Massacre du 23 mai 1956 en Kabylie
massacre de civils algériens pendant la guerre d"Algérie
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Le massacre du en Kabylie est un massacre commis par des unités de l'armée française, au cours de la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962). Les soldats français assassinent 75 civils algériens à Ait Soula, Tazrouts et Agouni, dans la vallée de la Soummam en Kabylie, région du nord de l'Algérie. De plus, environ 200 femmes algériennes sont regroupées dans la mosquée d’Ait Soula et dénudées, certaines subissent des viols collectifs par les militaires français.
| Massacre du 23 mai 1956 en Kabylie | |
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Ait Soula, Tazrouts et Agouni (Chemini) |
| Victimes | Civils algériens |
| Morts | 75 |
| Auteurs | |
| Guerre | Guerre d'Algérie |
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Ce drame resurgit en 2025, après une enquête menée conjointement par la belgo-algérienne Safia Kessas et l’historien français Fabrice Riceputi, formalisée par le livre « Un massacre en Kabylie, Algérie 1956 », avec une préface d'Edwy Plenel.
Historique
Dans le cadre de la guerre d'indépendance algérienne (1954-1962), trois unités militaires de l'armée française, basées essentiellement à Sidi Aïch, gravissent, dans la nuit du , le massif montagneux de l’Akfadou et encerclent trois villages kabyles : Ait Soula, Tazrouts et Agouni[1].
Les hommes de troupe sont des tirailleurs sénégalais. Le capitaine René Harvut, membre de la Sections administratives spécialisées (SAS) a supervisé le tri entre les villageois puis les exécutions à la chaine[2].
Des hommes sont abattus sans sommation dans les rues du village, la majorité d'entre eux sont regroupés au cimetière d’Agouni. Le capitaine René Harvut, détenteur d'une liste, fait alors le tri entre ceux qui vont mourir et ceux qui seront épargnés. Les condamnés sont exécutés dans le cimetière ou dans la cour d'une maison à proximité. L’armée française quitte le village à 16 heures 30, elle aura massacré au total 75 personnes[3],[4].
Par ailleurs, environ 200 femmes sont regroupées dans la mosquée d’Ait Soula, dénudées de forces, des photographies sont prises. Certaines sont violées par les soldats français[3].
Après le massacre, les survivants sont dans un premier temps rationnés, privés de tout. En 1957, le village est détruit, le secteur devient peu à peu « interdit » et les villageois sont déportés de force par l'armée française dans des camps de regroupement[3].
Livre enquête
Ces massacres et violences sexuelles de l'Armée française, d'abord révélés dans une série d’enquêtes publiées par Mediapart[5], font l'objet, en 2026, d'un livre enquête par la belgo-algérienne Safia Kessas et l’historien français Fabrice Riceputi avec « Un massacre en Kabylie, Algérie 1956 ». La préface de l'ouvrage est écrite par Edwy Plenel [6],[2].
La famille de Safia Kessas, est originaire du village de Djenane, proche du lieu du massacre. En 2021, elle commence ses recherches sur la disparition d'une de ses tantes pendant la guerre d'Algérie. Fabrice Riceputi la rejoint dans cette quête, ainsi ils vont mettre à jour ce crime colonial « soumis à la loi du silence soit par pudeur par une partie ou par honte par l’autre partie »[7].
Publication
- Safia Kessas et Fabrice Riceputi (préf. Edwy Plenel), Un massacre en Kabylie : Algérie, 1956, La Découverte, , 152 p. (ISBN 978-2348093005, lire en ligne)
- Safia Kessas et Fabrice Riceputi (préf. Edwy Plenel), Un massacre en Kabylie : Algérie, 1956, Éditions Barzakh,