Michel-Louis Talot

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Michel-Louis Talot, né le à Cholet (Anjou), mort le à Cholet (Maine-et-Loire), est un homme de loi, un homme politique et militaire français.

Décès
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CholetVoir et modifier les données sur Wikidata
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Faits en bref Membre du Conseil des Cinq-Cents, Naissance ...
Michel-Louis Talot
Fonction
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Naissance
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CholetVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Fils de Michel Talot, marchand cirier, et de Louise Jaunet, il suit des études de droit, avant de se faire agréer comme avoué au tribunal de commerce d'Angers en 1784. Partisan de la Révolution française, il est élu commandant d'un bataillon de la garde nationale de la ville puis membre du directoire départemental de Maine-et-Loire et juge au tribunal de première instance.

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Michel-Louis Talot est élu député suppléant, le quatrième et dernier, du département du Maine-et-Loire, à la Convention nationale.

Michel-Louis Talot prend part à la guerre de Vendée. Il combat à la bataille des Ponts-de-Cée[1]. Le 8 septembre 1793, Michel-Louis Talot est admis à siéger à la suite de la démission d'Urbain-René Pilastre[2].

Le 1er pluviôse an III (le 20 janvier 1795), il est élu secrétaire aux côtés de Henri Bouret (député des Basses-Alpes) et de Louis-Sébastien Mercier (député de Seine-et-Oise) sous la présidence de Stanislas Rovère (député du Vaucluse)[3].

Le 4 ventôse an III (22 février 1795), il est envoyé en mission auprès de l'armée de Sambre-et-Meuse[4], où il prend part au siège du Luxembourg, dont il annonce la capitulation le 19 prairial (le 7 juin) au Comité de Salut public[5] :

Je vous annonce, avec la plus vive satisfaction, chers collègues, la reddition de la place du Luxembourg. [...] La possession de Luxembourg, chers collègues, est de la plus haute importance sous tous les rapports; elle nous assure imperturbablement un beau et excellent pays, nous vaudra dans cette partie une armée de 60 000 hommes, sera un rempart impénétrable à nos ennemis, et nous donnera bientôt une paix glorieuse, stable et digne du nom français. Le général Hatry, officier distingué par ses talents et ses vertus militaires, commandant le blocus de Luxembourg, sous les ordres du général en chef Jourdan, vous transmet la capitulation.

Envoyé dans le Pas-de-Calais pour y réorganiser les administrations, il prend la défense devant le conseil de guerre, à son retour à Paris, du général Menou, son ancien compagnon d'armes, mis en jugement pour son comportement lors de l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV, et obtient son acquittement.

Mandat aux Cinq-Cents

Sous le Directoire, Michel-Louis Talot est réélu député du Maine-et-Loire et siège au Conseil des Cinq-Cents.

Dans cette assemblée, il défend le projet de loi astreignant les représentants au serment de haine à la royauté, obtient la condamnation à la déportation pour les personnes reconnues coupables d'avoir contribué à la dépréciation des mandats territoriaux, la monnaie-papier qui a succédé aux assignats, et, le 5 brumaire an V, s'en prend aux journaux royalistes proches du club de Clichy, proposant de punir la « calomnie ».

Défenseur du Directoire, il reproche à Aubry d'avoir destitué Masséna et Bonaparte et, après le coup d'État du 18 fructidor an V, est nommé membre de la commission provisoire des inspecteurs, prenant part aux mesures prises alors contre le parti royaliste.

Élu secrétaire des Cinq-Cents, il s'oppose au projet de Malibran, proposant 300 000 francs au général Bonaparte et fait fixer par la loi l'enceinte constitutionnelle du Corps législatif, à l'intérieur de laquelle il est interdit d'introduire une force armée sans l'accord des Conseils.

Réélu député de Maine-et-Loire le 23 germinal an VI () par 137 voix sur 268 votants et 288 inscrits, il rejoint l'opposition néo-jacobine et contribue à écarter les directeurs Treilhard, La Réveillère-Lépeaux et Merlin de Douai lors du coup d'État du 30 prairial an VII (18 juin 1799). Orateur assidu du club du Manège, il s'oppose au coup d'État du 18 brumaire. Lors de la séance extraordinaire du 19 brumaire, au château de Saint-Cloud, il proteste contre la nomination du général Bonaparte au commandement des troupes qui gardent le Corps législatif et exhorte ses collègues à la résistance. Après l'invasion de la salle par les soldats, qui évacuent les députés par la force, il est arrêté et incarcéré à la Conciergerie, dont la protection de Bernadotte parvient à le tirer.

Mais, hostile au gouvernement consulaire, il est compris sur la liste des déportés de nivôse, après l'attentat de la rue Saint-Nicaise. Après être parvenu, dans un premier temps, à échapper aux poursuites, il est découvert et enfermé au Temple, d'où il écrit à Fouché le 17 nivôse an IX () pour demander qu'on le laisse reprendre son commandement dans les armées, plutôt que de le laisser dans les fers. Puis il est déporté sur l'île de Ré.

Après plusieurs mois de détention, il est libéré et intégré dans l'armée avec le grade d'adjudant commandant le 4 frimaire an X (). Intégré dans le corps expéditionnaire envoyé à Saint-Domingue, il refuse, sous le prétexte du mauvais état de sa santé, ce qui lui vaut d'être radié des contrôles de l'armée. Ne pouvant faire rétablir l'inamovibilité de son grade, il obtient d'être admis à la retraite avec un traitement de 1 200 francs.

En août-septembre 1809, deux armées, composées de Gardes nationales et de troupes de lignes, sont organisées pour faire face à l'offensive sur l'embouchure de l'Escaut des Anglais, qui occupent Walcheren en juillet; il s'agit de l'armée de la Tête de Flandres, sous les ordres du maréchal duc de Castiglione, et de l'armée d'Anvers, commandée par le prince de Ponte-Corvo. Intégré dans l'armée de la Tête des Flandres, il sert en qualité de chef d'état-major au sein de la division qui occupe Cadzand, sous les ordres du général Soulès. Il est réformé lors de la réunion de cette armée avec celle d'Anvers[6].

Après l'échec de la campagne de Russie, sa santé délabrée lui interdit de reprendre du service. Pendant les Cent-Jours, en 1815, il quitte ses foyers pour se réfugier à Angers lors du déclenchement de l'insurrection vendéenne, retrouve ses foyers et abandonne toute vie publique jusqu'à sa mort, à l'âge de 72 ans.

Sources

  • Adolphe Robert, Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, Paris, Bourloton, 1889, tome 5, p. 363-364
  • M. Bougler, Mouvement provincial en 1789 : Biographie des députés de l'Anjou, Paris, Didier et Cie, 1865, tome 2, p. 240-267
  • Alphonse de Beauchamp, Étienne Psaume, Biographie moderne, ou Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire, Paris, Alexis Eymery et Delaunay; Mons, Leroux, 1816, tome 3, p. 280

Jean Tulard, Jean-François Fayard et Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de la Révolution française. -, Paris, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », , [détail des éditions] (ISBN 978-2-221-08850-0)

Notes et références

Voir aussi

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