Mausolée de Khwâdja Abou Nasr Pârsâ
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Type | |
|---|---|
| Fondation | |
| Matériau |
lapis-lazuli, brique et pierre |
| Pays | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|

Le mausolée de Khwâdja Abou Nasr Pârsâ également connu sous le nom de mosquée verte (bien qu'il ne s'agisse pas d'une mosquée[1]) est un édifice en plein centre de la ville de Balkh (Afghanistan), dans un parc. C'est un des rares vestiges de l'ensemble d'édifices d'époque timouride conservé au début du XXIe siècle, et c'est aussi un des monuments les plus importants de Balkh.
Le monument peut sembler être un tombeau ou un mausolée. Il est cependant en général considéré comme une mosquée. Selon la tradition populaire locale, il s'agirait d'une madrasa, tandis que l'historien Kwând-e Mîr (Mirkhond, XVe siècle) l'a qualifié de tekkya, soit un monastère pour derviches. Ces éléments ont amené la chercheuse Lisa Golombek à voir dans ce bâtiment une hazîra[1], c'est-à-dire une tombe située dans une enceinte qui comprend souvent une mosquée. Ce type de tombe était devenu populaire dans l'Iran à l'époque timouride[2].
Histoire
Histoire médiévale
Le mausolée a été construit en 1462-1463[3] pour un célèbre cheikh soufi en 1460-1461, Khwâdja Abou Nasr Pârsâ, théologien de Hérat[A 1],[1]. Sa tombe se trouve sur la plate-forme devant l'entrée du bâtiment, parmi d'autres tombes[3],[A 2].
Histoire contemporaine
Le mausolée a fait l'objet de réparations[A 2]. Il est remarqué à la fin du XIXe siècle et photographié à la fin des années 1910, puis en 1924 par Alfred Foucher[A 1].
L'édifice est dégagé des habitations l'entourant dans les années 1930 et un parc municipal est créé. La coupole, endommagée, est restaurée avant la fin des années 1930[A 1]. Le portail (pishtak) est endommagé vers 1939, en particulier ses parties supérieures et ses éléments de décoration[A 2]. Ensuite, la décoration du dôme est refaite de 1963 à 1966. Une aile présente sur chacun des côtés, peut-être une mosquée et une médersa, est alors détruite[A 2].
Le bâtiment est étudié par Galina Pougatchenkova[A 1]. Une mission afghano-indienne restaure les décorations des façades en 1974-1975[A 2]. Dans les années qui suivent, la guerre endommage une partie de la façade septentrionale du bâtiment. Une école religieuse (médersa) est installée au milieu des années 1990. Une nouvelle restauration des décors a lieu en 2004[A 2].
Architecture
Le plan du bâtiment est un ensemble à quatre portails (raison pour laquelle il ne s'agit pas d'une mosquée)[1]. Il comporte « une salle intérieure qui se transforme en octogone par l'intermédiaire de trompes, puis en polygone à seize côtés où huit fenêtres à grilles alternent avec huit sommets de niches remplis de muqarnas. Au-dessus s'lève (...) une coupole à vingt-quatre cannelures qui donne l'impression de former l'intérieur du dôme côtelé, bien qu'elle se trouve beaucoup plus bas que ce dernier. »[1].
L'édifice mesure 25,30 m sur 25,00 m et les angles coupés[C'est-à-dire ?]. Le double dôme cannelé reposant sur un tambour est haut de 27,00 m[A 1]. Il y a aussi une crypte cruciforme, tout comme dans le mausolée de Goharshad[A 2].

L'entrée est orientée au sud-est ; il s'agit d'un pishtak, un haut portail, flanqué de deux minarets ayant perdu leur sommet, et précédés par deux piliers en spirale[3]. De part et d'autre de l'entrée une construction sur deux niveaux, percés d'iwân[A 1] ainsi que des peintures florales datées de la fin du XIXe siècle[A 2]. S'ils étaient intacts, pishtak et minarets masqueraient complètement la coupole[4]. La salle sous la coupole est éclairée par seize ouvertures en treillis à la base du tambour ; elle offre une riche décoration faite d'un entrelacs en stuc bien conservé, avec par des motifs floraux peints[3].
La façade et le dôme sont ornés de décoration de céramiques de teinte bleu argenté[3], le portail comporte des motifs floraux de même que les colonnes torsadées encadrant le portail[A 1]. Ces décors en céramique sont d'excellente qualité, mais ils ont été fixés « sur une grille de briques posées sur tranche », une technique inadéquate, si bien que de grandes surfaces de décoration sont tombés[A 2],[3]. Quant aux murs intérieurs, ils sont décorées de mosaïques et de peintures refaites au XIXe siècle[A 2].
