Mary Haas
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Richmond (IN), États-Unis
Comté d'Alameda (CA), États-Unis
| Naissance |
Richmond (IN), États-Unis |
|---|---|
| Décès |
(à 86 ans) Comté d'Alameda (CA), États-Unis |
| Nationalité | Américaine |
| Conjoint | Morris Swadesh |
| Formation | Université Yale, Université de Chicago, Earlham College, Richmond High School (en), école secondaire (en), Université Yale et Earlham College |
|---|---|
| Profession | Linguiste et écrivaine |
| Employeur | Université de Californie à Berkeley |
| Intérêts |
Langues amérindiennes Langue thaïe Enseignement des langues |
| Œuvres principales | Thai-English Students' Dictionary (1964) |
| Distinctions | Bourse Guggenheim, médaille Wilbur-Cross (en) et membre de l'Académie américaine des arts et des sciences (d) |
| Membre de | Académie américaine des arts et des sciences et Académie américaine des sciences |
| Influencé par |
Franz Boas Edward Sapir |
|---|
Mary Rosamund Haas, née le à Richmond, en Indiana, et décédée le , est une linguiste américaine spécialisée dans les langues indigènes de l'Amérique du Nord, le thaï et la linguistique comparée.
Mary Haas fait ses études secondaires à Richmond, en Indiana, puis fréquente l'Earlham College.
Premiers travaux de linguistique
À l'université de Chicago, Haas réalise une maîtrise en linguistique comparée. Elle y commence à étudier sous la direction d'Edward Sapir, qu'elle suivra lorsqu'il passera à l'université Yale. Elle entame alors une longue carrière en linguistique en menant pendant l'été des recherches linguistiques sur le terrain. De 1931 à 1941, elle se penche notamment sur le nitinaht, le tunica, le natchez, le muscogee (ou creek), le koasati, le choctaw, l'alabama et le hitchiti. Sa première publication, A Visit to the Other World, a Nitinat Text, écrite avec la collaboration de Morris Swadesh, avec qui elle sera mariée quelque temps, remonte à 1933[1].
En 1935, à 25 ans, Haas obtient son doctorat en linguistique de Yale en soutenant une thèse intitulée A Grammar of the Tunica Language (le tunica est une langue qui était jadis parlée dans la Louisiane actuelle). Pour y parvenir, elle travaille avec la dernière personne qui parlait alors encore couramment le tunica, Sesostrie Youchigant, qui lui permet de produire une riche documentation sur cette langue, notamment des vocabulaires[2].
Peu après, elle travaille avec les deux derniers locuteurs du natchez en Oklahoma, Watt Sam et Nancy Raven, et prend un grand nombre de notes inédites, qui constituent la source d'information la plus sûre sur cette langue. Elle enchaîne ensuite par une vaste étude du muscogee sur le terrain et devient ainsi la première linguiste moderne à recueillir un si grand nombre de textes dans cette langue. La majeure partie de ses notes sur le natchez et le muscogee demeure inédite, mais commence à être utilisée par les linguistes d'aujourd'hui.
Rôle dans l'enseignement
On a souvent mis à l'honneur l'investissement que Haas a porté tant dans l'enseignement de la linguistique que dans l'insistance sur le rôle joué par le linguiste dans l'enseignement des langues. Dans l'article nécrologique qu'il a écrit à son propos[3], son étudiant Karl V. Teeter (en) a fait remarquer qu'elle avait formé plus de linguistes américanistes que ses anciens professeurs Edward Sapir et Franz Boas réunis : elle avait supervisé les études de linguistique américaniste sur le terrain de plus de 100 doctorants. Elle a été fondatrice et directrice du Survey of California and Other Indian Languages (en) (relevé des langues amérindiennes de Californie)[4]. À ce titre, elle a dirigé près de 50 thèses, dont celles de nombreux linguistes qui allaient acquérir une certaine influence, parmi lesquels William Bright (en) (karuk), William Shipley (en) (maidu), Robert Oswalt (kashaya), Karl Teeter (wiyot), Margaret Langdon (kumeyaay), Sally McLendon (pomo oriental), Victor Golla (en) (hupa), Marc Okrand (mutsun), Kenneth Whistler (protowintun) et William Jacobsen (washo).