McDonnell Douglas F-4 Phantom II au service de l’Australie
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Deux des F-4E Phantom australiens à la RAAF Base Edinburgh (en) en 1971. | ||
| Constructeur | ||
|---|---|---|
| Rôle | Avion multirôle | |
| Statut | En service | |
| Premier vol | ||
| Mise en service | ||
| Date de retrait | ||
| Coût unitaire | 2,4 millions de dollars américains pour le F-4E | |
| Nombre construits | 24 | |
| Équipage | ||
| 2 (1 pilote, 1 navigateur) | ||
| Motorisation | ||
| Moteur | General Electric J79-GE-17 | |
| Nombre | 2 | |
| Type | Turboréacteurs | |
| Poussée unitaire | 79,6 kN avec postcombustion | |
| Dimensions | ||
| Envergure | 11,71 m | |
| Longueur | 17,55 m | |
| Hauteur | 5,03 m | |
| Surface alaire | 49,2 m2 | |
| Masses | ||
| À vide | 13 757 kg | |
| Avec armement | 23 340 kg | |
| Maximale | 28 030 kg | |
| Performances | ||
| Vitesse maximale | 2 305 km/h (Mach 2,23) | |
| Plafond | 18 044 m | |
| Vitesse ascensionnelle | 12 600 m/min | |
| Rayon d'action | 680 km | |
| Armement | ||
| Interne | 1 canon GAU-4 M61 Vulcan de 20 mm | |
| Externe | 7 260 kg de bombes, missiles | |
| modifier |
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La Force aérienne royale australienne (appelée RAAF) a utilisé 24 McDonnell Douglas F-4E Phantom II en tant qu'appui aérien rapproché entre 1970 et 1973. Les Phantom ont été loués à l'United States Air Force (USAF) en guise de mesure provisoire en raison des retards dans la livraison des 24 bombardiers General Dynamics F-111C de la RAAF. Les F-4E menaient cette mission à bien également mais le gouvernement n'était pas d'accord avec la RAAF qui proposait de garder cet avion une fois que les F-111 seraient entrés en service en 1973.
La version F-4C du Phantom II était présente durant l'évaluation de l'avion par la RAAF qui visait à remplacer ses bombardiers English Electric Canberra en 1963. C'est le F-111 qui a été choisi mais quand le projet a été retardé à la fin des années 1960 à cause de problèmes techniques de longue durée sur l'avion, la RAAF a déterminé que le F-4E Phantom II serait la meilleure alternative. Les problèmes récurrents sur les F-111 ont fait que les gouvernements australien et américain se sont mis d'accord en 1970 sur le fait que la RAAF loue 24 F-4E et leur équipement de soutien à l'US Air Force.
C'est en que les F-4E sont entrés en service et ils se sont révélés très efficaces. Ils ont assuré un rôle air-sol et préparé les pilotes à manœuvrer les F-111 modernes. Le programme d'entraînement intensif sur cet appareil a également amélioré les critères professionnels de la RAAF. L'un des Phantom a été détruit durant un accident en 1971 et un autre s'est vu réparé par la RAAF après qu'il eut été gravement endommagé durant un atterrissage d'urgence. Les 23 avions restants ont été rendus à l'USAF en deux fois en et .
Le McDonnell Douglas F-4 Phantom II était l'un des avions évalués par la RAAF pour remplacer ses anciens bombardiers English Electric Canberra au début des années 1960. Au cours de l'année 1963, une équipe d'officiers supérieurs de la RAAF dirigée par le Maréchal de l'air Valston Hancock (qui est aussi à la tête de la RAAF) s'est rendue aux États-Unis pour tester le General Dynamics F-111 Aardvark (appelé plus tard "TFX"), le North American A-5 Vigilante et le bombardier F-4C Phantom II. Ils ont profité de leur visite aux États-Unis pour s'informer sur le Boeing KC-135 Stratotanker dont le soutien à ces avions était considéré comme nécessaire. Les officiers de la RAAF se sont ensuite rendus au Royaume-Uni et en France pour tester respectivement le BAC TSR-2 et le Dassault Mirage IV[1]. Dans son rapport final, l'équipe a rejeté le F-4C en raison de son manque de portée, de performance à basse altitude et de la capacité de reconnaissance dont la RAAF avait besoin. Alors que le F-111 était celui qui convenait le mieux parmi tous les avions testés, l'équipe a proposé que la RAAF obtienne 36 Vigilantes étant donné qu'ils remplissaient aussi les conditions de cette dernière et qu'ils pouvaient être livrés en un temps plus court[2]. Le gouvernement de l'Australie a rejeté ce conseil et a décidé d'acheter 24 F-111. À l'époque où l'achat a eu lieu (fin 1963), ces avions devaient être livrés en 1967[3]. La date de livraison a été repoussée d'un an après que l'Australie eut décidé de commander l'unique autre version du F-111C[4]. À la fin de l'année 1963, les États-Unis ont décidé de prêter à l'Australie 24 bombardiers Boeing B-47 Stratojet jusqu'à ce que les F-111 soit livrés. Le conseil de l'air de la RAAF[Notes 1] s'est opposé à cette acquisition car ces avions étaient obsolètes et leur utilisation couterait cher. À la place, il a recommandé au cabinet australien de louer aux États-Unis un groupe d'avion d'attaque au sol F-4C (la version RF-4C de reconnaissance) ainsi que des avions ravitailleurs si l'on avait provisoirement besoin d'une force de frappe. Le cabinet a pris la décision en 1964 de rejeter ces deux options[6]. Entre 1965 et 1970, six pilotes australiens affectés à l'USAF pilotaient des Phantom lors de la Guerre du Viêt Nam[7],[8].

Le projet des F-111 a connu d'importants problèmes à la fin des années 1960. Au vu des retards dans la fabrication de la version de reconnaissance RF-111 des F-111 que l'Australie a commandé en quatre exemplaires, la RAAF a considéré le fait d'acheter huit RF-4C ou huit avions de reconnaissance RF-4E et deux ravitailleurs au début de l'année 1968. L'Air Force et le gouvernement ont fini par arriver à la conclusion qu'il était trop tôt pour prendre une décision à ce propos et aucune action n'a été entreprise[9]. La RAAF a accepté les 24 F-111C lors d'une cérémonie à Fort Worth au Texas le [10]. À cette époque, le programme F-111 se portait très mal à cause de problèmes techniques concernant l'assemblage de l'aile de l'avion et tous les F-111 ont été cloués au sol lorsque l'un de ces appareils s'est écrasé aux États-Unis le . Les tests qui ont suivi ont révélé d'autres problèmes, notamment avec les composants du F-111 n'atteignant pas leur durée de vie prévue et les avions australiens ont été immobilisés à Fort Worth jusqu'à ce que ces défauts soit corrigés[4],[11]. La RAAF a ensuite évalué le F-4E Phantom II Blackburn Buccaneer, le Vought A-7 Corsair II et le Grumman A-6 Intruder pour qu'ils servent de possible remplacements au F-111. Seul le F-4E se rapprochait de ce dont la RAAF avait besoin même si sa courte portée et son manque de radar de suivi de terrain et d'éléments de brouillage étaient problématiques[12].
En 1970, les F-111C n'étaient pas encore prêt à voler et l'on faisait pression sur le gouvernement australien pour qu'il annule la commande ou trouve une solution de remplacement. En avril de la même année, le ministre de la défense Malcolm Fraser a signé un accord avec son homologue américain Melvin Laird spécifiant les conditions d'acceptation des F-111 pour le gouvernement australien. La location à l'Australie de 24 F-4E Phantom à prix réduit faisait partie des négociations précédant cet accord. Fraser a recommandé cette offre, un geste soutenu par le Cabinet et le conseil de l'air[13],[14]. Mais la RAAF n'a pas changé d'avis sur les F-111C et le conseil de l'air a publié une déclaration courant mai affirmant que ces avions « répondraient de manière certaine beaucoup mieux aux besoins opérationnels de la RAAF que les le F4-E »[12].
Une équipe de la RAAF avec à sa tête le général de corps aérien et vice-maréchal de l'air Charles Read fut envoyé aux États-Unis en pour négocier les termes de cette location. Après avoir étudié ces derniers, Read a donné son feu vert et d'après l'historien spécialiste de la RAAF Alan Stephens, cette décision a « enchanté les officiers supérieurs ainsi que les équipages »[15]. Le Cabinet a par la suite apprové la location de 24 Phantom pendant deux ans pour un coût total de 41 554 000 dollars américains (comprenant l'entrainement, les pièces détachées et les conseils techniques) et l'accord officiel pour cela a été signé le . L'US Air Force a appelé ce projet « Peace Reef »[14]. Les termes de l'accord de location permettaient au gouvernement australien d'acheter entièrement les Phantom si le programme F-111C était annulé[16] mais autorisaient aussi l'USAF d'exiger le retour immédiat de leurs avions ainsi que de leur équipement en cas d'urgence nationale. Laird a donné a Fraser un engagement écrit stipulant que cette option ne ferait pas l'objet d'un exercice, ce qui n'a jamais été médiatisé[15]. Il a également promis que les ravitailleurs de l'USAF serait présents pour soutenir les Phantom australiens en cas de crise, dépendant des besoins américain et des termes des accords pertinents entre les deux pays[15].

