Masoud El Amaratly
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Masoud El Amaratly (arabe : مسعود العمارتلي), possiblement né en et mort le , est un chanteur folklorique irakien, devenu célèbre pour sa poésie et sa musique folklorique dans les années 1920 et 1930. Son premier disque est enregistré en 1925 et ses enregistrements connaissent un immense succès au Levant. Il se spécialise dans l'aboudhiya (ar), une forme de poésie ahwari, et le rifi, une musique folklorique rurale. La vie d'El Amaratly en tant que mustarjil est citée comme un exemple d'acceptation passée des personnes LGBTQ+ en Irak[1].
Né dans les marais du sud de l'Irak, de parents serviteurs d'un chef local, l'année de naissance d'El Amaratly demeure incertaine[2]. Eli Erlick la situe en 1897[2], tandis que Marwan Kaabour (en) la situe au tournant du XXe siècle[1]. Assigné femme à la naissance, El Amaratly aimait chanter dès son plus jeune âge et se fait connaître localement pour sa voix[2]. On ignore à quel moment il commence à vivre comme un mustarjil : certains récits suggèrent l'âge de cinq ou six ans, tandis que d'autres évoquent la fin de son adolescence[2]. Au début de son adolescence, El Amaratly s'installe à Majar al-Kabir (en) après que son employeuse eut menacé de le marier à son fils adolescent, ce qui aurait mis fin à sa vie naissante de mustarjil[2]. À Majar al-Kabir, il vit avec sa mère et son talent vocal est remarqué par le cheikh Khazal bin Faleh al-Sayud, qui prend El Amaratly sous sa protection[2].
Plus tard, en 1916, de retour chez lui, il est harcelé par deux hommes qui l'ont entendu chanter alors qu'il travaillait comme berger[2]. El Amaratly se défend, ligote les hommes et les emmène dans son village, où il affirme son identité de genre mustarjil ; il est dès lors traité par tous comme un homme[2]. Cela laisse supposer qu'à partir de l'âge d'environ 18 ans, El Amaratly vit comme un homme[1].
El Amaratly acquiert une certaine notoriété grâce à ses chants dans les années 1920 et 1930 à Bagdad[3],[4]. En 1925, alors qu'il réside à Al-Amara (ville dont il tire son nom)[1], il est repéré par un agent musical irakien nommé Isa Ibn Huwaila, qui l'emmène à Bagdad. Là, il signe un contrat d'enregistrement avec La Voix de son maître[2]. Ce premier enregistrement est réalisé sur disque en 1925[2]. Il est payé 32 roupies pour ses quatre premières chansons, qui rencontrent un tel succès qu'il est rappelé pour enregistrer cinq autres albums entre 1926 et 1934, son cachet passant à 150 roupies par chanson pour certaines d'entre elles[2]. Il chante également dans les cafés et les restaurants, où son répertoire folklorique est très apprécié[2],[5].
En 1936, il se produit en direct sur les ondes de Radio Bagdad, touchant ainsi un nouveau public, puis voyage et se produit en Syrie et au Liban[2]. Il se spécialise dans l'aboudhiya (ar), une forme de poésie ahwari, et le rifi, une musique folklorique rurale[2],[1]. L'aboudhiya a été comparée au blues[1]. Le caractère mélancolique de sa musique est attribué par le journaliste Amer Badr Hassoun aux pertes liées à sa jeunesse[2]. Kaabour décrit combien la musique d'El Amaratly est étroitement liée aux marais de sa région natale[1]. Une chanson, par exemple, raconte comment le lit de roseaux sur lequel se dressait une maison ahwari fut enlevé et comment l'amante du chanteur fut emmenée[6].
El Amaratly avait épousé une servante nommée Ashnina à une date inconnue[2]. Il quitte ensuite Ashnina et épouse une femme nommée Kamila[2]. Il meurt le , apparemment empoisonné par Kamila[7],[2]. Cependant, deux causes de son décès sont évoquées : la tuberculose pulmonaire ou l’empoisonnement[2]. Erlick suggère que cette dernière hypothèse est la plus plausible, en se basant sur des sources familiales et amicales, notamment son frère qui accusa Kamila d’avoir empoisonné le repas d’El Amaratly[2]. Apparemment motivée par l’appât du gain, Kamila est emprisonnée pendant neuf mois[2].