Mary-Annick Morel
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Mary-Annick Morel, née le [1],[2] est professeure des universités, spécialiste de la grammaire française et tout particulièrement du français oral spontané.
Agrégée de grammaire, elle a exercé les fonctions de professeur à l'université Sorbonne-Nouvelle (Paris 3) entre 1983 et 2009, à la direction de l'équipe Recherches sur le français contemporain qu'elle a créée[3]. Elle poursuit ses activités en tant que professeure émérite, notamment comme rédactrice en chef de la revue l'Information grammaticale[4], depuis 1990, et coresponsable, depuis 1991, de la revue Faits de langues. Elle a dirigé plus de 50 thèses de doctorat durant l'exercice de ses fonctions[5].
Recherches
Son premier ouvrage est issu de sa thèse de doctorat qui portait sur l'expression de la concession en français, à partir d'une grande variété de corpus y compris de l'oral spontané.
Le livre sur la Grammaire de l'intonation, écrit avec Laurent Danon-Boileau, appliqué à la langue française, représente son apport le plus important à la linguistique ; elle y défend la complémentarité des différents paramètres de la prosodie (la variation mélodique, la variation de l'intensité et les variations de durée - rythme ou débit) et des informations morphosyntaxiques (appelées aussi segmentales).
Les auteurs rattachent le fonctionnement de l'intonation à l'acte d'énonciation et proposent une "théorie de la coénonciation" autour de l'anticipation par la personne qui parle de la pensée et des réactions de la personne qui écoute [6] pour rendre compte notamment des mouvements de l'intensité, de la mélodie et les fluctuations de durée [7]. Selon eux, ces trois paramètres conservent dans toutes les langues un fondement iconique (les montées mélodiques signifiant un appel à l'autre, les montées de l'intensité un souhait d'imposer à l'autre son droit à la parole, et l'allongement des durées une difficulté du dire) [8]. La combinatoire de ces paramètres montre le degré d'égocentrage de la personne qui parle ou bien le degré d'articulation à la pensée de l'autre. Cette théorie a inspiré de nombreux travaux sur d'autres langues que le français, comme le turc[9], le russe[10], le japonais[11], le thai[12], l'anglais[13]...
Son dernier ouvrage en collaboration avec Danielle Bouvet, Le ballet et la musique de la parole (Ophrys, 2004) propose d'élargir les limites de la grammaire de l'oral en y intégrant les indices posturo-mimo-gestuels et notamment les mouvements du regard[14].
Ouvrages
- Parole multiple : aspect rhétorique, logique, énonciatif et dialogique, avec Roland Grunig et Jacqueline Authier, éd. Centre de recherche de l'universite de Paris VIII, 1982
- Analyse linguistique d'un corpus de dialogues homme/machine, èd. Presses Sorbonne Nouvelle, 1989[15]
- La stylistique aux concours, avec Geneviève Petiot et Roland Éluerd, éd. Champion, 1992[16]
- La deixis, dirigé avec Laurent Danon-Boileau, éd. PUF, 1992[17]
- La concession en français, Ophrys, collection l’Essentiel, 1996[18]
- Grammaire de l'intonation, l'exemple du français, avec Laurent Danon-Boileau, 1998[19]
- Le ballet et la musique de la parole : le geste et l'intonation dans le dialogue oral en français, avec Danielle Bouvet, Ophrys, 2002[20]
- Frontières, du linguistique au sémiotique, (dir., avec Dominique Delomier), éd. Lambert-Lucas, 2009.
Hommage
Un colloque est organisé en son hommage le à l'Université Paris III[21].