Ministère de la Protection du citoyen

From Wikipedia, the free encyclopedia

Création24 juillet 1974
Ancien nomMinistère de la Police
Ministère de l'Ordre Public
Ministère de l'Ordre public et de la Protection du citoyen
DomaineSécurité intérieure, lutte contre la délinquance, gestion des catastrophes naturelles, sécurité des frontières
Ministère de la Protection du citoyen
(el) Υπουργείο Προστασίας του Πολίτη
Image illustrative de l’article Ministère de la Protection du citoyen
Situation
Création 24 juillet 1974
Ancien nom Ministère de la Police
Ministère de l'Ordre Public
Ministère de l'Ordre public et de la Protection du citoyen
Type Département ministériel
Domaine Sécurité intérieure, lutte contre la délinquance, gestion des catastrophes naturelles, sécurité des frontières
Siège Panagioti Kanellopoulou 4, Athènes (Grèce)
Coordonnées 37° 58′ 26″ N, 23° 44′ 15″ E
Langue Grec
Budget 2,285 milliards € (2025)
Organisation
Effectifs 61 376 (2025)
Ministre Michális Chryssohoïdis
Secrétaire général de l'Ordre public Panagiotis Stathis
Secrétaire général de la Politique de lutte contre la criminalité Aristos Perris
Personnes clés Lámbros Nákos
Konstantinos Maniadakis
Anastasios Balkos
Níkos Déndias
Ólga Yerovassíli
Panagiótis Mitarákis
Organisations affiliées Police grecque
Dépend de Gouvernement grec

Site web mopocp.gov.gr

Le ministère de la Protection du citoyen (en grec moderne : Υπουργείο Προστασίας του Πολίτη) est le département ministériel du gouvernement de la République hellénique responsable de la sécurité intérieure, de la lutte contre la délinquance, de la gestion des catastrophes naturelles et de la sécurité des frontières.

Historique

Le ministère voit le jour en sous le nom de ministère de la Police (Μινίστρος επί της Αστυνομίας) dans le gouvernement provisoire grec pendant la guerre d'indépendance. Son premier titulaire est Lambros Nakos, agissant sous la tutelle du ministre de l'Intérieur. La Constitution de 1822 prévoit que le Gouvernement puisse « publier les instructions qu'il juge convenables, et faire appliquer les lois qui concernent l'ordre public » et « pourra aussi prendre les mesures nécessaires à la tranquillité publique dans toutes les matières de police, pourvu qu'il en instruise le Sénat. »[1].

En 1828, dans le gouvernement de Ioánnis Kapodístrias, les missions de sécurité et de tranquillité publiques sont confiées à la Garde civile (Πολιταρχία), première force de police du pays. La Garde Civile, placée sous l'autorité de Yánnis Makriyánnis, avait pour mission de consolider la sécurité publique en luttant activement contre le brigandage. Le 29 janvier 1829, les missions de police sont précisées par Kapodístrias par décret («Κανονισμό της αστυνομίας και καθηκόντων αυτής»).[réf. nécessaire]

Lorsque la Grèce accède à l'indépendance, la nouvelle administration bavaroise répartit ses fonctions de sécurité entre le ministère de l'Intérieur, l'Armée et la Gendarmerie (Βασιλική Χωροφυλακή), créée en 1833 pour remplacer la Garde Civile. Les forces chargées de l'ordre public servent autant à prévenir la criminalité qu'à stabiliser le pouvoir politique, le nouveau monarque Othon de Grèce, un prince bavarois choisi pour gouverner la Grèce, et son gouvernement manquant de légitimité. Le philhellène français François Graillard, qui avait participé à la guerre d'indépendance et à la bataille de Nauplie, est le premier chef de la Gendarmerie : il reste cependant à ce poste moins de deux ans, ses suggestions sur la non-ingérence des hommes politiques et de l'armée dans le travail de la gendarmerie n'ayant pas été entendues[2]. Au cours du XIXe siècle, la sécurité et la tranquillité publiques sont alors du ressort du ministère des Affaires militaires, qui à la tutelle de la Gendarmerie.

En 1920 est créée la Police urbaine (Αστυνομία Πόλεων), placée sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, afin de compléter l'action de la Gendarmerie. Cette réforme consacre officiellement le système dual de maintien de l'ordre en Grèce, qui perdure jusqu'à la fusion des forces en 1984. Le ministre de l'Intérieur de l'époque, Konstantinos Raktivan, estimait que les réalités des centres urbains différaient profondément de celles des zones rurales et qu'une force adaptée à la société civile moderne devenait nécessaire. À l'instar du modèle français, deux institutions distinctes assuraient ainsi l'ordre public : un corps militaire, la Gendarmerie, dépendant du ministère des Affaires militaires, et un corps civil, la Police, relevant du ministère de l'Intérieur. Cette orientation était également soutenue par le colonel Garigliota, qui avait dirigé la réorganisation de la Gendarmerie et considérait qu'une nouvelle police pouvait intervenir dans des domaines où la Gendarmerie, en raison de sa nature militaire, se révélait moins adaptée. Déjà en 1914, la mission italienne envoyée en Grèce pour conseiller le gouvernement sur la restructuration de la Gendarmerie et du système policier avait recommandé la création d'une force moderne, mieux formée, professionnalisée et fondée sur des méthodes plus scientifiques, capable de répondre aux besoins d'une société urbaine en expansion. La loi 1370 de 1918 institua, dans les principaux centres urbains du pays (Athènes, Le Pirée, Thessalonique, Corfou et Patras), une organisation policière distincte, tout en limitant la Gendarmerie aux missions de sécurité publique[3].

À partir du milieu des années 1920, la participation aux mouvements sociaux et aux conflits du travail est fréquemment réprimée. La Police grecque développe alors une orientation fortement anticommuniste, dans un contexte où les élites politiques associaient fréquemment les mouvements sociaux et les grèves à une influence communiste. Les grèves pouvaient entraîner l'internement à l'issue de procédures sommaires devant des commissions locales de sécurité, où un officier de police siégeait systématiquement. La loi du « concernant les mesures de sécurité visant à la protection de l'ordre social et à la sauvegarde des libertés » («ιδιώνυμο»), qui criminalisait les activités du Parti communiste, élargit considérablement les pouvoirs de la police et des services de sécurité nationale. Durant les années 1930, de nombreux grévistes et sympathisants de gauche furent ainsi déportés vers des îles et internés. Entre 1933 et 1935, plusieurs rapports signalent des interventions policières visant à interdire ou disperser des rassemblements antigouvernementaux pourtant légaux, notamment à Patras, Chios et Thessalonique. Entre 1936 et 1941, sous le régime autoritaire d'Ioánnis Metaxás, le pouvoir s'appuie largement sur la police pour réprimer l'opposition et encadrer la société. Le poste de vice-ministre de la Sécurité publique est créé et son premier titulaire, Konstantinos Maniadakis, devient rapidement l'une des figures majeures du régime. Maniadakis réorganise les services anticommunistes et place à leur tête Spyros Paxinos, haut responsable de la Police urbaine, qu'il envoie se former en Allemagne auprès de la Gestapo. Le climat de la guerre froide et la guerre civile grecque prolongent et justifient le maintien d'une législation anticommuniste héritée de l'entre-deux-guerres. Dans ce contexte, Maniadakis, malgré son rôle central dans un régime autoritaire, échappe à toute sanction[4],[5].

Après la guerre civile et la victoire du gouvernement royaliste soutenu par les États-Unis, l'ordre public devient en Grèce indissociable de la sécurité de l'État, avec le rôle politique accru des forces de sécurité, le maintien d'une législation d'exception et la surveillance idéologique étendue. Le maintien de l'ordre reste largement influencé par une logique militarisée. Le , le roi Paul Ier (roi des Hellènes) sanctionne une résolution « concernant les mesures de réforme nationale » («Περί μέτρων εθνικής αναμορφώσεως») qui prévoit l'internement systématique des prisonniers de guerre communistes sur l'île de Makrónissos. La gestion de l'internement est confiée à l'Organisme des centres de réadaptation de Makronissos (Οργανισμὸς Αναμορφωτηρίων Μακρονήσοι, OAM) nouvellement créé, sous la tutelle conjointe des ministères de la Justice, des Affaires militaires, de l'Éducation et de l'Ordre public. L'interdiction du Parti communiste, l'internement systématique des combattants et des militants communistes de la guerre civile et l'obligation d'obtenir un certificat de bonne conduite sociale pour bénéficier d'un emploi ou d'un logement font que les libertés publiques demeurent conditionnelles. Le meurtre d'un militant de gauche de la paix en 1963 au cours d'une réunion publique, Grigóris Lambrákis, révèle les liens entre les forces de police et l'extrême droite, ainsi que l'incapacité du gouvernement à contrôler efficacement ses propres forces de l'ordre[6]. Le coup d'État du 21 avril 1967 transforme radicalement le rôle des institutions de sécurité pour refléter la centralisation du contrôle sécuritaire, l'institutionnalisation de la répression et la consolidation administrative du régime. L'ordre public équivaut alors à la préservation de la dictature[7].

Lorsque le Mouvement socialiste panhellénique remporte les élections de novembre 1981, le Premier ministre Andréas Papandréou confie le ministère de l'Ordre public à l'ancien résistant et avocat Yannis Skoularikis. À ce poste, celui-ci pilote la création d'une nouvelle force policière, l'actuelle Police nationale, instituée en 1984 par la fusion de la Gendarmerie et de la Police urbaine, avec l'ambition d'établir un service plus moderne et davantage ancré dans les principes démocratiques. Il favorise également l'émergence de syndicats au sein de la police, en dépit d'une vive opposition conservatrice. La suppression de la Gendarmerie revêt alors une portée hautement symbolique, au regard de son héritage controversé et de son implication passée dans des persécutions motivées par des convictions politiques.[réf. nécessaire]

Controverses

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI