Mata'afa Iosefo
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Mata'afa Iosefo (né vers 1832, mort le ) est un chef suprême des Samoa (Mataʻafa (en)) et l'un des trois prétendants au trône durant la période coloniale[1],[2].
À partir de la fin du XIXe siècle, Iosefo joue un rôle crucial durant la période coloniale du pays, alors que l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis se disputent le contrôle des îles Samoa . Chaque puissance occidentale a alors son propre candidat au titre de « roi » des Samoa, et Iosefo est le candidat finalement soutenu par l'Allemagne. Les actions qu'il mène avec ses partisans conduisent à la partition des îles entre l'Allemagne et les États-Unis. Il prend le titre honorifique de chef suprême des Samoa en 1900 sous protectorat allemand.
Confession
Mata'afa Iosepho est catholique[3].
Première guerre civile samoane


Mata'afa Iosefo se fait connaître en lorsque, sous son commandement, ses partisans se rebellent contre le vice-roi Tupua Tamasese Titimaea, qui, soutenu par les Allemands, est proclamé roi des Samoa, en vue de remplacer le roi pro-britannique, Malietoa Laupepa[4]. D'après le récit qu'en fait Stevenson à la suite de son recueil de témoignages qu'il fait sur place en 1889[5], lors d'une bataille de la première guerre civile samoane, les guerriers d'Iosefo repoussent les forces de Tamasese jusqu'à la pointe de Mulinuʻu, où une canonnière allemande leur offre sa protection. Le bombardement qui s'ensuit sur ses villages provoquent la riposte d'Iosefo, qui contraint au ré-embarquement à la mi-décembre un contingent allemand avec des pertes représentant plus du tiers de l'effectif[6], et pille les plantations allemandes lors de la première bataille de Vailele (en). Les Américains et les Britanniques soutiennent quant à eux Malietoa Laupepa. Finalement, l'Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne décident que Laupepa est rétabli dans ses fonctions de Malietoa et de roi des Samoa[7]. Bien que les actions d'Iosefo durant cette période lui aliènent leur soutien, les Allemands reconsidèrent leur opinion et soutiennent sa campagne pour le trône dans les années 1890[8].
Mata'afa Iosefo est exilé aux îles Marshall et il est autorisé à revenir en 1898[3]. La même année, Malietoa Laupepa meurt[2].
Seconde guerre civile samoane


Iosefo est un protagoniste majeur de la deuxième guerre civile samoane, un conflit par procuration qui voit la faction d'Iosefo, soutenue par l'Allemagne, livrer une lutte sanglante contre le nouveau roi, Malietoa Tanumafili Ier, appuyé, lui, par les forces des États-Unis et de l'Empire britannique. Iosefo remporte une première victoire en occupant Apia le . En mars, le contre-amiral américain Albert Kautz (en) tente de le destituer en déclarant la dissolution de son gouvernement provisoire et en lui ordonnant de quitter Apia. Iosefo ignore l'ultimatum de Kautz, ce qui entraîne une escalade de la violence[8]. Une bataille particulièrement marquante est la seconde bataille de Vailele (en), au cours de laquelle les pro-Mata'afa battent les loyalistes samoans et les troupes britanniques et américaines, mais au prix de dommages importants sur les îles.
En , des représentants britanniques et allemands débarquent pour négocier un cessez-le-feu, et Iosefo accepte de désarmer ses forces comme condition aux négociations[8]. Sa revendication concernant le trône des Samoa est également soutenue lors des débuts du mouvement Mau, mené par l'orateur Lauaki Namuluaulu Mamoe (en)[1],[2]. Il parvient ainsi à résister à toutes les tentatives des alliés pour le capturer ou le tuer. En conséquence, le partage des Samoa est considéré comme un compromis acceptable pour les puissances coloniales. L'Allemagne obtient les îles occidentales et crée les Samoa allemandes. Les États-Unis annexent les îles orientales et créent les Samoa américaines. Les Britanniques renoncent à leurs revendications en échange de concessions dans les îles Salomon. Les trois puissances s'entendent aussi pour supprimer le titre de roi des îles Samoa[8].
En 1900, Iosefo est déclaré Ali'i Sili (« plus haut chef ») par l'administration coloniale allemande[8].
Succession


Il meurt à Mulinuʻu (en) en 1912. La fonction d'Ali'i Sili est alors abolie par l'administration allemande[2].