Medjahers

tribu arabe de la région de Mostaganem From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Medjahers (en arabe : مجاهر) sont une alliance tribale arabe hilalienne située à l'ouest de la wilaya de Mostaganem, qui comprend environ 25 fractions.L'alliance comprend également des chorfas, qu'ils soient Idrisides ou Sulaymanides[1].

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Medjahers
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Origines

Les Medjaher sont une tribu nomade d’origine bédouine, appartenant à la grande confédération tribale des Banu Suwayd[2],[3],[4], ces derniers issues de Zoghba, une des branches de Banu Hilal venu du Najd. Au moins 14 chefs des Banu Suwayd etaient issu des Medjaher.

Géographie

Situation

Communes limitrophes de Medjahers
Méditerranée Méditerranée Dahra
Bordjia Medjahers Bordjia
Bordjia Bordjia Bordjia

Fractions de tribu

La tribu comporte plusieurs fractions[5],[6] :

  • les Ghufayr
  • Ouled Chafii
  • Ouled Malef
  • Ouled Bourahma
  • Ouled Boukamel
  • Ouled Dani
  • Ouled Hamden
  • Ouled Sidi Abdellah
  • Chorfas d'Ain Boudinar
  • Reziguia
  • Ouled Chaker
  • Hessainia de Masra
  • Mzarah
  • Hebra
  • Rafii

Les fractions d’ascendance non hilalienne :

  • Les Chorfas d’Aïn Boudinar, également connus sous le nom de Chorfa Hamadia, descendent d’un saint d’ascendance sulaymanide venu du Maroc, Sidi Jaber Ibn Sidi Youssef Al-Charif[7].
  • Les Ouled Sidi Abdallah descendent du saint patron de Mostaghanem, Sidi Abdallah Al Khattabi, d’ascendance idrisside[7],[8]. Muḥammad ibn ʿAli Sanussi, fondateur de la ṭarīqa et de la dynastie sanoussiennes, était originaire de cette fraction[9].
  • Les Reziguia seraient aussi descendants de Sidi Abdallah Al Khattabi, de part son fils Sidi Abd Al Rahman qui aurait eu Rezigua pour fils[10].


Au sein de la confédération des Méhal, on trouve plusieurs tribus connues sous le nom d’Ouled ou Banu Ariff. Elles descendent toutes d’Ariff ibn Yahya, par l’intermédiaire de ses deux fils, Abou Bakr et Mohammed[13].

Parmi les descendants d’Abou Bakr figurent les Ouled Cherif, les Ouled Affan, les Ouled Massoud et les Ouled Mimoun, tous établis dans la région de Tiaret[14].

Quant aux descendants de Mohammed, ils comprennent les Ouled Kosseir de Chlef, ainsi que les Ouled Bassem, les Ouled Ayyad et les Ouled Arraj, principalement installés dans la région de Tissemsilt[15].

Histoire

Époque médiévale islamique

En 1220, après avoir conquis Bouira et le Titteri, Yaghmoracen concéda aux Suwayd, qui vivaient dans ces régions, le territoire s’étendant d’Oran à Mostaganem jusqu’à la vallée de la Mina. À cette époque, les Suwayd etaient sous le commandement des Ouled Issa, issus de la branche des Hamdan[19].

Durant le règne de Yaghmoracen, les Suwayd, dirigés par ʿUmar ibn Mahdi ibn Issa, occupaient un rang si élevé que le sultan lui confia la gouvernance de Tlemcen et des régions avoisinantes lors de ses absences[20].

À son accession au trône de Tlemcen, Abou Tachfin Ibn Moussa Ibn Othman Ibn Yaghmoracen accorda d’abord sa faveur à ʿArif ibn Yahya, son ancien compagnon. Toutefois, sous l’influence de Hilal, l’affranchi du roi, jaloux de son ascension, ʿArif tomba rapidement en disgrâce.Contraint à l’exil, il se réfugia chez les Mérinides et se présenta à la cour du sultan Abou Saïd en 720 H / 1320. En représailles, Abou Tachfin fit arrêter Saïd ibn Othman, oncle de ʿArif, qui mourut en prison[21].

ʿArif ibn Yahya obtint auprès du sultan Abou Al Hassan la préséance sur tout les arabes au service de l’Empire Mérinide, il participa meme a la fameuse Bataille de Kairouan avec des hommes a lui. Après la mort de ʿArif ibn Yahya décédé en 732 H, le sultan confia à Ouenzemmar, fils de ʿArif, le commandement des Suwayd, ainsi que celui de l’ensemble des branches des Beni Malik et des Zoghba. Il lui accorda également l’autorité sur toutes les tribus nomades établies dans son ressort, et lorsqu'e Abou Inan s’empara de Tlemcen, il attribua à Ouenzemmar le territoire du Seressou, la Kalaâ des Beni Salama, ainsi qu’une vaste partie des terres occupées par les Toudjîn[21].

À la mort du sultan Abou Inan, les Zianides furent restaurés au pouvoir grâce à Abou Hammou Moussa. Ils reprirent le contrôle de la province et de la ville de Tlemcen, et confièrent alors le commandement des Suwayd à Mimoun ibn Saʿîd ibn Othman ibn ʿUmar ibn Mahdi ibn ʿIssa[21].

Par la suite, de retour parmi les leurs, Abou Bekr et Mohammed, frères de Ouenzemmar qui lui etait parti en retraite spirituelle a Oujda tout en continuant de conseillé les Merinide, firent assassiner Mimoun dans sa propre tente, en s’appuyant sur certains de leurs serviteurs et dépendants. Après cet acte, ils s’emparèrent du commandement des tribus Suwayd[21].

Époque Ottoman et les Méhal

À la suite de dissensions internes au sein des Zianides, un homme du nom de Mahmud, descendant d'ʿArif ibn Yahya fonda un emirat qui reuniras plusieurs tribus Suwayd et Amazigh autours d'un meme sentiment et d'un meme objectif.Les Mehals se révoltèrent contre les Zianide et prirent le contrôle de Mostaganem, Mazagran et Ténès[22].

Sous l’autorité de Hamida al-ʿAbd, les Mehals bien qu’ils ne contrôlaient directement qu’un nombre limité de villes Mostaganem, Mazagran, Ténès et Mazouna ; toutefois, l’ensemble des tribus berbères et arabes du Sahel, de Mostaganem jusqu’à Miliana dans la Mitidja, reconnaissaient leurs lois et leur autorité[22].À leur apogée, les Mehals étendaient leur territoire de Mazagran jusqu’à Médéa[23].


Au 16ème, l'émir Hamida al-'Abid est de ceux qui font appel à Barberousse contre l'Espagne.Les Mahal tenaient jalousement à leur principauté et à Tenes, leur capitale. Cela entraîna un conflit avec Arroudj. Al-'Abid se révolta en 1517 contre Arroudj et leva une expédition de 10.000 cavaliers des tribus Suwayd, mais Arroudj les surprit et les vainquit dans les plaines de Chlef en juillet et s'empara des territoires de Tenes, Relizane et Mostaghanem[24].

Après de longues négociations, Khéreddine Barberousse restitua toutefois la ville de Ténès à Ḥamida el-ʿAbd, qui retrouva ainsi son prestige auprès des siens.Par la suite, il demeura allié des Ottomans dans la lutte contre les Espagnols, notamment lors de l’expédition contre Tlemcen menée par Ḥassan Agha en 1543, à laquelle Ḥamida el-ʿAbd participa avec deux mille cavaliers[24].

Après sa mort en 1545, la région fut intégrée au Beylik de l’Ouest à partir de 1565, avec Mazouna comme capitale[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30],[31].

Pendant deux siècles, cette tribu mena une lutte armée contre les Turcs. [...] Al-Mahdi al-Bu'abdali écrit  La révolte des Suwayd, connue chez le peuple [en tant que] soulèvement des Méhal, avait duré deux siècles environ...»[32]

Époque de l'émir Abd Al Kader

Lors de la proclamation de l’Émirat par Abdelkader en février 1833, les chefs des Medjaher furent parmi les premiers à prêter allégeance. La tribu joua un rôle essentiel dans la consolidation de l’autorité de l’Émir autour de Mostaganem, en particulier après l’occupation de la ville par le général Desmichels et l’alliance des Karaghla avec les Français contre les habitants favorables à Abdelkader[7].

Les Medjaher imposa un siège strict sur l’approvisionnement de la garnison turque et française à Mostaganem, et participa activement à la fameuse bataille d’Al Macta, tout en facilitant la fuite et le ralliement d’individus et de groupes des tribus Daouars vers l’Émirat[7].

Il est à noter que, dans les premières années de son pouvoir, Abdelkader ne chercha pas à rompre avec les chefs installés sous l’ère ottomane chez les Medjaher. Ces chefs conservèrent leurs postes traditionnels, tels que [7]:

  •   Agha Mohammed Ben ‘Ajal, Agha des Medjaher[7]
  •   Agha Si Cherif,
  •   Agha Mohammed Ben Si Lekhal.

Après la rupture du Traité de Tafna en 1839, les Medjaher se sont illustrés dans le siège imposé par l’Émir Abdelkader à Mazagran en 1840, siège qui força les troupes françaises à se replier et à se barricader dans Mostaganem[7].

Cependant, dès 1839, les relations entre les Medjaher et l’Émir Abdelkader entrèrent dans une phase de tension et de confrontation, qui se solda par le déplacement forcé de la tribu vers la vallée de Mina, en guise de sanction pour ses transactions commerciales avec la garnison française de Mostaganem[7].

Les Medjaher ne purent regagner leurs terres qu’après avoir acquitté l’intégralité des arriérés d’impôt exigés par l’autorité émirale, soit 300 chevaux et 3 000 fusils de fabrication française[7].

Les rapports du consul Dumas indiquent que la cause principale du conflit résidait dans le refus des Medjaher d’appliquer les instructions de l’Émir, qui interdisait aux tribus sous son autorité de commercer directement avec les Français[7].

En effet, bien que le traité Desmichels ait reconnu la liberté de commerce entre les deux parties, Abdelkader imposa que tout échange se fasse exclusivement par l’intermédiaire de ses agents commerciaux, instaurant ainsi un monopole économique au profit de l’État émiral[7].

Ce monopole suscita méfiance et crispations au sein des tribus, qui y voyaient une pratique restrictive portant atteinte à leurs intérêts. Pour contourner cette contrainte, les Medjaher entretenait clandestinement des échanges avec les Français, leur fournissant chevaux, bétail et céréales, en échange d’armes à feu (fusils et pistolets). Cette situation amena Abdelkader à menacer les Medjaher de sanctions sévères, culminant avec leur bannissement vers Mina afin de couper tout lien commercial avec la garnison française de Mostaganem[7].

Les tribus ne respectèrent pas pleinement les engagements pris par l’Émir Abdelkader avec les Français, à travers les deux traités de Desmichels et de Tafna, en particulier ce dernier[7].

Selon le traité de Tafna, l’Émir s’était engagé à fournir aux Français [7]:

  • 30 000 kg de blé oranais,
  • 30 000 kg d’orge oranais,
  • 5 000 têtes de bétail,

tous les deux mois, le premier versement devant être effectué le 15 juillet 1837, conformément à l’accord conclu entre l’Émir et le général Bugeaud[7].

Cependant, certaines tribus refusaient de traiter avec les Français à travers les agents commerciaux de l’Émir, n’acceptant ni l’intermédiation, ni le monopole commercial imposé par l’État émiral. À cela s’ajouta l’instauration de l’impôt El-‘Aouna en 1839, après le retour de l’Émir du siège d’Aïn Madhi[7].

Cet impôt ne cessa d’augmenter de jour en jour, au point que les tribus n’en supportaient plus le poids. À titre d’exemple, l’impôt imposé à la tribu de […] s’élevait à 30 000 douros, soit l’équivalent de 54 000 francs français, ce qui provoqua une insoumission ouverte, marquant les premiers signes de rupture dans leur allégeance envers l’Émir Abdelkader[7].

Après le départ du camp vers Oran, l’Emir attaqua les Medjaher restés dans le Chéliff inférieur, ceux qui s’étaient soumis à l’autorité de l’État Francais ou commençaient à se soumettre. Il les déplaça de leur lieu d’origine vers des localités supérieures, entre Mal‘ab Qarbusah et Guelizane. Il ne leur permit pas de revenir avant d’avoir confisqué 300 chevaux avec leurs selles et fusils, transportés dans des sacs, meme sanction que les precedents[7],[33].

Selon Estherhazy, l'un des premiers gros indice de dissidence au sein des tribus Medjaher apparurent dès 1841, lorsque Mustapha ben Ath-Thihami al Medjaher fut contraint de quitter ses terres pour s’installer dans la région de Mina, entre Mal'ab Qarbusah et Relizane, en guise de sanction pour avoir continué à commercer avec la garnison française de Mostaganem, contre les ordres de l’Émir, ainsi que la défection du caïd Tayyeb ben Qarnia, chargé d’assurer le blocus et de restreindre les mouvements de la garnison française à Mostaganem[7],[33].

Lorsque ces événements furent rapportés aux Français, le colonel Tombur sortit avec sa troupe de Mostaganem et attaqua Ahmed ben Kerdagh, chef des Ouled Bou Kamel et Amarna, tuant beaucoup d’hommes et forçant les survivants à se rendre. Il descendit ensuite vers le bas de Mostaganem, et après quelques jours, les tribus Chorfa et Hashem Daroug se soumirent, Lorsque l’Emir apprit ces événements par l'intermédiaire des Flitta, il se dirigea pour les rétablir, mais la situation avait déjà été résolue, car le camp à Chotout Chéliff était déjà sécurisé, et lorsque la nouvelle parvint au colonel Tombur, il quitta Mostaganem avec sa troupe et ses munitions pour attaquer de nouveau, mais le combat tourna à l’avantage des troupes de l’Emir, beaucoup de soldats français furent tués, et le reste fut mis en fuite. L’Emir ne survécut qu’en raison de la rapidité de son cheval, qui lui permit d’échapper de justesse à l’encerclement. Après avoir traversé la rivière, l’Emir s’arrêta et examina la situation attentivement. Il constata que ses sujets s’étaient soumis à l’autorité de l’État Francais et étaient rassemblés autour de lui. Ému, il regretta les pertes subies et exprima sa satisfaction en tapant dans ses mains[7],[33].

Ainsi suite a tout ces evenements, 2 chefs furent défecté :

    •    Ahmed Ben Kerdagh, chef des Ouled Boukamel[7],

    •    Chérif Ben Dan, l’un des chefs les plus influents des Ouled Sidi Abdallah[7].

Les conséquences directes de ces ruptures furent l’allègement du siège imposé à la garnison française de Mostaganem[7].

Toujours selon Estherhazy, Bugeaud profita de cette crise interne pour affaiblir davantage l’influence de l’Émir dans la région. Il nomma El-Hajj Mostapha Ben El-Moqallach comme Bey de Mostaganem, exploitant ainsi la détérioration des relations entre les Medjaher et l’Émir Abdelkader pour retourner la situation à son avantage[7].

Ce changement progressif dans les positions politiques des tribus Medjaher conduisit, peu à peu, à un déplacement de leurs allégeances au profit de El-Hajj Mostapha, Bey de Mostaganem, plutôt qu’envers l’Émir Abdelkader[7].

Et le 9 août 1841, les tribus Medjaher finirent par se soumettre les unes après les autres à l’autorité française en prêtant allégeance à El-Hajj Mostapha. Parmi les premières à se rallier figurèrent [7]:

  •  Ouled Hamdane,
  •  Ouled Malef
  • Ouled Sidi Abdallah,
  • Ouled Boukamel.

D’après Estherhazy, ce ralliement s’explique essentiellement par l’impact moral et politique qu’eut la nomination de El-Hadj Mostapha, petit-fils du Bey Mohammed El-Kébir, événement qui renforça son prestige et son influence au sein des tribus[7].

Ce basculement des Medjaher fut lourd de conséquences pour la stratégie militaire de l’Émir Abdelkader. En effet, cette confédération tribale constituait une force militaire importante, fournissant à l’Émir près de 700 fantassins et 350 cavaliers[7].

Mais lorsque éclata l’insurrection de la Tariqa Tidjania, dirigée par le chef résistant Boumaaza, les tribus Medjaher s’y associèrent et rejoignirent le mouvement dans les montagnes du Dahra, jouant un rôle déterminant dans le ravitaillement et le soutien logistique de l’insurrection[7].

Toutefois, après la reddition de Boumaaza en 1847, les tribus Medjaher finirent elles aussi par déposer les armes et se soumettre au général Bourjolly, scellant ainsi leur ralliement définitif aux forces françaises au courant de l’année 1847[7].

Coutumes et traditions

La tribu se distingue par l'organisation de nombreuses célébrations sociales connues sous le nom de Waada dont les plus importantes sont[34] :

  • Waada de Sidi Charef
  • Waada de Sidi Ben Dhehia
  • Waada de Sidi El Adjel
  • Waada de Sidi Abdallah
  • Waada de Sidi Omar
  • Wadaa de Sidi Abdalkader

Personnalités liées à la tribu

Références

Voir aussi

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