Mentalisation
From Wikipedia, the free encyclopedia
En psychologie et en psychanalyse, la mentalisation (en allemand Mentalisierung, en anglais mentalization) est la capacité ou l'activité mentale par laquelle une personne interprète les comportements d'autrui ou les propres siens en se reportant aux états mentaux (croyances, sentiments, souhaits, pensées, etc.) qui pourraient être à l'origine de ces comportements[1].
La mentalisation est liée à la théorie de l'esprit, laquelle désigne l'aptitude qu'a un individu à s'attribuer des états mentaux ou à en attribuer à d'autres individus[2]. Elle est aussi une composante clé de la cognition sociale et est importante pour l'empathie, la communication et l'établissement et le maintien de relations. On pense également qu'elle joue un rôle dans la régulation des émotions et des comportements.
Le concept de mentalisation trouve son origine dans les travaux de psychanalystes tels que Sigmund Freud et Melanie Klein, qui ont souligné l'importance de comprendre les processus mentaux inconscients dans le comportement humain.
Le terme mentalisation est apparu au XXe siècle. On attribue sa paternité au psychologue suisse Édouard Claparède[3], qui l'utilise dès 1930 dans la revue polonaise Polskie Archiwum Psychologji (Archives de psychologie polonaise)[4]. Au XXIe siècle, le terme mentalisation rapporte habituellement à l'activité ou à la capacité de lier des états mentaux et des comportements. Cependant, certains dictionnaires généraux ou terminologiques non spécialisés lui prêtent des acceptions plus spécifiques. Ainsi, en France, Le grand Larousse illustré et sa version en ligne[5] indiquent que le terme mentalisation servirait à désigner spécifiquement l'« Intellectualisation des conflits psychiques. » Au Québec, le Grand dictionnaire terminologique indique que le terme mentalisation serait un « Mot utilisé pour désigner une prise de conscience[6]. » Ces définitions étaient présentes à l'identique dans les éditions antérieures de ces ouvrages, éditées au XXe siècle.
La compréhension moderne de la mentalisation en tant que concept psychologique distinct est apparue dans les années 1990 grâce aux travaux de Peter Fonagy et de ses collègues.
Fonagy et ses collaborateurs ont élaboré une théorie de la mentalisation qui met l'accent sur le rôle des expériences de la petite enfance dans le développement des capacités de mentalisation. Selon leur théorie, les enfants qui vivent des relations d'attachement sécurisantes avec leurs principaux fournisseurs de soins sont plus susceptibles de développer de fortes capacités de mentalisation, tandis que ceux qui vivent un attachement insécurisant risquent d'éprouver des difficultés de mentalisation
Depuis les travaux de Fonagy, la recherche sur la mentalisation s'est élargie pour inclure des études sur sa base neuronale, son rôle dans la psychopathologie et son potentiel en tant qu'outil thérapeutique. La thérapie basée sur la mentalisation (MBT) a été développée en tant qu'approche thérapeutique pour divers troubles mentaux, y compris le trouble de la personnalité borderline, la dépression et l'anxiété.