Michael Haberlandt
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Michael Haberlandt (, Ungarisch-Altenburg – , Vienne) est un folkloriste et indologue autrichien, actif dans le développement du folklore et de l’ethnologie à l'Université de Vienne et au sein des institutions muséales autrichiennes.
Né dans une famille de la classe moyenne, Michael Haberlandt est le fils de l’agronome Friedrich Haberlandt. Il étudia l’indologie à l’Université de Vienne, où il obtint son diplôme en 1882. La même année, il fut nommé conservateur du département d'anthropologie et d'ethnographie du Muséum d'histoire naturelle de Vienne.
En 1892, il devint le premier maître de conférences en ethnologie à l’Université de Vienne, discipline alors nouvellement instituée, avant d’être nommé professeur associé en 1910. Parmi ses élèves figure l’ethnologue Marianne Schmidl (1890-1942), première femme autrichienne docteure en ethnologie. Haberlandt joua un rôle important dans sa formation : il lui dispensa des cours d’ethnographie à l’Université de Vienne, l’accompagna dans ses premières recherches et la soutint dans ses activités scientifiques et muséales, notamment lors de collectes d’objets pour le Musée autrichien des arts et traditions populaires.
En collaboration avec Wilhelm Hein, il fonda en 1894 la Société de folklore (Verein für Volkskunde), puis en 1895 la Revue de folklore autrichien (Österreichische Zeitschrift für Volkskunde). Dans cette revue, il publia notamment des comptes rendus favorables d’ouvrages à caractère racial et antisémite, tels que la réédition en 1930 d’un livre de Hans F. K. Günther[1].
En 1925, à l’occasion du trentième anniversaire de la Wiener Zeitschrift für Volkskunde, un volume d’hommage (Festschrift für Michael Haberlandt) fut publié, auquel contribuèrent plusieurs de ses élèves et collaborateurs, dont l’ethnologue Marianne Schmidl. Cette publication souligne l’importance de son rôle de mentor et sa contribution à la formation de la génération suivante de chercheurs en ethnologie.
Toujours en 1895, Michael Haberlandt cofonda avec Wilhelm Hein le musée aujourd’hui connu sous le nom de Musée autrichien des arts et traditions populaires (Österreichisches Museum für Volkskunde), dont le développement fut en grande partie le résultat de son activité scientifique et institutionnelle. De 1911 à 1923, il en assura la direction, fonction exercée avec une rémunération versée par l’État.
À partir de 1924, la direction du musée fut confiée à son fils, Arthur Haberlandt. Sous cette direction, l’institution connut une radicalisation idéologique marquée : dès 1933, quatre cinquièmes du personnel étaient membres du parti national-socialiste (NSDAP), alors interdit en Autriche. Michael Haberlandt est accusé de ne pas s’être publiquement distancié de cette évolution et d’avoir, en coulisses, soutenu l’orientation national-socialiste et raciste du musée. Il lui est également reproché d’avoir contribué à la marginalisation et à l’exclusion d’employés et de chercheurs juifs, parmi lesquels l’ethnologue Eugénie Goldstern[1].
Michael Haberlandt fut membre correspondant de Académie autrichienne des sciences. Amateur de musique, il soutint activement le compositeur Hugo Wolf et participa à la diffusion de son œuvre en fondant la Société Hugo Wolf.
Depuis 1955, une rue du 22ᵉ arrondissement de Vienne (Donaustadt), la Haberlandtgasse, porte son nom[2].
Révocation du tombeau honorifique
Après la mort de Michael Haberlandt, les autorités municipales de Vienne, sous le régime national-socialiste, lui attribuèrent une sépulture d’honneur au cimetière central de Vienne (Zentralfriedhof). Ce statut fut révoqué en 2011 à la suite des travaux d’une commission d’enquête chargée d’examiner les sépultures d’honneur accordées durant la période nazie.
Dans ses conclusions, la commission estima que, malgré la portée internationale de l’œuvre scientifique de Haberlandt, la présence de contenus racistes dans certaines de ses productions ainsi que son absence de prise de distance face à la radicalisation idéologique du Musée autrichien des arts et traditions populaires ne permettaient pas de justifier le maintien de cette distinction.
Publications sélectionnées
- (de) Zur Geschichte einiger Personalausgänge bei den thematischen Verben im Indogermanischen, Wien, Gerold,
- (de) Der altindische Geist. In Aufsätzen und Skizzen, Leipzig, Liebeskind,
- (de) Völkerkunde, Leipzig, Göschen, , 1re éd.
- (de) Völkerkunde, Leipzig, Göschen, , 2e éd.
- (de) Völkerkunde, Leipzig, Göschen, , 3e éd.
- (de) « Conträre Sexual-Erscheinungen bei der Neger-Bevölkerung Zanzibars », Zeitschrift für Ethnologie, Oskar Baumann, vol. 31, , p. 668-670
- (de) Cultur im Alltag. Gesammelte Aufsätze, Wien, Wiener Verlag,,
- (de) Die Völker Europas und des Orients, Leipzig/Wien, Bibliographisches Institut,
- (de) Einführung in die Volkskunde mit besonderer, vol. 1, Wien, Berücksichtigung Österreichs,
- (de) Die Völker Europas und ihre volkstümliche Kultur, Stuttgart, Strecker & Schröder,