Mine de Red Dog
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La mine de Red Dog est une mine à ciel ouvert de plomb, de zinc et d'argent située dans le borough de Northwest Arctic en Alaska aux États-Unis.
C'est la plus riche mine de zinc au monde, et celle qui possède les plus grandes réserves de zinc[1],[2]. Red Dog assure à elle seule 10 % de la production mondiale de zinc[3], et 55 % des revenus miniers de l'Alaska en 2008[1]. Au titre de l'exercice 2008, cette mine a produit 515 200 tonnes de zinc, 122 600 tonnes de plomb et 283 tonnes d'argent, pour une valeur totale de plus d'un milliard de dollars[1]. Fin 2008, les réserves étaient estimées à 61 400 000 tonnes de zinc pur à 17,1 % et de plomb pur à 4,5 %, sans préjudice de roches où ces métaux sont en moindre concentration[4].
Red Dog se trouve sur des terrains propriété de NANA Regional Corporation, la société nationale inupiat et elle est exploitée par la société minière Teck Resources, en coopération avec NANA Development Corporation[5]. Le minerai enrichi est acheminé par convoi à l'ouest, chargé sur des minéraliers en Mer des Tchouktches et exporté à la bonne saison.
La mine exploite actuellement à ciel ouvert le filon Aqqaluk, voisin de l'ancien puits : les réserves d'Aqqaluk sont de 56 millions de tonnes de plomb et de zinc. Ce puits devrait être exploité jusqu'en 2031[6].
Au milieu des années 1950, Bob Baker, pilote et prospecteur local, avait remarqué les écoulements rougeâtres des rivières de la région, sans parvenir à atteindre leurs sources par avion. En 1968, à la demande de Baker, un géologue de l'U.S. Geological Survey préleva des échantillons de roches et des alluvions d'une rivière que, par allusion au chien de Baker (un Terrier irlandais[7]), il baptisa « Red Dog Creek[8]. » Vers le milieu des années 1970, au terme de recherches menées par des prospecteurs de BLM, les grandes compagnies minières et le consortium NANA commencèrent à s'intéresser au site. Les premiers forages commencent en 1975[9]. En 1980, une loi, l'ANILCA (Alaska National Interest Lands Conservation Act) est entrée en vigueur et a permis à une société nationale inuite, NANA, d'affermer le sous-sol de Red Dog. Les reconnaissances de Cominco American (devenue depuis Teck Cominco) datent de 1980. En 1982, NANA attribue l'exploitation à cette compagnie. En 1986, l’État d'Alaska prend en considération la construction d'une route dédiée (DeLong Mts. Transportation System) entre Red Dog et la côte, et celle d'un port en eaux peu profondes. La même année, les habitants de Kotzebue et de 10 autres villages se fédèrent au sein du Borough de Northwest Arctic, pour exploiter les bénéfices tirés de la taxation de Red Dog mine. Les travaux d'infrastructure commencent en , et l'exploitation du gisement débute au mois de [10].
Géologie
Le plateau de Red Dog possède les filons de zinc les plus riches au monde : quatre se trouvent à Red Dog même, les autres à Anarraaq et Su-Lik, à 10 km et 18 km respectivement au nord-ouest. Ce sont des lentilles massives de sulfure enveloppées dans des strates de schistes noirs et de carbonates altérés du Carbonifère[11].
Les orogenèses du Mésozoïque (notamment celle qui a engendré la Chaîne Brooks) ont plissé et fait se chevaucher les dépôts de minerai et les strates sédimentaires. La surrection des couches et l'érosion ont dénudé une partie du filon[12].
Red Dog offre l'exemple de dépôts sédimentaires enveloppant un filon de Zn-Pb-Ag, où le minerai s'est déposé sur les fonds marins sous la forme d'une couche de sulfures de zinc et de plomb [13]. Des boues noires de carbonates de Zinc, de plomb, d'argent et de baryum ont sédimenté au fond d'un océan peu profond, il y a 338 millions d'années, au cours du Mississippien[14].
La concentration en minerais peut s'expliquer par la percolation de saumures à travers un immense bassin sédimentaire (plusieurs centaines de kilomètres carrés), qui auront lessivé et concentrés les traces métalliques présentes dans les horizons traversés. Puis les sels métalliques ont précipité sous l'action d'agents chimiques, biologiques ou physiques tapissant et infiltrant les fonds marins de Red Dog.
Selon une hypothèse, la présence d'une poche océanique, à une centaine de kilomètres de la mine actuelle, aurait favorisé une forte concentration de l'eau en sels. La saumure ainsi formée se serait infiltrée sous la surface et aurait ensuite lessivé les roches lors d'un plissement tectonique du massif, et se serait ensuite échappée par les failles du site de Red Dog, par un mécanisme voisin de celui des cheminées hydrothermales[15].