Michel Boivin

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Michel Boivin est un historien et un anthropologue français spécialisé dans l'étude du sous-continent indien.

Formé en histoire contemporaine, en études islamiques et en ethnologie, il est actuellement directeur de recherche au CNRS et membre du Centre d’Études de l'Inde et de l'Asie du sud (CEIAS) à l'EHESS. Il a enseigné à l'université de Savoie Mont Blanc, à Sciences Po Lyon et à l'Université Catholique de Lyon.

Aujourd'hui, il co-dirige trois séminaires à l'EHESS : "Histoire et anthropologie des sociétés musulmanes d'Asie du Sud", "Autorité et politique dans le soufisme d'Asie méridionale et centrale" et "Culture matérielle et pratiques dévotionnelles dans les sociétés chiites".

Il coordonne par ailleurs de deux ateliers thématiques au CEIAS : "Cultures vernaculaires et nouvelle élites musulmanes en Asie du Sud coloniale et post-coloniale" avec Julien Levesque, et "Études gujarati et sindhi : sociétés, langues et cultures" avec Pierre Lachaier.

Après des études littéraires au lycée de Chambéry, Michel Boivin se spécialise dans l'histoire du monde musulman. Titulaire d'un DEA en études arabes et islamiques à l'université de Lyon 2, il soutient une thèse de doctorat en Langues, Civilisations et Sociétés orientales à l'université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle sur Shî`isme ismaélien et modernité chez Sultân Muhammad Shâh Aghâ Khân (1877-1957) puis une thèse d'habilitation en ethnologie à l'université de Paris Ouest-Nanterre sur Chiisme, soufisme et dynamiques sociales dans le Sindh contemporain (XIXe siècle-XXe siècle).

Michel Boivin est spécialisé dans l'étude de l'histoire contemporaine et de l'anthropologie historique de communautés musulmanes réparties entre l'Inde et le Pakistan pendant la période coloniale, puis depuis les indépendances. Après avoir consacré plusieurs années à l'étude des ismaéliens de ces régions, il s'est tourné vers les groupes soufis. Il a dirigé une équipe sur « Histoire et soufisme dans la vallée de l'Indus » au sein du Centre d'Études de l'Inde et de l'Asie du sud (EHESS-CNRS). Cette équipe a mis en œuvre un projet interdisciplinaire et international centré sur le site soufi de Sehwan Sharif. Cette ville moyenne située dans la province méridionale du Pakistan, le Sind, abrite la tombe du saint soufi Lal Shahbaz Qalandar (m. 1274). Ce sanctuaire est devenu un centre de pèlerinage où des pratiques de danse extatique sont réalisées. En outre, c'est également un centre œcuménique dans la mesure où les hindous ont encore un rôle important dans les rituels. Enfin, la ville de Sehwan Sharif est un lieu de rassemblement de renonçants gyrovagues qu'on appelait autrefois « qalandars », et qui sont aujourd'hui plutôt dénommés « malangs ».

L'un de ses plus récents axes de recherche concerne le « soufisme hindou » au Pakistan et en Inde. Dans un premier temps, Michel Boivin a retracé la migration des hindous sindis, puis il a enquêté sur leurs rituels soufis pour évaluer dans quelle mesure ils ont dû s'adapter à leur nouvel environnement. Par ailleurs, il a commencé un travail de collecte des publications et des manuscrits relatifs au soufisme de langue sindhî. Malgré cette référence à l'anthropologie historique, Michel Boivin continue de travailler sur l'apparition de nouvelles formes de connaissances au XIXe siècle. Il s'intéresse en particulier à la production d'une nouvelle culture dans la province du Sind résultant de l'interaction entre la colonisation britannique, l'émergence de nouvelles élites, et l'objectivation du soufisme. Se situant alors dans le prolongement les études post-coloniales, il reconstitue l'évolution de la "culture soufie du Sind" à partir d'un travail d'archives réalisé dans le sous-continent indien et en Europe.

Michel Boivin enseigne l'anthropologie historique de l'Asie du sud à l'EHESS, Paris, avec un gros plan sur l'aire sindhie. En 2008, il a créé la Mission Interdisciplinaire Française du Sindh (MIFS) et signé un MOU avec le département des Antiquités du gouvernement du Sindh. La même année, une newsletter électronique a commencé à être publiée. En 2010, la MIFS est devenue une association loi de 1901 et en 2011, Michel Boivin a lancé le Centre for Social Science in Karachi (CSSK), en signant un MOU avec l'Alliance Française de Karachi qui héberge le centre. Également en 2011, il a créé la CSSK Series avec OUP Pakistan. Le CSSK organise des conférences, des expositions, ainsi que des formations en SHS pour les étudiants, qui sont suivies de terrains réalisés dans le Sindh. En 2015, le CSSK est devenu à son tour une association loi de 1901. En plus de sa direction de doctorants à l'EHESS, il est aussi "external examiner" aux universités de Karachi et du Sindh (Jamshoro). Comme directeur du CSSK, il a signé en 2017 un MOU avec N. E. D. University, Department of Architecture and Planning, Karachi. Ce MOU visait à renforcer la coopération entre le CSSK et N. E. D. University dans le contexte du nouveau projet lancé par Michel Boivin en 2016: l'Uderolal Research Project (ULRP). À travers ce nouveau projet qui est toujours en cours, il s'agit de mettre en oeuvre une approche multidisciplinaire pour l'étude d'une figure sacrée nommée Jhulelal, vénérée par différentes populations au Pakistan et en Inde.

En 2011, Michel Boivin a été nommé membre du Comité National du CNRS, section 38 Ethnologie, anthropologie et sociologie des religions, ainsi que membre du bureau. En 2016, il a été élu membre de la même section pour un mandat de cinq ans. Enfin en 2017, Michel Boivin a été élu codirecteur du Centre d'Études pour l'Asie du sud ou CEIAS (CNRS-EHESS), avec trois autres codirecteurs : Rémy Delage, Emanuel Francis et Vanessa Caru.

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Références

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