Mohammad Yousuf Jan Nesar

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Naissance (56 ans)
Province du Panchir (Afghanistan)
GradeAuxiliaire militaire (caméraman du commandant Massoud)
Années de service1986 – 2021 (exfiltration en France)
Mohammad Yousuf Jan Nesar
Yousuf Janisar
Youssouf Janessar
Youssef Janessar
Mohammad Yousuf Jan Nesar

Naissance (56 ans)
Province du Panchir (Afghanistan)
Unité Alliance du Nord
Grade Auxiliaire militaire (caméraman du commandant Massoud)
Années de service 1986 – 2021 (exfiltration en France)
Conflits Conflit afghan
Faits d'armes Documente les manœuvres, le repérage des futurs théâtres d'opérations, la vie quotidienne des moudjahidines, filme les combats.
Sauvegarde auprès de l'INA la totalité des archives audiovisuelles ainsi constituées.

Mohammad Yousuf Jan Nesar est un réalisateur et producteur afghan né le dans la province du Panchir.

À partir de 1986, il est engagé comme auxiliaire militaire auprès du commandant Massoud en qualité de caméraman. Après la chute de Kaboul il parvient, avec l'aide de l'ambassade de France, à transférer des milliers d'heures d'archives audiovisuelles désormais conservées par l'INA. Il est exfiltré de Kaboul vers Paris le .

Mohammad Yousuf Jan Nesar[1] naît au début des années 1970 dans une famille de paysans de la province afghane du Panchir. Son père meurt lorsqu'il a trois ans. Adolescent, il travaille pour acquérir sa première caméra. En 1986, il est enrôlé dans les troupes du commandant Massoud. L'estimant trop jeune pour combattre, Massoud l'affecte, en qualité d'auxiliaire militaire, auprès d'un opérateur chargé de filmer les manœuvres de l'Alliance du Nord. Il est envoyé en repérage sur les futurs théâtres d'opérations du conflit afghan, filme les combats, documente la vie quotidienne des moudjahidines. Ses images sont analysées à des fins de stratégie militaire. Il est l'œil de Massoud lorsque celui-ci n'est pas sur place[2].

Jusqu'alors les images étaient envoyées à la direction du Jamiat-e Islami. Dès son arrivée auprès de Massoud, Jan Nesar devient l'archiviste de la résistance. Les films sont répertoriés, classés et stockés dans le Panchir. Ils sont transférés à Kaboul à l'arrivée des moudjahidines dans la capitale en 1992 et retournent à nouveau dans le Panchir lors de la prise de pouvoir par les talibans en 1996. Après l'assassinat de Massoud en 2001, Jan Nesar envoie une partie des archives à l'INA dans le cadre d'un projet soutenu par l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit[3] et stocke la quasi-totalité chez lui à Kaboul, seule sa famille étant dans la confidence. Le , le risque devenant trop important de voir les talibans mettre la main sur les films et les détruire, il se rend à l'ambassade de France. Une semaine plus tard, la délégation archéologique française évacue du domicile de Yousuf Jan Nesar sept malles métalliques contenant 350 VHS, 200 cassettes Hi-8, 3 000 mini DV et 25 disques durs, soit environ 5000 heures d'archives de films réalisés par Jan Nesar et son équipe de production Ariana Films[2].

Le Yousuf Jan Nesar est exfiltré avec sa femme Nouria et leurs huit enfants de 15 à 27 ans vers Paris depuis l'aéroport de Kaboul avec l'aide de l'ambassade de France dans le cadre de l'opération Apagan[2].

Son parcours est décrit dans le magazine « L'INAttendu » diffusé le sur France Info où il est interviewé par la journaliste Camille Dauxert[4]. Il participe le à l'émission « Afghanistan : la mémoire, enjeu de pouvoir(s) » de France Culture[5]. Il intervient en qualité de caméraman officiel de l'Alliance du Nord dans « Opération Jawbreaker », le premier épisode du documentaire historique Spy Ops : Secrets de missions diffusé sur Netflix en 2023[6].

Filmographie

Notes et références

Voir aussi

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