Marégraphe de Marseille
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| Destination initiale |
Fixation de l'origine des altitudes françaises continentales |
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| Destination actuelle |
Suivi de l'un des nombreux effets des changements climatiques : l'élévation du niveau moyen des mers |
| Construction |
1883-1884 |
| Patrimonialité | |
| Site web |
| Région | |
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| Baigné par |
| Coordonnées |
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Le marégraphe de Marseille est un bâtiment public à vocation scientifique. Propriété de l'État, il est placé sous la responsabilité de l'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN). Il est implanté dans le 7ème arrondissement de Marseille, au 174 Corniche J.F. Kennedy, sur les bords de l'Anse Calvo. Il est à la fois un monument historique et un observatoire moderne du niveau de la mer.
Ce monument historique a été construit à la fin du XIXe siècle pour fixer l'origine des altitudes françaises continentales (l'altitude zéro). Cet objectif a été réalisé au moyen d'un appareil contenant un intégrateur mécanique appelé totalisateur, dont il ne reste aujourd'hui que le seul exemplaire marseillais dans le monde.
L’observatoire marégraphique de Marseille mesure le niveau de la mer depuis la fin du XIXe siècle. De nos jours, son principal intérêt scientifique, notamment lié à la longueur et à la qualité de la série de hauteurs d’eau qu’il a produite, est de participer au suivi, à la compréhension et à l'anticipation de l'un des très nombreux effets du changement climatique causé par l'activité humaine : l'élévation de plus en plus rapide du niveau moyen des mers.
Depuis 2021, le rayonnement du marégraphe de Marseille est notamment assuré par l’association Les amis du marégraphe de Marseille. Ses raisons d’être sont la valorisation patrimoniale, la vulgarisation scientifique et la sensibilisation aux causes et conséquences de l’élévation du niveau moyen des mers.
Les trois réseaux successifs de nivellement général de la France
Au début du XXIe siècle, l’appellation nivellement général de la France est générique et concerne trois réseaux de nivellement de grande ampleur qui se sont succédé sur le sol de la France continentale[1].
- Entre 1857 et 1864, Paul Adrien Bourdalouë établit un premier réseau national de nivellement. L’origine de ce réseau NGF/Bourdalouë est le trait 0,40 m de l’échelle de marée du fort Saint-Jean à Marseille.
- Dès 1878, le ministère des Travaux publics décide de poursuivre l’œuvre de Bourdalouë. Le travail est confié à un service public dirigé par Charles Lallemand (1857-1938). L’origine de ce nouveau réseau NGF/Lallemand est déterminée à l’issue d’observations du niveau de la mer réalisées au marégraphe de Marseille entre 1885 et 1896.
- Entre 1962 et 1969, l’IGN (à l’époque Institut géographique national, aujourd’hui Institut national de l’information géographique et forestière) remet en état le réseau de base, en conservant l’origine du réseau NGF/Lallemand. Le système de référence vertical officiel devient le NGF/IGN69, basé sur ces observations de nivellement faites dans les années 1960 ; il existe aussi un réseau NGF/IGN78 établi en Corse en 1978.
La fixation de l’origine du réseau NGF/Lallemand

Les repères de nivellement
Le nivellement est notamment utile pour les travaux d’aménagement du territoire. Pour rattacher précisément ses chantiers à la référence verticale nationale, le géomètre peut utiliser des repères de nivellement implantés par l’IGN. Un repère de nivellement est un élément métallique dont l’altitude est déterminée avec une précision millimétrique. Plus de 400 000 repères sont répartis sur le territoire national. Il existe de nombreux types de repères de nivellement (médaillon, Bourdalouë, console, etc.). Leurs données descriptives sont accessibles par le moyen d’une fiche signalétique consultable et téléchargeable sur internet[2].
Pour compléter ces deux sites et satisfaire l’utilisateur mobile opérant sur le terrain, l’IGN a développé l’application Géodésie de poche[3].
Le repère fondamental du nivellement français continental
Les bâtiments du marégraphe de Marseille
Le marégraphe totalisateur
Les marégrammes
Le marégraphe moderne
Le marégraphe côtier numérique
Sur proposition du Comité national français de géodésie et de géophysique (CNFGG)[6], et de manière à mieux répondre aux spécifications internationales, l’IGN a, en , équipé l’observatoire de Marseille d’un marégraphe côtier numérique (MCN). Ce premier marégraphe numérique fonctionnant avec des ondes acoustiques a été remplacé par un instrument plus moderne en .
Celui-ci fonctionne grâce à des ondes radar. L’instrument mesure le temps de parcours, selon la verticale, d’impulsions électromagnétiques réfléchies par la surface de la mer. Les fichiers des données acquises sont régulièrement transmis au Shom via le réseau téléphonique.

Jusqu’en 1998, les moyennes mensuelles et annuelles collectées par le Permanent Service for Mean Sea Level (PSMSL)[7], service scientifique international créé en 1933, étaient établies à partir des données fournies par le marégraphe totalisateur installé en 1885. Depuis 1998, les données transmises au PSMSL sont celles du MCN.
Le marégraphe totalisateur n’en est pas pour autant mis à la retraite. Il est toujours entretenu et, comme le marégraphe numérique, fait l’objet d’un étalonnage annuel. Des mesures hebdomadaires y sont constamment effectuées, en parallèle des mesures faites par le marégraphe numérique. Le rôle du marégraphe mécanique est d’assurer la continuité des données de niveau de la mer produites à Marseille (il ne faudrait pas que ce qui semble être une hausse du niveau soit en réalité due à un changement d’appareil ou de technique de mesure).[réf. nécessaire]
La station GNSS permanente
La série temporelle du marégraphe de Marseille

La série d'observations produite par le marégraphe de la Corniche est très longue (plus de 140 ans d’observations, pratiquement sans interruption). Cette série est également l’une des plus “cohérentes” (très peu de changements d’appareils, pratiquement pas de changements dans l’environnement des mesures, etc.).
En première approche, les moyennes annuelles du niveau de la mer à Marseille (croix bleues sur le graphique) montrent une variabilité naturelle mais aussi la marque du changement climatique avec une élévation tendancielle de plus en plus rapide : le rythme d’élévation sur les 35 dernières années est 2,3 fois supérieur à celui qui était mesuré au cours des 100 premières années d’existence du marégraphe.
Par ailleurs, grâce à un travail scientifique effectué en 2014, les données produites pendant 18 mois, entre et , par un marégraphe établi par Chazallon à Marseille au port de la Joliette, ont pu être redécouvertes.
Les tendances d’élévation du niveau de la mer sont d’autant plus robustes que les séries d’observations marégraphiques à partir desquelles elles sont calculées sont longues. Les 18 mois d’observation du marégraphe de Chazallon constituent une série marégraphique beaucoup trop courte pour apporter seule des enseignements dans ce domaine. Mais, comme cela a été expliqué dans un article scientifique publié dans le Journal of Geodesy[8], les données de cette série ont pu être calées dans la même référence que celles du marégraphe de la Corniche, augmentant ainsi la longueur de la série de Marseille de 36 ans (différence entre 1885, année du début des observations sur la Corniche, et 1849, année du début des observations à la Joliette). En tenant compte de ces données, le rythme d'élévation du niveau de la Méditerranée à Marseille entre 1849 et 1909 a été de 0.40 mm/an. Le rythme d'élévation entre 1986 et 2021 est donc presque huit fois supérieur au rythme constaté lors de la seconde moitié du dix-neuvième siècle.
Les niveaux moyens historiques (journaliers, mensuels et annuels) peuvent être téléchargés à partir du site internet du Système d’observation du niveau des eaux littorales SONEL coordonné depuis l’université de La Rochelle.
La qualité de la série temporelle de Marseille a attiré l’attention de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO qui a mis en œuvre le réseau mondial permanent d’observatoires du niveau de la mer connu sous le nom de Global Sea Level Observing System (GLOSS)[9]. Les marégraphes de Marseille et de Brest sont intégrés à GLOSS, réseau composé de plusieurs centaines de marégraphes formant une ossature autour de laquelle se rattachent des projets plus denses, régionaux ou nationaux RONIM[10].
Plus récemment, en 2023, l'Organisation météorologique mondiale a classé les marégraphes de Brest et de Marseille parmi les « stations terrestres d’observation maritime exploitées depuis au moins cent ans ». Cette labellisation rend hommage au travail de nombreuses générations de « mesureurs de la mer ». Elle souligne que les deux marégraphes précités ont une importance particulière, déjà reconnue depuis longtemps par la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO. Dans le contexte du changement climatique, elle met en avant leur rôle sociétal et planétaire.











