Misericordia (film)

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Réalisation Emma Dante
Acteurs principaux Simone Zambelli
Simona Malato
Sociétés de production Rosamont
Misericordia
Réalisation Emma Dante
Scénario Emma Dante
Elena Stancanelli (it)
Giorgio Vasta
Acteurs principaux Simone Zambelli
Simona Malato
Sociétés de production Rosamont
Pays de production Drapeau de l'Italie Italie
Genre Drame
Durée 95 minutes
Sortie 2023

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Misericordia est un film dramatique italien réalisé par Emma Dante et sorti en 2023.

Le film a été projeté en compétition au Festival du film Nuits noires de Tallinn, où il a remporté le Grand Prix du meilleur film et le prix du meilleur acteur pour la prestation de Simone Zambelli dans le rôle d'Arturo[1],[2],[3],[4].

Dans un complexe délabré de cabanes surplombant la mer, quelque part dans une Sicile fantasmée, un groupe de prostituées mène une vie dégradée avec Arturo, un garçon souffrant de troubles mentaux et physiques. Le père d'Arturo et protecteur des prostituées est Polyphemus, un borgne violent et instable qui a battu à mort la mère de son fils et qui semble vouloir faire subir le même sort à Arturo. Les femmes, cependant, tentent de créer une échappatoire à ce cauchemar de violence pour le garçon qu'elles ont élevé en tant que mères putatives, dans l'espoir incertain d'un avenir meilleur.

Fiche technique

Distribution

  • Simone Zambelli : Arturo
  • Simona Malato : Betta
  • Tiziana Cuticchio : Nuccia
  • Milena Catalano : Anna
  • Fabrizio Ferracane : Polifemo
  • Carmine Maringola : Enzo
  • Sandro Maria Campagna : L'homme au mouton
  • Marika Pugliatti : Daniela
  • Georgia Lorusso : Lucia
  • Rosaria Pandolfo : Rosaria

Production

Genèse

L’œuvre cinématographique Misericordia trouve ses racines profondes dans l'obscurité et le dépouillement de la scène théâtrale, s'inspirant d'une pièce éponyme créée par Emma Dante en 2020 [6]. La réalisatrice a ressenti le besoin viscéral d'extraire cette histoire du vide de la scène pour lui offrir une inscription charnelle dans l'espace et le temps, donnant enfin une corporéité aux figures qui n'étaient jusqu'alors qu'évoquées, comme le père meurtrier ou la communauté environnante [6]. Pour opérer cette mue du théâtre vers le septième art, elle s'est entourée des écrivains Elena Stancanelli et Giorgio Vasta, dont la collaboration a permis de détacher le regard de la scène pour embrasser une écriture proprement cinématographique [6]. Ce processus créatif visait à explorer le contraste entre la vérité crue des corps meurtris et la dimension onirique, presque magique, perçue à travers le regard pur du protagoniste [6].

Développement

Sur le plan technique et esthétique, la production s'est attachée à créer un univers à la fois sordide et sublime au cœur de la Sicile [7]. La cheffe décoratrice Emidia Frigato a ainsi bâti de toutes pièces le village de baraques miteuses au sein d'une réserve naturelle près de Trapani, offrant un cadre physique tangible à cette fable tragique. La lumière et les paysages, capturés par la directrice de la photographie Clarissa Cappellani, participent à cette atmosphère où le réalisme social flirte avec le mythe [7]. Enfin, la dimension sonore du film, produite par Rosamont et Rai Cinema, possède une genèse singulière : la musique de Gianluca Porcu a précédé le tournage, s'inspirant des airs de marionnettes du Pinocchio de Luigi Comencini pour souligner la nature "défectueuse" et innocente d'Arturo. Cette synergie de regards artistiques transforme ce récit de misère en une quête de salut dont la force expressive culmine dans un sentiment de miséricorde partagée.

Attribution des rôles

L'attribution des rôles constitue un pont symbolique entre ces deux mondes, particulièrement à travers la figure centrale d'Arturo [6]. Ce personnage est incarné par le danseur Simone Zambelli, qui tenait déjà ce rôle sur les planches et dont la performance physique, entre transe et chorégraphie disruptive, lui a valu le prix du meilleur acteur au Festival de Tallinn [6],[7]. Si Arturo demeure le trait d'union entre la pièce et le film, les trois mères de substitution — Betta (Simona Malato), Nuccia (Tiziana Cuticchio) et la jeune Anna (Milena Catalano) — sont interprétées par des actrices différentes de la distribution originale [6]. Ce choix délibéré de la cinéaste visait à composer une famille non traditionnelle aux visages hétérogènes, où chaque femme incarne une facette distincte de la solidarité et de l'amour maternel face à la brutalité de Polifemo, le souteneur cyclopéen campé par Fabrizio Ferracane [6],[7],[8].

Exploitation

Notes et références

Liens externes

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