Mohammed Ben Slimane al-Jazouli
soufi marocain, auteur du Dala'il al-Khayrat (1404-1465)
From Wikipedia, the free encyclopedia
Abū Abdullah Muhammad ibn Sulaymān ibn Abû Bakr al-Jazouli al-Simlālī Al Hassani (amazighe : ⵎⵓⵃⵎⵎⴷ ⴰⵊⴰⵣⵓⵍⵉ ⵎⵓⵃⵎⵎⴷ ⵓ ⵙⵍⵉⵎⴰⵏ ⵓ ⴰⴱⵓ ⴱⴰⴽⵔ ⴰⵙⵉⵎⴰⵍⵉ ⴰⵃⴰⵙⴰⵏⵉ, arabe : ابو عبدالله محمد ابن سليمان ابن ابوبكر الجزولي السملالي الحسني ) (décédé en 1465), souvent connu sous le nom de Sidi Ben Slimane, d'Imam al-Jazouli ou de Cheikh Jazouli, était un soufi marocain fondateur de la confrérie al-Jazūliyya et l'un des sept saints de Marrakech. Autour de sa sépulture s'est constituée la Zaouïa de Sidi Ben Slimane al-Jazouli.
Il doit sa notoriété pour avoir compilé le Dala'il al-Khayrat, un livre de prière musulman extrêmement populaire. Ce livre est généralement divisé en 7 sections pour chaque jour de la semaine [1].
Biographie
Comme l’indique sa nisba, al-Jazouli appartenait à la tribu berbère jazulin , et vit dans la région historique de Souss au Maroc. Bien que d’origine berbère, il revendique une ascendance chérifienne, se rattachant aux Idrissides, élément central de son autorité spirituelle et de sa prédication. Il étudie le fiqh dans une madrasa de Fès et entre en contact avec le soufisme par l’intermédiaire de la Shādhiliyya[2]. À Fès, il a mémorisé des œuvres de Usul al-fiqh et de la loi malékite, comme Mukhtasr al-Far'i d'Ibn al-Hajib et Al-Mudawwana al-Kubra de Sahnun. Il a également rencontré le célèbre juriste et mystique Ahmad Zarrouq.
Après avoir réglé une querelle tribale, il a quitté la région et a passé les quarante années suivantes à La Mecque, Médine et Jérusalem[réf. nécessaire]. En Égypte, il suit l’enseignement de la branche égyptienne de la Qādiriyya, seconde confrérie qui influence durablement sa pensée[2].
Après son long voyage, il est retourné à Fès où il a terminé le livre de prières Dala'il al-Khayrat.
Al-Jazouli semble avoir pris part à la Bataille de Tanger en 1437. Il développe une conception du soufisme dans laquelle l’activisme social occupe une place centrale. Dans son ʿAqīda, il exhorte ses disciples à veiller à la moralité de la communauté, en appliquant le principe de « commander le bien et interdire le mal »[2].

Il critique vivement certaines tribus pastorales arabes établies autour du ribāṭ d’Āfūghāl, condamnant leurs pratiques qu’il juge contraires à l’islam. Il préconise leur sédentarisation et leur reconversion à l’agriculture, une orientation que reprendront ses successeurs à l’époque saadienne[2].
Al-Jazouli fonde sa propre confrérie soufie, la Jazūliyya, qui connait un succès considérable. À sa mort, elle compte environ 12 000 membres et dispose de nombreuses zaouïas, principalement dans la région du Souss. Son mouvement est étroitement lié à l’essor ultérieur de la dynastie saadienne. Son successeur à la tête de la confrérie est ʿAbd al-ʿAzīz al-Tabbāʿ (mort en 1508), qui développe l’idée selon laquelle l’autorité spirituelle légitime procède directement de la descendance prophétique[2].
Il a passé quatorze ans en khalwa (ermitage) puis s'est rendu à Safi où il a rassemblé autour de lui de nombreux adeptes. Le gouverneur de Safi l'expulsa et l'empoisonna par la suite. Il mourut en 1465, pendant la prière. Sa tombe à Afoughal est devenue le centre de la résistance saadienne contre les Portugais. Abu Abdallah al-Qaim choisit Afoughal comme résidence en témoignage du profond respect qu'il éprouvait pour al-Jazoui.
Les récits relatifs à ses derniers moments et à ses paroles finales sont rapportés par des sources hagiographiques postérieures et font l’objet de lectures divergentes. Certains auteurs y voient des allusions prophétiques concernant les conflits ultérieurs dans la région du Souss, notamment les soulèvements menés par certains de ses disciples[2].
On raconte qu'en 1541, soixante-dix-sept ans après sa mort, son corps a été exhumé pour être transféré à Marrakech et jugé intact. Dans la partie nord de la médina de Marrakech, le sultan saadien Ahmad al-Araj (1517-1544) fit construire un mausolée pour al-Jazouli. Le mausolée a été agrandi et en partie reconstruit sous le règne des sultans Moulay Ismaïl et Mohammed Ben Abdallah.
Pensée religieuse et autorité spirituelle
Al-Jazouli conçoit l’autorité spirituelle comme une émanation du lignage chérifien. Des sources hagiographiques tardives lui attribuent des déclarations affirmant sa proximité spirituelle avec le Prophète et revendiquant un rôle eschatologique. Ces propos s’inscrivent dans un contexte de tensions idéologiques entre différents modèles d’autorité religieuse et politique[2].
Il exige de ses disciples une obéissance absolue, considérant la relation entre le maître spirituel et ses adeptes comme analogue à celle entre le Prophète et ses compagnons. Certaines traditions rapportent qu’il se présente comme un intermédiaire direct entre la communauté et la vérité divine[2].
Œuvre
Malgré la rareté des informations conservées sur ses écrits, al-Jazouli demeure une figure influente grâce à son ouvrage Dalāʾil al-khayrāt, un recueil de prières adressées au Prophète Muḥammad, qui a connu et continue de connaître une large diffusion dans le monde musulman[2].