Mata'afa Iosefo

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Naissance vers 1832
Décès
Pays de résidence Îles Samoa
Activité principale
Haut dignitaire
Mata'afa Iosefo
Description de cette image, également commentée ci-après
Mata'afa Iosefo vers 1896
Naissance vers 1832
Décès
Pays de résidence Îles Samoa
Activité principale
Haut dignitaire

Mata'afa Iosefo (né vers 1832, mort le ) est un chef suprême des Samoa (Mataʻafa (en)) et l'un des trois prétendants au trône durant la période coloniale[1],[2].

À partir de la fin du XIXe siècle, Iosefo joue un rôle crucial durant la période coloniale du pays, alors que l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les États-Unis se disputent le contrôle des îles Samoa . Chaque puissance occidentale a alors son propre candidat au titre de « roi » des Samoa, et Iosefo est le candidat finalement soutenu par l'Allemagne. Les actions qu'il mène avec ses partisans conduisent à la partition des îles entre l'Allemagne et les États-Unis. Il prend le titre honorifique de chef suprême des Samoa en 1900 sous protectorat allemand.

Confession

Mata'afa Iosepho est catholique[3].

Première guerre civile samoane

Tamasese Titimaea, vers 1890, vice -roi contre lequel Iosepho s'est rebellé en 1888
Malietoa Laupepa parvient à se maintenir sur le trône des îles Samoa, avec le soutien in fine des puissances coloniales, jusqu'en 1898.

Mata'afa Iosefo se fait connaître en lorsque, sous son commandement, ses partisans se rebellent contre le vice-roi Tupua Tamasese Titimaea, qui, soutenu par les Allemands, est proclamé roi des Samoa, en vue de remplacer le roi pro-britannique, Malietoa Laupepa[4]. D'après le récit qu'en fait Stevenson à la suite de son recueil de témoignages qu'il fait sur place en 1889[5], lors d'une bataille de la première guerre civile samoane, les guerriers d'Iosefo repoussent les forces de Tamasese jusqu'à la pointe de Mulinuʻu, où une canonnière allemande leur offre sa protection. Le bombardement qui s'ensuit sur ses villages provoquent la riposte d'Iosefo, qui contraint au ré-embarquement à la mi-décembre un contingent allemand avec des pertes représentant plus du tiers de l'effectif[6], et pille les plantations allemandes lors de la première bataille de Vailele (en). Les Américains et les Britanniques soutiennent quant à eux Malietoa Laupepa. Finalement, l'Allemagne, les États-Unis et la Grande-Bretagne décident que Laupepa est rétabli dans ses fonctions de Malietoa et de roi des Samoa[7]. Bien que les actions d'Iosefo durant cette période lui aliènent leur soutien, les Allemands reconsidèrent leur opinion et soutiennent sa campagne pour le trône dans les années 1890[8].

Mata'afa Iosefo est exilé aux îles Marshall et il est autorisé à revenir en 1898[3]. La même année, Malietoa Laupepa meurt[2].

Seconde guerre civile samoane

Le contre-amiral Albert Kautz, commandant en chef américain du Pacific Squadron, lance en 1899 un ultimatum à Mata'afa Iosefo sans succès.
Malietoa Tanumafili Ier vers 1900. Successeur de Laupepa et rival de Mata'afa Iosefo jusqu'à la partition germano-américaine des îles, il doit s'exiler à la fin de la seconde guerre civile[8].

Iosefo est un protagoniste majeur de la deuxième guerre civile samoane, un conflit par procuration qui voit la faction d'Iosefo, soutenue par l'Allemagne, livrer une lutte sanglante contre le nouveau roi, Malietoa Tanumafili Ier, appuyé, lui, par les forces des États-Unis et de l'Empire britannique. Iosefo remporte une première victoire en occupant Apia le . En mars, le contre-amiral américain Albert Kautz (en) tente de le destituer en déclarant la dissolution de son gouvernement provisoire et en lui ordonnant de quitter Apia. Iosefo ignore l'ultimatum de Kautz, ce qui entraîne une escalade de la violence[8]. Une bataille particulièrement marquante est la seconde bataille de Vailele (en), au cours de laquelle les pro-Mata'afa battent les loyalistes samoans et les troupes britanniques et américaines, mais au prix de dommages importants sur les îles.

En , des représentants britanniques et allemands débarquent pour négocier un cessez-le-feu, et Iosefo accepte de désarmer ses forces comme condition aux négociations[8]. Sa revendication concernant le trône des Samoa est également soutenue lors des débuts du mouvement Mau, mené par l'orateur Lauaki Namuluaulu Mamoe (en)[1],[2]. Il parvient ainsi à résister à toutes les tentatives des alliés pour le capturer ou le tuer. En conséquence, le partage des Samoa est considéré comme un compromis acceptable pour les puissances coloniales. L'Allemagne obtient les îles occidentales et crée les Samoa allemandes. Les États-Unis annexent les îles orientales et créent les Samoa américaines. Les Britanniques renoncent à leurs revendications en échange de concessions dans les îles Salomon. Les trois puissances s'entendent aussi pour supprimer le titre de roi des îles Samoa[8].

En 1900, Iosefo est déclaré Ali'i Sili plus haut chef ») par l'administration coloniale allemande[8].

Succession

Mata'afa Iosefo avec le gouverneur des Samoa allemandes Wilhelm Solf et le député néo-zélandais C.H.Mills, aux Samoa en 1903.
Mata'afa Iosefo en 1910

Il meurt à Mulinuʻu (en) en 1912. La fonction d'Ali'i Sili est alors abolie par l'administration allemande[2].

Voir aussi

Références

Liens externes

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