Villa Arnaga

villa à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) From Wikipedia, the free encyclopedia

La villa Arnaga est un domaine que fit construire Edmond Rostand à Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) au début du XXe siècle. La villa et son parc, propriété depuis 1961[1] de la commune de Cambo-les-Bains, abritent le musée Edmond Rostand.

Type
Maison d'écrivain
Construction
Faits en bref Type, Site web ...
Villa Arnaga
Façade orientale de la villa Arnaga.
Informations générales
Type
Maison d'écrivain
Site web
Collections
Label
Bâtiment
Construction
Architecte
Protection
Localisation
Pays
Division administrative
Commune
Coordonnées
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Arraga  modifié en « Arnaga » par Rostand pour sa sonorité  signifie « lieu de pierre » en langue basque.

Situation

C'est à l'écart de la ville, en direction de Larressore sur la route départementale D 932, que se dresse la villa Arnaga[2], entourée d'un grand parc de 15 hectares et dominant un jardin à la française à l'est et un jardin anglais à l'ouest[3].

Histoire

Edmond Rostand

Edmond Rostand a 32 ans lorsque, mal remis d'une pleurésie contractée pendant les répétitions de L'Aiglon, il loue à Cambo la villa Etchegorria Il y emménage avec sa femme Rosemonde Gérard[4] et ses deux fils Maurice[5] et Jean[6].

À son retour de Paris, où il vient d'être élu à l'Académie française (1901), il achète une parcelle située sur une colline où serpente l'Arraga. Il aménage le terrain et de 1903 à 1906 fait construire la villa, où il écrira Chantecler[7].

"On compte parmi les amis qui participent aux réceptions fastueuses qui s'y déroulent  qui conduiront son propriétaire à la ruine, les droits d'auteur de Chantecler y seront engloutis  le compositeur et pianiste Jules Massenet."

Après la mort de Rostand en 1918, le mobilier et sa bibliothèque sont dispersés, dont en particulier des panneaux anciens et précieux en laque de Coromandel.

Le musée Edmond-Rostand

La municipalité achète la villa en 1961 pour en faire le musée Edmond-Rostand. Ses collections compte plus de 5000 objets et documents : manuscrits et tapuscrits, correspondances, tirages photographiques, livres (dont des éditions originales, parfois dédicacés), dessins, estampes, peintures, meubles, sculptures, objets, vêtements et accessoires, bijoux et médailles, presse[8].

Gérard Depardieu a fait don au musée de son César[9] reçu en 1991 pour son interprétation dans Cyrano de Bergerac ; il est exposé dans la bibliothèque.

L'établissement a reçu le label Musée de France. Il accueille chaque année autour de 90 000 visiteurs[10].

La totalité du domaine de la villa Arnaga, éléments construits ou non, sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 13 mai 2016[2]. Les façades et toitures de la maison du gardien et du moulin sont également classés au titre des monuments historiques par le même arrêté[2]. Cet arrêté de protection abroge les précédentes protections :

  • La villa, les façades et toitures de la conciergerie, les jardins et bosquets, l'orangerie, les façades et toitures de l'ancien moulin sont classés au titre des monuments historiques par arrêté du 3 février 1995[2].
  • Les écuries et leur dépendance, l'ancienne basse-cour, la serre froide et la serre chaude sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 24 mars 2014[2].

Le domaine

La villa

Il s'agit d'une vaste maison de style néobasque que Rostand fit construire par l'architecte Joseph-Albert Tournaire. Les travaux débutent en mars 1903 et la famille s'y installe en juin 1906[11],[12].

La villa est un des premiers exemples du style néobasque, appelé à un grand succès dans toute la région.

Un « poème de pierre et de verdure » imaginé par Edmond Rostand pour la maison de ses rêves où la décoration intérieure est pensée comme un décor de théâtre[13]. En effet, des dessins et correspondances conservés au musée, témoignent de l'investissement personnel d'Edmond Rostand dans la décoration des pièces de la villa. Sur près de 500 m2 au sol, il développe des divers styles : anglais pour le hall, chinois pour le fumoir, Empire pour le bureau ou encore Louis XVI pour la salle à manger[14]. Le peintre Gaston La Touche contribua à sa décoration en peignant d'importantes toiles murales. Clémentine-Hélène Dufau réalise les décors de la bibliothèque et du grand escalier ainsi que des portraits de la famille[15]. Jean Veber est chargé d'orner le Boudoir de Rosemonde d'une frise des Contes de fées[16]. La salle de jeu des enfants est décorée par Georges Delaw autour du thème des chansons populaires[17].

Elle bénéficiait dès l'origine de l'électricité pour l'éclairage et les prises ainsi que du téléphone[18]. Un ensemble de calorifères installé au sous-sol distribuait l'air chaud dans toute la maison par des conduites installées dans les murs et les planchers. A l'occasion d'important travaux entrepris l'hiver 1913, un chauffage électrique a commencé à être installé dans la salle à manger et dans les cheminées.

Edmond Rostand a travaillé avec soin l'entrée de la maison. Il adresse à l'architecte le croquis d'un porche vu en Espagne et demande d'en prendre modèle avec son arche surbaissée[13]. Sur une plaque à côté de la porte d'entrée sont gravés ces mots de Rostand :

Toi qui viens partager notre lumière blonde
Et t'asseoir au festin des horizons changeants,
N'entre qu'avec ton cœur, n'apporte rien du monde
Et ne raconte pas ce que disent les gens.

 quatrain repris (avec de légères variations) vers 1920 par le propriétaire du château de Dampierre-sur-Boutonne.

Les jardins

Les jardins à la française.

Les jardins[19] sont imaginés par Edmond Rostand et mis en architecture par Joseph-Albert Tournaire. Le parc[3] de quinze hectares s'orne d'un jardin à la française et d'un jardin à l'anglaise, de pavillons, de bassins et, au bout d'un long canal, d'une grande pergola encadrée de deux pavillons ouverts symétriques et inspiré du monument qui ferme la perspective du parc du palais de Schönbrunn (Autriche), et d'une orangerie de style classique[20]. Le tout en entouré d'une grande bande périphérique de bois paysagé.

Rénové entre 2013 et 2016, le jardin à la française a retrouvé le treillage du « Coin des poètes », faisant face à l'Orangerie dont il reprend les trois arcades. Elles encadrent les trois poètes Shakespeare, Hugo et Cervantès. Le jardin se termine par une grande pergola qui occupe toute la largeur du jardin. La colonnade se reflète dans une pièce d'eau, inspirée du bassin de Neptune du château de Versailles. Edmond Rostand y naviguait avec ses invités.

Afin d'embellir son parc et de profiter rapidement de beaux ombrages, Edmond Rostand, qui disposait d'importants moyens financiers, fit venir d'un parc de la commune avoisinante de Larressore des chênes têtards âgés de trente ans pour les planter dans le parc.

Les jardins d'Arnaga font partie du conservatoire des Jardins et Paysages, association fondée en 1985[21], et porte le label de jardin remarquable[22].

Notes et références

Annexes

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