Melanie Joy
From Wikipedia, the free encyclopedia
Harvard Graduate School of Education (en)
Université Harvard
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation |
Saybrook University (en) Harvard Graduate School of Education (en) Université Harvard |
| Activités |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Site web | |
| Distinction |
Prix Ahimsa (en) () |
Melanie Joy, née le , est une psychologue sociale et une activiste américaine. Elle a été professeur de psychologie et de sociologie à l'université du Massachusetts à Boston, et présidente de Beyond Carnism (Dépasser le carnisme), un groupe de défense à but non lucratif qu'elle a fondé en 2010[1],[2]. Elle est surtout connue pour son ouvrage Pourquoi les chiens sont nos amis, les cochons notre nourriture, et les vaches nos vêtements ? (en) qui introduit/popularise le concept de carnisme.
Melanie Joy est diplômée de l'École supérieure des sciences de l'éducation de Harvard et titulaire d'un doctorat en psychologie de l'université de Saybrook. À 23 ans, alors qu'elle poursuivait ses études à Harvard, à la suite de la consommation d'un hamburger contaminé elle a contracté une infection qui l'a amenée à être hospitalisée. À la suite de cet incident, elle est devenue végétarienne[3],[4] et activiste[4], puis a opéré une transition graduelle vers le véganisme[5].
Sa recherche doctorale a tout d'abord porté sur la psychosociologie de la violence et de la discrimination, pour s’orienter par la suite vers les questions relatives à la psychologie des consommateurs de viande. Remarquant chez les sujets qu’elle interrogeait un schéma de pensée irrationnel et incohérent, elle a été amenée à émettre la théorie selon laquelle notre attitude vis-à-vis de la viande est le reflet de préjugés acquis. Cette notion est à la base de la majeure partie de ses travaux ultérieurs[6].
Melanie Joy a utilisé pour la première fois le terme de carnisme dans un article paru en 2001 dans la revue Satya[7],[8], sans que l’initiative reçoive beaucoup d’écho sur le moment. C’est en 2009, à la suite de la parution de son ouvrage Why We Love Dogs, Eat Pigs, and Wear Cows (Pourquoi les chiens sont nos amis, les cochons notre nourriture, et les vaches nos vêtements ?) que le concept a fini par devenir populaire[8]. Elle définit le carnisme comme un appareil idéologique qui pousse au choix de manger de la viande sans nécessité physiologique – dans les pays développés du moins – sans avoir conscience qu’il s’agit d’un choix et non d’une nécessité[9],[10].
Le concept de Melanie Joy a influencé les études menées ultérieurement sur ce qu’on appelle désormais le « paradoxe de la viande ». Il s’agit de l'incohérence apparente que révèlent nos différentes attitudes à l'égard des animaux – qui consistent notamment à exprimer de l'affection envers certains animaux tout en en mangeant d'autres – et de la dissonance cognitive que ce type de comportement implique[9]. Au cours des années 2010, plusieurs travaux ont confirmé que la rationalisation autour de la consommation de viande impacte négativement notre capacité d'empathie envers les animaux consommés – ou plus généralement exploités pour leur lait, leurs œufs, leur laine, leur peau, etc. –, notre capacité à éprouver de la culpabilité pour nos actes les faisant souffrir, et tend globalement à nous les faire considérer comme des objets[8],[11],[12],[13].
En 2010, elle fonde l’association américaine Carnism Awareness & Action Network (CAAN), rebaptisée Beyond Carnism en 2010[1], qui base son action sur des conférences publiques, des campagnes d’information à destination des médias, la production de documents vidéos et la formation à l’action militante dans le but de modifier l’opinion publique au sujet de la viande, principalement aux États-Unis et en Allemagne[14].