Mohamed Arbi Zarrouk Khaznadar (arabe: محمد العربي زروق خزندار) ou simplement Larbi Zarrouk, né vers au Bardo et mort le au Bardo, est un homme politiquetunisien.
Carrière politique
Il naît au sein d'une famille chérifienne de Béja constituée de grands propriétaires terriens proches de la cour des beyshusseinites: son grand-père paternel Ahmed Zarrouk est le secrétaire du cheikh Youssef Bourtaghiz, bach-muftihanéfite et éminence grise d'Hussein Ier Bey; son grand-père maternel est l'influent ministre mameloukRejeb Khaznadar.
Mohamed Arbi Zarrouk Khaznadar est aussi le frère de lait de la princesse Amina Baya, sœur d'Hammouda Pacha et future épouse du prince Mahmoud Bey. Son père, contrôleur des travaux de restauration du palais beylical, se charge de son instruction.
À l'image de son père, il entre au service d'Hammouda Pacha comme superviseur de grands travaux, comme la construction du fort du Kef, près de la frontière algérienne, ou d'autres ouvrages militaires. Après 1800, il accompagne le ministre Youssef Saheb Ettabaâ dans les tournées (mhalla) de pacification et de levée des impôts dans les zones tribales, en tant que conseiller et trésorier.
Principal ministre
Après la mort d'Hammouda Pacha en 1814, Saheb Ettabaâ impose son frère, Osman, sur le trône alors que Zarrouk appuie son cousin Mahmoud. Le prince Hussein, fils de Mahmoud, se charge successivement de tuer Osman puis ses enfants[1].
Après le coup d'État, il est hostile à la proposition de Saheb Ettabaâ de «réduire à toute extrémité les hommes fortunés» qui le menace[1]. Zarrouk est nommé ministre des Finances (khaznadar), secondé par le bach-mameloukHussein Khodja (chef de la garde mamelouk du bey)[2]. Néanmoins, les soupçons du nouveau bey Mahmoud, entretenus par Zarrouk, sa femme Amina Baya et le prince Hussein, ont raison de Saheb Ettabaâ. Zarrouk, aidé d'un puissant parti désireux de se défaire de son influence, organise son assassinat dans le grand vestibule du palais du Bardo. Il prend enfin le poste de principal ministre de la régence. Il traque alors les alliés de l'ancien ministre: certains sont emprisonnés, tous sont dépossédés de leurs biens, dont le père du chroniqueur Ibn Abi Dhiaf, ancien secrétaire de Saheb Ettabaâ.
Profitant de sa position dominante vis-à-vis des princes et ayant vidé la cour des anciens hommes forts du temps d'Hammouda Pacha, Zarrouk s'enrichit considérablement à l'image de Saheb Ettabaâ. Il participe activement au négoce de l'huile d'olive et du blé et se construit un palais, le Dar Zarrouk, situé sur la rue des Juges dans la médina de Tunis[3]. Il permet aussi de sauver la dynastie lors de la révolte des soldats turcs de la milice en 1816. Il ne parvient pourtant pas à contenir les puissances européennes, réunies en congrès, et désireuses de stopper l'activité corsaire de la régence.
Assassinat
Zarrouk porte de plus en plus ombrage à son beau-frère Mahmoud Bey. De son côté. Mahmoud et son fils Hussein garde un ressentiment vis-à-vis de lui pour avoir provoqué la disparition de son prédécesseur[4]. Le souverain décide alors de lui faire endosser seul la responsabilité de l'assassinat de Saheb Ettabaâ: Zarrouk est éliminé dans les mêmes circonstances que Saheb Ettabaâ. Le , le bey donne l'ordre de le tuer: il est arrêté, conduit à la zandâla du palais du Bardo puis étranglé, et son corps transporté au cimetière du Djellaz pour y être inhumé[2]. Sa mort n'est pas rapportée à sa sœur de lait, qui meurt en [2]. Hussein Khodja succède à Zarrouk comme principal ministre.
La disgrâce s'étend à sa famille et ses proches, avec des arrestations et la saisie de biens. Son fils Mohamed, père de Mohamed Larbi Zarrouk, finit toutefois par regagner la confiance du bey et une partie de ses propriétés[2]. Le jeune Ahmed, mamelouk circassien que Zarrouk avait adopté et élevé, est emmené dans le sérail d'Hussein Bey. Il fait carrière dans l'armée de Sadok Bey et se fait connaître comme ministre de la Guerre.
Références
12Jacques Revault, Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles), Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, , 648p. (lire en ligne), p.154.