Massacre des Latins de Constantinople
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Le massacre des Latins de Constantinople a lieu en avril-mai 1182 et a fait de nombreuses victimes parmi les marchands de Constantinople originaires d’Occident.
Confronté à la présence turque en Anatolie, l’empereur Manuel Ier Comnène cherche à se concilier les Occidentaux, dits « Francs » et « Latins », en leur accordant d’importantes concessions commerciales dans l’Empire. Mais durant le dernier quart du XIIe siècle, les inimitiés entre les Occidentaux et les « Grecs » locaux augmentent pour diverses raisons, économiques (rivalités et concurrence), religieuses (séparation des Églises d'Orient et d'Occident) ou liées aux mœurs (on voit ainsi la littérature grecque critiquer la brutalité des Latins, tandis que les chroniqueurs latins brocardent la pusillanimité des Grecs).
Les concessions de Manuel Ier Comnène aux thalassocraties italiennes (Venise, Gênes et Pise) sont coûteuses et, pour tenter de regagner les revenus du commerce ainsi perdus, Manuel profite de leurs rivalités. Dans sa stratégie, il fait arrêter près de dix mille Vénitiens de Constantinople le et fait confisquer leurs biens.
Après la mort de Manuel Comnène, Constantinople est sous la coupe de Marie d’Antioche, régente de son fils Alexis II Comnène, et du protosébaste Alexis, tous deux ayant une politique pro-occidentale affirmée. C’est ainsi un véritable « parti latin » qui règne au palais impérial de Constantinople.
La population, excédée des faveurs obtenues par les Latins et surtout du contrôle qu’exercent les Vénitiens sur l’économie, soutient Marie Comnène, fille de Manuel et véritable porphyrogénète, et son mari Rénier de Montferrat. Marie et Rénier tentent un premier complot, mais celui-ci échoue et ils sont forcés de trouver refuge à l'intérieur de Sainte-Sophie. Le protosébaste Alexis viole alors l’asile accordé par le sanctuaire, mais Marie d’Antioche est finalement forcée de leur pardonner sous la pression populaire[1].
Dans le même temps, Andronic Comnène, neveu de Jean II Comnène, décide de revenir d’exil et demande la destitution du protosébaste Alexis Comnène. Au printemps, il réunit une armée et celle-ci est victorieuse à la bataille de Nicomédie. Il se lance ensuite sur Constantinople à marche forcée en . L’arrivée d’Andronic à Constantinople s’accompagne de violences.