Entre l'âge de six et huit ans, le jeune Snegur est confronté avec sa famille à la famine de 1946-1948 qui a marqué, en Moldavie et Ukraine occidentale, toute sa génération. À l'issue de ses études scolaires, Mircea Snegur, devenu parfaitement russophone, sort diplômé de l'Institut d'agriculture de Chișinău (en russe: Кишинёв)[2],[3]. À vingt-quatre ans, en 1964, il intègre le Parti communiste de la République socialiste soviétique moldave.
Ingénieur agronome
De 1967 à 1971, Mircea Snegur travaille en tant qu'ingénieur agronome dans les fermes d'État (sovkhozes) et les fermes collectives (kolkhozes) de Moldavie. Il travaille au ministère de l'agriculture de 1971 à 1978. À l'époque soviétique c'étaient des positions éminentes, car l'agronomie et l'agriculture se trouvant à la source de l'alimentation, les personnes qui y exerçaient des responsabilités non seulement ne manquaient de rien et n'étaient jamais confrontées aux disettes ou aux files d'attente, mais étaient à même de fournir de nombreuses familles en denrées[4].
Mircea Snegur mène une carrière d'apparatchik (ou de bureaucrate, selon le terme altermarxiste) au sein du PCUS sous le nom russifié de Mirtcha Ivanovitch Snegour. De 1985 à 1989, il fait partie du bureau politique du comité central du parti communiste de la RSS de Moldavie (le PCUS était divisé en 15 « partis-filiales », autant que de « républiques unionales »). En 1989 il est désigné secrétaire général du Praesidium du Soviet Suprême de la RSS de Moldavie, c'est-à-dire chef de cette entité.
Face au danger de dislocation de l'URSS, Moscou donne des directives d'apaisement des tensions et c'est ainsi que Snegur et le bureau politique du comité central du parti communiste moldave laissent le Soviet de la République décider en 1989 le retour à l'écriture latine et en 1990 le changement de nom de la République de République socialiste soviétique moldave (en russe: Молдавская Советская Социалистическая Республика et en moldave:Република Советикэ Сочиалистэ Молдовеняскэ) en « République de Moldavie », (Republica Moldova en roumain), tout en restant membre de l'URSS. Snegur reste à son poste de chef de la Moldavie avec le titre de « secrétaire général du Soviet suprême de la République de Moldavie » d'avril au , lorsqu'il devient « président » alors que le PCUS et l'URSS s'effondrent.
La sécession de la Transnistrie prive la Moldavie de la majeure partie de son potentiel industriel: cette situation effraie les investisseurs et grève lourdement l'économie du pays. En 1995, Snegur refonde son parti en l'intégrant dans l'alliance de la « Renaissance et conciliation de Moldavie » (Renașterea și Concilierea din Republica Moldova). Il reste aux commandes jusqu'aux élections du , qu'il perd face à Petru Lucinschi, oligarque richissime, lui aussi ancien responsable communiste, qui affirme pouvoir résoudre la crise politique et de redresser l'économie (ce qu'il tente, sans y parvenir mieux que Snegur). Mircea Snegur quitte ses fonctions le .
Retraite et vie privée
Depuis, Mircea Snegur a fait, comme Gorbatchev en Russie, figure de « vieux sage » ayant assuré de son mieux une transition difficile, sans trouver de solution idéale, mais en limitant les dégâts (surtout en comparaison avec la Tchétchénie, la Géorgie ou l'Ukraine); il donna des conférences, se positionna en conseiller politique et rejoignit l'Alliance Notre Moldavie[5].
Mircea Snegur était marié et a une fille, un fils et plusieurs petits-enfants.
↑ Stepan Strogov, Journal d'un jeune homme soviétique, Gallimard 1954, 311 pp.
↑ Ion Văduva-Popescu (coord.), art. (ro) «Mircea Snegur» dans Enciclopedia marilor poersonalități din istoria, știința și cultura românească de-a lungul timpului, Ed. Geneze, vol. K-Z, 2003.
Voir aussi
Bibliographie
Dicționar enciclopedic ilustrat de Nume proprii#Mircea Snegur, Éd. Cartier, Bucarest, 2004