Maximilienne Josèphe Nelly Lecrenier est née le à Marchienne (Belgique).
Elle fait ses études à l'école normale provinciale de Mons et en sort régente. Elle y reviendra comme professeur de littérature française.
Son premier livre, À tire d'aile, est un récit de voyage à travers la France, la Suisse et l'Italie. Elle publie ensuite des pensées et critiques théâtrales dans la Revue des Gens de lettres belges de 1900 à 1902, puis écrit dans les Cahiers féministes d'Isabelle Gatti de Gamond, fournit des textes pour une revue lancée par Émile Verhaeren, fonde et dirige la publication Jeune Wallonie jusqu'en 1907[1].
À partir de cette année-là, tout en tenant un salon littéraire, elle crée avec des amis L'Évolution, université populaire (UP) d'Ixelles avec un mensuel éponyme, et se consacre à «promouvoir la culture auprès des masses»[2],[1].
En sept ans, elle va donner plus de deux cents conférences, en Belgique (dans tout le réseau des UP) et à l’étranger[2].
Elle invente le concept de la conférence contradictoire qu'elle pratique avec un membre du cercle littéraire La jeune Wallonie, René Dethier. «Quand ce dernier dresse un tableau de l’asservissement de la femme dans la société moderne et réclame l’égalité des sexes, Nelly Lecrenier porte la contradiction en nuançant le propos «au grand plaisir des assistants mâles». Rappelant que le discours féministe n’est pas l’apanage des femmes tout en soulignant la réception contrastée de l’affirmation de l’égalité des sexes, cet exercice se clôt par un plaidoyer pour l’adoption d’une législation juste et équitable afin de régler la question féministe»[2].
Donnant des conférences, éminemment active dans la diffusion du savoir, écrivant dans des quotidiens comme La Réforme, la Gazette de Charleroi, L'Indépendance belge, la Revue funambulesque, le Bulletin officiel du Touring club royal de Belgique(en), Bruxelles philanthropique, elle a attiré la jalousie d'anciens confrères[1].
Lauréate de la Fondation Peul Douce, membre de l'Académie de Vaucluse, elle a aussi été membre de la section de littérature pour l'exposition La Femme contemporaine d'Anvers en 1914[1].
Éliane Gubin, Catherine Jacques, Valérie Piette et Jean Puissant, Dictionnaire des femmes belges: XIXeetXXesiècles, Bruxelles, Racine, , 638p. (ISBN2 87386 434 6).
Marie-Thérèse Coenen, «Femmes, féministes et universités populaires en Belgique avant 1914», Histoire de l'éducation (revue), Lyon, INRP, no156, , p.31-51 (lire en ligne, consulté le ).
P. Van den Dungen, «Un milieu de femmes de lettres francophones au tournant du siècle», Sextant, revue du groupe interdisciplinaire d'Études sur les femmes, no11, , p.135-166.