République de Pise

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République de Pise
(it) Repubblica di Pisa

Xe siècle-  1406

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La république de Pise en vert foncé, originairement située au sud de la république de Lucques et à l'ouest de la république de Florence.
Informations générales
Capitale Pise
Langue(s) Italien
Religion Catholicisme
Monnaie Denier
Histoire et événements
1005 Sac de Reggio de Calabre
1017 Conquête de la Sardaigne
1051-1052 Soumission de la Corse
1060 Première victoire contre la république de Gênes
1284 Défaite de la bataille de la Meloria contre Gênes
1402 Vente à la République florentine
1406 Soumission après quatre ans de résistance

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La république de Pise était un État indépendant de facto centré sur la cité toscane de Pise, ayant existé du Xe siècle à l'année 1406. Elle croît jusqu’à devenir une puissance économique, un comptoir commercial dont les marchands dominent le commerce méditerranéen et italien durant un siècle, avant d’être surpassée et supplantée par Gênes. La puissance de Pise, en tant que solide nation maritime, s’accroît pour atteindre son apogée au XIe siècle, époque à laquelle elle acquiert sa gloire, qui la classe désormais traditionnellement parmi les quatre républiques maritimes historiques principales de la péninsule.

L’expansion maritime

La célèbre tour de Pise, clocher de la cathédrale de Pise

À cette époque, la ville est un comptoir commercial de premier ordre et contrôle une importante marine marchande en Méditerranée, ainsi qu’une flotte militaire. Elle étend ses pouvoirs en 1005 avec le sac de Reggio de Calabre, dans le Sud de l’Italie. Pise est en conflit permanent pour le contrôle de la Méditerranée avec les pirates sarrasins, qui ont leurs bases en Sardaigne et en Corse. Grâce à une alliance avec Gênes, le roi sarrasin Mujāhid est défait et la Sardaigne conquise en 1017. Cette victoire donne à Pise la suprématie sur la mer Tyrrhénienne, d’autant que, par la suite, les Pisans évincent les Génois de la Sardaigne, ce qui fait naître un nouveau conflit et une nouvelle rivalité entre les républiques maritimes.

Entre 1030 et 1035, Pise continue à défaire plusieurs villes rivales en Sicile et réussit à vaincre Carthage en Afrique du Nord. Vers 1051-1052, l'amiral Jacopo Ciurini conquiert la Corse, accentuant la rivalité avec les Génois. En 1063, les Pisans attaquent Palerme, sous la direction de l’amiral Giovanni Orlandi et grâce à l’appui terrestre du roi normand de Sicile, Roger Ier. C'est ce pillage de la ville sarrasine qui permet le début de la construction de la cathédrale de Pise et des autres monuments du fameux Champ des Miracles (Campo dei Miracoli) qui devient ensuite la Piazza del Duomo.

L’indépendance politique

En 1060, Pise doit s'engager dans sa première bataille contre Gênes. La victoire de Pise consolide sa position prépondérante en Méditerranée et lui permet un rayonnement diplomatique accompagnant la reconnaissance de son indépendance. En effet, en 1077, le pape Grégoire VII reconnaît les nouvelles « Lois et Coutumes de la mer » instituées par les Pisans, et l'empereur Henri IV avalise l’indépendance politique de la ville en lui accordant le droit de nommer ses propres consuls assistés d’un Conseil des Anciens. Ceci ne fait que confirmer une situation déjà en place, du fait que le marquis a déjà perdu toute prérogative politique. En 1092, le pape Urbain II reconnaît à Pise son influence sur la Corse et sur la Sardaigne et promeut dans le même temps la ville au rang d’archevêché ; plaçant les cinq diocèses de Corse sous son contrôle[1].

En 1088, Pise pille la ville tunisienne de Mahdia, alors contrôlée par les Génois. Leur puissance maritime est telle que la marine de guerre pisane se voit engagée pour des actions mercenaires auprès d’autres souverains européens. Ainsi, en 1092, le roi de Castille Alphonse VI fait appel à Pise, ainsi qu’à Gênes, pour chasser le Cid hors de Valence.

Pise et les croisades

Une flotte pisane de 120 navires prit part à la première croisade et les Pisans jouèrent un rôle crucial dans la prise de Jérusalem en 1099. Sur leur trajet vers la Terre Sainte, les Croisés pisans, menés par leur archevêque Daimbert, le futur patriarche de Jérusalem, mirent à sac plusieurs îles byzantines.

Pise et les autres républiques maritimes profitèrent de la croisade pour établir des comptoirs commerciaux et des colonies sur les côtes orientales de la Méditerranée, en Syrie, au Liban et en Palestine. Les Pisans fondèrent notamment des colonies à Antioche, Acre, Jaffa, Tripoli, Tyr, Joppa, Lattaquié et Accone. Leurs possessions s’étendaient également sur certaines parties de Jérusalem et Césarée, ainsi que sur de plus petites colonie (avec une autonomie moindre) au Caire, à Alexandrie et bien sûr Constantinople, où l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène leur accorda des droits spéciaux de mouillage et de commerce. Dans toutes ces villes, des privilèges furent accordés aux Pisans accompagnés d’une immunité fiscale, en échange d’une contribution à la défense en cas d’attaque. Au XIIe siècle, le quartier pisan, dans la partie orientale de Constantinople, atteignit 1 000 habitants. Durant plusieurs années, Pise constitua le principal partenaire commercial et le plus important allié militaire de l’Empire byzantin, dépassant même Venise.

En Méditerranée occidentale, bien que le pape Grégoire VII ait accordé à Pise la suzeraineté sur les îles Baléares en 1085[2], et que les marchands pisans aient été parmi les initiateurs de l'expédition des Baléares entre 1113 et 1115, l'entreprise échoua dans sa tentative de reprise permanente du taïfa musulman local.

Déclin de Pise

Notes et références

Annexes

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