Michihiko Hachiya
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Portée historique
Michihiko Hachiya dirige l’hôpital des communications d'Hiroshima durant la Seconde Guerre mondiale.
Le , en sa qualité d'Hibakusha, puis de médecin et de soignant des hibakusha, il représente donc un pur témoin du bombardement atomique par le B-29 américain Enola Gay.
Gravement blessé alors qu'il était chez lui, il se rend avec d'immenses difficultés jusqu'à son établissement où il trouve son personnel désemparé face au flot continu de blessés. Le bombardement fera plus de 100 000 morts.
Winston Churchill en ses mémoires de guerre décrit impassiblement, voire flegmatiquement, la situation : « Le 17 juillet nous parvinrent des nouvelles sensationnelles ; Stimson me rendit visite dans l’après-midi et déposa devant moi une feuille de papier portant ces mots : ....Les bébés sont bien nés.... À le voir, je compris qu’il s’était produit quelque chose d’extraordinaire.... Cela signifie, me dit-il, que l’expérience dans le désert du Mexique a réussi ; la bombe atomique est devenue une réalité. »[1].
Cependant, et depuis plusieurs mois, le gouvernement japonais avait chargé l'URSS, seul pays qui n'avait pas déclaré la guerre au Japon, de faire officieusement des offres d'armistice aux États-Unis[2].
Le Journal d'Hiroshima
Durant la crise, Michihiko Hachiya tient un journal personnel sur ces évènements. Ce dernier va couvrir la libération soviétique de la Mandchourie, le bombardement de Nagasaki, ainsi que la Capitulation du Japon du .
La publication du Journal d'Hiroshima (Teishin Igaku) est d'abord refusée par les forces américaines d'occupation du Japon avant d'être autorisée en 1955.
En 1950, une commission Atomic Bomb Casualty Commission a été créée avec pour finalité de découvrir si les bombes larguées sur ces deux villes en 1945 avaient provoqué des effets secondaires. Une proposition a été faite au Docteur Warner Wells de devenir consultant en chirurgie auprès de ladite commission en exerçant ces fonctions in situ, à Hiroshima et à Nagasaki.
Anecdotes
Ce journal, Michihiko Hachiya l'avait laissé dans un tiroir, pendant cinq années ; puis, il le publia dans la revue de son hôpital, entre 1950 et 1952. Ce fut Warner Wells précédemment cité, qui le remarqua et entreprit de le faire publier aux États-Unis.
Le , le même Warner Wells écrit dans l'avant propos du journal publié du Docteur Hachiya : "Nous serions tous récompensés au-delà de toute mesure si ce journal nous aidait à réveiller nos mémoires, à stimuler notre imagination et à corriger notre regard sur la guerre, particulièrement l’épouvantable guerre atomique. Car si nous ne parvenons pas à ranimer notre humanité, c’est que nous sommes maudits"[3].