Maurice Rostand

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Maurice Rostand
Maurice Rostand en 1928,
photographie de l'agence de presse Meurisse, Paris, BnF.
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Ethel Greenglass Rosenberg (en), Julius Rosenberg (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Poésies complètes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Maurice Rostand
Signature.
Tombe de Maurice Rostand et Rosemonde Gérard au cimetière de Passy (division 10).

Maurice Rostand, né le à Paris et mort le [1] à Ville-d'Avray est un poète, romancier et dramaturge français[2].

Engagements politiques : le pacifisme

Fils aîné de l'écrivain Edmond Rostand et de la poétesse Rosemonde Gérard, frère du biologiste Jean Rostand, Maurice Rostand est un ami de Jean Cocteau, de Lucien Daudet, du poète Axieros (Pierre Guyolot-Dubasty[3]).

Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de Maurice Rostand (1909), Cambo-les-Bains, villa Arnaga.

Adolescent, il suscite une profonde passion à Clémentine-Hélène Dufau, une artiste amie de ses parents qui fait son portrait.

Il est l'auteur à partir de la Belle Époque de poèmes, de pièces de théâtre et de nombreux romans. Quelques-unes de ses pièces connaissent le succès dans l'entre-deux-guerres.

Caricature de Maurice Rostand par Adrien Barrère, publiée dans Fantasio.

Figure de la vie parisienne en compagnie de sa mère, habitué notamment des premières des pièces de théâtres, ses manières efféminées et son apparence (sa coupe de cheveux, ses tenues extravagantes) font de lui une cible privilégiée des caricaturistes et des chansonniers dans l'entre-deux-guerres[4]. C'est dû aussi au fait qu'il fut l'une des personnalités homosexuelles les plus en vue de l'entre-deux-guerres, une « flamboyante figure de la scène gay de la première moitié du XXe siècle »[5],[6],[7],[8].

En 1933, il fonde la revue hebdomadaire érotique Séduction dont il est le directeur littéraire[9].

À partir de 1941, sous l'Occupation, il est le critique dramatique (actualité théâtrale) du journal collaborationniste Paris-Midi[10]. Il donne aussi quelques textes sur le théâtre à l'hebdomadaire tout aussi collaborationniste Germinal, lancé en [11].

Il publie ses mémoires, Confession d'un demi-siècle, en 1948.

Comme son frère Jean, il est exempté du service militaire pour des raisons de santé et n'est pas mobilisé en 1914, au grand dam de leur père, très patriote. Ils s'engagent cependant et Maurice Rostand sert comme infirmier dans un hôpital parisien. Malade, il est démobilisé avant la fin de la guerre[12].

Comme son frère, il donne mille francs en 1920 au quotidien socialiste Le Populaire qui rencontre alors des difficultés financières[13]. En 1922, le journal communiste L'Humanité présente Rostand comme l'auteur de livres (Le Cercueil de cristal, Le Pilori) dans lesquels il affirme sa « haine de la grand tuerie » et publie ses mots célébrant André Marty, ce « héros de la mer Noire qui a refusé de se battre »[14].

Maurice Rostand est l'auteur de poèmes[15], de livres et de pièces engagés, pacifistes (les pièces L'homme que j'ai tué, en 1930, issue de son roman publié en 1925, Les Marchands de canons, en 1933). Il cosigne en 1925 un manifeste de Victor Margueritte réclamant la révision du traité de Versailles[16]. Il est membre de la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP) et participe comme d'autres artistes aux manifestations artistiques de cette ligue, qui servent sa propagande[17]. Il est solidaire de l'Espagne antifasciste dans la seconde moitié des années 1930[18], sans pour autant dénoncer la politique française de non-intervention, munichois en 1938[19] ; il rend hommage à l'action d'Édouard Daladier qui a signé les accords de Munich dans une tribune donnée à L'Œuvre[20]. Il a aussi loué Léon Blum et sa politique pacifiste dans ce même quotidien en 1937[21]. Il publie des poèmes en 1939 et 1940 dans le bulletin de la LICA[19].

Ses convictions pacifistes de gauche et son homosexualité sont moquées par des adversaires comme L'Action française[22] ou L'Ordre d'Émile Buré en 1933, à l'occasion de la mort d'Oscar Dufrenne, autre homosexuel notoire qui avait fait jouer au Palace la pièce de Rostand Les marchands de canon, jugée défaitiste par ses adversaires nationalistes[23].

Il encense Pétain en 1940 au lendemain de l'entrevue de Montoire et salue le retour à Paris des cendres de l'Aiglon, voulu par Hitler, en donnant un poème dans Paris-Soir[19],[24]. Du fait de son comportement sous l'Occupation, le bulletin de la LICA note dans sa « rubrique des traîtres » à la Libération : « Maurice Rostand, auteur de si beaux poèmes antiracistes, a prouvé qu'il savait aussi se « retourner » »[25],[19].

En 1951, il fait partie, aux côtés de Félicien Challaye et d'Émile Bauchet[26], des fondateurs[27] de La Voie de la paix, organe du Comité national de résistance à la guerre et à l'oppression (CNRGO, devenu Union pacifiste de France en 1961[28]).

À la même époque, il apporte aussi son soutien à Ethel et Julius Rosenberg, aux côtés de nombreux intellectuels du monde entier.

Il est inhumé à Paris au cimetière de Passy.

Œuvres

Notes et références

Voir aussi

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