Mars Express (film)
film d'animation français de Jérémie Périn
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Mars Express est un film d'animation français de science-fiction réalisé par Jérémie Périn, sorti en 2023. Il est écrit par Jérémie Périn et Laurent Sarfati, et produit par les studios Everybody On Deck[1] et Je suis bien content[2],[3].
Laurent Sarfati
Philippe Monthaye
Daniel Njo Lobé
Mathieu Amalric
| Réalisation | Jérémie Périn |
|---|---|
| Scénario |
Jérémie Périn Laurent Sarfati |
| Musique |
Fred Avril Philippe Monthaye |
| Acteurs principaux |
Léa Drucker Daniel Njo Lobé Mathieu Amalric |
| Sociétés de production | Everybody On Deck, Je suis bien content |
| Pays de production |
|
| Genre | animation, action, thriller |
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 2023 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le film se déroule en l'an 2200, dans un univers où les humains ont colonisé Mars et ont élaboré plusieurs types de robots conscients. Deux détectives privés mènent une enquête autour d'un assassinat et d'affaires de piratages informatiques, dans un contexte de relations tendues entre les humains et les robots sur Terre et sur Mars.
Le film reçoit un accueil favorable de la critique.
Synopsis
Sur Terre, en pleine manifestation contre les robots, Aline Ruby, détective privée et son partenaire Carlos Rivera (un Sauvegardé), arrêtent Roberta Williams, une adepte du déplombage qui avait piraté l'entreprise Royjacker spécialisée dans la robotique. De retour à Noctis, la capitale martienne, Roberta est remise en liberté car son mandat d'arrêt a disparu. Chris Royjacker, le PDG de l'entreprise éponyme et ami d'Aline qui l'avait chargée de l'enquête, ne la tient pas pour responsable et clôt le dossier.
Quelque temps plus tard, Aline et Carlos sont contactés par monsieur Chow dont la fille, Jun et sa colocataire Viger, ont disparu sans laisser de traces. Les enquêteurs se rendent sur le campus où les deux élèves étudiaient la robotique. Jun s'était déjà fait remarquer en déplombant, sans le vouloir, un robot qui s'était alors enfui. La police avait été prévenue mais l'androïde n'avait pas été retrouvé. Dans la chambre des filles où des coups de feu ont été tirés, Aline trouve une drogue de synthèse et Carlos le corps de la colocataire dans les combles.
Aline rencontre les parents Viger et l'inspecteur Simon Gordaux chargé de l'enquête, qui analyse la drogue via un Organique, un organisme vivant chargé d'aider les hommes tout comme les robots, sans résultat. De son côté, Carlos tente de voir sa fille mais son ex-femme refuse. En effet, Carlos était violent avant qu'il ne devienne un Sauvegardé et elle a refait sa vie avec un autre homme, Philippe. La nuit, Gordaux informe Aline que le robot déplombé a été retrouvé mort, tué par des Augmentés dans les premières cités martiennes abandonnées depuis la création de Noctis. Tous sont surpris de découvrir que le robot avait entrepris la construction d'un vaisseau spatial.
Ayant été prévenue que Jun gagnait de l'argent illégalement, les deux détectives se tournent vers les maisons closes robotiques et finissent par la retrouver. Jun avait effectué une copie de son esprit sur un androïde qui se prostituait pour elle afin de payer son école et d'aider ses parents. Jun est cependant tuée sous les yeux d'Aline par les Augmentés qui avaient tué sa colocataire. À son enterrement, Aline comprend que l'homme qui s'était présenté comme M. Chow était un Augmenté qui s'était fait passer pour lui. L'enquête étant au point mort, Aline et Carlos repartent à zéro, persuadés d'avoir loupé un élément essentiel, et finissent par contacter Roberta. La hackeuse leur apprend que Jun n'a pas fait un déplombage (qui nécessite une intervention physique), mais un takeover (ou "piratage direct"). Cette manipulation est bien trop complexe, même pour des professionnels, et Roberta Williams travaillait sur un programme de ce type avant de se le faire voler par Royjacker. Invitée à une fête donnée par Chris Royjacker pour la création de nouveaux Organiques par son entreprise, Aline le confronte. Chris ne réfute pas ses accusations et demande à Aline de patienter trois jours, tout en lui intimant de ne pas chercher plus loin.
Aline et Carlos comprennent que Chris a terminé le programme de Roberta, mais son but reste inconnu. Ils décident de s'infiltrer chez les Brain Farmers chez qui Jun travaillait auparavant : ces derniers louent les cerveaux de volontaires illégalement pour travailler sur divers projets de manière accélérée. Pour rester discrets, les Brain Farmers effacent la mémoire immédiate des "employés" mais la drogue trouvée par Aline (que Jun utilisait pour réviser) a réactivé inconsciemment ce sur quoi elle travaillait, et a permis à Jun de pirater le robot par takeover. Chris avait donc envoyé les Augmentés pour éviter que la police ne remonte jusqu'à son entreprise. Sur le chemin du retour, Aline et Carlos sont attaqués par des hommes de Royjacker que le Sauvegardé tue, car il a demandé à Roberta de le déplomber sans le dire à sa coéquipière. Royjacker ayant détruit la "ferme" des Brain Farmers pour effacer ses traces, Aline, Carlos et Roberta sont arrêtés alors qu'ils s'infiltrent dans le commissariat pour récupérer la mémoire de l'androïde de Jun.
Aline tente de prévenir les policiers sans succès et le programme, téléchargé par tous les robots via une mise à jour, les pirate. Réussissant à se libérer et rejointe par Carlos (dont le modèle, trop ancien, n'a pas permis la mise à jour), Aline fonce chez Chris Royjacker. Pendant que Carlos se bat avec un Organique de combat, Aline prend Chris en otage : ce dernier lui explique que les Organiques ne se vendent pas et que la solution la plus simple était de se débarrasser des robots classiques afin que les consommateurs n'aient plus d'alternative, mais qu'il n'a plus le contrôle sur la stratégie de son entreprise et le comportement des robots. Dans un dernier espoir, Chris contacte ses actionnaires qui décident de se débarrasser de lui. Carlos arrive trop tard et voit son amie mourir dans la fusillade qui s'ensuit, avant de tuer Chris.
Sans repère, Carlos se rend chez son ex-femme mais se fait tirer dessus par Philippe. Comprenant que tous le voient comme un androïde violent, il décide de suivre volontairement ses semblables. Le takeover leur ayant donné l'ordre de se rendre vers une planète inconnue, les robots téléchargent leur programme dans des vaisseaux de transport et partent dans l'espace, sans savoir si cela les conduira à leur mort ou à la naissance d'une nouvelle civilisation.
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques Allociné, présente dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Mars Express
- Réalisation : Jérémie Périn
- Scénario : Jérémie Périn et Laurent Sarfati
- Musique : Fred Avril et Philippe Monthaye
- Direction artistique : Mikael Robert
- Cheffe animatrice : Hanne Galvez et Nils Robin[2],[3]
- Cheffe décoratrice : Anne Raffin
- Direction artistique des voix : Martial Le Minoux
- Production : Didier Creste et Gaëlle Bayssière
- Sociétés de production : Everybody On Deck et Je suis bien content
- Coproductions : France 3 Cinéma
- Participation : Canal+
- Société de distribution : Gebeka Films
- Budget : 8,5 millions d'euros[4]
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Durée : 85 minutes
- Dates de sortie:
- France : (Festival de Cannes), [5],[6] (sortie nationale)
- Suisse romande : [7]
- Belgique : [8]
- Canada : [9]
- Enregistrement des voix : Titrafilm
Distribution des voix
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques Allociné, présente dans la section « Liens externes ».
- Léa Drucker : Aline Ruby
- Daniel Njo Lobé : Carlos Rivera
- Marie Bouvet : Roberta Williams
- Sébastien Chassagne : l'inspecteur Simon Gordaux
- Mathieu Amalric : Chris Royjacker
- Marthe Keller : Beryl
- Usul : le professeur
- Geneviève Doang : Jun Chow
- Thomas Roditi : LEM
- Jérémie Bédrune : Philippe / William / flic augmenté
- Nicolas Justamon : Brian Jobi / gigolo / flic 2
- Thierry Jahn : Vlasek / le vendeur / l'homme du bar
- Delphine Braillon : madame Chow, la mère de Jun
- Serge Faliu : le faux monsieur Chow / un reporter / un technicien
- Maxime Pacaud : le vrai monsieur Chow / le proviseur / un médecin
- Eilias Changuel : Gilbert / un brigadier / un droïde
- Barbara Delsol : madame Viger / expert 3 / présentateur 4
- Nathalie Karsenti : Jeanine / voix pub
- Angéline Henneguelle : Dominique / des manifestants
- Charlotte Junière : Carole Rivera / Carlos / réceptionniste
- Fanny Vambacas : la standardiste / la bouteille de whisky / annonce aéroport
- Emmanuel Bonami : barman / brigadier 3 / voix télé
- Martial Le Minoux : robot 4
- Laurent Sarfati : robot 6
- Renaud Jesionek : un "brain farmer"
- Marie Chevalot : réactions / rôles divers
- Sébastien Bizzotto : Jeffrey Kearney / Divisionnaire / Douanier
Production
Genèse et développement
Jérémie Périn et Laurent Sarfati avaient déjà travaillé ensemble sur Lastman, adaptation en série d'animation de la bande dessinée du même nom de Bastien Vivès et Balak.
Périn est également réalisateur du clip du morceau Fantasy de DyE (en) et co-créateur de la mini-série Crisis Jung[10] tandis que Sarfati est auteur dans l'agence Quelle belle histoire, notamment pour La Minute blonde, et écrit pour les séries télévisées Scènes de ménages et RIS police scientifique[11].
Périn et Sarfati sont contactés en 2018 par le producteur Didier Creste, qui aimerait les voir réaliser et scénariser un film d'animation Lastman[12]. Ils proposent de travailler à la place sur un film de détective, portés par une ambition commune de réaliser un film de science-fiction inspiré du film noir. La proposition est acceptée par Creste qui réunit 6,7 millions d'euros sur un financement espéré de 7 millions d'euros[13], et est porté principalement par EV.L Prod, Plume Finance, France 3 Cinéma et le Centre national du cinéma et de l'image animée[14].
Scénario
Laurent Sarfati et Jérémie Périn souhaitent raconter un récit de science-fiction qui s'écarte du space opera à la Star Wars et des films de super-héros ; en démarrant leur travail d'élaboration d'un univers futuriste, ils s'orientent très vite vers les thèmes des robots et de la colonisation d'autres planètes[15]. Périn indique avoir été influencé par RoboCop, 2001, l'Odyssée de l'espace, Les Maîtres du temps, Ghost in the Shell[10] ou encore Terminator 2 et le magazine Métal Hurlant[16]. Pour l'aspect policier, Jérémie Périn cite en références des films comme Le Privé de Robert Altman ou de Chinatown de Roman Polanski[15]. Jérémie Périn qui avait travaillé sur plusieurs personnages masculins au comportement viril dans Lastman et souhaitait faire autre chose, choisit un personnage féminin pour le rôle principal avec également l'intention de se départir de la figure du détective privé masculin et de clichés du genre comme celui de la femme fatale[15].
Les scénaristes réalisent un travail de documentation auprès de deux spécialistes de la planète Mars, Sylvain Bouley et François Costa, afin de rendre crédible la ville martienne[15].
Animation
Cinq studios participent à la production pour répartir la charge de travail sur les décors, les éléments animés ou encore le compositing[14]. La direction artistique est assurée par Mikael Robert, qui a déjà travaillé sur Lastman avec Périn et Sarfati, et le film Le Sommet des dieux de Patrick Imbert[17]. L'animation est produite en utilisant entre autres le logiciel Blender[18].
Musique
Fred Avril et Philippe Monthaye, qui ont travaillé sur la série d'animation Lastman, se retrouvent pour la musique du film[19].
Making-of
Un making-of du film est financé à 134 % via la plateforme de financement participatif KissKissBankBank[20] et réalisé par Alex Pilot, permettant aux contributeurs de suivre l'avancée du projet.
Accueil
| Périodique | Note |
|---|---|
| Télérama | |
| Écran Large | |
| Le Monde | |
| Les Inrockuptibles |
Promotion
Le , un extrait de 43 secondes est mis en ligne sur YouTube[21] et une version de travail du film est présenté au festival d'Annecy 2021[12]. Il est désigné par BFM TV comme l'un des films d'animation les plus attendus de [22]. Le magazine Le Film français le décrit comme un projet complexe et ambitieux, également du point de vue technologique[23].
D'abord annoncée pour la fin de l'année 2022[24], la sortie du film est repoussée au [5],[6]. Il est entre temps présenté au festival de Cannes 2023[25] dans la section Cinéma de la Plage.
Accueil critique
En France, Mars Express est accueilli très favorablement par la critique, qui note l'intérêt de l'intrigue de film noir et la qualité de l'animation[25]. Adrien Gombeaud des Échos souligne l'originalité du polar[26]. Alex Billington de First Showing lui accorde la note de 9/10 et souligne l'ambition du film (« un bon film de type « qu'est-ce qui se cache dans le code », aussi proche de Ghost in the Shell que personne n'avait fait depuis des années »), sa bande son et sa réalisation[27].
Le site Allociné propose une moyenne de 4,0⁄5, d'après l'interprétation de 21 critiques de presse[28].
Dans le monde anglophone, le film reçoit également un accueil très favorable. Le site Rotten Tomatoes, consulté en mai 2026, arbore une note de 100/100 sur la base de 28 critiques parues dans les médias[29]. Le site Polygon y voit "un des rares films d'animation "pour adultes" qui traite son public en adultes" et y voit un des meilleurs films d'animation de 2024[30]. The Verge considère le film comme "un apport judicieux et stylé au canon des films noirs de science-fiction"[31]. Le magazine Variety apprécie "un spectacle de science-fiction passionnant dont les idées graves et les dessins aux lignes épurées forment une combinaison intellectuellement stimulante"[32]. Collider donne 8/10 à Mars Express et salue "un film noir de science-fiction stupéfiant qui déjoue les attentes"[33].
Box office
En France, où le film sort en salles le 22 novembre 2023, Mars Express attire environ 55 400 personnes durant sa première semaine d'exploitation, puis environ 43 400 la deuxième, 31 700 la troisième et 20 700 la quatrième, soit un peu plus de 151 300 entrées en un mois d'exploitation. À la fin de sa carrière en salles, Mars Express a cumulé environ 211 000 entrées[34].
Le film cumule 1 177 485 dollars de recettes en février 2024[35].
Mars Express sort au Japon le 30 janvier 2026[36].
Distinctions
| Année | Festival | Récompense | Résultat |
|---|---|---|---|
| 2023 | Festival de Cannes | Cinéma de la Plage | Hors compétition |
| 2023 | Festival d'animation d'Annecy | Cristal du long métrage | Nommé |
| Prix Paul Grimault | |||
| Prix du jury | |||
| Prix du public | |||
| 2023 | Festival du nouveau cinéma | Prix du public Temps 0 | Lauréat |
| 2024 | Cérémonie des Lumières | Meilleur film d'animation | Nommé |
| 2024 | Cérémonie des César | Meilleur film d'animation | Nommé |
| 2025 | Prix du Syndicat Français de la Critique de Cinéma | Meilleur DVD/Blu-ray Récent | Lauréat |
Produits dérivés
Livre
Un roman, Mars Express Tem, écrit par Cédric Degottex, paraît le aux éditions Bragelonne[37]. L'histoire constitue une préquelle aux événements du film et se déroule quelques années plus tôt, au moment où Aline et Carlos sont à l'armée[38].
Éditions en vidéo
Le film sort en DVD et Blu-ray en mai 2024. Outre l'édition Blu-ray classique, une édition Blu-ray dite "collector" paraît, incluant l'animatique du film, un entretien avec le réalisateur Jérémie Périn et le scénariste Laurent Sarfati, et Journal de bord, une série en 20 épisodes (pour un total de 4 heures) sur la conception du film, ainsi qu'un poster recto-verso, un livret de 72 pages et des cartes postales[39].