Massacres de Viánnos

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Date14-16 septembre 1943
MortsPlus de 500 hommes crétois
Massacres de Viánnos
Σφαγές της Βιάννου
Image illustrative de l’article Massacres de Viánnos
Viánnos (Crète) en 1943

Date 14-16 septembre 1943
Lieu Viánnos - Crète
Morts Plus de 500 hommes crétois
Auteurs Generalleutnant Friedrich-Wilhelm Müller
65e régiment et 22e division d'infanterie allemande
Guerre Seconde Guerre mondiale
Coordonnées 35° 03′ nord, 25° 29′ est
Géolocalisation sur la carte : Crète
(Voir situation sur carte : Crète)
Massacres de Viánnos
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Massacres de Viánnos

Les massacres de Viánnos, ou l'holocauste de Viánnos (en grec moderne : Σφαγές της Βιάννου / Sphagés tis Viánnou ou Ολοκαύτωμα της Βιάννου / Olokaútoma tis Viánnou) sont une campagne d'extermination massive, lancée par les forces nazies, contre les habitants civils d'une vingtaine de villages, situés à proximité des provinces de Viánnos Est et Ierápetra Ouest, sur l'île grecque de Crète, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les tueries, qui ont fait plus de 500 morts[1],[2],[3],[4] sont perpétrées du 14 au , par des unités de la Wehrmacht. Elles sont accompagnées par l'incendie de la plupart des villages, le pillage et la destruction des récoltes[5],[6].

Les pertes en vies humaines constituent l'un des massacres les plus meurtriers de l'occupation de la Grèce, par l'Axe, après le massacre de Kalávryta. Il est ordonné par le Generalleutnant Friedrich-Wilhelm Müller, en représailles au soutien et à l'implication de la population locale dans la résistance crétoise. Müller, qui a reçu le surnom de « boucher de Crète », est exécuté, après la guerre, pour sa participation à ce massacre et à d'autres.

Viánnos fait partie d'une zone montagneuse, située dans la partie sud-est du district régional d'Héraklion, qui s'étend entre le mont Dicté au nord et la mer de Libye, sur la côte sud de la Crète. Après la bataille de Crète, en 1941, au cours de laquelle l'île est aux mains de l'Axe, Viánnos et le district de Lasithi voisin font partie de la zone d'occupation italienne. Jusqu'à la fin de 1942, les Italiens ne sont pratiquement pas présents dans la région, ce qui facilite la mise en place et l'activation de plusieurs groupes de résistance. Parmi eux se trouve l'une des plus grandes organisation résistante de Crète, dirigée par Manólis Bandouvás, dont le nom de code, pour le SOE, est « Bo-Peep »[7].

Au début de 1943, l'activité croissante des résistants, combinée aux rumeurs selon lesquelles les Alliés ont des plans pour envahir la Crète, conduit les Italiens à commencer la construction de fortifications côtières et à installer des garnisons dans la région. D'autre part, les Allemands ont commencé, dès 1942, à stationner leurs propres forces dans les villages côtiers de Tsoútsouros et d'Árvi. En , ils ont également établi un avant-poste, avec trois hommes, à Káto Sými, qui sont chargés de récolter des pommes de terre pour l'approvisionnement des troupes d'occupation et de surveiller les environs[5],[8].

Embuscade à Káto Sými

L'invasion alliée de la Sicile, en , suivie de l'armistice italien, annoncé le , ainsi que la fuite du commandant italien de la Crète orientale, Angelico Carta (en), vers l'Égypte, renforcent les rumeurs selon lesquelles une opération alliée, en Crète, est imminente. À la suite de ce malentendu, Bandouvás ordonne une attaque contre l'avant-poste allemand de Káto Sými[9],[10]. Comme le note l'historien Antony Beevor, Bandouvás agit sans consulter les Britanniques ; il anticipe le fait que les Alliés allaient bientôt débarquer et espère qu'il en ressortirait comme un héros national. Le , les partisans de Bandouvás lancent leur attaque sur l'avant-poste, tuant les deux soldats allemands présents et jetant leurs corps dans une crevasse[11]. Bandouvás affirme par la suite qu'il a donné l'ordre à ses hommes de capturer les deux hommes vivants, conformément aux ordres du Caire. Ces affirmations sont démenties par les agents du SOE, Patrick Leigh Fermor et Thomas James Dunbabin, qui soutiennent qu'aucun ordre n'a été donné[7].

Représailles

Le jour suivant l'élimination de la compagnie allemande à Káto Sými, une importante force, comptant plus de 2 000 hommes, commence à se rassembler à Viánnos. Exaspéré par la perte de ses hommes et voulant donner l'exemple aux Italiens en fuite qui envisagent de se joindre aux partisans, le commandant d'Héraklion, Friedrich-Wilhelm Müller, ordonne le rassemblement des troupes du 65e régiment de la 22e division d'infanterie, pour détruire Viánnos et exécuter rapidement tous les hommes de plus de seize ans ainsi que toutes les personnes arrêtées dans la campagne, sans distinction de sexe ou d'âge[11].

Ainsi, un plan de destruction systématique de Viánnos est mis en place, à partir du . Séparées en petits groupes, les forces du 65e régiment de grenadiers encerclent la région, l'envahissant simultanément de diverses directions. Au début, ils rassurent les habitants en leur disant que leurs intentions sont pacifiques, persuadant de nombreux hommes qui ont fui dans les montagnes de rentrer chez eux. Le lendemain (), des exécutions de masse, aveugles, des fusillades et des arrestations impromptues, ainsi que des pillages, des incendies criminels, des actes de vandalisme, la démolition et la destruction des récoltes ont lieu[9],[10],[12],[13],[14]. Les survivants n'ont pas le droit de retourner dans leurs maisons en ruines et d'enterrer leurs morts[11].

Conséquences

Références

Voir aussi

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