Michele Di Pietro

prélat catholique From Wikipedia, the free encyclopedia

Michele Di Pietro (né le à Albano et mort le à Rome) est un cardinal italien du XIXe siècle.

Biographie

Michele Di Pietro est issu d'une famille de riches marchands. Son frère, Pasquale Di Pietro est avocat, cofondateur de la première école italienne de sourds-muets et recteur de La Sapienza. Il est également le grand-oncle du cardinal Camillo Di Pietro.

Il commence ses études au séminaire d'Albano puis au Collège romain et enfin à La Sapienza où il obtient en 1768 un doctorat in utroque jure, de droit civil et canon. Il est ordonné prêtre le . Il commence parallèlement sa carrière d'enseignant universitaire à La Sapienza où il est chargé de cours en droit puis enseignant de droit canon et civil et 1782 à 1792.

Après l'interdiction de la Compagnie de Jésus, il enseigne également la théologie et l'histoire ecclésiastique au Collège romain. À partir de 1788, il est également préfet des études de l'athénée pontificale urbanienne.

Parallèlement à sa carrière d'enseignant universitaire, il est repéré pour ses compétences de juriste et de théologien par le pape Pie VI, qui lui confie diverses fonctions à la Curie romaine d'abord comme consulteur à la Congrégation du Saint-Office à partir de 1787 puis en tant que secrétaire des congrégations spéciales formées pour condamner le synode de Pistoie. Il participe ainsi à la rédaction de la bulle Auctorem fidei.

En 1790, il est également nommé secrétaire de la nouvelle Congrégation pour les affaires de France, chargée d'examiner la constitution civile du clergé et les autres problématiques dues à la Révolution française. En 1792, il quitte sa carrière d'enseignant pour se consacrer à ses fonctions à la Curie, où il est également examinateur du clergé romain, prélat de la Congrégation de l'immunité ecclésiastique (it), consulteur de l'Inquisition et de la Congrégation de l'Index.

Le , le pape Pie VI le nomme évêque titulaire d'Isauropolis (de). Il est consacré le 24 février suivant en la cathédrale de Frascati par le cardinal Henri Benoît Stuart.

Lors de l'exil du pape Pie VI en 1798 au cours de la République romaine, Michele Di Pietro et Giuseppe Spina sont chargés d'administrer Rome. Dans cette charge, il se montre intransigeant face aux républicains. En mai 1798, il est brièvement incarcéré au Château Saint-Ange puis libéré après le paiement d'une importante rançon. Contraint de se cacher, d'abord par la famille de Giuseppe Antonio Sala puis chez des religieuses, il ne réapparait qu'après la chute de la République. Il administre à nouveau Rome après l'arrivée des Napolitains.

Après l'élection de Pie VII, il continue d'administrer Rome jusqu'à son arrivée dans la ville. En juillet 1800, il est nommé secrétaire de la Congrégation pour les affaires ecclésiastiques ainsi qu'à diverses commissions chargées d'examiner les différentes propositions de concordat avec la France, dans lesquelles il s'oppose vigoureusement au clergé constitutionnel. Pour le récompenser pour son action durant l'exil du pape, ce dernier le nomme patriarche titulaire de Jérusalem et assistant au trône pontifical.

Le pape Pie VII le crée cardinal in pectore lors du consistoire du . Sa création est publiée le . Il accompagne Pie VII lors de son voyage en à Paris pour le sacre de Napoléon Ier. De 1805 à 1814, il est préfet de la Congrégation pour la propagation de la foi. En 1807, il est nommé délégué apostolique pour administrer Rome au cas où le pape doive quitter la ville. En 1808, il devient également secrétaire des Mémoriaux.

En 1809, il est également l'un des principaux rédacteurs de la bulle Quum memoranda (en), excommuniant Napoléon Ier après le décret incorporant les États pontificaux à l'Empire français. En décembre 1809, il est conduit à Paris par les troupes françaises avec le cardinal Ercole Consalvi. En avril 1810, il fait partie des « cardinaux noirs » qui refusent d'assister au mariage de Napoléon et Marie-Louise d'Autriche. Interdit de porter les insignes rouges des cardinaux, il est également enfermé avec d'autres cardinaux à Semur-en-Auxois.

En 1810, il est emprisonné à Vincennes pour avoir envoyé au nom du pape l'ordre au clergé parisien de ne pas reconnaître le cardinal Jean-Sifrein Maury comme archevêque de Paris. En 1811, il est nommé pénitencier majeur par intérim et délégué apostolique pour les affaires de France. Ennemi de la France d'après les notes sur les cardinaux déportés à Paris, il était détesté par Napoléon, qui le tenait pour responsable de son excommunication.

Après la signature sous contrainte du Concordat de Fontainebleau en 1813, les cardinaux emprisonnés en France rejoignent Pie VII. Après la rétractation du pape, il est à nouveau arrêté, ainsi que le cardinal Bartolomeo Pacca, car ils sont considérés comme responsables de l'échec de cet accord. Libéré après la chute de Napoléon, il retourne à Rome où il est nommé pénitencier majeur. Durant la fuite de Pie VII à Gênes en 1815, c'est à nouveau lui qui administre Rome.

En 1816, il est élevé au rang de cardinal-évêque d'Albano. De 1818 à sa mort, il est préfet de la Congrégation de l'Index. Il occupe parallèlement de très importantes fonctions dans de nombreuses congrégations. En mai 1820, il devient vice-doyen du Collège des cardinaux et cardinal-évêque de Porto-Santa Rufina[1].

Il meurt à Rome le . Il est inhumé au sein de la cathédrale San Pancrazio d'Albano, sa ville natale[2].

Succession apostolique

Michele Di Pietro a ordonné les évêques suivants[3] :

  • Évêque Francesco Maria Ferreri (pl), C.P. (1805)
  • Évêque Giulio Maria Alvisini (1808)
  • Évêque Richard Luke Concanen, O.P. (1808)
  • Cardinal Pietro Caprano (1816)
  • Patriarche Daulo Augusto Foscolo (it) (1816)
  • Évêque Pietro Alessandro Banfi (de), O.C.D. (1816)
  • Archevêque Thomas Basilius Tomaggian, O.F.M.Conv. (1816)
  • Évêque Carlo Monti (1817)
  • Archevêque Domenico Narni Mancinelli (it) (1818)
  • Archevêque Andrea Mansi (it), O.F.M. (1818)
  • Évêque Domenico Russo (1818)
  • Archevêque Carlo Puoti (it) (1818)
  • Évêque Silvestro Granito (1818)
  • Archevêque Salvatore Maria Pignattaro, O.P. (1818)
  • Évêque Antonio Maria Nappi (1818)
  • Évêque Raphael Lupoli, C.SS.R. (1818)
  • Évêque Michele Ruopoli (1818)
  • Archevêque Antonio Barretta, C.R. (1818)
  • Évêque Nicola Caldora (1818)
  • Archevêque Giuseppe Mancini (it) (1818)
  • Évêque Baldassare Leone (it) (1818)
  • Évêque Bernardino Bollati (it), O.F.M.Obs. (1819)
  • Évêque Vincenzo Ferrari, O.P. (1819)
  • Évêque Nicola Maria Laudisio (it), C.SS.R. (1819)
  • Évêque Gennaro Pasca (fi) (1819)
  • Évêque Ignazio Greco (it) (1819)
  • Évêque Giuseppe Maria Botticelli, O.F.M. (1820)

Références

Voir aussi

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