Miracle économique grec

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Travailleurs reconstruisant des maisons dans le cadre du plan Marshall, début des années 1950.

Le miracle économique grec est la période de forte croissance économique que connaît la Grèce aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale et jusqu'au début des années 1970. Le pays connaît un développement spectaculaire de son industrie et le passage rapide d'une économie jusqu'alors très agraire à une économie de services. Durant deux décennies, la croissance du produit intérieur brut (PIB) hellène est en moyenne de 7, 7 %, seulement dépassé par le Japon.

La Grèce moderne voit le jour au XIXe siècle, à la suite d'une guerre d'indépendance contre l'Empire ottoman. Contrairement à d'autres pays du continent, la Grèce n'arrive que tardivement dans la Révolution industrielle : il faut attendre les années 1870 pour que le pays connaisse véritablement des avancées économiques notables (le chemin de fer n'arrive qu'en 1869, à l'époque où l'Europe occidentale s'est déjà dotée de grands axes ferroviaires et où la Railway mania s'essouffle). L'instabilité politique n'aide guère à construire une économie stable, mais l'action d'Alexandros Koumoundouros, de Charílaos Trikoúpis et Elefthérios Venizélos va permettre au pays de développer une industrie nationale. La première moitié du XXe siècle est particulièrement difficile pour le pays : conséquences de la guerre gréco-turque, du coup de Goudi, des guerres balkaniques, de la Première Guerre mondiale, instabilité chronique de l'entre-deux-guerres qui se solde par le régime autoritaire de Ioánnis Metaxás (régime du 4-Août), la Seconde Guerre mondiale et la guerre civile entre 1946 et 1949. Tout ce passé tumultueux et douloureux a freiné l'expansion économique[1]. Au sortir du conflit mondial et des déchirements de la guerre civile, la Grèce est exsangue. L'occupation a été particulièrement violente. L'économie grecque a été pillée et systématiquement détruite par les forces d'Occupation, bulgares, allemandes et italiennes entre 1941 et 1944. Les politiques de privation ont conduit à une hyperinflation de la drachme. L'hiver 1942 est particulièrement cruel et douloureux pour la population qui doit subir de lourdes restrictions alimentaires, causant ainsi une famine terrible[2]. Durant le conflit, le pays a perdu entre 8 % et 9 % de sa population ; en 1945, la production agricole est inférieure de plus de 50 % à ce qu’elle était en 1939 et la moitié des ouvriers et paysans sont au chômage ; 65 % des véhicules à moteur, 95 % du matériel roulant des chemins de fer, 70 % des ponts et plus de 50 % du réseau routier sont détruits ou inutilisables ; la circulation monétaire est passée de 24 millions à 68 milliards de drachmes de 1941 à 1944, et le litre d’huile de 50 à 400 000 drachmes. 900 villages ont été totalement rasés, 500 autres en partie détruits[3].

À la différence du reste du continent, le pays ne connaît pas une « Libération heureuse » à la fin de la guerre. Le joug de l'Occupation est remplacé par la division fratricide entre socialistes, communistes contre royalistes et britanniques qui soutiennent pour des raisons purement stratégiques la monarchie hellène. Il faut attendre les années 1950 pour que la Grèce panse ses plaies, et commence doucement à construire un avenir pérenne.

La situation géographique de la Grèce fut longtemps un frein à la croissance économique. Le pays est isolé du marché européen, loin des centres névralgiques que sont Londres, Paris, Francfort et Vienne. L'Orient-Express a permis partiellement le désenclavement de la péninsule hellénique avec une liaison pour Athènes via Thessalonique. Le monde balkanique est une poudrière instable et n'est guère enclin au commerce dans la première moitié du XXe siècle. Dans l'après-guerre, seule la Grèce est vue comme une potentielle candidate à la Communauté économique européenne.

Expansion économique

Ainsi, la forte croissance que connaît le pays dans les décennies 1950 et 1960 est une opportunité formidable. La Grèce intensifie ses échanges non seulement avec l'Europe occidentale, mais avec ses voisins les plus proches comme la Yougoslavie, désormais stable et économiquement attrayante (Belgrade profitant de sa position de non-alignée pour tirer profit non seulement des capitaux de l'Est, mais aussi de l'Ouest grâce à la politique de Tito). À l'instar de nombreux autres pays en Europe mais aussi dans le monde, la reconstruction se caractérise par une hausse de l'activité économique et un rehaussement des conditions de vie : Japon, Italie, Corée du Sud.

Reconstruction

Évolution de la croissance

Annexes

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