Marius de Saint-François
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Marius de Saint-François (1626-1695) est un carme flamand, frère cadet de Michel de Saint-Augustin, et auteur d'ouvrages spirituels.
Marius van Ballaert est né à Bruxelles, le , dans une famille dont les onze enfants développeront une vocation religieuse : trois de ses frères seront prêtres séculiers, trois autres deviendront franciscains, deux sœurs se feront béguines et la troisième religieuse; Marius entrera chez les carmes, le , à la suite de son frère Jan (Michel de Saint-Augustin), ordonné prêtre ce jour-là. Le , c'est à son tour de recevoir l'ordination sacerdotale. En 1659, il est nommé prieur du couvent de Malines, où il fonde la quatrième cellule de l'ermitage de Liedekerke. De 1663 à 1674, il réside à Bruges : d'abord comme prieur; ensuite comme confesseur des carmélites, à partir de 1667; enfin comme supérieur des jeunes profès, en 1670. En 1674, il devient prieur, puis sous-prieur de la communauté de Malines. En 1667, il assiste Maria Petyt dans sa dernière maladie. Nommé prieur de Bruges en 1681 et 1684, il décède à Bruxelles, le [1].
Spiritualité
La vie et l'œuvre de Marius s'inscrivent dans le cadre de la diffusion en Belgique de la Réforme de Touraine, un mouvement de retour à la stricte observance et à la vie contemplative, entamé par les Grands Carmes en France, parallèlement à la réforme thérésienne menée en Espagne. La figure emblématique de ce mouvement est Jean de Saint-Samson, carme mystique, qui considérait l'expérience de Dieu comme une potentialité inscrite dans la nature humaine[2]. C'est pourquoi Marius reprend le plus souvent la doctrine de celui-ci dans ses ouvrages. Ces derniers sont en effet destinés à guider les premiers pas des commençants sur le chemin de la prière et de la méditation. L'auteur y donne des conseils à propos des consolations sensibles et des désolations, mais surtout il évoque la mortification et l'anéantissement, deux pratiques ascétiques vivement encouragées par la Réforme de Touraine, particulièrement chez Michel de Saint-Augustin, qui voit en elles la clé de l'union essentielle avec Dieu. Ce faisant, Marius ne cherche pas à élaborer un enseignement personnel, mais il présente une synthèse des auteurs spirituels en faveur dans le milieu carmélitain flamand à l'époque de la Contre-Réforme. Dans Fonteyn-Adere (Source de vie rayonnant des beaux enseignements pour une vie dévote et intérieure), il cite Bernard de Clairvaux, Thérèse d'Avila, Marie-Madeleine de Pazzi, Jean de la Croix, Alphonse Rodriguez et Jean de Saint-Samson. Dans Onderwysingen (Enseignements pour apprendre la méditation et arriver à la contemplation), il tente d'harmoniser les doctrines de Thérèse d'Avila, Marie-Madeleine de Pazzi et Jean de Saint-Samson, à la suite de son confrère, Daniel de la Vierge. Il convient encore de noter qu'un manuel de dévotion à saint Joseph (Incitamenta devotionis ad S. Josephum Sponsum Deiparae) lui est attribué, en concurrence avec un autre carme, Isidore de Saint-Gilles[1].