Michael Christoph Lauber, dit Mike Lauber depuis les années 1990, naît le à Olten[2], dans le canton de Soleure. Il est originaire de Winterthour et de Lucerne[3]. Il est le fils d'un pasteur[4] et d'une mathématicienne[5]. Il a un frère cadet[2].
Après avoir terminé son gymnase à Olten, il obtient sa licence en droit à l’Université de Berne[2] puis son brevet d'avocat en 1992[3].
Carrière
En 1992, il commence sa carrière en tant que juge d'instruction auprès du canton de Berne. Il quitte le poste un an plus tard et devient chef de brigade à la police judiciaire du canton de Berne. En 1995, il est nommé chef de la division de lutte contre le crime organisé et le blanchiment à l'Office fédéral de la police[3]. Il démissionne en 2000 à la suite d'un désaccord en interne[6] puis travaille comme avocat durant un an à Zurich, où il dirige notamment PolyReg[3], un organisme d'autorégulation interprofessionnel d’intermédiaires financiers.
Il officie comme directeur du Bureau de communication en matière de blanchiment d'argent du Liechtenstein de 2001 à 2004. Pendant les six années suivantes, il est à la tête de l'association des banquiers de la principauté[3].
Le , il est élu au poste de procureur général de la Confédération par l'Assemblée fédérale, avec 203 voix sur 206 bulletins valables. Il succède à ce poste au SchaffhousoisErwin Beyeler(de)[7]. C'est la première fois que le Parlement désigne le procureur général: jusqu'ici, ce magistrat était nommé par le Conseil fédéral. Michael Lauber est réélu le par 195 voix sur 216 bulletins valables[8], puis en 2019 pour un troisième mandat avec 129 voix sur 243 bulletins valables[9].
À la fin , la Commission judiciaire de l'Assemblée fédérale ouvre une procédure de révocation à son encontre[10]. Il démissionne le , avec effet au en raison de son solde de vacances au [11], tout en continuant de «rejeter fermement l’accusation de mensonge»[12]. La Commission judiciaire décide à la mi-août de clore la procédure de révocation dirigée contre lui[13]. Son successeur, Stefan Blättler, n'est élu qu'un an plus tard, en , après trois mises au concours[14].
Vie privée
Il n'est membre d'aucun parti[15], même s'il vient d'une famille à sensibilité libérale[2].
Il est épinglé lors d'une instruction sur le président de la FIFA, Gianni Infantino[17]. Il a eu des réunions de travail informelles avec celui-ci, pour lesquelles il ne produit de procès-verbal contrairement à ce qu'exige le code de procédure pénale. En , l'Autorité de surveillance du Ministère public de la confédération (MPC) lui inflige une baisse de salaire de 8% pour un an, considérant qu'il a fait preuve de comportement déloyal et donné de fausses déclarations lors de ses auditions à propos de ses rencontres avec Gianni Infantino[18].
D'autres rendez-vous informels ont eu lieu dans différents dossiers, notamment sur l'enquête des pots-de-vin versés par Petrobras au Brésil, par l'intermédiaire de banques suisses. Il a notamment fait des voyages au Brésil, au cours desquelles des rencontres n'ont pas été documentées[19].
Affaire russe
Avant 2017, Michael Lauber a voyagé à plusieurs reprises en Russie avec un policier fédéral condamné en 2019 pour acceptation d'avantages[20]. En , l'opposant russe Alexeï Navalny prétend que Michael Lauber a participé à un voyage en bateau en Russie avec cet ancien policier. Ces collusions du MPC auraient influencé la non-ouverture d'enquêtes en lien avec du blanchiment d'argent de fonctionnaires russes dans des banques suisses[21],[22].