Mattachine Society

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La Mattachine Society est une association américaine fondée en 1950 par Harry Hay. Avec les Daughters of Bilitis, ces deux associations sont à l'origine du mouvement de libération des droits homosexuels aux États-Unis, qui prend son véritable essor après 1945.

Faits en bref Fondation, Type ...
Mattachine Society
Histoire
Fondation
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Pays
Organisation
Fondateurs
Harry Hay, Chuck Rowland (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Fondation

Cette organisation est née grâce à Harry Hay, qui en eut l'idée dès 1948, aidé par un petit groupe d'amis. Elle est inspirée de Der Kreis, un organisme suisse publiant une revue bimensuelle[1]. L'idée émerge après qu'Harry Hay ait signé une pétition pour le candidat du Parti progressiste à l'élection présidentielle de 1948, Henry Wallace. Avec d'autres hommes homosexuels, Harry Hay discute alors de la création d'une organisation de soutien au candidat appelée « Bachelors for Wallace »[2]. À l'origine, Harry Hay prévoit d'appeler l'association « Bachelors Anonymous » et envisage qu'elle remplisse une fonction et un objectif similaires à ceux des Alcooliques Anonymes[3].

La Mattachine Society se forme pour la première fois à Los Angeles, le , sous le nom de « Society of Fools »[4]. En 1951, l'association prend officiellement le nom de Mattachine Society. À l'origine, la Mattachine Society rassemble Harry Hay, Rudi Gernreich, Bob Hull, Chuck Rowland, James Gruber et Dale Jennings. Mais ils ne déposèrent pas officiellement les statuts avant 1954 : cette année-là, un nouveau groupe en prit la tête[source secondaire souhaitée].

Plusieurs autres organisations se créèrent peu après à San Francisco, New York, Boston, Chicago, Denver, le District de Columbia, et Philadelphie. Le but premier de la Mattachine Society était d'obtenir la reconnaissance publique de l'homosexualité, surtout en termes de droits - les membres écrivirent dans leur manifeste que « les handicaps physiologiques et psychologiques des homosexuels ne doivent pas dissuader d'intégrer dix pour cent de la population mondiale dans la construction du progrès social de l'humanité ». Ces fameux « 10 % » sont une des conséquences des rapports Kinsey qui commençaient à circuler dans les milieux universitaires notamment.

Origine du nom de l’association

La Mattachine Society fut nommée ainsi par Harry Hay, qui s'inspira d'un groupe de théâtre masqué de la France médiévale et renaissante, qu'il avait étudié pour préparer un cours de musique populaire dans le cadre d'un projet d'éducation de travailleurs. Dans un entretien de 1976 avec Jonathan Ned Katz, Hay, interrogé sur les origines du nom Mattachine, mentionne les Sociétés Joyeuses françaises du Moyen Âge et de la Renaissance :

« Une troupe théâtrale était connue sous le nom de Société Mattachine. Ces sociétés, des fraternités secrètes et à vie de citadins célibataires qui ne jouaient jamais en public sans un masque, avaient pour objet de mener à la campagne des danses et des rites lors de la fête des fous, à l'équinoxe de printemps.
Parfois, ces danses rituelles, ou masques, étaient des manifestations paysannes contre l'oppression - à ceci près que les masques, au nom du peuple, subissaient en première ligne les représailles cruelles du seigneur visé.
Aussi prîmes-nous le nom de Mattachine, parce que notre sentiment était que les gays des années 1950 étaient aussi un peuple masqué, inconnu et anonyme, qui pouvait s'engager dans le soutien moral et l'entraide, entre nous et pour les autres, à travers la lutte, pour aller vers une reconnaissance et un changement total. »

Cette troupe française tenait son nom de Mattacino (anglicisé en Mattachino), un personnage-type de commedia dell'arte italienne. Mattacino était une sorte de bouffon, qui parlait franchement au roi en tant que fou autorisé à la cour, quand personne d'autre ne pouvait le faire. Le « mattachin » (de l'arabe mutawajjihin, « porteurs de masque ») était à l'origine des danseurs de sabre mauresques (hispano-arabes) qui portaient des costumes et des masques recherchés et colorés.

La Société Mattachine utilisait pour emblème des losanges que l'on retrouve dans les motifs du costume de l'Arlequin. Le dessin consistait en quatre losanges agencés de manière à former un losange plus grand.

Affiliations

La Mattachine Society existait en tant qu'organisation nationale dont le siège était d'abord à Los Angeles, puis, à partir de 1956, à San Francisco. En dehors de ces deux villes, des chapitres ont été établis à New York, Washington D.C., Chicago et dans d'autres villes. En raison de désaccords internes, l'organisation nationale a été dissoute en 1961. La section établie à San Francisco a conservé le nom de « Mattachine Society » tandis que la section de New York est devenue la « Mattachine Society of New York, Inc ». D'autres groupes indépendants utilisant le nom Mattachine ont été formés à Washington D.C. (Mattachine Society of Washington, 1961), à Chicago (Mattachine Midwest, 1965), et à Buffalo (Mattachine Society of the Niagara Frontier, 1970)[source secondaire souhaitée].

Une scission amicale a lieu au sein de la section nationale de la Mattachine Society en 1952. Celle-ci résulte en la création d'une nouvelle organisation nommée ONE, Inc (en)[5]. Avec la Mattachine Society, ONE soutient les Daughters of Bilitis dans le lancement de son magazine, The Ladder, en 1956. Les Daughters of Bilitis était une organisation lesbienne indépendante qui collaborait parfois avec la Mattachine Society, majoritairement masculine.

La Mattachine Review

La Mattachine Review est un magazine publié par la Mattachine Society de 1955 à 1966[6]. Il était lu dans l'ensemble du pays, avec un nombre de lecteurs bien plus élevé que le nombre d'adhérents à l'association[7].

Les différentes branches régionales de la Mattachine Society ont aussi publié leurs propres périodiques et bulletins, séparément de la Mattachine Review[6].

Prédécesseurs

  • La Society for Human Rights fondée par Henry Gerber à Chicago en 1924, éditeur de la revue Friendship and Freedom.

Notes et références

Annexes

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