Moanda (Gabon)

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La toponymie de Moanda renvoie à une forme francisée du mot mwaanda (ou myaanda au pluriel), issu de la langue Wanzi, une variété bantoue parlée localement. Selon l’étymologie populaire, le terme mwaanda signifierait « piste animale », ce qui évoquerait les chemins naturels utilisés par le gibier dans la zone montagneuse autour de la ville. Le nom serait lié à mukuri a mwaanda ou yulu a mwaanda, désignant l’actuel Mont Moanda, un site considéré comme sacré par le peuple Wanzi, qui y a vécu pendant plusieurs siècles[3]. En résumé, le toponyme Moanda désigne à la fois la ville et la colline voisine, et il renvoie à une origine locale liée à la présence de pistes d’animaux et à l’occupation historique du site par le groupe Wanz[4],[5]

Géographie

Moanda est une ville du sud‑est du Gabon, située dans la province du Haut‑Ogooué, à environ 45 km au nord de Franceville et à une centaine de kilomètres de la frontière avec la République du Congo. Elle s’étend sur plusieurs plateaux, notamment le grand plateau de Bangombe au nord et les marais du Miosso au sud, avec des collines comme Mount Boundinga et Mount Moanda, ce qui donne un relief légèrement vallonné, dominé par des plateaux rocheux et des zones marécageuses peu urbanisées.

Le climat est de type équatorial, avec une longue saison des pluies de mars à novembre (environ 2 000 mm de précipitations par an) et une courte saison sèche d’avril à juin, où les températures restent chaudes, autour de 24–28 °C. Le territoire est fortement marqué par l’exploitation du manganèse sur le plateau de Bangombe, ce qui a conduit à l’installation de zones minières, de voies ferrées et de routes de transport. La ville s’organise ainsi sur plusieurs plateaux, avec un centre commercial et des quartiers denses au nord, tandis que le sud reste plus marécageux et moins urbanisé.

Aw selon la classification de Köppen[6].

Histoire

Pylône de l'ancienne télébenne.

Des découvertes archéologiques dans le périmètre urbain ont mis en évidence les vestiges d’une ancienne activité métallurgique datant sans doute du Ve siècle av. J.-C.[7]

Moanda est une ville minière née de la découverte, puis de l'exploitation du manganèse par la société Comilog (Compagnie minière de l'Ogooué), rachetée en 1996 par Eramet. En 1951, le gisement du plateau de la Moanda est découvert par des expéditions du BRGM et la société américaine Steel Corporation[8]. La mine est exploitée depuis 1962[9],[10].

Entre 1962 et 1991, une télébenne (bennes sur câble) de 76 km de long, à l'époque la plus longue du monde, reliait Moanda à Mbinda, en République du Congo, pour l'exportation du minerai lequel était ensuite transporté par train jusqu'à Pointe Noire[11]. Le transgabonais (chemin de fer reliant Franceville à Libreville) prit ensuite le relais pour le transport du minerai ; il est d'ailleurs exploité depuis 2003 par la SETRAG, filiale d'Eramet-Comilog[12].

La société Comilog œuvre également à la modernisation des infrastructures de Moanda, notamment en ce qui concerne les établissements scolaires. En 2019, cette dernière a par exemple rénové 7 établissements scolaires permettant l'amélioration des conditions de travail de plus de 8 000 élèves de la localité. La Comilog est engagée depuis plus de 50 ans dans la formation de la jeunesse gabonaise, notamment à travers son groupe scolaire[13] Henri Sylvoz et l'ouverture de l'école des mines de la métallurgie de Moanda[14].

Économie

L'économie de la ville est centrée autour de l'extraction du manganèse. Eramet produit actuellement 7,5 millions de tonnes de minerai par an[15]. Cette activité attire également plusieurs autres opérateurs économiques. La ville manque cependant encore d’une économie urbaine autonome, malgré les différents projets RSE de la société Eramet. La domination de la seule industrie extractive sur le tissu économique local n’est pas sans risques pour le développement équilibré et harmonieux d'une cité, car, comme cela a été constaté pour la ville voisine de Mounana qui se remet très mal de la fermeture des mines d’uranium, la seule exploitation à des fins d’exportation d’une ressource non renouvelable n’a jamais assurée une prospérité pérenne à une ville minière[16].

Transports

La ville est située sur la route nationale N3 ; elle abrite une gare du Transgabonais qui dessert la ville quatre jours par semaine (mardi, jeudi, samedi et dimanche)[17] en ce qui concerne les trains voyageurs, ainsi qu'une piste d'atterrissage en latérite. La SOGATRA (Société gabonaise de transport) assure le transport des personnes entre Moanda et Franceville[18].

Personnalités liées

Notes et références

Voir aussi

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