Martin Sion, né le , est un chef d'entreprise français, président exécutif d'ArianeGroup depuis 2023, sur le départ à la fin . À partir du , il dirige Alstom. Diplômé de l'École centrale Paris, il rejoint la Société européenne de propulsion (SEP) à Vernon en 1990 et occupe divers postes d'ingénierie avant d'en devenir directeur technique en 2005. En 2015, il dirige Safran Electronics & Defense, qu’il réorganise et développe de manière organique et par acquisitions. Il rejoint le conseil d'administration d'ArianeGroup en 2020, avant d'en prendre la direction en , dans une période marquée par l'arrivée de nouveaux acteurs spatiaux privés et une baisse du chiffre d'affaires. Sous sa direction, le programme Ariane 6 marque un premier succès avec son vol inaugural effectué en .
Débuts à la Société Européenne de Propulsion puis Safran
Par la suite, il occupe différents postes d’ingénierie à la Snecma avant d’en être nommé directeur technique de la division moteurs spatiaux début 2005[2]. Snecma fusionne cette année-là avec la SAGEM pour donner naissance au groupe Safran[3]. En , il prend la tête de la direction «démarche de progrès» et rejoint le comité de direction de la Snecma, puis dirige le centre d’excellence industriel «habillage et équipements» en [2]. De à , il est à la tête de la division moteurs spatiaux[2].
Martin Sion prend la tête de Sagem qui deviendra Safran Electronics & Defense en 2015, division qui regroupe les activités civiles et militaires de Safran dans l'optronique, la navigation inertielle, l'électromécanique et les calculateurs[6]. Il y engage une réorganisation des activités dédiées à l'espace comme l'instrumentation ou l'électronique spatiale, qu'il fédère au sein d'une direction unique[7]. Celle-ci représente alors 170 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie environ 1 000 personnes, réparties sur huit sites français et trois filiales étrangères[7]. Cette évolution s'inscrit dans une stratégie plus large de Safran visant à accroître les activités du groupe dans la défense et l'espace en misant sur les besoins de souveraineté des États ou le NewSpace[7].
Martin Sion devient membre du conseil d'administration d'ArianeGroup, société détenue à parts égales par Safran et Airbus qui conçoit les fusées Ariane, en 2020[6]. Il en prend la direction, en remplacement d'André-Hubert Roussel, en [2]. Entre retard pris par le programme de lanceurs spatiauxAriane 6, dont le vol inaugural était initialement prévu en 2020, arrêt des lancements Soyouz, guerre en Ukraine, pandémie de Covid-19 et dissensions politiques parmi les États membres de l'Agence spatiale européenne l'entreprise, duale, en charge du lanceur Ariane 6 et du développement des missiles M51 de la dissuasion océanique française traverse alors une période difficile[6]. Elle accuse alors une baisse d'un quart de son chiffre d'affaires, passé de 3,1 milliards en 2021 à 2,35 milliards d'euros en 2022[2].
L'arrivée de Martin Sion doit correspondre à une nouvelle ère, avec pour objectif de réussir le premier vol d'Ariane 6 et mettre en œuvre la trentaine de lancements déjà signés, dont ceux de la constellation de satellitesKuiper d'Amazon[2],[10]. La cadence de tir doit aussi être augmentée, pour passer de la construction de deux à neuf lanceurs par an[11]. Le programme Ariane 6 est destiné à remplacer les fusées Ariane 5, devenues trop chères sur un marché spatial désormais très concurrentiel[10]. En 2023, SpaceX remporte ainsi plusieurs contrats avec la NASA et l'Agence spatiale européenne[12]. Le développement du mini-lanceur Maia, via la filiale MaiaSpace, doit aussi être assuré pour élargir la gamme et accentuer la compétitivité[1].
La réussite des essais de lancement du missile M51[13] en et du démonstrateur technologique de planeur hypersoniqueV-MAX[14] en ouvre le pas au succès du vol inaugural d'Ariane 6 réalisé en , puis son premier vol commercial en [15],[16]. Ce lanceur lourd, modulaire et polyvalent, possède dans son étage supérieur un moteur réallumable Vinci qui lui permet de lancer plusieurs missions sur différentes orbites en un seul vol[17]. Il existe en deux versions, Ariane 62 et Ariane 64, dotées respectivement de deux et quatre propulseurs d'appoint[17]. Le succès des premiers vols d'Ariane 6 permet un début de sortie de crise pour l'Europe spatiale, qui retrouve son accès souverain à l'espace, après un an sans lanceur souverain, entre fin du programme Ariane 5 et difficultés du lanceur léger italien Vega-C[18].
Début , il annonce son départ d'ArianeGroup en pour rejoindre la direction d'Alstom à partir du [19]. Le , le conseil d'administration d'ArianeGroup annonce son remplacement prochain au poste de président exécutif par Christophe Bruneau[20].
Notes et références
12Hassan Meddah, «Les cinq défis de Martin Sion, nouveau patron d’ArianeGroup», L'Usine nouvelle, (lire en ligne, consulté le )
123456Michel Cabirol, «ArianeGroup: André-Hubert Roussel va quitter ses fonctions de PDG», La Tribune, (lire en ligne, consulté le )
↑«Martin Sion remplace André-Hubert Roussel à la tête d'ArianeGroup», Le Figaro, (lire en ligne, consulté le )
↑«Aircelle nomme Didier Nicous Directeur technique», Le Journal de l'Aviation, (lire en ligne, consulté le )
↑«Près du Havre, Aircelle travaille pour les plus gros avions du monde», Actu.fr, (lire en ligne, consulté le )
123Florian Maussion et Anne Bauer, «André-Hubert Roussel va quitter la tête d'ArianeGroup», Les Échos, (lire en ligne, consulté le )
123Michel Cabirol, «Comment et pourquoi Safran montre ses muscles dans le spatial», La Tribune, (lire en ligne, consulté le )
↑«Safran fait l'acquisition de la PME Syrlinks», Easybourse, (lire en ligne, consulté le )
↑Maïwenn Bordron, «Saint-Benoît: Safran inaugure une nouvelle usine pour construire certaines pièces d'un télescope», ici, (lire en ligne, consulté le )
12Dominique Gallois, «ArianeGroup: départ du président sur fond de retard d'Ariane 6», Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
↑Capucine Cousin, «Le secteur privé mène la course à la conquête de l’espace», L'Agefi, (lire en ligne, consulté le )
↑Bahar Makooi, «Dissuasion nucléaire: la France teste son nouveau missile M51.3 et le fait savoir», France 24, (lire en ligne, consulté le )
↑Philippe Chapleau, «La France a testé le planeur hypersonique VMAX d’Ariane Group», Ouest-France, (lire en ligne, consulté le )
↑Alexandra Segond, «Espace: la fusée Ariane 5 a décollé avec succès pour son ultime mission», Actu.fr, (lire en ligne, consulté le )
↑Sharon Wajsbrot, «Décollage réussi pour le premier vol commercial de la fusée Ariane 6», Les Échos, (lire en ligne, consulté le )
12«62 m de haut, deux boosters, 540 tonnes: le premier lancement de la fusée Ariane 6 fixé au 9 juillet», La Dépêche du Midi, (lire en ligne, consulté le )
↑Florian Maussion, «Spatial: le premier vol d'Ariane 6 promis pour le 9 juillet», Les Échos, (lire en ligne, consulté le )