Petitjean, sous la direction de Xavier Hascher, La personnalité vocale de Michael Jackson: identité, syncrétisme, corporalité, mémoire de master 2 en musicologie, université des Arts March Bloch, Strasbourg, 2010, 165 p.
  • Isabelle Stegner-Petitjean, The Voice in the Mirror. Michael Jackson : d'une identité vocale à sa mise en image sonore. Volume !, no 8-2, Nantes, Éditions Mélanie Seteun, 2011.
  • Isabelle Stegner-Petitjean, recension Michael Jackson. Grasping the Spectacle, Volume! no 10-1, 2013.
  • Amélie Dalmazzo, sous la direction de Frédéric Lambert, Charismes, identités, fanatismes, le charisme médiatique et les fans de Michael Jackson, l'idéal et le monstre : les représentations d'une figure charismatique dans les espaces conjoints de l'industrie culturelle et des médias. Typologie des publics fans face à ces représentations, thèse de Doctorat en sémiologie des médias, université Panthéon-Assas, Paris 2, 2009, 504 p. en 3 vol.
  • Buata B. Malela, Michael Jackson, le visage, la musique et la danse : anamnèse d'une trajectoire afro-américaine, Paris, Anibwe, 2012.
  • Mohamed Ali Khedidi, sous la direction du Dr Ridha Bou Khadida et la consultation du spécialiste Chokri Ben Omrane, L'artiste entre la biographie et l'œuvre : étude du spectacle concert de Michael Jackson (HIStory tour 1996-1997). Mémoire de master en arts du spectacle, université de Sousse, Tunisie, 2011, 170 p.

Autres ouvrages

  • Isabelle Petitjean (préf. Brad Buxer), Michael Jackson, Black or White ? Un artiste hors norme face à une industrie musicale racialisée, Sampzon, Delatour France, [468].
  • Marc Lambron, Vie et mort de Michael Jackson, Cartels-RMN, , 110 p. (lire en ligne).
  • Isabelle Petitjean, Michael Jackson, il était une voix, Sampzon, Delatour France, [469] — 2020 (anglais)[470] (préf. Bruce Swedien).
  • Isabelle Petitjean, La culture pop au panthéon des Beaux-arts, Dangerous, de Mark Ryden à Michael Jackson, Paris, L'Harmattan, (en) Delatour France, 2017[471].
  • (en) Nelson George, Thriller: The Musical Life of Michael Jackson, Cambridge, Da Capo Press, (ISBN 978-0-306-81968-1).
  • Aphrodite Jones, Le complot contre Michael Jackson, Music and Entertainment Books Editions, .
  • (en) J. Randy Taraborrelli, Michael Jackson : The Magic, the Madness, the Whole Story, Pan Macmillan, , 704 p. (ISBN 978-0-330-51415-6, lire en ligne).
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